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Full text of "Les Narbonnais, chanson de geste publiée pour la première fois par Hermann Suchier"

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SOCIÉTÉ 


DES 


ANCIENS TEXTES FRANCAIS 
LES NARBONNAIS 


CHANSON DE GESTE 


TOME Il 


Le Puy-en-Velay. — Imp. Régis Marchessou, boulevard Carnot, 23. 


mm mm 7 me, 2 


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LES NARBONNAIS 


CHANSON DE GESTE 


PUBLIÉE POUR LA PREMIÈRE FOIS 


PAR 


HERmMaNx SUCHIER 


TOME II 





PARIS | 
LIBRAIRIE DE FIRMIN DIDOT ET Cie 
RUE JACOB, 56 


M DCCC XCVIII 


Publication proposée à la Société le 21 novembre 1894. 
Approuvée par le Conseil dans sa séance du 16 janvier 1895, sur 
le rapport d’une Commission composée de MM. Longnon, P. Meyer 


et G. Paris. 
Commissaire responsable : 


G. PaARIis. 





? INTRODUCTION 


Les manuscrits et leur classement. 


La chanson de geste imprimée ici pour la première 
tois était jusqu’à présent non seulement inédite, mais à 
peu près inconnue. On n’en avait pas même donné une 
analyse complète. 

Le texte nous en est parvenu dans cinq manuscrits, 
y compris un manuscrit fragmentaire. 

1, À Musée britannique à Londres, Harleyan 1321, 
milieu du xrrie siècle, f. 68c-120d. Ce manuscrit avait 
appartenu à Nicolas Foucault. Il contient six chan- 
sons de geste : Girard de Vienne, Aimer: de Narbonne, 
les Nerbonois, le Siège de Barbastre, Guibert d’Andre- 
nas, la Mort Aimeri. 

Voir pour la description Harry Ward, Catalogue of 
romances in the depariment of manuscripts in the Bri- 
tish Museum, 1, 1883, p. 660, et Demaison, édition d’A:- 
mert de Narbonne, I p. xxvi. 

2, B Bibliothèque nationale à Paris, Nour acquis. 


Tome II a 


© 
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Il © : INTRODUCTION 


fr. 6298, seconde moitié du xrrr° siècle. A l’état complet 
ce manuscrit, dont il ne reste que des fragments, doit 
avoir eu le même contenu que À et C. Des 29 feuillets 
qui existent trois appartiennent à notre chanson, dont 
ils nous transmettent la fin : ce sont, des quatre der- 
niers feuillets du texte de la chanson, le premier, le 
troisième et le quatrième. Les autres feuillets contien- 
nent des morceaux du Siège de Barbastre, de Guibert 
d’Andrenas et de la Mort Aimeri. 

Voir surtout M. Paul Meyer dans la Romania XX. 
509. Les fragments sont mentionnés par M. Omont 


dans la Bibl. de l’École des Chartes, LIII. 359 (1892), 


et par M. Delisle, Manuscrits latins et français ajoutés 
aux fonds des Nouvelles Acquisitions, Paris, 1891, 
P. XLI. 

3, C Musée britannique à Londres, royal 20 B XIX, 
milieu du xme siècle, f. 662-1104. Le contenu de ce 
manuscrit est le même que celui de À. 

Voir pour la description Harry Ward, loc. cit., p. 654, 
et Demaison, p. xxiv. 

4, D Musée britannique à Londres, royal 20 D XI, 
écrit vers 1300 (voir les remarques de M. Demaison 
dans son édition d’Aimeri de Narbonne, t. I], pp. 279- 
280), f. 77<-798 et f. 90°-103f. Les feuillets 792-90€ sont 
occupés par les Enfances Guillaume. 

Voir pour la description Harry Ward, p. 632 ; De- 
maison, P. XxIx. 

5, E Bibliothèque nationale à Paris, fr. 24369 (ancien 
fonds La Vallière 23), écrit vers 1300, f. 272-294 et 
f. 51b-75b, Les feuillets 302-51P sont occupés par les 
Enfances Guillaume. Voyez Demaison, p. xxx. Ce 
manuscrit, en deux volumes (f. 24369 et 24370), con- 
tient les chansons suivantes : t. Ier, Aimeri de Nar- 
bonne f. 1;les Nerbonois f. 27 et 51; les Enfances 
Guillaume f. 30-51 ; le Couronnement de Louis f. 75; le 
Charroi de Nîmes f. 91; la Prise d'Orange f. 100; les 


2 *? Sin. pe 


DO ne * 


LES MANUSCRITS ET LEUR CLASSEMENT III 


Enfances Vivien f. 110 et 169; le Siège de Barbastre 
f. 115-156; Guibert d'Andrenas f. 157-160 ; le Covenant 
Vivien f. 184; Aliscans f. 195 ; la Bataille Loquifer 
f.240,ett. II f. 1; le Moniage Rainoart, t. II f. 5 et 30; 
la Mort Aimeri f. 7-30 ; Renier f. 52; le Moniage Guil- 
laume f. 167. 

Des extraits de notre chanson ont été publiés d’après 
ce dernier manuscrit par Du Mège dans les notes du 
tome III de son édition de l'Histoire générale du Lan- 
guedoc, Toulouse 1841, p. 82-85. 

Un simple regard jeté sur ces manuscrits fait voir 
qu’ils forment deux groupes : À, B et C ont un texte à 
peu près identique, tandis que les textes de Det E, peu 
différents entre eux, s’écartent souvent du texte du pre- 
mier groupe. Ces deux manuscrits, postérieurs aux 
autres, contiennent un remaniement, où de longs pas- 
sages ont été supprimés, ajoutés, changés. Cependant, 
comme le remanieur a laissé à d’autres parties de la 
chanson leur teneur originale, on se convainc facile- 
ment qu’il doit avoir eu sous les yeux, comme point de 
départ de son remaniement, un manuscrit du premier 
groupe. 

J'appelle « Petit Cycle » la collection de chansons 
représentée par À, B, C, « Grand Cycle » la collection 
représentée par DE ; a le manuscrit du Petit Cycle mis 
à profit, avec d’autres manuscrits, par l’assembleur du 
Grand Cycle. 

On pourrait appeler le Petit Cycle Cycle de Nar- 
bonne. On semble avoir réuni à dessein ces six chan- 
sons, qui racontent la vie d'Aimeri de Narbonne et les 
combats contre les Sarrasins dont Narbonne fut l’en- 
jeu. Girard de Vienne y est compris parce qu'il raconte 
l’histoire des « enfances Aimeri », le Siège de Barbas- 
tre, parce qu’il commence par un siège de Narbonne. 
Dans Guibert d’Andrenas, il s’agit de l'héritier de Nar- 
bonne, déshérité par son père au profit d’un filleul. 


IV INTRODUCTION 


Le texte (a) que l’arrangeur du Grand Cycle a pris 
comme base de son remaniement avait déjà subi les 
modifications dues à l’arrangeur du Petit Cycle. Il suf- 
fira de citer quelques vers de la dernière laisse, qui 
dans le Petit Cycle prépare le Siège de Barbastre et 
qui dans le Grand Cycle commence ainsi : 


À Nerbone fu li quens Aymeris, 

Guibers li preuz, Guillaume le marchis; 
Mes n’i fu pas Bueves de Comarchis ; 
Car essoine ot de garder son païs. 


Notre chanson doit s’être trouvée aussi dans le ma- 
nuscrit perdu des Gonzague (Romania IX. 512, n. 50), 
que nous appelons g. Comme g commençait et qu'il 
finissait comme le ms. D, il est permis de conclure qu'il 
renfermait le Grand Cycle {observation due à M. Cou- 
raye du Parc, Mort Aymeri, p. xvuri. 

Il s'agit d'abord de classer les quatre textes À B C a. 
La plus étroite parenté existe entre À et B ; ces deux 
textes coïncident souvent jusque dans l'orthographe. 
L'un et l’autre écrivent Cormarcis (8026, 8040, 8051), 
au lieu de Comarcis. Dans les dernières laisses ils 
suppriment quelques vers qui se trouvent dans C, et 
ils ont en commun quelques mauvaises leçons dont 
C est exempt, comme 7739 Zusqal Saint Pol, C Tusga 
Saint Pol; 7944 par compangnie, C par druerie. Si B 
a été mutilé, nous en faisons facilement notre deuil, 
son texte n’étant en général qu’un double de À. 

A ce groupe À B il faut d’abord ajouter C. Les trois 
manuscrits écrivent 8o11 cil qui (le texte d'a fait dé- 
faut). J’ai corrigé ce qui, dénué de sens, en queu. Deux 


fois l’éditeur a dû ajouter un vers entier (5526 et 6592) 


pour restituer une phrase corrompue dans À et C, les 
autres manuscrits faisant défaut pour ces passages. Le 
bout de texte qui nous reste de B est trop court pour 
présenter un exemple qui fasse voir la position de C'en 


LES MANUSCRITS ET LEUR CLASSEMENT V 


même temps vis-à-vis de À B et vis-à-vis de D E. Mais 
si nous laissons de côté B, dont la classification ne peut 
plus être mise en doute, nous trouvons plusieurs fautes 
communes de À et C, dont D et E sont exempts : 
1385 À et C répètent le demoré du vers précédent; 
1576 À et C remplacent .xx. par .xxx. (cp. v. 1418); 
2271 ils ont Roïs, au lieu de Roï; 3682 .xxx. au lieu de 
.Xx. (cp. 3730); 3825 À Cladroine, C Claudoine, pour 
Esplendoine ; 3890 À loceran, C Tocerant, pour : fu 
Romanz; 4347 AC a pour en; 4458 qui ne s'i sot gar- 
der (dans une laisse en é); 4484 huchier et criër (dans 
une laisse en ter); 4571 Hermanjart, au lieu de Ayme- 
ris. Dans tous ces passages D E ont la bonne leçon, ce 
qui prouve deux choses : que le ms. a n’était identique 
avec aucun de nos trois manuscrits du Petit Cycle, et 
que C'est en liaison plus étroite avec À B qu'avec a. Le 
remanieur peut avoir corrigé par ci par là une faute de 
a; parmi.les passages allégués on en trouve pourtant 
où il lui aurait été impossible de deviner juste (comme 
au v. 4484). | | 

Nous avons vu que À et B ont des fautes propres à 
eux, que À B C ont aussi des fautes communes. Reste 
à savoir s’il y a des fautes communes à tous les manus- 
crits du Petit Cycle, c’est-à-dire à À BCa.Il yena: 
au v. 2935, on lit dans tous nos manuscrits Tot le 
guaaing au n. pl., au lieu de Tot (ou Tuit) li guaaing. 
Cet état de choses n’a rien de surprenant. L'auteur 
de la chanson l'avait publiée comme ouvrage isolé; 
mais bientôt le remanieur du Petit Cycle vint l'incor- 
porer dans son ouvrage collectif, l’adaptant aux exi- 
gences de l’ensemble. C'est seulement comme partie du 
Petit Cycle qu'elle a eu une certaine vogue et qu’elle 
est arrivée à la postérité. 

Un cinquième manuscrit (f) serait celui qui a été mis 
à profit par l’auteur du roman en prose de Guillaume 
d'Orange; un sixième (1) celui qu'Andrea da Barberino 


VI INTRODUCTION 


a utilisé parmi les sources de ses Nerbonesi. Il est cer- 
tain que l’un et l’autre connaissent et emploient le texte 
complet de la chanson, et non pas le texte abrégé du 
Grand Cycle, et il est très probable que f aussi bien 
que ? était un manuscrit du Petit Cycle tout à fait ana- 
logue aux mss. 4 BC. 

Nous trouvons au commencement du roman en prose 
Courtmarchis (chap. vu, dans les deux manuscrits; 
mais plus tard, Commarchis), dans Andrea Cormarisi 
(Proemio, 1. 33; VIII. 14. 19), avec cette r intercalaire 
que nous avons constatée dans À et B. Rien ne s’op- 
pose à la supposition que f et i étaient de la même 
famille que À et B. 

Un fait semble toutefois contredire le classement 
proposé : pour quelques centaines de vers nos manus- 
crits se forment en deux groupes, À D contre C E. 
Je renvoie aux leçons des vers 4472, 4487, 4583, 4586, 
4595, 4604, 4740, 4815, 4924, 4933, 5120. Pour ce 
fait je propose l’explication suivante. Un jour, le scribe 
de E dut céder par une raison quelconque le modèle 
qu’il copiait. Pour ne pas interrompre son travail, il 
prit, avant de se dessaisir du modèle, un manuscrit du 
Petit Cycle (e) étroitement apparenté au manuscrit C, 
et, dans le morceau de texte qu'il lui fallait, y fit à la 
plume les principaux changements dus au remanieur 
du Grand Cycle. Le texte ainsi préparé, il le copia 
ensuite dans son in-folio. 

Pour résumer ce que nous venons de constater sur 
la filiation des textes, appelons : 

o' le texte primitif de la chanson, 

0° l'original du remaniement du Petit Cycle, 

0° l'original du remaniement du Grand Cycle, 

a le manuscrit du Petit Cycle ayant servi de base à 0°, 

e le fragment mis à profit dans Æ pour les vers 4472- 
5120, 

Î le texte mis en prose française, 


ur 


LA PART DES REMANIEURS VI 


g le manuscrit Gonzague, 

i le texte mis en prose italienne. 

Tous les textes aujourd’hui accessibles forment deux 
groupes principaux, dont le premier se divise en deux 
sous-groupes. Ces derniers sont À B fi et C e. Le second 
groupe principal, dérivant de a par 0°, embrasse DE g. 


II 


La part des remanieurs. 


Nous venons de voir que la chanson des Nerbonois 
ne nous est pas parvenue à l’état isolé, mais seulement 
comme faisant partie du Petit Cycle. Pour la faire 
entrer dans sa collection, l’assembleur lui a fait subir 
quelques changements. 

Pour tenir le lecteur en haleine et pour donner à son 
œuvre une certaine unité, il prépare à la fin d’une 
chanson le commencement de la suivante. Les Ner- 
bonoïs sont suivis du Siège de Barbastre, chanson qui, 
dans l’ordre chronologique de la geste entière, est sépa- 
rée des Nerbonoiïs par toute une série de poèmes. Si la 
fin des Nerbonoïis prépare le commencement du Siège 
de Barbastre, il s’en suit évidemment que cette fin a 
été ajoutée par l’arrangeur du Petit Cycle. Il y fait 
revivre Gautier le Tolosant, mort dans le combat pré- 
cédent (v. 7560), parce que ce personnage devra jouer 
un rôle dans le Siège de Barbastre. La fin véritable des 
Nerbonois paraît avoir été le vers 7962 (Blancheflor) 
Q'an France an mainne l’amperere puisant, après lequel 
le remanieur doit avoir supprimé un hexasyllabe (Si en 
fera roïne). 

Il est probable que le remanieur a employé un pro- 
cédé semblable à la fin de la première partie des Ner- 
bonoïs, qui s’arrête court après la centième laisse. Pour 


VIII INTRODUCTION 


enchaîner les récits il a détaché les premières laisses 
de la seconde partie et les a ajoutés à la première, de 
sorte que le commencement de la seconde partie, lequel 
se trouvait au vers 3344, a été reculé jusqu’au vers 3676. 
Ce n'est qu'après ce changement, et évidemment par 
pur hasard, que la première partie s’est trouvée avoir 
cent laisses juste au lieu de quatre-vingt-sept qu'elle 
semble avoir compté d’abord. Le dernier vers de la 
laisse LXXXVII était sans doute le vers 3328, sauf les 
deux derniers mots (Des .xiti. pers de France). 

Je crois que les allusions à la chanson de Guibert 
d’Andrenas ont aussi été introduites après coup. Ainsi 
le vers 392, où Aimeri parle du filleul à qui il laissera 
peut-être son fief, ce qui est en contradiction avec ses 
protestations réitérées (57, 93, 157). De même, il est 
permis de douter de l'authenticité du passage où Clargis 
parle de sa sœur Gaiete, v. 7910-7926, qu’on peut 
supprimer en faisant suivre le vers 7905 de l’hexasyl- 
labe O palès de Nerbone, repris par l’arrangeur au 
vers 7930. On pourrait objecter que les faits allégués 
par Clargis ne sont pas tout à fait identiques avec les 
données de la chanson de Guibert. Au commencement 
de cette dernière, le père d’Algaie n'est pas mort; 
Algaie est la nièce, non la sœur de Clargis, et le pays 
n’est point dépeuplé par suite des combats autour de 
Narbonne. Pour expliquer ces divergences ne suffit-il 
pas de croire que l’arrangeur n’a pas respecté la tradi- 
tion ou qu'il n’a pas tenu à être exact ? 

On aperçoit de légères différences entre la langue du 
remanieur et celle de l’auteur des Nerbonots. Dans la 
langue de celui-ci la 2° personne pluriel du futur se 
termine en -rois, ce qui se voit aussi bien par les laisses 
en ofs, où cette terminaison se trouve, que par celles en 
és, d'où elle est absente. Je regarde comme certain que 
les quelques formes en -rés qu’on trouve à la rime 
‘appartiennent à l'assembleur et qu’elles étaient étran- 


LA PART DES REMANIEURS IX 


gères au parler du poète ; ce sont reverrez 5089 (à cor- 
riger en reveez ?), orex .3394, sayrez 3401 (où elles ne 
sont pas les seules traces de remaniement : amirez 
régime 3393). Un passage entier, v. 3639-3652, se trahit 
comme interpolé non seulement par l’imperfection des 
rimes, mais encore par un renvoi à la fin de la chanson 
d'Aimeri. 

Je dirai plus tard les raisons qui me font croire que 
‘l'introduction de Garin d’Anséune dans l’armée franque 
est due au remanieur, qui semble avoir soumis le 
récit de la bataille décisive à des changements assez 
considérables. 

Il est plus facile de juger des changements apportés 
à la chanson par l’arrangeur du Grand Cycle. Il veut 
‘abréger; dans ce but il supprime un certain nombre de 
laisses. Les cinquante et une laisses (XXI-LXXI) qui 
racontent les étourderies d’Hernaut l’ont sans doute 
choqué pour plus d’une raison. Peut-être n’aimait-il 
pas à voir aussi longtemps au premier plan un autre 
que Guillaume. En conséquence, il a dû supprimer 
aussi les laisses LXXVII et LXXVIII, quise rapportent 
à un événement raconté dans la partie omise. Voici des 
‘laisses qu’il semble avoir supprimées rien que pour 
abréger : XCI-XCIII, XCVI-XCIX, CII-CIV, CVII, 
CLXXXVI, CCXIII, CCXXI, CCXXVIII-CCXXX VI. 

Après la laisse XIV il:a intercalé les Enfances Guil- 
laume et ajouté les laisses XIV ab qui servent de tran- 
sition de la laisse XIV au commencement des Enfances, 
et la laisse XIV c qui sert de chaînon entre la fin des 
Enfances et la laisse XVIII. 

L'insertion des Enfances Guillaume a amené des 
‘changements ultérieurs : comme les quatre fils aînés 
d'Aimeri sont déjà faits chevaliers dans les Enfances 
Guillaume, il a dû supprimer dans les Nerbonois le 
récit de jeur adoubement (LXXXI-LXXXIV) et conser- 
ver seulement celui de Bueve et celui d’Aimer. 


| 


x INTRODUCTION 


Les Enfances Guillaume ne connaissent pas à la fin 
des strophes le vers orphelin. Le remanieur, regar- 
dant les vingt-cinq laisses suivantes comme une con- 
tinuation des Enfances, y a supprimé le petit vers. 

D’autres changements touchent au fond du récit. Les 
Nerbonois racontent la mort de Charlemagne. L’ar- 
rangeur du Grand Cycle, où les Nerbonoiïs sont suivis 
du Couronnement de Louis, ne pouvait laisser mourir 
Charles. S’il ne voulait pas insérer le Couronnement 
de Louis dans le texte des Nerbonois, comme il avait 
fait des Enfances Guillaume, il fallait laisser vivre le 
vieil empereur jusqu’au passage du Couronnement où 
il meurt. L'arrangeur a, par conséquent, changé les 
passages qui mentionnaient la mort de Charles (CLXVI, 
CLXVII, CLXXI) et remplacé les laisses CLXXII- 
CLXXIV par CLXXI a et b. Il supprime encore Louis, 
qui n’est pas capable de conduire l’armée franque 
devant Narbonne et de gagner des batailles, s’il est 
aussi jeune que le représente la chanson du Couron- 
nement. Quelquefois il le remplace par Salemon de 
Bretaigne, qui la teste ot chenue, t. II p. 38, et qui 
tient le discours (t. II p. 39) attribué à Louis dans le 
Petit Cycle (5848 ss.). Garin d’Anséune et le roi Boni- 
face ne participent pas à la bataille décisive : c’est 
que l’arrangeur voulait mettre son récit d'accord avec 
les événements que suppose le commencement des 
Enfances Vivien (cp. t. II p. 100). Comme cette der- 
nière chanson ne connaît pas un frère de Vivien appelé 
Romanz, il a représenté Romanz comme étant le fils 
d’une sœur de Garin, bien que dans les Nerbonois il 
soit son fils (v. 4068-4086). 

Pour continuer le récit des Enfances Guillaume et 
pour préparer celui de la Prise d'Orange le remanieur 
a encore intercalé un certain nombre de passages ayant 
trait à Tiébaut et à Orable, personnages inconnus au 
récit des Nerbonois. 


LA PART DES REMANIEURS XI 


Les Nerbonoiïs ne connaissent pas Hue de Florinvile, 
père de Foucon de Candie. Sans doute l’arrangeur du 
Grand Cycle l’a introduit pour préparer à cette dernière 
chanson {laisse CLXXXI a). 

Comme la fin des Nerbonois prépare le commence- 
ment du Siège de Barbastre, qui, dans le Petit Cycle, 
suit les Nerbonotïs, l’arrangeur du Grand Cycle, où la 
chanson suivante est le Couronnement de Louis, a dû 
adapter la fin des Nerbonois à ce nouvel état de choses 
(en supprimant CCXXXVIII etc.). 

Les observations que nous venons de faire ne sufi- 
sent pas à expliquer tous les changements que notre 
chanson a subies lors de son incorporation dans le 
Grand Cycle. Il nous faut encore regarder d’un peu 
plus près deux longs passages, l’un de huit, l’autre de 
quatorze laisses. 

Dans le texte entier l’arrangeur supprime cent cinq 
laisses, il en ajoute trente-huit. Au premier des deux 
passages en question il remplace une laisse (CLXXXIX) 
par huit nouvelles (CLXXXVIII a-h); à l’autre il rem- 
place dix-sept laisses (CXCIII-CCIX) par quatorze 
(CXCII a-n). N'est-il pas possible que parmi ces laisses 
il y en ait de primitives, que l’arrangeur pourrait avoir 
prises soit dans son manuscrit du Petit Cycle, soit dans 
un manuscrit quelconque dont il aurait combiné la 
leçon avec celle que lui fournissait le Petit Cycle? 

Les deux passages, il est vrai, renferment des vers et 
même des laisses entières que nous n’hésiterons pas à 
attribuer à l’arrangeur du Grand Cycle. Ce sont les 
laisses (ou les vers) où il est question de Tiébaut et 
d'Orable, de Charlemagne encore en vie, de Hue de 
Florinvile, de Bueve de Comarchis, qui est nommé 
une seule fois (CLXXXVIII g 16) parmi les combat- 
tants. Tous ces passages " écartés, la question doit être 


1. CLXXX VIII c 13, f 10-12, g 16, 19-20, h 17-20. “Re, 84-32; 
h 13-14, k 7-9, 16-22, L 1-24, m 1-11. 


XI] INTRODUCTION 


posée de nouveau : ce qui reste ne pourrait-il pas ren- 
fermer des laisses authentiques ? Supposé qu’il y en ait, 
il faut toujours croire que le texte a été retouché et 
leur refuser l'admission dans le texte critique. 

Au premier passage de huit laisses dans DE ne 
correspond dans À C qu’une seule laisse (CLXXXIX). 

Guibert et Romanz ont amené de Paris Guillaume 
avec l’armée du roi Louis. Ils ont fait prisonniers deux 
espions sarrasins dont l’un s’appelle Danebrun. Arrivé 
devant Narbonne, Guillaume charge de provisions 
deux cents sommiers et, pour les faire passer par l’ar- 
mée païienne et jusqu’à la porte de la ville, il arme à la 
sarrasine dix mille soldats. Ici finitla laisse CLXXXVIII. 

Suivant À C, Guillaume fait corner un signal. Aimeri 
et Garin l’entendent, quittent le palais de Narbonne et 
se précipitent au combat. Romanz et Guibert livrent à 
Aimeri les deux espions, qu’il ARANOISS après les avoir 
cruellement mutilés. 

Les huit laisses correspondantes de D E (CLXXXVIII 
a-h) contiennent ce qui suit. — a. Les païens courent à 
la porte. Aimeri sort avec les siens. — b. Son cheval est 
tué. Romanz lui en procure un autre. Pour se défendre 
ils prennent position au-dessous de la porte. — c. Les 
paiens couvrent le champ entier. — d. Conseil de 
guerre de l’amirant. — e. On se décide à entreprendre 
le lendemain une attaque générale. — f. Aimeri se fait 
amener les deux espions dans son palais ; il les mutile 
et les chasse. — g. Ils racontent à l’amirant ce qui leur 
est arrivé. —.h. Le matin la bataille recommence. 

Ce récit est plus vraisemblable que l'autre, où Aimeri 
reçoit et punit les espions sans même sortir de la mêlée. 
La laisse CLXXXVIII de À C a l'air d’être un résumé 
des huit laisses de D E. Cette conclusion est cependant 
loin d’être certaine. 

L'autre passage est de dix-sept laisses dans AC, de 
quatorze dans DE, 


LA PART DES REMANIEURS XIII 


Voici d'abord l’histoire suivant À C. CXCIII. Guil- 
laume est dans la mêlée. — CXCIV. Le soir approche. 
Guillaume continue de combattre. Il tue l’amuañle. 
Aimeri rentre dans la ville. Des vingt mille Français de 
Pavant-garde de Guillaume plus de la moitié sont 
morts. Guillaume avoue ce fait à Louis, qui en est très 
affecté. — CXCV-CXCVII. Guillaume le console, disant 
qu’ils ont tué autant de païens. — CXCVIII. La nuit 
tombe. Guillaume et les siens se couchent dans leurs 
tentes. Aimeri place des gardes sur les murs de la for- 
teresse. — CXCIX. Conseil de guerre de l’amirant. Il 
confie la garde pendant la nuit à son neveu Clargis. — 
CC. Le roi Boniface arrive avec les Lombards. Il voit 
encore étendus sur le sol les corps des Sarrasins tués 
par les gens de Guillaume. — CCI-CCII. Aïmer et 
les siens arrivent d'Espagne. — CCIII-CCVII. Louis 
range son armée en huit échelles. — CCVITI. L'armée 
paienne s’alarme. — CCIX. Aimeri et les siens recon- 
naissent avec une vive joie l’armée française et ses 
chefs. L’amirant s’arme. 

Passons maintenant au passage correspondant de DE. 

CXCII a. Guillaume tue le roi de Tudèle. — 
b. Il offre le cheval du roi à Guibert. Aimer tue un autre 
paien. — c. Le comte d'Anjou et Salemon se distinguent 
dans le combat. Celui-là désarçonne l’amirant. — 
d. Salemon dans la mêlée tue le roi de Portingal. — 
e. Salemon tue un autre roi païen. — f. Le comte d’An- 
jou et Salemon continuent de combattre. — g. Il est 
déjà « nonne passee ». Duel entre Huon de Florinvile 
et Tiébaut. — h. Mélée. Il fait nuit. — 3. Les païens 
allument des feux dans le camp. — j. Guillaume et les 
autres se rendent dans la ville. Il va visiter Salemon 
dans sa tente; il y trouve aussi le comte d'Anjou. Aimer 
monte la garde. Les autres vont se coucher. Le lende- 
main matin on enterre les morts après leur avoir célé- 
bré un office. Plus de dix mille corps païens sont traînés 


XIV INTRODUCTION 


dans une fosse commune. — k. Huon est avec Aimer. 
Tiébaut envoie un messager à Orange. — l et m. Voyage 
et retour du messager. L’amirant veut faire une attaque 
générale. — n. Conseil de guerre chez l’amirant. 

Pas un vers des quatorze laisses de D E ne coïncide 
avec un vers quelconque des dix-sept laisses de À C. Là 
le comte d'Anjou et Salemon de Bretagne se trouvent 
au premier plan. Ici Salemon est nommé une fois 
(5830) et ne revient plus. Le poète l’aurait-il oublié, ou 
bien les laisses où il figure dans D E seraient-elles 
authentiques? Cela, je ne le crois pas. Ce qui me rend 
suspect le récit de DE, c’est qu'avant de commencer la 
bataille on enterre les morts, y compris les dix mille 
païens. C'est une absurdité que nous ne sommes pas 
en droit d'imputer à l’auteur des Nerbonoïis. Peut-être 
que le manuscrit source du Grand Cycle était mutilé à 
cet endroit et que le remanieur a rempli la lacune tant 
bien que mal avec des laisses de sa façon. D'ailleurs, le 
remanieur, en train de changer, n’a pas laissé de faire 
quelquefois des modifications sans nécessité. Ainsi sa 
laisse LXXIV a (en us) est un remaniement inutile des 
vers 2060-2976 de la laisse LXXIV (en é). 

Somme toute, je ne vois guère d’objection à attribuer 
les huit laisses CLXXX VIII a-h à l’auteur des Nerbo- 
nois, tandis que je penche à croire que les quatorze 
laisses CXCII a-n ont été forgées par le remanieur 
du Grand Cycle. A l'appui de cette opinion j'allègue 
le fait suivant : les rimes des huit laisses sont toutes 
entre les rimes favorites de l’auteur des Nerbonois (u, 
ier, is, in, On, ee, is, a), tandis que parmi les rimes 
des quatorze laisses il n’y en a pas moins de quatre 
(ele, ans, ons, oit) dont on cherche en vain un seul 
exemple dans les deux cent trente-neuf laisses de la 
chanson. De ces quatre terminaisons l’une (oit) se ren- 
contrait déjà dans une laisse (XVIII a), sûrement fabri- 
quée par l’arrangeur du Grand Cycle. Je relève encore, 


LA PART DES REMANIEURS XV 


outre les subjonctifs modernes aïe CLXXXVIII h 42, 
grieve CXCII j 42, la forme Guilleme (ou Guillelme 
CXCII a 1) inconnue aux Nerbonois, mais ramassée 
par le remanieur dans les Enfances Guillaume. Je vois 
encore une trace de sa maïn dans un vers orphelin à 
terminaison masculine, lequel termine la laisse CXCII c 
{(L'ont remis a cheval). 

J'ajoute un tableau qui fait voir comment les laisses 
se répartissent entre les manuscrits qui nous restent. 


A (B) C seuls A(B)CDE D E seuls 
contiennent les laisses contiennent les laisses contiennent les laisses 
I-XIV 
XIV ab 
XV-XVII se. + «+ «+  Enfances Guillaume 
XIV c 
XVIII 
= XVIII a 
XIX-XX 
XXI-LXXI Med eee XX a-d 
LXXII-LXXIV 
— LXXIV a 
LXXV-LXXVI | 
LXXVII-LXXVIII — 
LXXIX-LXXX 
LXXXI-LXXXIV — 
LXXXV-XC 
XCI-XCIII _ 
XCIV-XCV 
XCVI-XCIX _ 
L 
CI 
CII-CIV — 
CV-CVI 
CVII | | — 


CVIII-CXI 


XVI INTRODUCTION 


CVII CXI a 
CXII-CLXXI 
CLXXII-CLXXIV Rd CLXXI a b 
CLXXV-CLXXXI 
— CLXXXI a 
CLXXXII-CLXXXV 
CLXXXVI _ 
CLXXXVII- CLXXX VIII 
CLXXXIX bassins aise CV a 
CXC-CXCH 
CXCHII-CCIX DR ie CXCII a-n 
CCX 
= CCX a b 
CCXI-CCXII 
CLXIII = 
| CCXVI-CCXV 
= CCXV a b 
CCXVI 
= : CCXVI a 
| CCVII-CCXX 
CCCXXI ES _ 
CCXXII-CCXXVII 
CCXXVIII-CCXXXVI = 
CCXXXVII 
CCXXX VII | _ 
CCXXXIX 
III 
Analyse. 


Le comte Aimeri est à Narbonne avec sa femme Her- 
manjart, ses sept fils et ses filles. Quand les fils sont en âge 
d’être faits chevaliers, il leur dit de s’en aller chercher for- 
tune. Guibert, le puîné, restera seul à Narbonne pour sis 


ANALYSE XVII 


ter un jour du comté; les autres devront acquérir des terres 
ailleurs. Bernart, Guillaume, Hernaut et Aïmer iront à la 
cour de Charlemagne : Bernart y sera nommé pair, con. 
seiller et juge ; Guillaume portera l’oriflamme; Hernaut sera 
le sénéchal de l’empereur. Bueve servira le roi Yon de Gas- 
cogne, et, s’il en épouse la fille, il pourra hériter du trône; 
il emportera avec lui Grièbe, la bonne épée d’Aimeri. Garin 
ira à la cour de son oncle, le roi Boniface de Lombardie, 
qui, n'ayant pas d'enfants, lui transférera la succession. 
Aimer conquerra l'Espagne sur les Sarrasins (1-239). 

En vain Hermanjart s'oppose au départ de ses enfants, 
craignant que les Sarrasins ne profitent de leur absence 
pour envahir Narbonne (262). En vain les bourgeois de 
Narbonne envoient au comte une députation qui le prie 
de ne pas laisser partir ses enfants. Il reste inébranlable 
(358). 

Quand ils sont partis, la mère envoie après eux quatre 
mulets chargés d’or, d’argent et d’objets précieux. Les 
enfants refusent tout, et quand le convoi revient à Nar- 
bonne, Aimeri constate à ce trait de noblesse que ces fiers 
damoiseaux sont bien ses fils (925). 

Ceux-ci continuent leur voyage. Ils parviennent à Val- 
caire, où ils se logent chez l'hôte Simon (995). Le comte 
Guion ayant appris leur arrivée vient les voir et les em- 
brasse. Il se souvient qu’autrefois Aimeri l’a armé chevalier 
et défendu contre ses ennemis. Le lendemain, à leur départ, 
il règle leur compte chez Simon (1128). 

Bientôt Bueve prend congé de ses frères, et, accompagné 
de vingt damoiseaux, il s’en va à Bordeaux. Le roi Yon lui 
fait bon accueil, lui donne la main de sa fille unique et bien- 
tôt part avec lui pour aller à la cour de Charlemagne 
(1400). 

En attendant, Garin aussi a pris congé de ses frères; il 
s’est mis en marche vers Pavie. Après s’y être installé dans 
un hôtel, il envoie son sénéchal acheter un grand esturgeon 
qui avait semblé trop cher au sénéchal du roi et que le séné- 
chal de Garin paie au-dessus du prix. Cela amène un dé- 
mêlé avec le sénéchal lombard, qui, fort maltraité par Garin, 
s’en va porter plainte auprès de son maître. Boniface se rend 


Tome Il. b 


XVIII INTRODUCTION 


à l'hôtel de Garin, reconnaît en lui son neveu et l’embrasse. 
Avant qu’un mois soit passé, il l’institue son successeur 
(1653). 

Mais il est temps de revenir aux quatre frères qui, après 
avoir quitté Valcaire, s’avancent dans la direction de Paris. 
Ils rencontrent un évêque avec un abbé et trente chanoines. 
Hernaut lui demande son nom : l’évêque s'appelle Amauri, 
de l’église de Saint-Viel ; il est cousin d’Hermanjart; il va 
d’abord en Auvergne et en Berri; de là, il ira sans retard à 
la cour de Charles. Il évite de passer près de Cluni, dont 
l’abbé est son ennemi (1760). Au-delà de Clermont, où 
ils passent la nuit, ils rencontrent le traître Gonbaut avec 
soixante brigands. Ils les tuent et emmènent leur chef pri- 
sonnier. Ils le pendent en punition de ses crimes, et ils con- 
tinuent leur route jusqu’à Paris (1877). | 

A Paris, Hernaut se comporte en sénéchal de Charle- 
magne. Ainsi, quand à l'entrée de la ville il rencontre l’abbé 
de Cluni qui, avec quinze moines, cherche un logement, 
mais a tout trouvé comble d'étrangers, de princes et de di- 
gnitaires, il lui procure aussitôt dans la Grand-Rue un 
large appartement dont il chasse, à l’aide de ses frères, le 
duc de Bourgogne avec sa suite. Il y installe l’abbé, les 
moines et un évêque (2081). 

Ensuite il rencontre dans la rue le roi Boniface, à qui il 
procure un hôtel au Petit-Pont, après en avoir délogé un 
légat et deux archevêques (2287). Il prend Garin avec lui, et 
les six frères entrent dans l'hôtel d’Anquetin le Normand, 
chez qui Roland avait coutume de descendre. Ici encore il 
vide l’hôtel d'Allemands qui s’y étaient installés (2463). Les 
Allemands se plaignent auprès de l’empereur, qui délègue 
l’abbé de Saint-Denis pour conduire les criminels à la cour. 
Quand l’abbé apprend qu'ils sont fils d’Aimeri, il les em- 
brasse; car il est Lombard, et, comme l’autre abbé, cousin 
germain de leur mère (2690). 

Charlemagne, indigné d’abord, s’apaise quand il apprend 
de l’abbé qu'ils sont les fils d’Aimeri. Richement parés, ils 
arrivent à la cour, où ils sont très bien accueillis par l’em- 
pereur (2801). Hernaut réclame pour Bernart l'emploi de 
juge et de conseiller privé et pour Guillaume l’oriflamme. 


ANALYSE . XIX 


Lui se regarde déjà comme sénéchal suivant les paroles de 
son père. Charles confirme tout cela (2864). Les frères 
s’agenouillent, sauf Aïmer, qui reste debout et qui fait ser- 
ment de n’accepter jamais de fief en France, mais de com- 
battre les Sarrasins en Espagne, où il ne couchera jamais 
sous un toit, à moins que ce ne soit dans un cachot sarra- 
sin. Il invite les jeunes gens à l'accompagner, et aussitôt en 
voilà quinze cents prêts à partir avec lui pour l'Espagne 
(3023). 

Charles arme chevaliers les six fils d’Aimeri (3253), et la 
cour se sépare. Yon emmène Bueve en Gascogne, Boniface 
Garin en Lombardie. Aïmer part pour l'Espagne (3328). On 
envoie un messager à Narbonne annoncer au comte le bon 
accueil que ses fils ont trouvé auprès de l’empereur (3343). 

Cependant un espion sarrasin, Cornuafar, a appris en 
France ce qui s’est passé, et il revient à Tudèle faire son 
rapport aux trois petits-fils de l’amiral, Esplendoine, Forré, 
Anfelis (3430). Ils envoient demander du secours à l’amirant 
de Babylone (3605), qui embarque une armée pour Nar- 
bonne, où elle arrive vers la Saint-Jean (3675). 

Le siège commence et bientôt le combat (3840). Dès la 
première journée, Romanz est pris par les Sarrasins avec 
son père, le comte Garin (sa mère était morte à sa naissance) 
(3910). Aimeri fait une sortie et délivre les prisonniers 
(3918). Les païens tâchent de se mettre entre eux et les 
portes de la ville pour leur couper la rentrée. Aimeri et les 
siens passent la nuit dans l’Aude, l’eau montant jusqu'aux 
bricoles de leurs chevaux (3966). Le lendemain, ils voient 
devant eux la tente de l’amirant. Ils la pillent et emmènent 
le médecin de l’amirant, Forré (4000). 

Aimeri envoie le butin et le prisonnier dans la ville (40124, 
et continue de combattre. Il aperçoit l’amirant, mais quand. * 
il s’en approche, l’amirant prend la fuite (4030). Les païens 
s’acharnent après Aimeri, quand une troupe nouvellement 
sortie de Narbonne vient à la rescousse (4046). Garin et 
Romanz se distinguent dans la mêlée plus que les autres. 
Le païen Cristamal désarçonne Garin; mais Romanz venge 
son père sur les ennemis, et il lui amène le cheval d’un 
Sarrasin qui a succombé sous ses coups (4096). 


XX INTRODUCTION 


Le bruit du combat a éveillé Guibert, qui dans une cham- 
bre du palais comtal dormait avec son maître. Il demande 
ses armes, et, comme le maitre s'oppose à son départ, il 
force son consentement à coups de poing. Il s’arme, monte 
à cheval, vole au combat, et, sans se faire connaître de son 
père gravement blessé, le délivre des mains des Sarrasins 
(4201). Mais trop téméraire, il est fait prisonnier (4228). 
Aimeri rentre à Narbonne, où Forré le guérit de ses bles- 
sures (4328). Ce n’est qu’alors que l’on s'aperçoit de l’ab- 
sence de Guibert (4469). L’amirant propose à Aimeri de 
terminer la guerre par un combat singulier entre ce dernier 
et un guerrier de l’armée sarrasine : si le comte reste vain- 
queur, on rendra Guibert; s’il est vaincu, il livrera Nar- 
bonne. Romanz demande la permission de remplacer 
Aimeri dans le duel. Il l’obtient (4582), et le champion. 
sarrasin Gadifer est vaincu et mis à mort (4820). 

Les Sarrasins, au lieu de rendre Guibert, dressent une 
croix à laquelle ils le clouent sous les yeux des siens. Aimeri 
sort de Narbonne, se fraie un chemin jusqu’à la croix et 
détache Guibert, qu’il rapporte à Narbonne couché sur son 
bouclier. En même temps, il y mène comme prisonnier 
Clargis, neveu de l’amirant (5209). 

Les Sarrasins se résolvent à envoyer en France deux 
espions, Danebrun et Matefier, pour savoir si Charlemagne 
viendra au secours d’Aimeri (5246) ; les assiégés, de même, 
veulent faire parvenir une lettre à Charlemagne pour lui 
demander du secours. Ils ignorent que dans l'intervalle l’em- 
pereur est mort, qu’on l’a enterré à Aix, assis sur une chaise 
dorée, qu’un certain Ernaïs s’est voulu arroger la couronne, 
mais que Guillaume a tué le traître et remis la couronne au 
jeune Louis. Guibert, guéri par Forré, et Romanz devront 
porter la lettre d'Aimeri au roi de France. Clargis se charge 
de les conduire jusqu’au-delä de l’armée sarrasine (5417). Il 
tient parole. Un peu au-delà de Vienne sur le Rhône, les 
messagers d’Aimeri rencontrent les deux espions déguisés 
en pèlerins, desquels ils apprennent la mort de Charle- 
magne. Les Français saisissent les deux Sarrasins, qu'ils 
emmènent avec eux (5640). Près de la ville d'Orléans ils 
trouvent le roi Louis, à qui ils remettent la lettre du comte. 


ANALYSE XXI 


Louis envoie des messagers par toute la France, et une 
grande armée se rassemble autour d'Orléans. Daris un con- 
seil de guerre où Louis pose la question de savoir si la 
situation de Cologne, menacée par Guiteclin, n’est pas plus 
urgente, les barons se décident pour le secours d’Aimeri, et 
l’armée se met en marche (5823). Arrivés sur les bords du 
Rhône, on y passe la nuit (5842). Le lendemain, Louis 
confie l’avant-garde de vingt mille hommes aux quatre Nar- 
bonnais, Bernart, Hernaut, Guillaume et Guibert. Ils arri- 
vent devant Narbonne, et bientôt on voit arriver les Lom- 
bards de Boniface, avec Garin, et les troupes d’Aïmer, qui 
portent des croix et viennent de combattre les Sarrasins 
d'Espagne (5932). 

Bientôt la bataille s'engage. Les fils d’Aimeri tuent un 
grand nombre de Sarrasins. Mais il faut pourvoir aux be- 
soins des assiégés. Guillaume y pense, et il imagine une 
ruse. Il fait mettre des armes sarrasines à dix mille de ses 
chevaliers, et il charge de vivres deux cents sommiers. Ce 
convoi est conduit par Guibert et Romanz à travers l’armée 
sarrasine jusqu’à la porte de Narbonne, laquelle, ouverte à 
temps, permet d’y faire entrer les sommiers (6081). Avec ces 
provisions Guibert et Romanz livrent les deux espions à 
Aimeri, qui les fait cruellement mutiler et les laisse partir 
après (6124). On combat sans relâche jusqu’au soir. Les Sar- 
rasins sont attaqués par les troupes d’Aimeri d’une part, 
par l’armée française de l’autre. Louis ordonne que le len- 
demain chacun soit prêt pour la bataille décisive. Les trois 
armées chrétiennes (Louis, Boniface, Aïmer) se joignent 
(6629) et se forment en neuf échelles, conduites par Guil- 
laume, Hernaut, Bernart, Garin, Aïmer, Boniface, Richart 
de Normandie, Geoffroi d'Anjou, Louis (6833). L'armée sar- 
rasine se forme en quinze échelles dont chacune est con- 
duite par un roi, sauf la quinzième, que l’amirant se réserve 
à lui-même (6885). 

Guillaume tue Turfier, qui commande la première échelle 
sarrasine (6935). Successivement, les autres échelles entrent 
en bataille. Le cheval de Guillaume est tué, lui-même en- 
touré des soldats du roi Morgant; mais Bernart accourt à la 
rescousse et lui présente un autre cheval dont il vient de 


XXI! INTRODUCTION 


tuer le cavalier (7018. 7070-7153). En attendant, Aimeri fait 
une sortie, à laquelle prennent part tous les hommes de la 
ville ; les femmes seules restent en arrière (7019-7069). Dans 
la bataille la troupe de Butor s’avance. Guillaume tue le 
cheval de son adversaire (7154-7199). Un autre Sarrasin, 
Isambart, conduit un peuple noir et cornu armé de grands 
crocs dont ils se servent pour tirer les cavaliers à bas de 
leurs montures (7275). Hernaut tue Brohadas (7288). L’au- 
maçor de Leuti s’avance avec les siens (7313). Aimeri, qui 
est venu secourir ses fils dans la mêlée, est arraché de son 
cheval avec un croc. Guillaume le fait monter sur le cheval 
de Galafre, que Guibert vient de tuer (7378). Guillaume tue 
Malargu (7388), et quand la mêlée devient de plus en plus 
terrible, par un signal de son cor il fait avancer les cinq 
dernières échelles à la fois. Aïmer tue Agolafre et Felis, 
Boniface Baligant, Louis Aquilant, Aimeri Boïdant (7563). 
Guibert vainc Clargis et le fait prisonnier. L’amirant, qui 
conduit la quinzième échelle, ayant appris que son neveu 
est tombé aux mains des chrétiens, s'enfuit vers le rivage 
de la mer, suivi de tout de ce qui est encore debout de son 
armée (7596). Près du rivage Aïmer le force à s’arrêter. Ils 
se tuent leur cheval l’un à l’autre, mais l’amiral attrape un 
autre cheval et parvient aux vaisseaux de sa flotte. Il n’y a 
que trois rois et cent Sarrasins qui échappent au massacre 
et qui avec leur maître se mettent en mer (7660). 

Les vainqueurs partagent le riche butin. Ils se rendent à 
Narbonne et à l’église de saint Paul ils remercient Dieu de 
la victoire. Hermanijart les accueille avec joie (7757). Le roi 
Louis épouse la fille d’Aimeri, Blancheflor (7823). On enterre 
les morts et on baptise les prisonniers sarrasins, surtout 
Clargis et Forré (7929). 

Après quatre journées de fêtes, tout le monde s’en va : 
Louis en France avec Blancheflor et Guibert, dont il fera 
son sénéchal, Boniface à Pavie avec Garin, Bernart à Bru- 
bant, Aïmer à Venise, Hernaut à Gironde. Guillaume seul 
reste à Narbonne chez son père (8063). 


N 


LE ROMAN EN PROSE FRANCAIS XXIII 


IV 
Le roman en prose français. 


Il existe une version en prose des Nerbonois: on n’en 
connaît pas de version dramatisée. 

Les Comptes de la ville de Lille portent la mention 
suivante : 

As compaingnons de le fieste des enfans Aymery de 
Nerbonne donné .xr. escus qui vallent a .xxxi. s. le 
piece .zxn. lb. fors (Compte de 1351, f° 24, chapitre 
intitulé Paiement en diverses pieches ‘.) 

C'était vraisemblablement un jeu mimé ou tableau 
vivant, dans lequel on représentait soit la scène d’ou- 
verture des Nerbonois, Aimeri tenant sa cour à. Nar- 
bonne entouré de ses sept fils, soit l’adoubement de ces 
derniers à la cour de Charlemagne. M. Petit de Julle- 
ville, Les Mystères, t. I, 1880, p. 4, croit que l'on 
représenta simplement les enfants. d'Aimeri dans une 
sorte de fête ou de cavalcade. Le. 

Le roman en prose de Guillaume d'Orange nous est 
parvenu dans deux manuscrits, dont l’un, fr. 1497 (À), 
en PARIÉS l’autre, fr. 796 (B), en parchemin *. Le texte 


“Cons les deux éditions de cette courte mention, celle de 
Magnin dans le Bulletin du comité de la langue, t. Il, 1853- 
1855, Paris 1856, p. 120, et celle du baron de La Fons Mélicocq, 
dans les Annales archéologiques de Didron aîné, tome XIII, Paris 
1853, p. 168, présentent entre elles de fortes divergences, je me 
suis adressé à l’archiviste du Nord, M. Jules Finot, auteur d'un 
savant mémoire sur les Représentations scéniques de Lille au 
xv° siècle (Bulletin historique et philologique, 1897, p. 504). A son 
instigation M. Desplanque, archiviste communal de Lille, a bien 
voulu revoir pour moi sur l'original la phrase en question. 

2. Les rapports du roman en prose avec les poèmes ont été 
dernièrement examinés par M. Johannes Weiske, Die Quellen des 
Prosaromans von Guillaume d'Orange, Halle 1898. 


XXIV __ INTRODUCTION 


de celui-là semble être le brouillon du texte de celui-ci, 
et comme celui-là a appartenu à Jacques d’Armagnac, 
né vers 1437, duc de Nemours depuis 1462, décapité 
en 1477, il se pourrait bien que l’ouvrage eût été écrit 
pour ce seigneur. Il y a des passages où la leçon du 
second manuscrit s'explique par un trait tout à fait 
accidentel dans le premier. Le second reproduit la plu- 
part des fautes de l’autre ; souvent, voulant en corriger 
le texte, il le fait mal. Il faudrait donc prendre comme 
base d’une édition le texte du ms. fr. 1497 et non celui 
du ms. fr. 796, que jusqu’à présent on a reproduit de 
préférence. 

Voici des passages où l’altération semble due à une 
bévue du scribe de B occasionnée par la leçon ou même 
par une certaine forme des lettres dans À : À 38" des- 
sendre, B 272 deffendre — A 40" (ne dessendirent 
onques) es pie, B 28? espee — À 40" par auant, B 28° 
pour a matin — À 47" feigniez, B 320 seignerez (de 
doulcement parler) — A 48 que tous furent ceulx 
esbahis qui les vist recepu’ B 332 vistrent recepuoir — 
A 597 (sy roidement le) fcoqua, B 40° forqua — À 61ir 
de garde, B 422 de gide — À 61" renoncer sa loy, B 42° 
receuotir sa loy — À 72Y À amener, B 50% auoir. 

En d’autres passages les deux manuscrits ont les 
mêmes fautes : dans le chap. x il est question de douze 
mille hommes, mais bientôt après de vingt mille — À 
59" B 40° legierement longuement — À 61 B 42? faisoit 
dun bourreau faisoit — À 57' au au lieu de oy, B de 
même — À 59° Or b’n (pour vit) Fernagus Guibelin, 
B de même. 

[l est rare qu’un changement de B soit une amélio- 
ration, comme À 32° B 22d : Or dit l’istoire que tant 
crurent les fil; Aymery que ils furent ja grandelés 
comme en l'aaige de .xiii. a .xiiii. (B .vii. a xtiti.) 
ans. 

Le contenu de notre chanson se retrouve dans les 


LE ROMAN EN PROSE FRANCAIS XXV 


chap. vi à xvir du roman. L’auteur de ce dernier avait 
sous les yeux un texte analogue à celui de notre 
tome, à preuve les aventures d’Hernaut, lesquelles 
sont omises dans le texte remanié de la chanson et qui 
se retrouvent dans la prose. La forme Courtmarchis, 
que j'ai déjà relevée (p. vi), semble prouver que le ma- 
nuscrit mis à profit appartenait au groupe AB des ma- 
nuscrits de la chanson, lequel écrit aussi Cormarchis 
pour Comarchis. 

Voici l’analyse de la partie correspondante du roman. 

Chap. vu = v. 1-552. 1129-1653 : 

Le comte Aimeri de Narbonne, qui se voit entouré 
de ses filles et de ses fils, se décide à se débarrasser de 
ces derniers, sauf le plus jeune. Ils feront comme lui- 
même a fait jadis, comme son grand-père Garin qui 
Monglenne conquist et Mabilette, comme son père 
Hernault qui conquist Beaulande avec la mère d’Aimeri 
en sus. En vain Hemengart tâche de le détourner de 
sa résolution : il persiste. Garin ira à Pavie chez son 
oncle Boniface : car il est pere [sic] de Hemengart, la 
dame qui vous a porté. Beufves ira en Gascogne 
demander la main de la fille du roi. Quatre des frères 
iront à la cour de Charlemagne, qui leur donnera des 
emplois : à Hernault, l'aîné, celui de fourrier, à Guil- 
laume, qui l’ainsné estoit après lui, celui de chambel- 
lan, à Bernart, le troisième, celui de sénéchal; Aÿmer 
enfin portera l'épée de l’empereur. Guibelin restera 
seul à Narbonne, où un jour il héritera du fief paternel. 
Les quatre frères prennent en effet la résolution de se 
rendre à la cour de Charlemagne. 

Beufves parvient en Gascogne, où le roi lui donne 
celluy an mesmes sa fille en mariage et quinze châteaux, 
dont l’un, appelé Courtmarchis, lui fournit le nom qu'il 
a rendu célèbre. Des deux fils issus de ce mariage, 
Gerart de Barbastre et Guiellin, il sera question plus 
tard, 


XXVI INTRODUCTION 


Garin arrive à Pavie à la cour de son oncle Desier. 
Plus tard, il conquerra Aussenne. 

Chap. vin = v. 553-1128. 1654-2563 : 

Les quatre frères s’éloignent en cachette, chacun 
avec un varlet et garçon, mais sans argent. Ils sont 
déjà à quatre lieues de Narbonne, lorsqu’Aimeri s’aper- 
çoit de leur absence. Il envoie après eux par un écuyer 
un sommier chargé d’or et d’argent, mais Hernault 
renvoie tout. La première nuit, ils ne parcourent pas 
plus de dix lieues, et ils passent la suivante chez un 
ami de leur père, appelé Thierry. Ils continuent leur 
voyage de château en château, trouvant partout bon 
accueil. Vers ce temps Charlemagne a convoqué une 
grande cour pour la Pentecôte. Les fils d'Aimeri voient 
plusieurs seigneurs qui, suivant l'ordre de l'empereur, 
sont en route pour Paris. Ainsi ils rencontrent l’évêque 
d'Avignon, qui, ayant trouvé un bon hôtel, refuse de 
les y loger, bien qu’Hernault déclare être le fourrier de 
l’empereur. Un abbé qui loge dans le voisinage se 
montre plus courtois et les reçoit dans son hôtel. Arri- 
vés à Paris, ils cherchent en vain un gîte, toutes les 
maisons regorgeant déjà d'étrangers. Hernault, sous 
prétexte qu’il est le fourrier de l’empereur, chasse de 
l’hôtel le cardinal de Bologne pour s’y mettre avec ses 
frères et le bon abbé. Bientôt ils aperçoivent dans la 
rue Beufves et le roi de Gascogne, qui vont en quête 
d’un logement. Hernault leur en procure un sans peine: 
il force le prince de Tarente et les seigneurs romains 
de leur abandonner le leur. Cette scène se répète au 
profit de Garin et du roi Boniface, qui sont logés dans 
un hôtel dont il a fallu expulser l’évêque d'Avignon. 

Chap. 1x — v. 2564-2867. 3024-3063 : 

L’évêque se rend auprès de l’empereur, où le cardi- 
nal de Rommenie et le prince de Tarente arrivent aussi 
porter plainte contre l’impertinent fourrier. L'empe- 
reur envoie le prévôt de Paris pour amener le fourrier 


LE ROMAN EN PROSE FRANÇAIS XXVII 


impérial, qui s'appelle Guion de Champagne, fils du 
comte Huon de Troyes, et qui proteste de son inno- 
cence : il faut qu’un autre se soit arrogé ses pouvoirs ; 
il demande la permission d’arrêter le coupable. Accom- 
pagné de Geuffroy ou Richart d’Angiers, Guion se 
rend chez les quatre frères, qu’ils conduisent avec Boni- 
face leur grand-père devant l'empereur. Celui-ci est 
d’abord furieux, mais il se rapaise, et même il leur par- 
donne, quand il apprend qu’Aimeri avait promis à 
Hernault l'emploi de fourrier et qu’Aimeri, marié avec 
Hemengart depuis dix-huit ans, est père de ces fils et 
encore de cinq belles pucelles. 

Chap. x = v. 3350-4113 : 

Or dit l’istoire que, quant le sieige, qui fut mis devant 
Nerbonne par les rois Desramé et ceulx de sa compai- 
gnie conme Fernaguz d'Esrable, Abel, Esclammart et 
Esrofle et les autres rois payens, fut levé par Gerart de 
Vianne, Aymery, Gerart de Roucillon, Hugon de 
Berry et les aultres vaillans crestiëns, qui les chace- 
rent longuement, et le roy Desramé se fut retrait en 
Orange la grant comme ouy avex ça devant... Aimeri 
jouit de la paix pendant sept années. Un espion sarra- 
sin, Pardragon, ayant appris à Narbonne que six des 
fils Aimeri sont absents, court l’annoncer à son maître, 
l'amiral de Cordes. Il trouve celui-ci sur le point de 
célébrer une fête en l'honneur des quatre dieux des Sar- 
rasins. Quatorze rois sont présents avec les amiraulx 
et autres grant seigneurs. Suit une description du 
palais de Cordes. En figure estoit la l’istoire du roy 
Alixandre comment il conquist Daire, comment il sub- 
juga Porrus le roy d'Inde, des veux du paon, et la 
grant bataille qui fut ffaicte devant Epheson pour 
l'amour de Fezonne la belle; puis y fut comment il se 

fist porter en l'air par les griffons et comment il fist 
faire ung vassel de verre et [ms. en] soy mettre en mer 
pour veoïir les poissons, et sy y estoit comment il donna 


XXVIII INTRODUCTION 


les riches dons et comment il fut enpoisonné. Dans la 
salle se trouvent les statues d’Appollo, de Tervagant, de 
Jupiter et de Mahom, chacune menaçant avec une 
espie [sic] le Christ crucifié à leurs pieds. Là on fait 
loffrande destinée à servir de frais de guerre, somme 
très élevée en ce moment-là, après dix-huit années de 
paix! Pour passer le temps un enchanteur fait entrer 
dans la salle de l’eau sur laquelle nage une galie, et 
il laisse s'envoler une alouette qui renverse la statue de 
Mahom. Ses tours plaisent surtout à Orable, qui 
l'attache à son service pour qu’il lui donne des leçons 
de magie. Le rapport de l’espion a pour effet que le 
vieil amiral Desramé avec les quatorze rois arme une 
flotte de cent mille Sarrasins, laquelle mouille près de 
Narbonne. Un sauldoier truchement, qui était alors à 
Cordes, revient annoncer à Aimeri l’arrivée des païens. 
Aimeri fait ses préparatifs de guerre et mande Hugues 
de Berry, Gerard de Roucillon, Galerant, Anthiaulme 
et son filz Guielin. Les Sarrasins ont quatre drapeaux : 
deux de gueules au serpent, les deux autres à l’image 
de Mahomet et de Tervagant. Les quatre rois qui les 
portent s'appellent Fernaguz le pere, Thibaud de 
Arrable, Folcuidant, Erofle le grant, roy de Tartarie. 

Aimeri commence la bataille en attaquant l’armée 
sarrasine. Fernagus tue un chrétien, Esrofle, Abel et 
Esclamart en font autant. Le cri de guerre des Sarrasins 
est « Arable, Tartarie et Nubie », celui des chrétiens 
est « Nerbonne, Roucillon et Berry ». Aimeri conquiert 
le drapeau de Fernagus et tue Melidus, cousin du roy, 
qui avait voulu le venger. Guibelin, accompagné de 
Hugon de Berry, combat à côté de son père et tue le 
cheval du païen Lampatrix. Gerard de Roucillon périt 
dans la mélée. Après avoir repoussé et poursuivi les 
paiens, Aimeri rentre dans la ville. 

Conseil de guerre des deux côtés : les Sarrasins se 
décident à cerner la ville pour la réduire par la famine, 


LE ROMAN EN PROSE FRANCAIS XXIX 


Aimeri et les siens à envoyer des messagers à Charle- 
magne pour demander du secours. Un convoi de vivres 
destiné à l’armée sarrasine est pris par les assiégés qui 
font une sortie par la porte de Nîmes. 

Chap. xi — v. 4114-4226 : 

Pourtant, Desramé qui épie le moment favorable, 
détache trente mille païens pour couper le chemin à 
Aimeri, qui se voit forcé de leur abandonner les provi- 
sions. Il se défend comme un sanglier, brandissant sa 
hache, qui auparavant reluisait au loin, maïs qui main- 
tenant est toute rougie de sang sarrasin. Et tesmoigne 
l’istoire que jusques aux cousdes estoient ses bras, son 
harnais et les manches de son haulbert ensanglantés. 
Guibelin désarçonne Baudoire, mais il est pris par les 
paiens. Trois mille Narbonnaïs accourent au secours 
d'Aimeri et le délivrent. Aimeri désarçonne Desramé 
et réussit à atteindre la porte de Narbonne. 

Chap. x11 = v. 4227-5209 : 

‘ Fernagus recommande aux païens de crucifier Gui- 
belin, et le roi Clargis de Valdune est chargé de dres- 
ser la croix. C’est en vain qu’Aimeri offre à l’amiral 
des richesses, pourvu qu'il accorde aux assiégés, y 
compris Guibelin, la sortie libre : l'amiral refuse. Gui- 
belin, que le bourreau Gamadras a mené au supplice, 
demande à celui-ci un répit pour faire sa prière. 
Gamadras, malgré quelques soupçons — car Habraham 
d’Anthioche fut pris devant Esclaudie et jugé à mort, 
mais délivré à cause d’un retardement de l’exécution — 
l'accorde à Guibelin. En attendant Aimeri vise Gama- 
dras, le tue d’un trait d’arbalète et arrache Guibelin 
aux mains des païens. Deux païens, Clargis et le 
médecin Luction, sont faits prisonniers. 

Ch. xim = v. 5210-5502. 

D'abord on veut les pendre, mais comme le médecin 
par un bruvaige guérit les blessures de Guibelin en 
huit jours et que Clargis s’offre à procurer aux messa- 


XXX INTRODUCTION 


gers d’Aimeri un sauf-conduit à travers l’armée sarra- 
sine, on leur fait grâce de la vie. Desramé accepte les 
conditions recommandées par Clargis, et il livre comme 
garants de sûreté cinq otages : Corsabrum de Damas, 
Rahier, Marradoz, Triamodes et Jupin, contre la pro- 
messe d’Aimeri de donner à Clargis et à Luction la 
liberté sans aucune rançon. Aimeri désigne pour le 
message Guibelin et Galerant, cousin de ce dernier. 
Clargis les conduit par l’armée païenne jusqu’à quinze 
lieues, après les avoir régalés dans sa tente. 

Chap. xiv = v. 5503-5823. 6648-6711 : 

Les messagers d’Aimeri trouvent Charlemagne à 
Paris, les fils d'Aimeri dans son entourage. Quand ils 
ont relaté l’invasion des Sarrasins, Hernault jure de ne 
pas mettre de colle de homme avant qu'Aimeri ne soit 
délivré des ennemis. Charlemagne convoque son armée 
et il confie à chacun des cinq frères une échelle de dix 
mille hommes. 

Chap. xv : 

Desramé donne l'assaut à la ville pour prévenir 
l’arrivée de l’armée franque. Erofle et Gaudion sont 
chargés de dévaster la contrée, afin que l’armée franque, 
dès qu’elle aura franchi le Rhône, n’y trouve plus de 
provisions. 

Ayant publié les deux derniers chapitres dans let. Il, 
je me borne à en résumer ici le contenu en peu de mots. 

Chap. xvi = v. 5824-6647. 6712-7683 : 

Les fils d'Aimeri arrivent près de Narbonne avec 
l’armée qu’ils amènent. Ce sont cinquante mille hommes 
ordonnés en cinq échelles, chacune commandée par un 
des fils d'Aimeri. L'armée sarrasine, qui compte cent 
cinquante mille hommes, est divisée en quatorze échel- 
les. Deux autres échelles sont placées devant les portes 
de Narbonne pour empêcher une sortie. La bataille 
commence. Aimeri est fait prisonnier, mais délivré par 
Guillaume. Desramé est tué par ce dernier, Fernagus 


LES NERBONESI XXXI1 


par Aimeri. La victoire des chrétiens est complète. On 
se repose à Narbonne pendant huit jours ou environ. 
Ensuite Aimeri se rend avec ses fils à la cour de Char- 
lemagne. 

Chap. xvir : 

A Cordes on annonce au jeune Desramé la nouvelle 
de la défaite. Quand sa fille Orable l’apprend, elle 
tombe évanouie. 

La valeur du roman en prose pour la critique du 
texte de notre chanson est nulle. Le romancier ayant 
traité son sujet avec beaucoup de liberté, il serait inu- 
tile d’'énumérer ici par le menu les changements qu'il y 
a introduits. On s’apercevra sans peine dans son récit 
de quelques contradictions dues à son inadvertance. 


V 


Les Nerbonesti. 


Un remaniement italien des Nerbonois se trouve 
dans le roman Z Nerbonesi, composé vers 1410 par 
Andrea de’ Magnabotti. L'auteur, à qui est due une 
série de romans pareils, était né en 1370 à Barberino di 
Val d’Elsa, dans les environs de Florence, où il vécut 
comme chanteur jusqu'au delà de 1431. A Florence il 
avait une maison et des terres. Il se maria deux fois". 

Le roman des Nerbonesi se rattache à la Seconda 


‘1. Voir l’article Barberino dans Ulysse Chevalier, Répertoire 
des sources historiques du moyen âge, et dans le Supplément. Ajou- 
tez P. Rajna, Reali di Francia, t. 1 (1872), pp. 283-330; G. Vandelli, 
même ouvrage, t. II (1892), pp. xcix ss. ; R. Renier, Discesa di Ugo 
d’Alvernia (1883), pp. cu-cnir; À. Gaspary, Geschichte der Italiænis- 
chen Litteratur, t. II (1888), pp. 262. 672; F. Flamini, Lirica tos- 
cana (1891), p. 158 n.1. 


XXXII INTRODUCTION 


Spagna (remaniement en prose d’Anseis de Cartage), 
dont il est la continuation. C’est sans doute un des 
derniers ouvrages d'Andrea, comme c’est un des der- 
niers suivant la chronologie des événements racontés. 
Ïl n’y a qu’Ajolfo et Ugo d’Alvernia qui semblent lui 
faire suite. | 

La seule édition que nous ayons des Nerbonesi, celle 
d'Isola (Le Storie Nerbonesi, t. I, 1877,t. 11, 1887 ‘)}, 
laisse beaucoup à désirer. L'éditeur ne s’est pas même 
donné la peine de comparer les textes des manuscrits 
des bibliothèques de Florence. En général, il se borne 
à consulter, outre le manuscrit où il puise le texte, un 
seul manuscrit, et bien souvent la bonne lecon se trouve 
au bas des pages. 

Dans son roman historique Andrea a fondu le con- 
tenu de neuf chansons sur Guillaume d'Orange *, dont 
la première est la nôtre. 

Suivant une fiction du romancier, qui divise son 
ouvrage en huit livres, il a suivi pour les livres I à III 
la chronique d'un certain Follieri, médecin d'Aimeri 
de Narbonne, et pour les autres celle d’'Uberto duca di 
San Martino. Ce dernier est un écrivain réel, Herbert 
le Duc, de Dammartin, bien connu comme auteur de 
Foucon de Candie, tandis que Follieri est un person- 
nage fictif, le médecin d’Aimeri dans les Nerbonois, 
qui l’appellent Forré. 

Le contenu des Nerbonois remplit la plus grande 


1. Le contenu des tomes III et IV est sans rapport avec le roman 
publié dans les tomes I et II. 

2. Ce sont les Nerbonois, le Couronnement de Louis, le Charroi 
de Nimes, la Prise d'Orange, le Covenant Vivien, Aliscans, Fou- 
con de Candie, le Moniage Rainoart, le Moniage Guillaume. 
Malgré ce qu'en dit M. Philippe Becker (Der Quellenwert der 
Storie Nerbonesi, Halle 1888), Andrea semble avoir ignoré les 
Enfances Vivien et Guibert d'Andrenas. Voir à ce sujet une thèse 
de l’université de Halle par Adolf Reinhard: Die Quellen der 
Nerbonesi, 1899. Pr ot 


LES NERBONESI XXXIHI 


partie des livres I et II des Nerbonesi : savoir les cha- 
pitres xx1-xLvi du premier, et les chapitres 1r-xx1 du 
deuxième livre. Andrea s'est permis avec ses sources 
des changements de tout genre, fort bien déterminés 
par M. Rajna. En ajoutant des millésimes et des dates, 
des nombres exacts, des détails géographiques et généa- 
logiques, et en supprimant ce qui lui semblait :bur- 
lesque ou grossier, il est parvenu à donner à son récit 
un certain air de chronique. : 

Si M. Becker; dans l'ouvrage cité, croit qu'Andrea 
avait lu les chansons de Guillaume dans un seul 
manuscrit, apparenté au manuscrit du fonds La Vaikière, 
il se trompe. Car les deux manuscrits qui renferment 
le groupe de chansons que nous avons appelé: le 
Grand Cycle, celui de La Vallière (fr. 24369: 24370) et 
celui de Londres (Royal 20 D x1), omettent dans les Ner- 
bonoïs le récit des aventures qui arrivent aux fils d'Ai- 
meri pendant leur voyage à Paris et dans Paris même. 
Or, ces aventures se retrouvent dans le roman italien. 
Il faut donc que le texte qu’Andrea avait sous les yeux 
ait été le texte du Petit Cycle et non pasle texte abrégé 
du Grand Cycle. On peut même conjecturer la famille 
à laquelle le manuscrit d’Andrea appartenait :. car 
Andrea écrit Cormarisi (PrOEHO 133. virr. 14. 10), et 
nous avons vu (p. vi) qu’une forme semblable (Cor- 
marcis) est employée ce LS manuscrits À.et B du 
Petit Cycle. A | Fu ue 

Quand même cette codeur me se trouverait pas 
juste, le remaniement d'Andrea est trop libre pour pou- 
voir servir à la: critique du texte français. Voici com- 
ment les deux:réeits se correspondent : 

Nerbonesi livre I chap. xx1 — Nerbonois v. 1-907. 

Chap. xxni, V. 1673-1744, ADO | 

Chap. xxu1, v. 2333-2348. | 

Chap. xx1v, v. 2349-2406. . 

Chap. xxv, v. 2503-2594. 

Tome IL ç 


XXXIV INTRODUCTION 


Chap. xxvi, V. 2771-2792. 

Chap. xxvH. — 

Chap. xxvin. — v.:3104-3253. 2834-2868. 
Chap. xxx, v. 2847-2864. 

Chap. xxx, v. 2930-2951. 

Chap. xxxI-ALVI. — 

Livre II, chap. 1. —: 

Chap. nu, v. 3352-3783. 
Chap. m, v. 3817-3822. 41 nr 
Chap. IV, V. 4120-4201. 4285-4328. 
Chap. v, v. 4202-4226. 4928-5029. | 

Chap. vi, v. 4356-4376. 5114-5209. 5305. 
Chap. vi. — v. 5315-5644. . 2 
Chap. Ve 5655. HP 


Chap: 1x. — 
. Chap. x. — v. 5821-5825. 
-Ghap. x. — 


..Ghap. xt, v. 6872-6880. 
Chap:.xum, v. 6654-6728: 5934. 


Chap.-xiv. 
Chap. xv, v. Go: 6225-6300. 6454 
Chap. xvi. — .: ‘! 


Chap. xvii, v. ons: 5938. 7678. 

Ghap. xvur. V. 6673... 

Chap. x1x, v. 7678. 7640: 7307: . 

Chap. xx-xxi. 

C’est surtout dans les dcotons de bataille qu SAGE 
drea s'éloigne de ses sources et qu'il suit un plan tout 
à lui. La bataille qui, dans, le roman:italien, achève le 
siège de Narbonne n’a plus rien de.commun avec le 
récit des Nerbonois, sauf les noms de quelques guer- 
riers protagonistes. 

Andrea a une prédilection pour les étymologies et 
les jeux de mots. Suivant lui, le nom Aloigi (Louis) 
signifierait andossene (en français aloit s’en), parce que 
la mère de ce prince s'en était allée pour échapper à 


LES NERBONESI XXXV 


une punition imméritée. — Andrea sait qu’une rivière 
passe à peu de distance de Narbonne; mais il en ignore 
le nom. Il l'appelle Nero : puisque la ville s'appelle 
Nerbona, comment la rivière pourrait-elle s'appeler 
sinon Nero? — L’'Anquetin le Normand de la chanson 
est devenu chez Andrea Argentino le marchand. Il 
raconte qu’il a été très riche, maïs qu’il a perdu tout 
son bien : « Zo fui chiamato il ricco Argentino, ma ora 
à nome pel contrario » (1. 23). Plus tard, en quête d’un 
personnage qui puisse conduire un corps d'armée, notre 
romancier se souvient à temps du bon vieillard Argen- 
tino, et l’ancien marchand est chargé de conduire 
dix mille soldats à la bataille. — On sait que par un 
malentendu des chroniqueurs le cort nes de Guillaume 
a été pris pour .un cornet. Andrea, qui semble ignorer 
le nez défiguré du-héros, le pourvoit d’un cor d’or, qui 
dans la mêlée permet de le distinguer de loin parmi les 
combattants. | | | | 

Andrea supprime par exemple les aventures de Val- 
caire, le séjour de Bueve à la cour d’Yon, celui de 
Garin à celle de Boniface, la rencontre avec Gonbaut. 
Il omet des personnages inconnus aux autres chansons 
de Guillaume, comme Romanz et Clargis, l’espion Da- 
nebrun, dont le nom était identique avec celui d’un 
personnage du quatrième livre des Reali di Francia. I] 
introduit Ugieri (Ogier), et Aliscardo, chargé par Aimeri 
du message à la cour de Charlemagne, la manière dont 
Guibert et Romanz traversent l’armée sarrasine lui 
ayant paru peut-être trop absurde. 

La scène (I. r9;,où Aïmeri met à l'épreuve la force de 
ses fils, comme Diego Lainez celle des siens, a été peut- 
être suggérée à Andrea par les vers 356. 774 de la 
chanson, où Aimeri déclare qu’il veut les éprouver. 

Les Allemands chassés de leur hôtel par les fils 
d'Aimeri sont chez Andrea des Maganzesi. — Le nom 
du fils de l'amiral, Cornuañfer, devient Lionfero. 


XXXVI INTRODUCTION 


Une circonstance que l’on pourrait alléguer en faveur 
de l’opinion de M. Becker d’après laquelle Andrea se 
serait servi d’un manuscrit du Grand Cycle est le rôle. 
qu’il fait jouer à Ugone da Fieravilla, qui se trouve 
dans l’armée franque et participe à la bataille, tout 
comme Hue de Florinvile dans la version du Grand 
Cycle. Je ne nie pas qu'Andrea ait pu mettre à profitun 
manuscrit du Grand Cycle à côté de celui qu’il suivait 
à l’ordinaire. Pourtant, comme il n’accorde pas moins 
d’espace à la chanson de Foucon de Candie que l’as- 
sembleur du Grand Cycle, et que tous ces compilateurs 
ont une tendance à insérer des données pour préparer 
des événements postérieurs, il est très probable qu’en 
introduisant le père de Foucon il a spontanément em- 
ployé le même moyen que l’assembleur du Grand 
Cycle pour atteindre le même but. 

Il est curieux qu’Andrea semble connaître la topo- 
graphie de Paris. Là où la chanson mentionne le Petit 
Pont, Andrea ajoute que ce ponticello se trouve allato 
alla chiesa di Santa Maria Fiordalisi (I. 23). Il est. 
évident qu’il parle ici de la Sainte Chapelle au Palais 
de justice, et l’on se demande si peut-être il la connais- 
sait de visu. 


VI 
Allusions aux « Nerbonois ». 


1. Dans Aimeri de Narbonne on lit : . 


Li quinz des fiz Hermenjart la loee 
Si ot non Bueves a la chiere menbree, 
Cui Aymeris dona la bone espee, 
Gresbe (var. Griebe) la bone, qui tant fu redoutee. 
(v. 4575-4578). 


Ce nom d'épée n’est pas mentionné dans la chanson 


ALLUSIONS AUX NERBONOIS XXXVII 


du Siège de Barbastre, mais il se trouve dans les Ner- 
bonots (v. 186, 3224), où est raconté l’acte de donation 
auquel le passage d’Aimerti se rapporte. 

Un peu plus loin il est question de Guibert : 


Mes a un jor le pristrent Sarrazin; 
En croiz le mistrent li cuvert Barbarin; 
Moit grant martire fesoient del meschin, 
Qant le rescout son pere et son cousin. 
(v. 4609-4612). 


Les Nerbonoïs racontent (4957, 5017) comment Gui- 
bert est mis en croix et délivré par Aimeri et par 
Romanz, qui traite Guibert tantôt de cousin (5617) 
tantôt d’oncle (5623). 

2. Dans Guibert d’Andrenas plus d’un passage a trait 
à notre chanson. 


N'a que Guibert remez en cest païs, 
Que en la crois mistrent li Sarrazin 

(ms. du Mus. brit., royal 20 Dai, f. 240°). 
Sire, fet ele *, Guibelins le hardis 
Le * doit avoir, par foy le vous plevis, 
— C'est le plus josnes, si est li plus petis —, 
Por ce qu’en crois fu traveilliez et mis 
El despit Dieu le roy de paradis. 

(f. 240°). 


En un autre passage il est fait allusion au baptême 
de Clargis (Nerb. 7884 ss.) : 


Niece “ Clargis, le neveu l’amiré, 
Qui a Nerbone reçut crestiënté. 
(f. 241). 


1. Voy. Karl Siele, Uber die Chanson Guibert d’Andrenas, 
Marburg 1891, pp. 41. 57. 

2. Ermengart. 

3. Le fief de Narbonne. 

4. Il est question d’Algaie qui, suivant les Nérbonotïs, est sœur 
de Clargis. 


XXXVIII INTRODUCTION 


Voici encore un passage ayant rapport aux combats 
d’Aimeri devant Narbonne. 
Aimeri se vante de ses prouesses : 


N'a encor pas .xxv. anz passez, 

Qu'’a [ms. Quant] .xx. paiens fui je seul ajoustez. 
Les .x. occis, ce est la veritez, 

Et .x. en furent et plaié et navré. 


Guillaume lui répond : 


Mes ce estoit devant vostre cité: 
A vos archiers vous faisiés garder, 
Qui [i] traioient les quarriaux empenez. 
Dame Ermengart, qui tant a de biautez, 
Vous escrioit : « Sire Aymeris, tornez! » 
Qui voit s’amie, plus en est desreés. 
(f, 245%). 


3. Si ces deux chansons semblent postérieures aux 
Nerbonois, les Enfances Vivien ont décidément l'air 
plus ancien. Je les cite d’après le ms. 1448 (éd. Wah- 
lund et von Feilitzen, Upsala 1895, p. XV). 

Garin, prisonnier des Sarrasins, envoie à sa femme 
à Anseüne un messager auquel il remet comme marque 
de reconnaissance une enseigne de lance. 


Iceste ansaigne me porteras m’amie, 
Que j’aportai de * Nerbone 1a riche 
Cant conbati a la gent Sarrazine. 


| (v. 137-139). 
Le messager dit ensuite à la dame : 
Veez vos ci cel panon de cendel, 
Que il conquist desoz * Nerbone es pres 
Cant desconfist Sarrazins et Esclers ? 
(v. 189-191). 


4. On trouve d’autres allusions à un siège de Nar- 
bonne, mais sans qu'il soit question des événements de 


1. Ms. de Boulogne : Que iou conquis soz. 
2. ms. desor, 


ALLUSIONS AUX NERBONOIS XXXIX 


notre chanson. Dans le Siège de Barbastre Bueve dit 
aux messagers qu'il veut envoyer en France : 


Vos me dirés mon pere Aymeri lou guerrier 
.Qu'il me vigne secore, car je en ai mestier, 
À .xx. m. chevaliers, se il puet exploitier, 
Apsin con ge fis lui a Nerbone l’autr'ier, 
_-Cant assigié l’avoient li gloton losangier. 
- Illoc fut si anquis an son palais plenier, 
Que il fist les mors homes desor les murs drecier. 
A .x. m. chevaliers la li vin ge aidier, 
Et si trovai au siege de la gent l’aversier. 
. À icestes ansaignes, gardés ne l’obliër, 
Me vigne ores secorre en estrange renier 
En la terre d’Espaigne. 
(ms. fr. 1448). 


Et un peu plus loin : 


Or me dites Guibert, lou jantil bacheler, 
Qu'il me vigne secore a tot .x. m. armés, 

. Ansin con ge fis lui a Nerbone sor mer. 
Cant illoc l’asailloient Sarrazin et Escler. 
Ge i alai mout tost a quant que poi mander; 
Mout bien lou secorui, il m'en dut bien loer. 


Les deux passages ne se rapportent pas au siège de 
Narbonne, raconté au commencement de la chanson 
du Siège de Barbastre. Ç | 

5. On peut encore trouver une allusion au commen- 
cement des Nerbonois dans quelques vers de Gérart 
de Blaves (xv° siècle), cités par Reïffenberg, Chronique 
rimée de Philippe Mousket, t. 11 (Bruxelles, 1838), 
P. CCLVI: | | 


Car onques Aimeris, qui tant fist a prisier, 
Ne donna ses enfans le monte d’un denier, 
S’il nel porent conquerre au fer et a l’achier, 


XL . INTRODUCTION 


VII 


Allusions dans les « Nerbonois ». 


Abstraction faite des allusions à Aimer: de Narbonne 
(3639-3652), au Siège de Barbastre (7964-8093) et à 
Guibert d’Andrenas (392. 7910-7926), que je crois inter- 
polées (voy. p. vir-vii), nous rencontrons dans les Ner- 
bonots les allusions suivantes : 

a. — à Girard de Vienne : v. 52-54. 109-121. Iln'y 
a pas de différence matérielle entre ces allusions et la 
chanson de Girard. 

b. — à Guitequin : v. 5798-5802. 

c. — à la Chanson de Roland : v. 189-190. 2521-2525. 
Remarquons que celui à qui l’on reproche ici d’avoir 
participé à la trahison de Ganelon est un seigneur 
basque, Tibert d’Orion (Basses-Pyrénées). 2670-2671. 
2705-2707. Il n'y a pas encore vingt-cinq ans accomplis 
depuis l'expédition d'Espagne 2965-2971. 3326-3328. 

d. — à Aimeri de Narbonne : v. 47. 75-82. 98. 122- 
125. 1241-1249. 2810-2816. 3520. 4943-4945. 5674- 
5692. 5702-5713. Ces allusions s'accordent entre elles 
en ce que Charlemagne, en revenant de l'expédition 
d’Espagne, arrache aux Sarrasins la ville de Narbonne 
avant de l’offrir à ses barons, tandis que,dans la chanson 
d’'Aimeri qui nous reste, Narbonne est encore entre les 
mains des païens quand Charlemagne l’offre à celui de 
ses guerriers qui aura le courage de la leur prendre (voy. 
surtout Nerb. 1243. 2812. 5705). Encore une raison qui 
doit nous empêcher d’attribuer les Nerbonois à l’auteur 
d’'Aimer: de Narbonne : dans Aimerti la ville de Nar- 
bonne est refusée non par quinze comtes (Nerb. 5706), 
mais par douze seulement. Yon, roi de Gascogne, dans 
sa Jeunesse, avait assisté à la prise de Narbonne (v. 
1241-1249), tandis que la chanson d’Aimeri ne le 


ALLUSIONS DANS LES NERBONOIS XLI 


nomme nulle part. L'auteur des Nerbonois semble 
ignorer le siège de Narbonne raconté à la fin d'Aimeri 
de Narbonne. 

e. — au Couronnement Louis : v. 3259-3264. L’allu- 
sion n'est pas tout à fait exacte, les frères de Guillaume 
ne jouant aucun rôle dans l’acte du couronnement 
selon la chanson consacrée à ce dernier. 5319-5347 
(usurpation de la couronne par Ernaïs après la mort de 
Charlemagne, voy. Romania XXV. p. 373), 5535-5555. 

Guillaume a le surnom au cort nes 3170. 5337. 

Parmi ces allusions je relève la poétique légende sur 
Charlemagne enterré assis : 


En la chaere l'ont li François asis 
Tot autresis con s’i fust ancor vis; 
Un gant a or li ont an son poing mis, 
Devers Espangne li ont torné le vis : 
Oncor menace paiens et Arabis. 
(v. 5543-5547). 
Cette légende a été traitée de main de maître par 
M. Théodore Lindner, professeur à Halle, dans son 
ouvrage Die Fabel von der Bestattüng Karls des Gros- 
nen, Aix-la-Chapelle, 1893 (tirage à part de la Zeit- 
schrift des Aachener Geschichtsvereins, t. XIV. L’au- 
teur a ajouté deux articles supplémentaires dans le 
tome XVIII). 
Voici encore deux passages de l'épopée française 
ayant trait à la même tradition et se servant presque 
des mêmes termes : 


Teil sepulture n'avra mais rois en terre. 
ll ne gist mie, ançois i siet a certes, | 
Sus ses genolz l'espee an son poin destre : 
Ancor menace la pute gent averse. 
(Ms. 1448 dans le Couronnement Louis, éd. Langlois, p. nr. 


Tel sepulture n’ot onques rois en terre. 
Il ne gist mie, ainz se siet tot a certes; 
Encor le sevent li baron de la terre. 
(Enfances Vivien, v. 422-424.) 


/ 


XLII INTRODUCTION 


‘ Voir sur ces passages M. Phil. Becker dans la Zeit- 
schrift für Roman. Philologie XXIII. p. 463 et 
M. Cloëtta, Die Enfances Vivien, Berlin 1898, p. 38. 

Je ne veux pas omettre de citer la fin d'Anseis de Car- 
tage, où la mort de Charlemagne est racontée en peu 
de mots et où le poète ajoute : À grant duel fu en la 
caiere ass. : 

J. — à Aïmer le chaitif : v. 4438-4430. Il n’est pas 
sûr que ce passage fasse allusion à la chanson perdue 
d'Aimer. 

g. — Allusions à des événements épiques inconnus 
ailleurs : 


[Romanz] Ceinte a l’espee Corsout de Valperdue, 
Que Aymeris conquist sur Roche Ague, 
Qant il ocist le roi de Bassemue. 
(v. 4651-4653). 


Voir l’article Roche Ague dans les Noms propres. 

De même 1022-1033. 2009-2010. 5763-5768 (Vie de 
Mahomet). 

L’amirant appuie, dans les vers 3701-3722, ses pré- 
tentions à la ville de Narbonne sur le fait que celle-ci 
avait déjà été en la possession de son grand-père, Gau- 
din ’, roi de Palerne, qui fut le fondateur de Narbonne. 
Il y avait été assassiné dans sa chambre. Gile Cesaire 
(= Jules César), avec lequel Gaudin paraît avoir été en 
fort bons termes, prend l'assassin et le punit. Il entre- 
prend encore de venger Gaudin sur l’ennemi. Il cherche 
l’armée bretonne ; il ne la trouve qu’en deçà de l'entrée 
de Pouille. L'armée romaine est commandée par Fe- 
nice, neveu de Popee (= Pompée), l’armée bretonne par 
le roi Salemon. Une grande bataille s'engage, qui dure 
deux jours, un dimanche et le lundi suivant. Quand 


1. Comparez Garin le Loheraïin, p. p. P. Paris, t. I, p. 28. es vos 
poignant Godin ; sires estoit de tous les Sarrasins. Gaudin l’Escler 
tué par Aimeri est nommé dans la Mort Aÿmeri 2078. 


D tt ot 


ALLUSIONS DANS LES NERBONOIS XLIN 


les Romains voient Fenice frappé à mort dans la mêlée, 
ils s'enfuient. Salemon les poursuit, en tue beaucoup 
et emmène les autres en Bretagne. 

Tout n’est pas clair dans cet étrange récit. L’assassi- 
nat de Gaudin semble avoir été commis à l’instigation 
de Salemon. On pencherait à croire que cette histoire 
est un produit de la fantaisie de notre poète. Il faut 
cependant qu'elle ait eu un fondement dans une tra- 
dition quelconque ; car dans un passage du Willehalm 
de Wolfram d’Eschenbach (338, 26) Terramér (Des- 
ramé) base ses prétentions à l’empire romain sur sa 
descendance de Pompée ‘. Cp. Cour. L. 465. 


1. Ce Pompée n’a rien à faire avec un Pompée de Babylone que 
Wolfram distingue de celui de Rome, voir Parz. 14, 3. 101, 28. 
Tit. 73, 2. — Les recherches que j'ai faites pour éclaircir ce point 
sont restées sans résultat. Catel, Mém., p. 74, 404, mentionne 
un ouvrage sur Narbonne : « Frère Estienne de Ganno, religieux 
de l'ordre de saint François qui viuoit sous le regne du roy 
Charles VII, a composé un petit traicté des fondateurs de la ville 
de Narbone... En latin, il se treuue enregistré dans les registres 
et archifs de la maison de ville de Tolose ». 

M. Jeanroy, qui a bien voulu me venir en aide, m'’écrit : « Le 
manuscrit signalé par Catel est vraisemblablement le registre | 
AA5 exécuté au xv° siècle et qui contient divers documents sur 
l’histoire municipale de Toulouse. Ce registre a été analysé très 
longuement par M. E. Roschach dans l’Inventaire des Archives 
communales de Toulouse, 1891, 4°, pp. 62 ss. Au début, on a copié 
l'ouvrage d’Etienne de Gan, frère mineur, dédié à Bernart de 
Rousergue, archevêque de Toulouse, 1451-1474. L'auteur dit 
exactement ce qui suit (fol. xv') : Narbona que antiquitus caput 
provincie solebat appellari fuit fundata octo mensibus antequam 
Roma, anno predicto, a creatione mundi computando; pas un mot 
de plus. » — Ayant vu indiqué dans le Catalogue des manuscrits 
des départements, publié in-4°, t. VII (1885), p. 388, le ms. 627 
de la Bibliothèque de Toulouse, qui contient une autre histoire 
fabuleuse de Narbonne, je me suis encore adressé au mème 
savant, qui, avec la même obligeance, y a copié ce qui regarde le 
passé de Narbonne. Il introduit ses extraits (fol. 357-358 du ms.) 
par cette appréciation sommaire, mais juste : « C’est encore un 
buisson creux. » — Un troisième texte ne contient rien non plus; 


XLIV INTRODUCTION 


VIII. 
Vers. Langue. 


La laisse de notre chanson se compose de décasyl- 
labes, sauf le dernier vers qui est un hexasyllabe à termi- 
naison féminine (vers orphelin). Les plus courtes laisses 
(CXVIII. CXLV) n’ont que 10 vers, la plus longue 
(XLIITD) en a 160. 

L’hiatus ‘est admis, excepté après l’e sourd, comme 
d'ordinaire en vieux français. Le seul cas contraire est 
vint milië omes 6655. Il semble qu'après milie l’hiatus 
était permis, voir Éd. Bœhmer dans ses Romanische 
Studien, III. 525-526. 

Voici la table des 37 terminaisons employées à la 
rime des 239 laisses de la chanson. Les numéros des 
laisses rangés en seconde ligne appartiennent à la se- 
conde partie de la chanson. Sans cela, il serait facile 
de distinguer les laisses de la seconde partie, la pre- 
mière embrassant cent laisses tout juste. Huit termi- 


c'est le troisième Thalamus A A 103, xru° siècle, roman et latin, 
fol. 130-131", analysé par feu Mouynès dans l'Inventaire des 
archives communales de la ville de Narbonne, série AA, 1877, 
pp. 74-75. — Enfin, un quatrième est mentionné par F. Schnee- 
gans, Gesta Karoli Magni ad Carcassonam et Narbonam, Halle 
1898, p. 43. — Pour ne rien omettre, je rappelle un fait historique 
raconté par Orose (VII, 42, 8 6), par Idace et par Prosper: Jovinus 
et son frère Sébastien s’arrogent la royauté des Gaules à Nar- 
bonne, où ils sont tués par les gens de guerre de l’empereur 
Honorius. On lit dans Bérose : Galtea genuit.. Galatem regem 
(père de Narbo, suivant Catel, p. 404). Mais de ces noms à Gaudin 
il y a bien loin. 

1. L’hiatus proprement dit ne peut se trouver qu'à la limite de 
deux mots. Si les théoriciens parlent d’hiatus à HinIeneur d'un 
mot, c'est abuser du terme. 


VERS. LANGUE XLV 


naisons dans la première partie, six dans la seconde se 
trouvent employées dans une seule laisse. 


Laisses masculines. 


a XII, XXXV, LV, LXXXV. 

CII, CXVI, CXXIL, CC, CCX, CCXXV, CCXXXI. 
al XLIX, LXXXIX. 

CXIII, CXVII, CXCIII. 

art LXIV. 

au7 CCXXII. 


ant VIN, XVIII, XXII, XXIX, XL, LIX, LXX, LXXVI, 
LXXXIII, XCIV. 

CVII, CXXV, CXXVIIL, CXXXIV, CXLII, CXLIX, 
CLVI, CLXII, CLXXI, CLXXXVIII, CXCII, CXCVIII, 
CCVI, CCXV, CCXVIII, CCXXIV, CCXXIX, 
CCXXX VII. | | 


èl CVIII. 


é II, XXXII, XXXVII, XLIII, L, LIL LVII, LXXIV, 
LXXXII. 

CIX, CXV, CXXVII, CXXX, CXXXIII, CXXXVINE, CLI, 
CLXXII, CLXXVI, CLXXXVII, CCI, CCIX, CCXXVIL, 
CCXXXIV. 

ér XI, XVII, LIV, LX, LXXX, XCI, C. 

CXXXII, CXLIV, CLX, CLXXXII, CXCVI. 

éz XXX, XXXIV, LXXXVI, XC, XCVIIL. 

CXLVIII, CCHI. 


i XVI, XXXVIII, XLVII, LXXVII, LXXXVIH, XCV: 

CV, CX, CXXIII, CXXIX, CXLI, CLII, CXC, CCXIX. 

in CXVIIL, CLXVI, CLXXXV. 

ir LXIX. 

is XIII, XXIV, LIII, LXIIL. 

CXXXVII, CXL, CL, CLIV, CLVII, CLXIV, CLXVII, 
CLXXXI, CXCV, CCXII, CCXXI, CCXXXIIL, CCXXXV, 
CCXXXIX. 


XLVI INTRODUCTION 


iaus LXV. 


té XXII. 

CXIX. 

ier XXXIII, XELV, LVI, XCIX. 

CXXXI, CXLVIIL, CLVIHI, CLXX, CLXXIII, CLXXV, 
CLXXXIV, CLXXXIX, CCXXX. 

iers XXVII. 

CCXIII. 

te7 CLXXIX. 


di XXXIX. 

CCIV. 

dis IX, XLVI, XLVIII, LXII, LXXIII. 
CXIV, CLXIIL. 

ùrs CXI. 


én XXXI, LI, LVII, LXI, LXXII, LXXV, LXXVIII, 
LXXXIV, XCIL. 

CLXV, CLXIX, CCVIII. 

ér 1, XXV, LXXI, XCIII, XCVII. 


u XLIV. à 
CXX, CXXIV, CXXXIX, CLIIT, CCIT, CCV, CCXX. 
#7 CCXIV, CCXVIT. a 


Laisses féminines. . 


age IV, XV, LXVII, LXXIX, LXXXI. 
aille CCXXVIII. 


aigne VII. 
aine XXI. 
ance LXVT. 


ée V, XIV, XX, XLII, LXXXVII, XCVI. . 

CIIT, CXII, CXXVI, CXXXV, CXLVI, CLXXIV, CLXXX, 
CLXXXIII, CLXXXVI, CXCI, CXCIV, CXCIX, CCVII, 
CCXI, CCXXIII, CCXXX VIII. 


VERS. LANGUE XLVII 


érent XIX. 
CXLV, CCXXXII. 


ie LIL, VI, X, XXVI, XLI. 

CI, CXXI, CLIX, CLXI, CLXVIH, CLXXVIII, CCXVI, 
CCXXVI, CCXXXVI. 

ise LXVIII. 


die CIV. 
ône XXXVI. 


ue XXVIII. 
CXX, CXXIV, CXXXIX, CLIII, CCII, CCV, CCXX. 


En général, la rime est bonne. Voici les seuls cas d’as- 
sonance que le poète se soit permis (abstraction faite 
du passage interpolé 3639-3652). | 

a : legat 2127. 

aine : chastaingne 660. 

ant : anfanz 250 anblans.2310 auferranz 2313 tran- 
chanz 3806 granz 3808 — branc 725, 1336, 6075, 7538 
Ploresanc 1337 franc 4595. 

ex : principé{l) 3410 chanpé(1) 3422 (cp. 4409) costé 
É volenté 5062 feré 5077. 

: orfelin 3890 montenin 1 59 et. probablement Gue- 
rin 3889. : 
- is :. Guibelins 376 estellins 19605 Guiëlins 4 Jesu- 
crist 384. 

oi : cinq fois ois ou 017 laisse XXXIX. 

ois: menoirs. 269. : 

on : pont 1856 mont 2868. 

one : pome 1202. 

u : Monleün 5218 et probablement Danebrun 
veluz 5230. 

Donc 37 rimes imparfaites sur huit- mille de bonnes. 

Les terminaisons employées à la rime des laisses ne 


XLVIII INTRODUCTION 


sont pas nombreuses ; nous venons de voir qu'il n’y en 
a que 37. Voici ce qu elles nous apprennent Sur la langue 
du poète. 

1. tee est réduit à 1e sept fois : megnie 129, 798 ense- 
gnie 1347 desrangie 7156 tranchie 7195 glacie 7196 
jonchie 7665; c’est donc un cas rare. Le poète, qui ne 
forme pas de laisses en tee, a aussi évité la terminaison 
1e provenant d’iee. 

Je relève le féminin desconfie 7152, participe de des- 
confire (cp. clofi 5203, participe de clofire).. 

2. 0t ne se rencontre pas à la rime, tous les o7 rimants 
ou provenant de ei (aussi deloi 6652) ou prononcé à: 
(chois 1653, 3981. ote audiat 3749 joie 3753 anois 
1656). 

3. Il n’y a de laisse ni en at (sauf ane XXI) ni en è 
(sauf ! CVIII et èrent). Pas moyen donc de prouver à 
l’aide des rimes que le poète a prononcé .at comme & 
dans mais, fait, etc., ce qui est à supposer. : 

Dans la 1re pers. de l’ind. du parf. et du fut. aise 
prononce comme é : 2967, RAT mL 1462, 1917) 
2037, 5077, 5662, 5663. 

4. e nasal se confond avec a ne Par pur hasard ét 
ou faut-il expliquer autrement cette circonstance? — 
on trouve deux laisses non: DRE l'une. en ent 
(XXIX), l’autre en ance (LXVI). . 

5. aus où auz (laisse CCXXII) reste rare de iaus 
(LXV); prononcez desloiaus au v. 2655). todil en cham- 
penois a été assimilé aux mots en oil provenant d’eil; 
la forme déclinée est foaux. illos donne aus 7459. 

Les mots en tel, ueil (comme ciel, . POS à 
la rime. Cp. ciax 3843. 

6. 4 se prononce déjà comme s, par ex. cortois : ser- 
viroiz 274 : feroiz 3980 païs : diz 406, 7922 tresors : 
deporz 3923. 

. 7. La forme de l’accusatif a souvent la Ductisn de 
nominatif 11,19, 20, 57, 85, 3843, 3846 etc. 


-VERS. LANGUE XLIX 


L'emploi du nominatif avec la signification de l’accu- 
satif est moins fréquent : le ber 333 br: 1705 noris 
4837 labis 7393 seignoris comme. cas régime du m. 
5343, 7860 (seignori 501) et comme fém. 7021 (seigno- 
rie 97) le destrier arabis 4843 (arab: 6156). 

Le pronom neutre 1} a quelquefois l’accord du mas- 
culin : Ghascun rant tant, qu'a poine ert acontez 3577. 
De même reprovez 5033 respitiex 5857 celez 6643. Com- 
parez enveiez dans le Lai Eliduc 130 et les exemples 
réunis par M. Gebhardt dans la Zeitschrift fiir Roman. 
Philologie XX. 44. 

8. La 2° pers. du pl. fut. se termine toujours en ois. 
‘Les quelques exceptions qui se trouvent à la rime en és 
sont dues à des interpolations (3394, 3401, 5089, voy. 
P. VIII-IX). 

9. La 3e pers. de l’ind. parf. de la deuxième conjugai- 
son faible se termine tantôt en ié tantôt en £ : descendié 
672 descendi 7300 atendié674 atendi 498, 4155 
nasquié (ire pers. du sg.) 696  vesqui 3891  consiuié 
4079 siut 3357, 6178. | 

10. La 3° pers. du pl. parf. ind. de ia première con- 
jugaison ne se termine jamais en £erent. Les manuscrits 
‘écrivent erent (sauf 5835 où À et C écrivent terent); le 
‘poète pourrait avoir prononcé arent, Il s’agit des laisses 
XIX, CXLV, CCXXXII. Donc : lesèrent 603, 7840 
‘convoièrent 605 apareillèrent 7814 cerchèrent 7830 
mangèrent 7846 arangèrent 7847 comencèrent 7854 
dancèrent.7855. On trouve à la rime aussi pèrent (lat. 
parent) 612. 

Ni dans Girard de Vienne ni dun Aimeri de Nar- 
bonne il n’y a de laisses en erent.' 

11. La mesure du vers prouve qu’à l'intérieur d'un 
mot e atone garde toujours .sa valeur syllabique devant 
‘une voyelle. Il n'y.a:que les participes en wf qui, com- 
parés avec le français ordinaire du temps, ont quelque- 
fois une .syllabe de moins: quenut 6050. 6816, cp. t. II, 


Tome Il. d 


L INTRODUCTION 


p. 47 perçu 6624, mais quenel 1547. 1564. 5232. 
6628. 7362 aparcell 4178. 6435 recel 1573. 4014. 
5211 aresteh 1561. 6667. 

Les deux laisses en # de la première partie n offrent 
pas d'exemple de la forme contractée. 

12. La forme nen de la négation n'est plus employée, 
j'écris n’en 1594. 2383. 5073. : 

Les cas où le pronom se trouve après le verbe sont 
déjà rares, par exemple Prant l’a la manche 973, ot le 
li rois 1213, voit le 1238. 

Je réunis ici quelques formes doubles employées par 
le poète. 

é à côté d’ié se trouve dans aïrer 2388 aïrier 2166 iré 
2969 irié 675 amisté 922 amistié 685 pité 1032 pitié 683. 

h aspiré peut tomber dans hauberc hante hiame 
(jamais dans hardi, haut. etc.) : le hauberc 4193. 4740 
l’auberc 4183. 7016 — la hante 6294. 6915 l’ante 4016. 
4865 — le hiame 4807. 7296 l’iame 1776. 4371. 

Déclinaison. Le cas sujet est peres 1974. 6189 et 
pere 2606. 7468 — sires 3340 et sire 369. 3387 — ŸYs 
178 et Yon 1194 — Bueves 1129 Bueve 1049 Buevon 
3079 Charles 5635 Charlon 998. 3077. Le cas régime 
est Bueve 1345 et Buevon 968 — Charle 145 et Charion 
2867. On trouve comme cas régimes larris 4673 larri 
1673 — Aupatris 5899 Aupatri 6166 — Leutis 7441 
Leuti 7307 cp. votis 8029 volti 497 parissi 512 romant 
2794- 

lat. talis au étain donne tel 525 por itel 4941 
tele 434. 7775 (cp. gel 5870; POUF quele il manque un 
exemple sûr). 

Pronom. ge à la nr : n'irote ge 1703 oncor ai ge 
2565. 5006 la feri ge 4476 oncor vos donrai ge 6116 
cp. gel gent est ce? 5871 entandez les 5074 creanta li 
5678 secorroit le 5680 — gié à la rime 698 gé ai 1297 
J'atio17. — c'est 373 cëest 71. 81. 2006 — s’i 3419 
si i 4930 — el 4244 ele 1333 = jel 402 jo763 je 


4 arr 


- VERS. LANGUE LI 


le 790. 3426. 4137 jes 774 — sel (lat. sic) 267 so 0. 
4931 si le 323. 4929. ses 2749 si les 724. 7307 — so 
(lat. si) 1500 se le 89. 4294 ses 703 se les 716 — nel 401 
no 51. 201 ne le 4087. 4299 nes 325 ne les 546. 
7121 — gel 1206. 5318 go 777 que le 519 qui le 4123. 
ges 784-924 qui les 2316. 

qui ont 5553 c’ont 5330 cp. g'estes 85 q'an doce 
France ala 6108 g'est 6218. 6432. 6603. 

Il n’y a que l’on et tal à la rime, toute laisse en an ou 
en el (lat. -alem) faisant défaut. 

Article. li abes 1700 et l’abes 2620 — li anfes 1230 
et l’anfes 1223 — li ostes 2050 et l’ostes 2412. 

A côté de nostre, vostre, le poète emploie no, vo : 
461, 4464, 5108, 5749, 6655 etc. On sait que n07, voz 
(pour nostres, vostres) se trouvent partout. 

" Verbe. La rre p- sg. ind. prés. de la première con- 
jugaison faible n'a pas de terminaison : creant 1327 
afy 1729 pri 3770 etc. Une seule fois se trouve prie 
5564 et guie 5576. 

La rre p. pl. a la terminaison om ou on (trovom 926 
etc.); mais il y a aussi quelques exemples d’omes : 
poisiommes 6424 fesomes 319 à côté de fesom 320 et 
de fomes 1966 (fomes a été formé sur somes, depuis que 
faites rime avec estes). 

Je réunis ici un certain nombre de mots à double 
forme employés par le poète. 

aïe 149 aûe 5813 — aler 3 sg. subj. aut 5255 aille 
7710 — amirant 2319, 2773 amiraut 7454 amiré 
4561, 5264 amiral 6311—aregnier 1093 aressoner 533 
— arestei 1561 aresté 1129 — arier 1083 arierres 
7153 ariers 1915, 3310 — avec 779, 1177 avesque 
1388 avecques 1445, 1675, 7613— chanpé 4403 cham- 
pal 4052,6321 — Denis 2617 Denise 2717 — derier 
5986 derriers 7057 — a donc 4862 donques 5627 —ilec 
2258 ilecques 1867 — jugler 2409, 3127 jugleor 
2418, 3126 — lor adv. 3915 lores 256 — mil pl. 3849, 


Lil INTRODUCTION 


3564 milie 6655 cp. milliers 7056 — mont 6058 
monde 7775 — neïs 2446, 4269 nis 7270 nes un 2869 
— oncor 2965 oncore 176 — or 49 ore 1626 — oltri 
3059 oltrot 6654 — poëstis 388, 5904 pooteïs 5118, 
6404 — pri 3770 proi 3747 — principé 3410 principer 
4513 (principal pas d'exemple) — verité 1704 verté 
1817 — vez lat. ecce 3073 cp. veez 5944. 


IX 
Composition de la chanson. Inadvertances de l'auteur. 


Comme presque tous les traits linguistiques des Ner- 
bonois se retrouvent dans Girard de Vienne et que 
l'ordre des sept fils d'Aimeri est le même dans la chan- 
son d’Aimerti et dans la nôtre (3155-3253), j'avais cru 
d’abord ces trois chansons composées par un seul poète, 
celui qui se nomme au commencement de Girard Ber- 
trand de Bar-sur-Aube. M. Demaison, dans son édition 
d'Aimeri, p. LXXxIV, suppose aussi que non seulement 
Aimeri, mais encore la chanson qu’il appelle Le dépar- 
tement des enfants d’Aimerti — c’est la première moitié 
des Nerbonoiïs — sont l’œuvre de Bertrand. Mais je 
suis revenu de mon opinion. Je crois possible que la 
chanson d'Aimeri soit due à Bertrand, mais je réserve 
pour plus tard la discussion de ce problème. Quant 
aux Nerbonots, ils sont tellement inférieurs en force 
épique et en esprit chevaleresque aux deux chansons 
précédentes qu’ils ne sauraient être en aucune façon 
attribués au même auteur. Auprès de Bertrand, à 
qui sont dues quelques-unes des plus belles scènes 
de l'épopée française, notre auteur est un pauvre poète. 
La vivacité passionnée, la fougue entraînante de Ber- 
trand lui est étrangère. Il ne partage pas la prédilection 
de ce dernier pour des réflexions et des sentences qui, 


COMPOSITION DE LA CHANSON LIIf 


jetées dans un certain moule, ont quelque chose de 
saisissant, d’énergique, j'allais dire de shakespearien. 
Quand une caravane de marchands sarrasins passe 
près de Monglane et qu'Hernaut propose de tirer sur 
eux à coups de flèches, ses frères le blâment de son peu 
de courage:  : 
Cent dehez ait ki archiers fu premier! 
Il fu coarz ; il n’osa aprochier! (P. 7) 


C'est à l'occasion de la mort du sénéchal de Charle- 
magne, personnage tout à fait insignifiant, que Bertrand 
fait la réflexion suivante : : 


\ 


Seignor baron, assez l'avez oi, 
* Puis qu’hons est morz et il est enfoi, | 
C'est une chose tantost mise en obli. : (p. 16). 


Quand ie portier défend l'entrée aux fils de Garin 
vêtus de cottes grises, Rainier lui répond: . - 


Li cuers n’est mie ne el vair ne el gris, 

 Ainz est el ventre Ja ou Dieus l'a assis. 
Tels est or. riches ki de cuer est faillis, nn 
Et tels est povres ki est fiers et hardiz. (p. 17} 


A coup sûr, ce n'est pas là la manière de l’auteur des 
Nerbonois, chez qui on chercheralt en vain des pas- 
sages équivalant aux phrases citées 

Quand on se rend du midi au nord de la France, 
dans les Nerb. 1750. 5506, on traverse Ricordane, nom 
étranger à la chanson de Care comme _ ee d'Ai 
mer1. : PUR LME 1  — 

Nous avons vu Ses haut (p. xL) que les allusions-des 
Nerbonois favorisent la conclusion que leur auteur a 

1. M. Demaison, p. Cv, s’est déjà prononcé à peu près de même. 
S'il s'appuie, p. Lxxv, sur les derniers vers de Girard de Vienne, 
lesquels préparent la chanson suivante, je lui objecte qu'ils sont 
certainement dus à l'arrangeur du Petit Cycle. : 


LIV- INTRODUCTION - 


connu notre Girard. de Vienne, mais qu'il semble avoir 
connu un Aimert antérieur à la chanson qui nous 
reste. Il est assez probable que les Nerbonois ont été 
rédigés pendant le laps de temps qui doit s'être écoulé 
entre la composition de Girard et celle d'Aimeri. Or, 
l'auteur d’Aimeri nous fournit au moins une date appro- 
ximative de l’époque où il vivait en prétant à Charle- 
magne les paroles suivantes : 


Quatre cenz anz et es après ma vie 
De la venchance sera chançon oie. 
V. FAeises , 

Notre auteur connaissait la ville de Paris, dont il 
donne une description brève, mais pittoresque (1870- 
1877 cp. 2308 suiv.). Il mentionne l’église de Notre- 
Dame (3137), commencée en 1163. Peut-être qu'il a 
composé sa chanson à Paris. Cependant il n’était pas 
Parisien : son accord, sous le rapport linguistique, 
presque absolu avec Bertrand de Bar-sur-Aube semble 
en. faire un Champenois. Comme il mentionne sur- 
tout des noms de lieux de la Brie (Melun, Samois, 
Châteaulandon, le Tardenoïs) ou des contrées avoisi- 
nantes du Beauvaisis (Gerberoy), du Valois (Crépy, 
Béthisy) ou des Ardennes (Monthermé), il pourrait 
avoir été originaire de la Brie. Il sait que la frontière 
linguistique dans le Brabant passe un peu aval Tubise 
(v..2699, qu’il faudrait corriger en desi qu aval Tubise), 
où elle passe encore aujourd’hui ; que Château-Porcien 
est situé sur la frontière de AIDES que Montlhéry est 
à sept lieues de Paris. 

A en croire la Grande Encyclopédie (X, 505, art. cha- 
noine) les chanoines réguliers (mentionnés par notre 
poète au v. 2197) seraient postérieurs à l'an 1142; ils 
existaient pourtant des siècles avant cette date. 

Notre poète introduit un évêque de Saint-Viël (1684) 
qui est en fort mauvais termes (1700) avec l'abbé de 


LA COMPOSITION DU POÈME LV 


Cluni. Il n’y. avait pas d’évêché de ce nom en France. 
Ï1 faut entendre par Saint-Viél le couvent de Savigny 
en Normandie fondé par Vital de Mortain en 1112 et 
réuni en 1148 à Cîteaux avec. une trentaine de couvents 
(dont treize en Angleterre) formant la congrégation de 
Savigny, lesquels continuaient à garder une certaine 
indépendance sous la direction de l'abbé de Savigny. 
Or Cîteaux était, en effet, en fort mauvais termes avec 
Cluni pendant le xire siècle et au-delà ‘. 

On ne s'étonne: pas. de voir figurer comme évêque 
l’abbé de Savigny à qui le chapitre général de l'ordre 
de Cîteaux, « par une grâce particulière et un privilège 
spécial qu’il n’avait accordé à personne jusqu’alors, 
conserva l'autorité et la juridiction ordinaire sur tous 
les monastères de sa dépendance, comme il l’avait 
aupatavant, et à qui il accorda le premier rang immé- 
diatement après les quatre premiers pères de l'Ordre » 
(Auvry, II. pp. 378-370). La qualification de saint attri- 
bué à.Vital ne prouve rien; car, bien que sa canoni- 
sation n’ait eu lieu qu’en 1244, « on a si peu douté de 
la sainteté et de-la gloire de. S. Vital, que, dès l’année 
de sa mort et vers le milieu du xri° siècle, les auteurs 
qui ont parlé de lui lui donnent toujours le nom de 
saint » (Auvry, II. p. 362)... 

*. Lorsque l’amirant dit qu il a tué Corsuble de Turquie 
dâns le royaume. d’Almeria (3687), on peut voir là 
une allusion aux troubles intérieurs des Moslems, soit 
aux combats sanglants entre les Almohades et les Almo- 
ravides au x siècle, soit à la prise d'Almeria par Jûsof 
sur le fils de Motacim en 1091. | 

Tout cela ne permet pas encore de dater notre poème 
d'une manière certaine. Suivant le vers 6809, le drapeau 


1. Voyez Hist. litt., IX. 11. 14. 15-16, XII. 418, et surtout l’ou- 
vrage de Claude Auvry, Histoire de la TEEN de mu À 
tomes I à III, Rouen, 1896 à 1898. 


LVI ‘INTRODUCTION 


du roi de France représente un lion doré. Voilà un trait 
remarquable et tout à fait isolé. Si le lion a .été assez: 
fréquent comme animal héraldique pendant les xure et 
xue siècles, comme l'assure Viollet-Le-Duc (Diction- 
naire raisonné du mobilier français, V. 174-177)"; on 
ne le trouve nulle part ailleurs comme armoiries de 
France. Comment faut-il expliquer dans notre texte ce 
singulier phénomène? Un lion était figuré sur le dra-. 
peau de Simon de Montfort, comme le constate assez 
souvent la Chanson de la croisade contre les Albigeois 
(éd. Paul Meyer, I. p. 420, art. leos). On voit Simon 


‘représenté à cheval avec l’écu orné de:ses armes dans 


Montfaucon, Monumens de la monarchie françoise, II. 
p. 168, pl. XXXIHII. Je crois possible qu’un poète con- 
temporain de la guerre des Albigeoïs ait prêté les armes 
de Simon de Montfort, combattant depuïs 1208 les héré- 
tiques du midi, à un roi de France du passé combattant 
les Sarrasins dans ce même midi. Quand même cette 
supposition ne serait pas vraie, il faudrait croire que 
notre chanson a été composée vers 1210, les traits 


_ linguistiques empêchant de l'attribuer à une: époque 


plus reculée. 

Que l'on retrouve des vers entiers: dé Nerboncis 
dans d'autres chansons, cela n’étonnera personne. De 
même on rencontre ailleurs des scènes analogues, et 
sûrement l'originalité n’est pas toujours du côté de la 
nôtre. Les quatre fils Aimeri allant'à la cour de Charte- 
magne semblent imités des quatre fils: Aimon accom- 
plissant le même voyage ; mais c'est un trait déjà vieux, 
de beaucoup antérieur à la composition de notre chan- 
son. Le séjour de Garin à Pavie (1426 ss.) rappelle les 
scènes pareilles dans la même ville racontées par l'au- 
teur d'Aimeri de Narbonne. La rencontre avec l'abbé 


—_: : F 


ET Dans le: scel passage ‘qu “il cite, Gui de Nanteuil,- Y. 155: : 
s’agit d'un gonfanon de lance paint à ion. |: : .:1:, ss 


LA COMPOSITION DU POÈME LVII 


de Cluni (1896 ss.) ressemble:à un-épisode de Huôn de . 
Bordeaux (607-652). Dans la description de la bataïlle 
devant Narbonne on trouve des traits empruntés proba- 
blement: au Siège de Barbastre et à Aliscans. Guibert 
s'échappe du palais de Narbonne {4r18ss:) absolument 
de même que, dans la chanson d’Aspremont, Roland 
s'était échappé de celui de Laon, et que, dans le Cove- 
nant Vivien, Guichardet s'échappera de celui d'Orange. 
Un voyage de Guibert à: la cour: de Louis est raconté 
aussi dans le Siège-de-Barbastre. Il est probable que le 
duel entre Gadifer et Romanz est'imité du combat d'un 
paien du même nom contre Rainoart dans: lé Moniage 
. Rainvart. Le nom Danebron ou Danëbru revient sous 
ses deux formes dans Aliscans. Isambart {+2r6)-Semblé 
provenir de la:chanson Loquifer, qui a fourni aussi le 
nom de-Loquifier, changé ici en nom de terre. 

Ce qui donne à notre chanson de la valeur;:ce sont 
les déscriptions détaillées: de Narbonne (34oi-3602) «et 
de Paris (1870-1877). La poétique imagé du vieil empé- 
reur Charles (3474 s5.) est à rapprocher. des passages 
réunis par M. Gaston Paris, Hist. poét. de Gh.; 346-340. 

Notre poëte s'ést rendu coupable de quelques: inad- 
| vertances ? . On trouve chez _ _ renvois: à sd autres 

MENU ii pet) Dit sn) y 


+ : Dane ati de Nartoae Ba SN dau à 


. est gscrit et yver. et estez,, | k ee 
” Li .xii. mois si bien fet et ovrez ‘ “ 
Que no diroit nus ho dé mére nez. (3419 ss. ): 


… C'est un sujet souvent représenté par. la peintire: et pat Je’ tis- 
‘sage db ticyen âge. Un tapis’ dé.te genre :appattient à Hicathé- 
drale de Gerona. On trouve une:description détaillée des douze 
mois représentés sur une tente dans l’Alexandre espagnol de 
Berceo, strophes 2390-2402. Voir Alexis Riegl dans Mittheilungen 
des Instituts far Ost. Geschichtsforschung (Innsbruck 1889), t. X, 
p. 1 s8., et Keil dans Wiener Studien (Wien 1889), t. XI, p. 94 ss. 
2. Il r'y regarde pas de si près. Le nombre des rois païens est 
tantôt de dix (6486) tantôt de vingt (6421) tantôt, de quatorze 
(5215) tantôt de quinze (4586. 5653). — Pour les erreurs topogra- 
phiques voir dans les noms propres ‘Amant,; Helaine, Omer. 


LVII :. «. INTRODUCTION 


passages de sa canon mais. on les y chercherait en 
vain. LS à 

. Ainsi il dit que Ééndus le siège de Narbonne Guibert 
s’en ira chercher ses frères un à un, tandis que dans la 
partie correspondante (v. 5845) Guibert va seulement à 
la cour du roi Louis, où sont trois de ses frères; il pe 
va pas appeler les autres. 

Bueve mentionne des conseils. que son père lui_a 
donnés au départ.(v. 1266). Le poète parle aussi du bâ- 
ton de sénéchal .qu’Aimeri avait remis à Hernaut (v. 
2086: 2109). Dans le récit correspondant il n’est cepen- 
dant question ni de ces conseils ni de ce bâton. 

.. Suivant les vers 372 et 648, Aimeri a plusieursfilles. 
Dans la seconde partie de la chanson, v. 7766, il n’est 
plus question que d’une seule fille (cp: pourtant 7696). 

Un vers plus loin (v. 7767), Aimeri dit qu’elle verra à 
Narbonne «tous ses frères ». Bueve n'y est pourtant pas 
présent, et quand le remanieur du Petit Cycle le fait 
arriver dans l’avant-dernière laisse, la fille d'Aimeri est 
déjà loin de. Narbonne comme reine de France (7962). 

Un.évêque qui chante Ja messe à Narbonne s'appelle 
Morànt (4578, 7736); mais. dans une laisse en ue le 
poète lui donne le nom. de Hue (4644). . 

Une autre contradiction concerne Aimer. Son père le 
voit arriver et le montre à ‘Hermanjart (5026, 6595), 
mais un peu plus tard (6829.ss.) il parle d'Aimer comme 
s'il ne l'avait pas encore vu. La même chose se be à 
l’arrivée de Garin (cp. 5907 : avec 6815). 

Mais se qui. est plus. Brave, c est de Garin, qui 
est ous Fponne parmi: SE cAOnNEUrS dé la ville, 

| : Que puis les nie Guibelin li ste 

de Totunet un par estrange pais, 

* Qent .xx. millier paien l’orent asis : 
Fes -__ Totenviron Nerbone. (v. 409-412.) 


= Dans les Nerbonesi II 9 Aliscardo va en effet appeler tous les 
fils d'Aimeri excepté Guibert. 


LA COMPOSITION DU POÈME LIX: 


arrive aussi avec l’armée de secours. Suivant les vers 
4043-4044, Garin a amené à Narbonne, il y a longtemps, 
un corps dé troupes de la cour de Charlemagne, pas- 
sage qui peut nous rappeler le récit des Enfances Guil- 
laume, suivant lequel at lieu d’Aimer c’est Garin qui, 
avec trois de ses frères, ya à. la cour de l'empereur. On 
ne saurait objecter que le Garin du vers 4044 est un 
autre que le fils d'Aimeri. Car ce même Garin vient d’être 
mentionné comme père de Romanz (3889), ce qu’il sera 
encore dans la suite (4064-4069, 4084, 4097). Au vers 
6087 (cp. tome I; pp. 5o-51),.il est ditient termes exprès 
que Garin, appelé ici pour la première fois ne 
est avec Aimeri dans Narbonne, : :. : :: 

 Garin est de seul des file d'Aimeri äjui soit Dore Dans 
la. prefñière partie de:k& chanson: nous Pavons quitté 
tout’ jeuné, dans la seconde, nous le. retrouvons. dut 
(4069), veuf .et: pèré, ce ui Due pour: combattre 
à son: côté... : un tot ble 

Il est possible que Le: remanieur. ü Petit Gycle, < qui 4 
supprimé Salomon de Bretagne:(sauf au\'vers 5830), ait 
fait venir Garin: avec san 6ücle Boniface: ‘pour faire 
l'accord avec la première partie de ld chanson. Alors ce 
serait lui qui aurait ajouté les vers 5907-5908 et qui 
aurait remplacé le nom du commandant de la quatrième 
échelle par celui de Garin d’Anseüne (6701, 6818). : : 

On s'étonne encore que. Romanz traite: Aimeri d'oncle 
(4554, 4568) et qu'il en soit appelé neveu (4703, 4769; 
5123). Romanz appelle Guibert tantôt cousin (5617) 
tantôt oncle (5623). Garin, père de Romanz, ne saurait 
être en aucune façon ufie autre personne que Gatin, fils 
d’Aimeri, car ce dernier est institué héritier de Boniface, 
roi de Lombardie, et un jour Romanz y sera le succes. 
seur de Garin (4773). 

F aut-il rappeler ici que oncle peut signifier cousin E 


Suivant Dies; Léber und Werke: der Tronbadoire, 15° éd., 


LX : INFRODUCTION rt 


Je me réserve ee revenir autre part sur cette ques- 
tion. 

Guillaume e est dansé ce quens (5934, 5973, 
etc.); mais plus souvent on lit !i bers Guillames (6661. 
6672 etc:). Il:serait facile de corriger cuens en bers;. 
cependant un tel changement ne serait pas justifié. 


' te . à to ‘ 
. 


4. 4 
* # s ” * { : x CR] . : } 1 
se 


fe* ; { 


— 


| Rapport avec les « Enfances Guillaume » 

Dans ses Épopées françaises: Léon Cruitér traite les 
deux: parties des Nerbonois comme deux chansons dif- 
férentes qu'il appelle: Le Département des Enfants 
Aimeri.et Le siège de Narbonne. Comme d'abord ces 
textes ne lui étaient accessibles que dans le manuscrit E, 
il n’a pas évité une erreur : dans E (et de même dans D) 
le texte: altéré: et abrégé des Nerbonois fait suite aux 
Enfances Guillaume, et Gautier, acceptant cet état de 
choses; a cru que suivant l’idée du poète {ou des poètes, 
s’il -en' supposait plus d’un) ses deux chansons devaient 
avoir _ leur “place entre :lés -Enfances ‘Guillaume et le 
Couronnemeént: de: Lowis. On''est surpris de voir cette 
erreur; excusable dans la première édition des Épopées 
françaises;:se répéter dans la .seconde, pour:laquelle 
Gautier avait no mettre à Prone les manuscrits de Lon- 


J Sete 


P _— Shan Besly, Histoire. dés tee de Poitos, a. P. 55 
nepveu peut aussi avoir la signification de cousin. Voir aussi 
Cloëtta, Die Eñfances. Vivien, p. 54. Je rappelle qu ’Anfelis, le 
jeune amirant de Tudèle, nomme l’amirant de Babylone son 
oncle (3435). Si l’on inséräit après 3386 le vers qui suit dans DE 
(Fame au soudant un traître mortal), oncle signifierait ici « grand- 
père ».,fl est certain qu'un vers est omis; mais l'emploi du mot 
soudant inconnu à notre chanson rend la leçon de DE suspecte. 
Je penche d’ailleurs à croire que lamirane #1 et 3442 est une 
faute pour An/elis. : D M ES : 


RAPPORT AVEC LES ENFANCES GUILLAUME  LxI 


‘dres. Or, dans la version que nous avons appelée celle 
du Petit Cycle, la chanson des Nerbonoïs, loin de répé- 
ter les événements des Enfances Guillaume, comme 
‘Pavait supposé Gautier, fait double emploi avec ce 
poème. Notre chanson est aux Enfances ce que le récit 
de Roncevaux du Galien est au récit de la Chanson de 
Roland, ce que Girard de Vienne est à Girard de Rous- 
sillon : .une relation reposant sur les mêmes données 
épiques, mais suivant une tradition indépendante. Dans 
tout ce qui est essentiel, à bien peu de chose près, le 
contenu des Nerbonois est le même que celui des En- 
fances. On peut résumer ce fonds commun ainsi : 

Le comte Aimeri est à Narbonne avec son épouse 
_Hermanjart, ses sept fils et ses filles. Comme il destine 
la. succession de son fief à Guibert, cadet de ses fils, il 
veut que les quatre premiers fils quittent sa maison 
pour chercher des aventures et d’abord pour recevoir à 
la cour de Charlemagne l'instruction dans les armes et 
l’adoubement. Les quatre fils partent; ils trouvent un 
bon accueil auprès de l’empereur, qui nomme Guil- 
laume son gonfalonier et qui adoube les quatre frères. 
En attendant, les Sarrasins ont profité de l'absence des 
jeunes héros. Ils ont cerné Ia ville de Narbonne, et les 
assiégés envoient des messagers à la cour de l’empe- 
reur demander le retour des quatre Narbonnaïis et 
l'envoi d’une armée de secours. L’empereur consent. 
Les fils d’Aimeri reviennent avec une armée à leur ville 
natale. Ils la délivrent, ils attaquent l’armée sarrasine et 
la forcent à se retirer en Espagne. 

L'erreur principale de Gautier rectifiée, nous lui 
accorderons volontiers que la chanson des Nerbonois 
.se divise en deux chansons différentes. Il est, en effet, 
probable que le poète a fait une halte vers le milieu 
de son œuvre. Je crois pourtant avoir démontré 
(p. vu) qu’en. conséquence d’un changement. opéré 
par le remanieur la fin primitive de la première partie 


LXI! INTRODUCTION 


n'était pas au vers 3675, mais au vers 3328. Il serait 
donc malaisé aujourd’hui d'opérer la séparation. Mais 
il y a des raisons de plus de poids qui m’ont amené 
à publier les deux parties comme une seule chanson : 
c’est qu'elles sont certainement dues à un seul au- 
teur, et que la comparaison avec les Enfances Guil- 
laume prouve que dans la tradition épique, depuis 
longtemps, le séjour des quatre Narbonnaïis à la cour 
de Charlemagne était réuni avec le siège de Narbonne 
par les Sarrasins. D'ailleurs, une troisième partie com- 
mence au vers 6479, et on aurait presque autant de 
droit de couper notre texte en trois chansons que de le 
couper en deux. 

- Je pense que l'identité de nd des Nerbonoïs avec 
les Enfances Guillaume est évidente. Dans le détail, il 
est vrai, les différences sont assez fortes. Au commence- 
mènt des Ænfances, un messager de Charlemagne 
somme Aimeri de lui envoyer quatre de ses fils, et le 
comte les conduit en personne à la cour, tandis que 
dans les Nerbonoïis il les y envoie spontanément et 
sans les accompagner” .Là, ce sont les quatre aînés, Ber- 
nard, Garin, Hernaut, Guillaume: ici, ce sont Bernard, 
Guillaume, Hernaut, Aimer. Dans les Enfances Aimer 
et Bueve demeurent à Narbonne et défendent la ville 
jusqu’au retour de leurs frères; dans les Nerbonois 
il n’y a que Guibert qui reste à Narbonne : Garin et 
Bueve quittent aussi la maison paternelle. Celui-là se 
retrouve avec Aimeri dans la ville enfermée; celui-ci 
reste absent jusqu’à la fin. Dans les Enfances, Charle- 
magne reste en vie, mais il ne va pas à Narbonne, où 
l’armée est conduite par Aimeri et ses fils. Dans les 
Nerbonois, Charles meurt avant l’arrivée de Guibert, 


, Néanmoins nous apprenons par les paroles d'Hermanjart 
(529) que Charlemagne « mande » les six frères. Le poète ne nous 
en dit rien de plus. is 


RAPPORT AVEC LES ENFANCES GUILLAUME LXxlIil 


et c’est Louis, successeur de Charles, qui, avec les fils 
d'Aimeri, conduit l’armée vers le midi. La bataille déci- 
sive devant Narbonne est d'un seul jour dans les En- 
fances, de deux dans les Nerbonois. 

Reste encore à signaler une différence importante : 
dans les Enfances les rapports amoureux entre Guil- 
laume et Orable reviennent de temps en temps inter- 
rompre le récit des événements belliqueux, tandis que 
dans lés Nerbonots il n’est question ni de Thibaut ni 
d’Orable. Il n’est pas douteux que le récit des Nerbo- 
nois, où les noms de Thibaut et d’Orable ne sont pas 
même prononcés, est en cela plus archaïque que celui 
des Enfances. 

Dans un petit livre publié dès r873 ‘, j'avais conclu 
qu’il a dû exister une rédaction des Enfances Guillaume 
où les amours de Guillaume et d’Orable, empruntées à 
la Prise d'Orange, faisaient défaut. L'existence dés 
Nerbonois, que je ne pouvais soupçonner alors, con- 
firme cette hypothèse. En supprimant dans les Enfances 
toutes les parties qui regardent l'amour de Guillaume 
et d’Orable, on obtient 47 laisses qui rapportent des 
événements tout à fait paraneles à ceux racontés dans 
les Nerbonois. 

Dans ceux-ci le vieux fond commun ne s'est pour- 
tant pas conservé.non plus sans changement postérieur. 
Pendant que l’auteur des Enfances introduisait l'amour, 
mettant à profit une version antérieure de la Prise 
d'Orange, celui des Nerbonois ajoutait l'élément comi- 
que, inventant les scènes où Hernaut, à qui son père 
avait prédit la nomination de sénéchal de la part de 
l’empereur, se conduit déjà en sénéchal et en usurpe les 
fonctions. | 

On aimerait savoir si ces scènes bulesques existaient 


1. Ueber die Quelle . Utrichs von dem Türlin und : die pAene 
Gestalt der Prise d'Orenge, Paderborn 1873, p. 28. . : nn 


‘LXIV :_ INTRODUCTION 


dans la tradition épique avant la composition du texte 
-qui nous reste. S’il était permis de répondre affirmati- 
vement à cette question, on pourrait expliquer par là le 
sens méprisant attribué au terme Arnaldus ou filius 
Arnaldi par une série de textes du moyen âge (voir, 
dans le Glossarium de Du Cange, les articles Arnaldus 
et filii Hernaudi). On y lit arnaldus vel ribaldus, le 
verbe arnauder pour traiter quelqu'un d’Arnaud. Le 
passage le plus ancien parmi ceux que cite Du Cange se 
trouve dans l’Histoire de Lodi d’Ottone Morena, écrite 
bientôt après les événements (il s’agit de l’an 1159) et 
imprimée dans Pertz, Mon. Germ. hist., XVIII. 611 : 
Erat autem 1b1 ad illam obsidionem (Cremae) quedam 
magna societas solummodo pauperum et egenorum tunc 
‘insimul congregata, qui derisorie filii Arnaldi appel- 
labantur... D'autres textes d'Italie démontrent que ce 
terme de mépris a été répandu en Italie aussi bien qu’en 
France ; on le rencontre même en Palestine (dans l’His- 
toire de Jérusalem, citée par Du Cange, de Jacques de 
Vitry, mort en 1240). Or, cet emploi du nom d'Arnaut, 
d’où viendrait-il sinon de la manière burlesque dont 
Hernaut le Roux se comporte pendant le voyage et 
à Paris ‘? La popularité de notre Hernaut est encore 
prouvée par l'emploi du nom dans des romans tout à 
fait étrangers au cycle de Guillaume. L'auteur de l'Oc- 
tavien, roman d'aventures publié par M. Vollmèller 
(Heïlbronn 1883), v. 3738, et celui de Teriquam, roman 
arthurien dont il ne nous reste plus que des fragments 
(Lôseth, Le Roman en prose de Tristan, p. 488), appel- 

1, Î1 me semble que le mot arlotto et les autres mots cités dans 
d'Etymologisches Wærterbuch de Diez, article arlotto, peuvent 
fort bien provenir de cet Arnoldus employé comme terme d'injure. 
La forme anglaise harlot devra l'h à harlequin ou à herald ; cp. 


. de puterie, de hiraus ou de jonglerie (Jean de Journi, Disme de 
penit. 2580). .. : . À - 


LE DÉPARTEMENT DES FILS D'AIMERI LXV 


lent des pérsonnages secondaires Hernaut le rous ou 
Ernalt le roux. 

Le poète renvoie plusieurs fois à la jeste (9-10, 926- 
027, 1337, cp. 6480-6482). La chanson antérieure où il 
puisait le fonds de son récit était $ans doute assonancée. 
On peut voir un indice de l’assonance dans l’emploi du 
même nom (Garin) à la rime avec i (3889) et avec in 
(4064), du nom Danebrun (6111) à la rime avec u (5227). 

Une allusion de Roland à Malpalin de Nerbone tué 
par Charles (v. 2995, cp. G. Paris, Hist. poét. de Ch., 
-p. 256) pourrait se rapporter à cette version antérieure 
‘de notre chanson, qui semble avoir défiguré ce nom de 
 Sarrasin en Malprin (3762, 3825 etc.) ‘. 

Pour la base historique des Nerbonoïs je n’ai rien à 
ajouter aux savantes recherches de L. Gautier et de 
M. Demaison. Si la première partie a un fondement 
historique, c’est le séjour du jeune Guillaume à la cour 
de Charlemagne, fait épique dont l’origine historique a 
été mise récemment en doute. Il n’y a pas moyen d’iden- 
tifier notre combat épique autour de Narbonne avec 
un combat historique déterminé; le fond historique 
se borne à la situation Beta et aux nômis de que 
ques guerriers. 


XI: 
Le Département des fils d'Aimeri. 


Ce titre convient au court morceau du ms. fr. 1448, 
auquel les assonances donnent une couleur un peu 
archaïque. Ce texte pourrait appartenir au plus tôt à la 


1. Dans Anseis de Cartage un païen est appeté' tantôt Maüprin 
tantôt Mauprime. — « Marsune. » mentionné au passage de Roland 
cité dans le texte revient ailleurs, cp. Aÿmeri 23817, Cov.. Vi. 
183, Foucon p. 99. 141. 


Tome II e 


LXVI INTRODUCTION 


fin du xu: siècle. C’est un texte factice destiné à remplir 
la lacune dans les événements entre les Enfances Guil- 
laume et le Couronnement de Louis. Aimeri y parle à 
ses fils presque dans les mêmes termes qu'au commen- 
cement des Nerbonois, cp. Dép. 103-105 avec Nerb. 162, 
163, 153. L'auteur du Département avait probablement 
entendu réciter à un jongleur le commencement des 
Nerbonois. En tout cas, le texte du Département est 
antérieur au scribe du ms. 1448; le scribe n’emploie 
plus dans sa langue la forme lorraine de la 2° pl. prés. 
en -is qui se trouve ici à la rime {asailis 202). La 1r° sg, 
prés. en e (66) est connue des Dialogues de Grégoire le 
Grand vers l'an 1200. Veue a la valeur tantôt de trois 
syllabes (53) tantôt de deux (158). Ke pour qui (cas sujet 
du pron. rel.) est apostrophié (231, 294, mais cp. 187, 
287). La 3° sg. prés. en e élide son e 45, 239; une 
fois elle garde le t final (33j. Le dialecte lorrain est 
très marqué, mais pas tout à fait pur : on trouve lit lec- 
tum, pris pretium, sis sex (lorr. leit preis seis) à la rime 
avec : (comme dans Garin le Loherenc). Un véritable 
archaïsme est faire assonant en a (128). 

Ce petit texte est toujours un témoignage assez: cu- 
rieux de la vogue dont Guillaume d'Orange a joui dans 
le pays messin. 

Ici, il n’y a que trois fils d'Aimeri (Guillaume, Aimer, 
Bueve) qui vont à la cour impériale. Garin épouse la 
fille de Naimon de Bavière, comme dans les Enfances 
Vivien. A | | 


XII 
Le Fragment de La Haye. 
‘Dans un passage où le poète renvoie à sa source il 


semble dire que le nom d’Hernaut figure dans un texte 
latin : CU” 7 | 


LE FRAGMENT DE LA HAYE LXVII 


Ce dit l’estoire q'en la geste trovom, 

Et la matire le dit en la leçon : 

Sor toz les filz Aymeri le baron 

En fu Ernaut plus engrès et felon 
Et ane et de grant vantoison. 


(926-930.) 


Or nous Dossélons de fait un texte latin où Hernaut 
joue un rôle prépondérant et qui, s’il n’était pas à l’état 
fragmentaire, nous renseignerait peut-être aussi sur son 
caractère. Je veux parler du célèbre Fragment de La 
Haye, que j'imprime ici comme appendice V: 

Ce fragment latin consiste en trois feuillets ajoutés 
sur onglets à la fin du ms. 921 de la Bibliothèque royale 
de la Haye. Le texte qui précédait le premier feuillet 
est perdu. A la sixième page le texte est interrompu, 
sans que seulement la moitié de la page soit remplie. 

M. Théodore Lindner, l'historien et paléographe 
distingué, m'a fait remarquer que le texte est écrit par 
trois mains différentes : la première finit à la septième 
ligne du feuillet 3, la deuxième à la dernière ligne du 
feuillet 4. 

Bien que rédigé en prose, l'expression du fragment 
se rapproche beaucoup du style poétique”. Souvent il 
est facile d’arranger les phrases en vers par un petit 
changement de l’ordre. M. Gaston Paris a montré le 
premier que le texte n'était qu'une rédaction en prose, 
souvent par simple interversion de mots, d’un poème 
en hexamètres. Konrad Hofmann (Sitrungsberichte der 
Münchner Akademie, 1871, I. 328) a essayé pour une 
grande partie du texte la restitution des vers dont le 
texte transmis semble être la mise en prose. J’ai étendu 


1. On trouve i pour e dans distillat 23 majori 77 urbi 91,et 
vice versa e pour i dans degerit 24, que j'aurais pu laisser sub- 
sister. Des exemples de i pro e ont été réunis par L. Traube dans 
le tome III des Poetae Latini aevi Carolini, Berlin, 1896, index, 
P- 792. 


LXVIII INTRODUCTION 


cette restitution jusqu'à la fin de la prose. J’imprimerai 
cet essai à la fin du chapitre. 

Pertz, à qui nous devons la découverte du fragment, 
l’attribuait au x° siècle; de même Campbell dans le 
mémoire de Konrad Hofmann. Léon Gautier (Épopées 
françaises, 2° éd., I, 74 note) le croyait de la fin du 
xe siècle. M. Demaison, paléographe fort compétent, 
en ayant examiné l'écriture, le place dans la première 
moitié du xre siècle (Aymeri de Narbonne, I, p. cxxxi). 
Enfin, M. Krusch, qui a publié, en 1888, une descrip- 
tion détaillée du manuscrit (Mon. Germ. hist., Scrip- 
tores rerum Merov., II, 229-231), le croit écrit au 
x1° siècle. En effet, on trouve trois fois 1? sans l'accent 
double usuel dès le commencement du xn: siècle (cp. 
pretit 132, 139 gladii 156). 
 Remarquons qu’il s’agit sans doute de mains françaises 
(le W de Wibelinus aurait passé dans le midi, sauf la Gas- 
cogne, par gw à g dès le xe siècle) et de mains de jeunes 
gens. 

Je crois que ce sont trois exercices d’écoliers. A trois 
élèves on a imposé la tâche de reconstruire en prose 
les phrases d'un poème latin composé en hexamètres. 
Les trois élèves ont mis bout à bout leurs travaux. Le 
deuxième étant allé plus loin qu’il ne fallait, le troisième 
a commencé un peu avant la fin du deuxième, de sorte 
que du même passage il nous reste deux mises en prose 
Gx et xx bis), qui nous font voir comment les deux élèves 
s’y sont pris. Le maître avait fait des prescriptions que 
les élèves ont dû suivre : ils devaient, autant que pos- 
sible, donner au verbe la première place dans la phrase 
et placer le sujet immédiatement après le verbe. Dans le 
morceau écrit par le premier il y a quarante-sept sujets, 
tous placés après le verbe sauf deux (ipse 46 et poplex 
49) ; dans le morceau du deuxième il y en a trente-sept 
dont deux seulement précèdent le verbe (alter 76 et 
nihil91). Le morceau écrit par le troisième est un peu 


LE FRAGMENT DE LA HAYE LXIX 


moins régulier. Dans les quatre-vingts cas ci-dessus in- 
diqués où le verbe est suivi du sujet, ce dernier le suit 
immédiatement soixante-dix-sept fois (les seules excep- 
tions sont : deservit ferro comes 17, describitur ante 
fores corona 29, tradunt plures sua vulnera 88; car le 
pronom réfléchi, lié avec le verbe, 1. 104, est un cas 
à part). 

Une autre opinion a été émise par M. Paul von Win- 
terfeld, dans un sagace mémoire du Neues Archiv der 
Gesellschaft für ältere Deutsche Geschichtskunde XXTI 
(1897), pp. 756-760. IL croit que notre fragment est le 
brouillon d’un poème. Maïs cette hypothèse ne suffit 
pas pour expliquer les faits que je viens d’alléguer. Et 
pourquoi le poète qui préparait ainsi ses vers en prose 
rythmique aurait-il changé exprès l’ordre des mots 
dans des passages pris dans les vieux classiques ? Pour- 
quoi aurait-il mis, par exemple, pour le nox incubat 
atra de Virgile, son incubat atra nox, et pour le lacri- 
marum rore d'Ovide son rore lacrimarum? Il est évi- 
dent que le rythme de l’hexamètre, loin d’avoir été 
recherché, a été détruit exprès. 

J'ajoute ici une bibliographie du fragment de la Haye. 


I. Éditions : 


1839 Pertz, Mon. Germ. hist., III, 708. 
1865 Gaston Paris, Hist. poët. de Charlemagne, pp. 465- 
468, comp. pp. 50-51, 54 note 2, 64-65, 84-86. 


IT. Littérature, outre celle que j'aurai à citer dans mon 
texte : 


1850 Wattenbach, Geschichtschreiber der Deutschen Vor- 
zeit, rxe siècle, tome XIII : Der Mœnch von Sankt 
Gallen, p. vur [2° éd., rx° siècle, tome III, 1877, 
p. x; 3e éd., 1xe siècle, tome XI, 1890, p. xvy]. 
1862 Potthast, Bibliotheca historica medii aevi, art. Fabu- 
lae [voir surtout la 2e éd., 1896, au même article]. 
1866 Karl Bartsch, dans la Germania, XI, 225. 


LXX INTRODUCTION 


1867 Paul Meyer, Recherches sur l'épopée française, 
pp. 8, 24-25 [tirage à part de la Bibliothèque de 
l'École des chartes, tome X XVIII, pp. 35, 51-52]. 

1868 Léon Gautier, Épopées françaises, III. 16. 

1872-1874 Romania I. 270; II. 276; cp. III. 300. 

1874 Milé y Fontanals, De la poesia heroico-popular cas- 
tellana [2e éd., 1806, p. 328]. 

1878 Léon Gautier, Épopées françaises, 2° éd., I. 74. 

1880 Gaston Paris, dans la Romania, IX, 38-40. 

Grævell, Characieristik der Personen im Rolands- 
liede, p. 144. 

1882 Léon Gautier, Épopées françaises, IV, 6. | 

1883 Kristoffer Nyrop, Den Oldfranske Heltedigtning, 
pp. 20-22 [traduction ital. 1888, Storia dell’ epopea 
francese, pp. 21-24]. 

1884 Paul Meyer, Girard de Roussillon, p. 106. 

Rajna, Origini dell’ epopea francese, p. 477. 

1885 Pakscher, Zur Kritik und Geschichte des Françæ- 
sischen Rolandsliedes, pp. 79-81. 

1887 Adolf Ebert, Allgemeine Geschichte der Litteratur des 
Mittelalters im Abendlande, III, pp. 349-351 [trad. 
franç. par Aymeric et Condamin, Hist. gén. de la 
litt. du moyen âge en Occident, tome III, 1889]. 

Demaison, Ayÿmeri de Narbonne, I, pp. cxxxt, ccix. 

1888 Gaston Paris, Littérature française au moyen âge, 
pp. 64, 67 [2e éd., 1890, mêmes pages]. 

1890 Gustav Grœæber, dans l’Archiy für das Studium der 
neuern Sprachen, LXXXIV, 291-322. 

1891 Eduard Schneegans, Die Quellen des sogenannten 
Pseudo-Philomena, p. 78. 

1896 Léon Gautier, dans Petit de Julleville, Histoire de la 
langue et de la littérature française, I, pp. 70, 
85-86. 

Aug. Becker, Die Altfranzæsische Wilhelmsage, p.52. 
Densusianu, la Prise de Cordres, pp. xcu-xcv. 

1898 Aug. Becker, Der Stüdfranzæsische Sagenkreis, PP- 24, 
32, 49, 51-52, 70. 

Le même dans la Zeitschrift für Romanische Philo- 
logie XXII. pp. 423-424. 


—_— —— + de nu - 


LE FRAGMENT DE LEA HAYE LXXI 


Gustav Grœber, dans son Grundriss der Romanischenr 
FPS II, 178-170, 454. 


Le caractère éniemadaue de notre fragment tient 
à ce que nous ne connaissons pas au juste le contexte 
où il faut le placer. Voici les noms de personnes qui s’y 
trouvent : : 


Bernardus 51,168 Bertrandus 56, 149, 163, appelé 
Palatinus 152 Borel 117 unus e natis Borel 124 
Carolus inperator 104 rex 108 ÆErnaldus 131, 140, 
143 ÆErnoldus 45 dux 47 Wibelinus puer 122. 


M. Gaston Paris a eu le mérite de reconnaître le pre- 
mier que ces personnages appartiennent au cycle de Guil- 
laume d'Orange. Les rapports entre eux semblent être 
les mêmes que dans les chansons de geste. Bertrandus 
Palatinus, Bertrand le Palazin dans les chansons, est 
nommé une fois immédiatement après Bernard, l’autre 
fois immédiatement avant lui : il est à présumer qu’il 
est ici, comme dans l’épopée, le fils de Bernard. Mais si: 
Bernard a un fils qui combat près de lui, on est induit 
à supposer qu’il est l'aîné des frères. Wibelin, appelé 
puer et non encore adulte, doit être le cadet. Nous 
n’apprenons pas le nom du père; mais la manière dont 
Wibelin est introduit (puer par parenti suo virtute, sed 
suppar mole) fait voir que le personnage dont le poëte 
vient de parler et qu’il qualifie de dux (112) et de homo 
vafer (117) doit être son père. 

Nous ne trouvons mentionné qu'un seul païen : le 
vieux Borel, père de PAS fils qui participent avec 
lui au combat. 

La ville assiégée est chtoutée de champs (94, 167). 
Dans le voisinage il y a de l’eau, probablement une 
rivière (78). La ville a des portes (fores 29, portae 65). 
La porte dont il est question se trouve là qua eminet 


LXXII INFRODUCTION 


fortior pars urbis fossa et muro.56, 65. Ce fortior 
pars est sans doute identique avec le castellum 26, à 
l’occasion duquel sont mentionnés aussi le fossé 4, 23, 
et les murailles 14, 22, 45. Cette forteresse est occupée 
par les païens. C’est de là qu’ils lancent des pieux aigus 
et qu’ils jettent des meules sur les assaillants. Bertrand, 
qui y pénètre par la porte principale (66), y rencontre 
des ennemis. 

Le poète demeure presque toujours avec les chrétiens. 
Il n'y a que quatre passages où il interrompt son récit 
pour parler de l’armée sarrasine : le commencement (I), 
le passage où l’on jette des pieux aigus et des meules 
(III), les deux passages où il est question des rois (XIII, 
XVI). 

Au combat, les païiens, appelés d'ordinaire hostes, 
envoient des pluies de flèches (2, 15, 61, 89, 126), 
tandis que les chrétiens manient la lance (46, 136, 
145, cp. 69, 93-94) et l’épée (20, 67, 70, 113, 124, 127, 
153, 156, 161). 

L'armée païenne est commandée par des rois (85, 
102). Du côté des chrétiens, je crois distinguer deux 
armées, dont l’une, commandée par un comes ou dux, a 
beaucoup souffert de la faim, sort ordinaire des assiégés; 
en combattant elle ne se sert que de l'épée : donc elle 
semble manquer de chevaux, ce qui est tout naturel, si 
elle vient de soutenir un long siège. 

Le comes du $ IT est identique avec le dux du $ IV. 
L'auteur aime à sauter dans le récit, interrompant une 
scène pour y revenir après quelques lignes (cp. $ I et 
III, IT et IV, V et VIT). Je crois retrouver ce comes- 
dux (homo 28, cp. homo vañfer 117) dans le duc de la 
ligne 112, lequel a dans la mêlée démonté un païen 
pour s’en approprier le cheval. Ce duc, nous lavons 
constaté, n'est autre que le père de Wibelin. Si ce der- 
nier est à cheval, il le doit peut-être à un exploit pareil. 

L'autre armée est celle de Charlemagne. Les cheva- 


LE FRAGMENT DE LA HAYE LXXIIT: 


liers en sont montés sur des chevaux épuisés (43), ce. 
qui indique qu'ils viennent d'arriver après .un long 
parcours. | | 

Si cette supposition est juste, le père.de Wibelin a été 
assiégé dans sa ville fortifiée; elle vient. de lui être arra- 
chée par les Sarrasins, lorsque Charlemagne survient 
avec une armée de secours. 

Je laisse de côté le passage triunphato orbe in multis 
partibus (43). Je crois que orbis signifie l’armée païenne 
percée par cette troupe en beaucoup d’endroits. Mais 
l'explication de Gaston Paris mérite aussi d’être prise 
en considération : il traduit : « après avoir vaincu le 
monde entier en beaucoup de contrées ». 

On distingue trois phases dans le récit de la bataille : 
le combat devant la forteresse (1-67), la mêlée dans l’inté- 
rieur de la ville (67-89), enfin la bataille décisive dans 
les Canpi Strigilis. 

Le fragment commence dans le cours de la troisième 
journée. L’assaut à la forteresse demeure sans succès. 
Succombant sous les traits des flèches, les deux « échel- 
les » des chrétiens roulent dans le fossé. Comme la for- 
teresse fait saillie (56), on délègue devant la porte une 
troupe d'élite, renfermant Ernald, Bernard et Bertrand, 
pour empêcher que l’armée chrétienne ne soit surprise 
par une sortie. 

En attendant, le quatrième jour arrive:il finira comme 
il commence, sans que le massacre soit terminé. Ber- 
trand, forçant la porte de la forteresse, fraie aux siens 
une route dans l’intérieur de la ville. | 

Le combat s'étend sur la ville entière ", où a lieu une 
grande inondation d'eau mêlée de sang. La fumée obs- 
curcit l’air. À la nuit tombante les chevaliers des deux 


1. Dès avant l'entrée de Bertrand on combattait dans la ville, 
Cp. intus forisque 34. 


LXXIV: INTRODUCTION 


échelles ‘ montent sur leurs chevaux; car.le flot s'élève 
déjà jusqu'aux genoux. | 

Quand de la ville il ne reste plus que des ruines, la 
bataille se transporte au dehors, aux Canpi Strigilis. 
Charlemagne précédant les siens prie Dieu de lui 
accorder la victoire. Le duc, père de Wibelin, monté 
sur un cheval qu’il vient de conquérir, attaque le vieux 
Borel et le tue. Un des fils de Borel est tué par Wibelin, 
qui est à cheval, un autre membre de la même famille 
par un coup de lance d’Ernald. Bertrand le Palatin et 
Bernard font aussi des merveilles de bravoure. On 
prévoit que l'issue prochaine de la bataille sera favora- 
ble aux chrétiens (170, 102, 1). 

Il est temps de nous demander comment s’appelle 
cette ville arrachée aux chrétiens par les Sarrasins et 
reconquise avec l’aide de Charlemagne. Pertz avait pensé 
à Pampelune, prise en 778. M. Gaston Paris a conjec- 
turé que c’est Gerona en Catalogne, et cette opinion a 
été adoptée par la plupart des savants compétents 
(P. Meyer, L. Gautier, Milä y Fontanals, Demaison, 
Densusianu). Voici les raisons sur lesquelles il s'appuie. 

Dans le fragment latin Ernaldus joue un rôle prépon- 
dérant et les seuls païens qui soient nommés sont 
Borel et ses fils. Or, la fin d'Aimeri de Narbonne nous 
conserve l’analyse d’une chanson sur Hernaut assiégé 
dans sa cité de Gironde par les douze fils de Borel. 
Une autre allusion à cette chanson perdue du Siège de 
Gironde se trouve dans le Siège de Barbastre et a été 
publiée par M. Densusianu, Prise de Cordres, p. xciv.. 

Je ne crois pas que la conjecture de M. Paris tombe 


1. Uterque satelles 81 ne peut signifier les guerriers chrétiens 
et païens; car la manière dont le poète passe ensuite à l’armée 
païenne (85 Pariterque concurrunt reges) prouve bien que ce qui 
précède ne peut avoir rapport qu’aux chrétiens. L’uterque de la 
ligne 7 me suggère l’idée que uterque satelles pourrait signifier 
« les écuyers des deux échelles de l’armée chrétienne », 


LE FRAGMENT DE LA HAYE LXXV 


juste. Il résulte des analyses de la chanson perdue 
qu'elle faisait jouer à Hernaut un rôle de clown, ce qui. 
n’est pas une présomption pour un long passé tradi- 
tionnel. Le Siège de Gironde est une chanson tardive et 
qui n'est guère antérieure à 1150. Dans le fragment 
latin il ne peut s’agir de la première conquête de Gerona : 
par Hernaut, puisqu’Ernaldus est appelé dux. Ni la 
prise ni la reprise de Gerona par Charlemagne ne serait 
un événement historique. Avant de nous résigner à voir 
dans le fragment un thème purement imaginaire qui 
aurait été traité dans une chanson obscure et perdue, 
demandons-nous si la situation ne se retrouverait pas 
dans quelqu’une des chansons à base historique qui 
nous sont parvenues. 

A la recherche d'une ville assiégée, devant laquelle 
combattent Ernald, Bernard, Bertrand le Palatin, Wibe- 
lin et son père, nous nous arrêterons bientôt devant 
Narbonne. Où ces héros narbonnaïs auraient-ils com- 
battu en pareille situation si ce n'était devant les murs 
de leur ville natale? M. Paris répliquera sans doute que 
c'est une prévention de notre part en faveur de Nar- 
bonne, et qu’un jugement impartial fera pencher la 
balance du côté de Gerona. Nous allons donc exami- 
ner et peser sans parti pris les données du texte latin. 

L’entourage de la ville, il est vrai, conviendrait à peu 
près aussi bien au site de Gerona qu’à celui de Nar- 
bonne. On ne sait pas bien si les stagna qui rougissent 
(undique rubescunt stagna 80) sont des étangs comme 
on en voit aux alentours de NeroRDe ou peut-être 
seulement des flaques de sang ‘. 

Il serait important de retrouver ces s Canpi Strigilis. 


1. Voir sur l’ancien Narbonne Desjardins, Géographie hist. et 
adm. de la Gaule romaine, Paris, 1878, et Lenthéric, Villes mortes 
du golfe de Lyon, 2° éd., Paris, 1876, p. 179-241 avec deux plans 
de Narbonne. 


LXXVI INTRODUCTION 


Le mérite d’avoir reconnu en ces mots un nom propre 
revient à M. Gaston Paris. Malheureusement, il n’a pas 
réussi à trouver les Canpi Strigilis près de Gerona, non 
plus que moi près de Narbonne ‘. 

Le siège de Gerona par Charles est l'invention d'un 
jongleur du xrre siècle qui aimait le burlesque ou bien 
qui supposait cette prédilection chez son public. Le 
siège de Narbonne par Charles ou plutôt les sièges, car 
il y en avait plus d’un, sont historiques et ont été chantés 
dès les commencements mêmes de l'épopée française. 

. Un fait des plus importants, et dont M. Paris se sert 
pour appuyer son hypothèse, est la mort de Borel. Le 
vieux Sarrasin Borel est tué devant cette ville sans nom 


1. Le nom qui se rapproche le plus, que je sache, de celui des 
Canpi Strigilis, sans pouvoir pourtant être identifié avec lui, est 
celui du Campus vocatus de l'Estar, appartenant au quartier de 
Lamourguié (Livre vert de l’archevéché de Narbonne, p. p. Paul 
Laurent, Paris, 1886, p. 5). Je rapproche encore de Strigilis le 
nom de 7rilles, lieu-dit assez voisin du Breil; voir Mouynès, 
Inventaire des archives communales, série BB, tome II, p. 1o11b 
(Narbonne 1837). — Strigilis veut dire « sable d’or » suivant 
Pline 33, 3, 19, Hispania strigiles vocat auri parvolas massas, 
où les nouvelles éditions (par exemple celle de Jahn et Mayhoff 
de 1897) à partir de celle de Sillig de 1851 écrivent striges. 
Striges est la leçon du meilleur manuscrit, qui est à Bam- 
berg; tous les autres ont strigiles, ce qui est à préférer. — C’est 
qu'on gagnait le sable d’or en étendant dans l'eau courante des 
peaux de mouton et en les peignant ensuite avec une étrille (lat. 
strigilis), d'où le mythe de la toison d'or. — Aujourd’hui, il n’y 
a plus de sable d’or ni dans les environs de Narbonne ni dans 
ceux de Gerona. On a cru qu’il y avait des mines d'or près des 
Bains de Rennes, de Salvesignes, de Maisons (Du Mège, Statis- 
tique gén. des départements pyrénéens, Paris, 1828, t. I, p. 176) 
et de Missègre (de Genssane, Hist. nat. de la province du Lan- 
guedoc, Montpellier, 1776, t. II, pp. 196-197; t. IV, pp. 176-177). 
A Cabera dans la province de Gerona on rencontre du quartz 
aurifère (Encyclopédie allemande d’Ersch et Gruber, art. Gold, 
p. 130). Autrefois, il y avait des orpailleurs dans l'Hérault et 
dans l'Ariège ; il n’y en avait guère dans l'Aude. 


LE FRAGMENT DE LA HAYE LXXVII 


par un duc chrétien père de Wibelin, et deux de ses fils 
succombent lun aux coups de Wibelin, l’autre à ceux 
d'Ernald. 

Borrel — car c'est la forme la plus correcte, il y a 
Bôrel (avec o long) dans les hexamètres du Fragment de 
la Haye — était more, suivant Aliscans, p. 180, et il est 
probable que c’est là la signification primitive du mot. 
En provençal moderne bourre, Bourrel signifient 
« brun, noirâtre » (cat. burell). Le nom rappelle le Bur- 
rabellus rex Alexandriae du Pseudoturpin (chap. rx). 

Avec Gerona Borrel ñ’a aucun rapport, tandis que 
des traditions populaires le rattachent à des localités 
des environs de Narbonne. D’abord, il joue un rôle dans 
la chronique latine conmiposée entre 1237 et 1255 par 
Guillermus Paduanus et cité souvent sous lé nom de 
Philomena (Gesta Karoli Magni ad Carcassonam et 
Narbonam... mit Eïnleitung von F. Schneegans, Halle 
1898). Borrel vient en aide avec ses troupées à Matran- 
dus, roi de Narbonne, 1. 1774. Dans uné joute Aimeri 
de Narbonne le désarçonne, 1: 2254-2268, maïs il est 
tué par Roland. Ce combat singulier avec Fou a 
lieu apud Brolium, 1. 2288. | 

MM. Gaston Paris et Paul Meyer, dans un ouvrages 
sur l’épopée française, émettent l’opinion que dans ce 
texte latin bien peu de chose est dû à des traditions ou 
à des poèmes populaires. Je n’examine pas ici: jusqu’à 
quel point cette opinion est fondée. Je prétends seule- 
ment que, pour ce qui regarde Borrel, elle ne l'est ‘pas. 
Encore aujourd'hui une vallée, près de Villanière-sür- 
l’Orbiel', affluent de la rive gauche de l'Aude, est appelée 
la Combe-Bourrel. Je dois ce précieux détail à un mé- 
moire de M. Gaston Jourdanne, publié dans la Revue 
archéologique, tome II de l’année 1890, p. 113, note 4. 
La métairie appelée la Combe-Bourrel faisant partie 


1. Village situé dans une gorge de ia Montagne-Noire. 


: LXXVIII | INTRODUCTION 


_de la commune de Salsigne est mentionnée par Mahul, 
Cartulaires et archives des communes de l’ancien dio- 
cèse. de Carcassonne, Paris, 1861, tome III, p. 135, et 
indiqué sur la carte du même tome p. 1, entre Villanière 
et Salsigne un peu à l’ouest. M. Jules Doinel, archiviste 
de l’Aude, à qui j'avais adressé une question à ce sujet, 

_m'écrit que le nom de Combe-Bourrel se trouve au 
xvie siècle tout au moins, mais que probablement il est 
plus ancien. 

Je rapproche de cette dénomination que Borrel, dans 
le Philomena latin, est appelé Borellus de Cumba, 
1. 1774, et je relève que le traducteur provençal — car 
il n’est pas douteux que le texte provençal a été traduit 
sur le latin, et.non vice versa.— rendant ce nom par 
Borrelh de Comba Escura et substituant à celui du texte 
latin le nom qui lui était familier, doit avoir connu la 
localité en question . 

Donc, Borrel appartient aux environs de Narbonne, 

‘et nous. ne. pouvons pas croire connaître toutes les 
traditions ayant rapport à lui. Ce combat dans les 
 Canpi Strigilis, dans lequel le Sarrasin trouva la mort 
par la main d’Aimeri de Narbonne, devait être surtout 
célèbre. Dans Philomena, Aimeri ne fait que.le désar- 

1. Il existe’ aussi une Combescure et un Breil escur dans les 
environs de Leuc (Mahul V 205). — Je n'ai pas été peu'surpris de 
trouver mentionné un autre Borel surnommé aussi d’après une 
combe : Borel de Bellecombe, qui figure dans les Dictionnaires de 
Littré, Scheler, Dochez et Roquefort à l’étymologie de bourreau. 
La chose s’éclaircit cependant d'une manière bien simple. Le nom 
à été pris dans l'Histoire de France de l’abbé Velly, continuée 

-par Villaret, dernière note à L'année 1260 : «.Le clerc Richard 
Borel possedoit en 1260 le fief de Bellemcombre à la charge de 
pendre les voleurs du canton. » Ce nom, défiguré par Roquefort 
en Bellecombe, a été répété par les autres. Je note en passant le 
premier passage 6ù j'aie rencontré le mot bourreau : Bouriaus 
fu, n'ot autre mestier, Oreilles aprist a trenchier. Roman du 
Renard, supplément de Chabaille, p. 47. 


LE FRAGMENT DE LA HAYE LXXIX 


çonner ; l’honneur de le tuer est réservé à Roland, qui 
le vainc apud Brolium; c'est sans doute près de là qu'il 
faut chercher les Canpi Strigilis. " Le chroniqueur qui 
mélait des traits de la Chanson de Roland à ses tradi- 
tions locales jugeait plus convenable de faire mourir 
cet adversaire par la main de Roland. 

Il est possible qu’Arnaud Esquerrier' ait suivi. une 
tradition, quand, dans sa Chronique de Foix, com- 
posée vers le milieu du xv* siècle et publiée par MM.F. 
Pasquier et H. Courteault, dans fes Chroniques romanes 
des comtes de Foix (Foix 1895), il disait (p. 9) qu'après 
avoir été investi de Narbonne par Charlemagne mos- 
seignor Aymeric de Narbonna ab l’espasa auciguec 
lo rey Borreilh, que era frayre de la reyna Oriunda. 
Dans Philomena, Borreilh n'est point tué par Aimeri, 
non plus qu’il n’est le frère de la reine de Narbonne. 
"Si ce sont des méprises du notaire fuxien, on ne voit 
pas ce qui peut l’avoir induit en cette double erreur; 
car, suivant Philomena, la femme de Matrand a deux 
frères, mais aucun d’eëx n est tué par Aiméri de Nar- 
‘bonne. Tout compte fait, nous pourrons nous Fe 


de ce ÉAERRES _. 3 in 
: HE nt | ; 2 Loi si 


. 1. Ge Brolinix ou .la:Bruæi, appelé. aujourd’hui {le Breil,'se 
trouve un peu au nord-est de Narbonne. H revient souvent. dans 
les documents publiés par Mouynès, Inventaire des archives 
communales antérieures à 1790, Narbonne, 1877, par exemple 
‘série AA p. 34, Annexes da la série AA p: 682, 69n, 7ob, 3472 cp. 
‘854%. Voir surtout la note: de Mouynès, série AA, pp. 30-3r: Le 
. Breil est mentionné parmiüles. reconnaissances: du fief de Nar- 
bonné de l’abbaye de Saïat-Paul (Sabarthés, Étude historique sûr 
l'abbaye de Saint-Paul de’ Narbonne, Narbonne, 1893, p. 241). 
L'acte le plus ancien où:ije l’aie rencontré est. de 1023: in ipso 
Brolio prope Narbonam juxta fluvium Azatis (Gallia chris- 
tiana, VI, col. 142). Je relève aussi que dans les Nerbonois il:est 
question d'un bruell 6791: (ep; forest 3547, bois 6530). 

2. Je: réunis ici encore quelques détails sur Borrel. Suivant le 
Covenant Vivien 182, sa résidence est à Buriëne. C’est proba- 


LXXX INTRODUCTION 


Je signale un autre passage du fragment latin qui 
rappelle des traditions narbonnaïises, et, cette fois, il 
s’agit bien de notre chanson des Nerbonois. La retraite 
étant coupée à une troupe de chrétiens qui vient de faire 
une sortie de la ville assiégée, ils entrent dans le lit de 
l'Aude et ils passent la nuit dans l’eau qui monte jus- 
qu ’au poitrail des chevaux. 


Devant Nerbone par mi le fons d’un val 
Si coroit Aude; parfont sont li chanal; 
Grant fut et roide et fet grant batestal, 
La.se debat al murs et au terral. 
François i entrent, li baron natural; 
Chascun i fu disi que au poitral. 

(v. 3959 ss.) 

Que l'o on compare maintenant ces vers avec le passage 
suivant du fragment de la Haye : 

-« Mox cucurrit uterque satelles ad cornipedes, ser- 
pente freto.concreti sanguinis usque genua tenenteque 
_mersa vestigia. instantum sibi » (81-84). 

Il est question d’une inondation, et par « sang » il 
faut entendre.« de l’eau mêlée ayec du sang ». Dans.les 
deux textes il fait nuit : que l’on. compare Tote nuit 
furent en l'eue en ce gravier 4473 avec Incubat atra 


: blement ia ville espagnole Burriana, au nord de Valence. Tou- 
-tfois, on pourrait penser à Borriana, appelé aujourd'hui Lési- 
*gnan (voir Philomena, éd. Sthneegans, p. 3 de l'Introduction êt 
5p. "201, Mahui Il.p: 453, Mouÿnès série AA p. 454) et situé 
“etre Narbonne et la Cobe-Bourrel, — Si dans Aliscans p. 181 
‘Borret est tué par  Rainoart, c'est l'invention d'un remañieur 
qui a voulu porter à douze le nombre des duels de Rainoart. 
Dans Aliscans p. 192, Borrel est ‘fils de Desramé; dans le 
. Willehalm de Wolfram d’'Eschenbach 428, 9, il est le gendre de 
‘ Baligant. Il a quatorze fils. suivaït Aliscans pp. 57, 153, 180- 
181, trente suivant le v. 5360 de l'édition de Jonckbloet, douze 
‘suivant Aimeri 4571, onze suivant le Charroi de Nimes du ms. 
fr. 1448 et le passage du Siège de Barbastre cité par Densusianu, 
Prise de Cordres, p..:xciv. Voir cpepre Demaison, Aymeri de 
- Narbonne, II, p.261. 


ne ne — 


LE FRAGMENT DE LA HAYE LXXXI 


nox, 81. Que dans ce dernier passage il s'agisse de la 
nuit et pas seulement d’un obscurcissement de l’air par 
la fumée, cela résulte de la réflexion suivante. Le poète, 
disant que la quatrième journée finira comme elle a 
commencé (37-39), donne à entendre qu'il ne veut pas 
être trop long sur les événements de cette journée. Nous 
nous attendons à l'entrée de la nuit. D’autre part, la 
prière de Charles et la dernière phrase du fragment 
laissent déjà prévoir la fin de la bataille; le quatrième 
jour est donc passé.  : 

Le siège raconté dans le texte latin, cela va sans dire, 
a plus d’un trait commun avec les sièges racontés 
dans l'épopée française ; mais ce sont des traits généraux 
et qui doivent se retrouver dans le récit d’un siège quel- 
conque. Cependant, le séjour des guerriers dans l'eau 
pendant la nuit est un trait si singulier qu’on ne le 
retrouve peut-être nulle part ailleurs. Il est d'autant plus 
surprenant qu’il est historique. En 737, on a, de fait, 
combattu dans l’eau des étangs de Narbonne. Quand 
l’armée de Charles Martel eut repoussé les Sarrasins vers 
les étangs, ceux-ci durent entrer dans l’eau, et les Francs 
se jetèrent dans les étangs à leur poursuite en les noyant 
ou les criblant de leurs flèches (Continuatio Fredegarii, 
éd. Krusch, chap. 109). Bien que, dans le Fragment de 
la Haye et dans les Nerbonois, la situation ne soit plus 
la même, cependant l’eau baignant les guerriers jus- 
qu'aux genoux ou jusqu'au poitrail de leurs chevaux 
pendant une nuit entière pourrait bien être un dernier 
souvenir de ces combats. 

La porte aux verroux de fer que force Bertrand rap- 
pelle la Porte Aiguière ou Ferrière placée à l’ouest de 
Narbonne sous le palais de la vicomté, qui renferme 
aussi la Tour Mauresque. Voir sur cette porte l’Inven- 
taire de Mouynès, série AA p. 341*. 400*, Demaison 
dans Aymeri de Narbonne 1 p. czxiv, Philomena 
P- 246. 249. 

Tome II FL 


LXXXII INTRODUCTION 


En général, il semble plus prudent, au lieu de deman- 
der quelle est la bataille historique sur laquelle repose 
le récit épique, de rechercher plutôt la provenance his- 
torique d’un trait particulier de l'épopée. Ainsi, quand 
des vingt mille Français conduits par Guillaume plus 
de la moitié sont tués (6373), cela nous rappelle le récit 
des chroniqueurs sur la bataille sur l’Orbieu : cecidit 
maxima pars in illa die ex populo christiano (Ann. 
Moissiac.). 

Car nous connaissons toute une série de sièges de 
Narbonne : un est raconté au commencement, un autre 
à la fin d’Aimeri. Parmi les différents combats rap- 
portés dans Philomena, les deux derniers se basent sur 
des traditions — changées plus où moins par le moine 
j'en conviens, — mais évidemment parallèles aux deux 
siègés de la chanson d’Aimeri. Suivant Philomena, 
Aimeri reçoit Narbonne des mains de Charlemagne ; il 
changera désormais son nom Aïimeri de Berlanda en 
Aimeri de Narbonne. Il n’a pas encore de femme ni 
d'enfants. 

Le troisième siège épique est cales qui est raconté 
dans la seconde partie des Nerbonois et à la fin des 
Enfances Guillaume ; un quatrième, celui du commen- 
cement du Siège de Barbastre; un cinquième, celui de 
la Mort Aimeri. 

Or, s’il faut identifier le ne du fragment latin avec 
lun de ces cinq sièges, nous le reconnaîtrons dans le 
troisième, qui est celui de notre chanson. Les fils d’Ai- 
meri et un de ses petits-fils y figurent. Romanz, fils de 
Garin, semble avoir remplacé Bertrand, fils aîné de 
Bernard: un personnage imaginaire donnait au poète 
plus de liberté d'allure pour son récit qu’un personnage 
traditionnel. Charlemagne, dans le Fragment, est 
encore en vie; il conduit l’armée franque en per- 
sonne, tandis qu’il meurt, suivant les Nerbonoïis, avant 
l'expédition de Narbonne. Un trait de ressemblance 


LE FRAGMENT DE LA HAYE LXXXIII 


est encore le rôle d'Hernaut et de Guibert que l’on 
voit au premier plan dans les Nerbonoiïs comme dans 
le Fragment. 

Nous avons déjà rapproché (p. Lxv) le nom de Mal- 
prin, qui revient assez souvent, du Malpalin de la Chan- 
son de Roland. Ajoutons que, suivant Wolfram d’Es- 
chenbach, un des fils de Borrel s’appelle Malprimes 
(428, 14) et qu'on lit Malprin et Borrel au seul passage 
où Borrel soit nommé dans les Nerbonois (v. 3825). 

Personne ne s’étonnera de retrouver aussi des res- 
semblances avec les autres sièges. Philomena place 
le duel d’Aimeri et de Borrel lors du premier siège 
pendant lequel Aimeri est investi de sa ville. Il parle 
(1. 914) d'une bataille de cinq jours, sous laquelle 
M. Rajna (Origini 228) a voulu reconnaître les com- 
bats de 737, mais dont nous n’apprenons pas la marche. 
En tout cas, la bataille du fragment de la Haye semble 
être aussi de cinq jours. Dans la Mort Aimeri la ville, 
sauf une tour défendue par Hermanjart (1614, 2268, 
2882), est prise par les Sarrasins et reprise par Aimeri. 
Le sang y coule à flots dans les rues (2727, cp. notre 
fragment 80 et Philomena 731, 1980). 

Somme toute, la chanson que suivait le poète latin 
chantait un siège de Narbonne et non pas un siège de 
Gerona . 


[ 
i 


1. Nous avons vu que fe nom d'une métairie peut servir à 
éclaircir l’histoire de l’épopée française. Voici un cas pareil. Le 
nom de l’Arcant, souvent mentionné dans Aliscans, n’a encore 
été retrouvé dans aucun document. Je constate que dans le tes- 
tament de l’an 1422 du cardinal Jean de Brogny on lit de gran- 
giis Luliaci et de Archant (dans le voisinage d’Arles), cp. Besson, 
Mém. pour l’hist. eccl. des diocèses de Genève, Tarantaise, Aoste 
et Maurienne, Moutiers 1871, p. 430. 


LXXXIV INTRODUCTION 


J'ajoute ici mon essai de restitution en vers de la fin 
du fragment. Elle fait suite à celle de Konrad Hofmann, 
qui s’est arrêté à la ligne 134 de la prose. 


148 Sed post multa reum caedis feliciter acta 
Fraternae potis est alium cognoscere stirpis 
150 Obtutus ille ante suos. Acclinat in ictum 


Nilque moratus in hunc validam contorserat hastam. 
Ecce volanti jam torax fit pervius hostis. 
Longius ille decem cubitis inpellitur ictu, 
Sicque excussus equo vitam demiserat Orco. 
155 At succedit Bertrandi manus horrida bello, 
Quae validum terrorem incusserat hostibus armis 
Mortiferis, multisque viris dat pessima fata. 
Dextera nenpe Palatini non parcere suevit 
Oranti veniam, exanimemque reliquerat ensis. 
160 Corpora trina sibi juvenum forte obvia dantur. 
Mortem primus duram invenit paene resistens ; 
Per medium capitis gladii exsecrabile fulgur 
Guttur, pectoris antrum umbilicique recepit, 
In gremioque egesta tepentia viscera lapsant, 
165 Quippe negat tunica ipsa trilex obstacla atiei. 
Sed non sufficit unum humanum occidere corpus, 
Verum etiam vita privatus equus reperitur ; 
Ensi nam superest spinas partire caballi, 
Tandemque elapsum terræ et medio tenus ipse 
170 Incussum retrahens reliquos versabat in hostes. 
Nec mora ! secretus patet humor et additur aurae. 
Quin phalerarum etiam runpuntur fortia vincla 
Nec non-bratteolis crepitantia cingula multis. 
Grassatur quoque per canpos audatia terrens 
175 Bernardi, acriter inservit Marti undique diro, 
Multorumque virûm privavit corpora luce. 
Gaudet enim palma felicis bellica virtus 
Fortunae casus quem sic sublimat honore. 


TRAITEMENT DU TEXTE LXXXV 


XIII 


Traitement du texte par l'éditeur. 


Le texte critique du tome Îer suit celui du ms. À 
sauf les cas corrigés au bas des pages. La langue de À, 
B et C me semble à peu près identique à celle de l’au- 
teur. On s’aperçoit que le scribe de À n’emploie que 
rarement le digramme ox pour o fermé {souper 1756 
croupe 4624 toute 6526); il contracte même l’ancienne 
diphtongue ou en o (doce 609). Je n’ai corrigé la langue 
de À que là où le vers était corrompu ou la rime défi- 
gurée. Comme le parler champenois de À et de C est 
presque le même, j'ai résolu les abréviations des noms 
propres d’après le principe suivant: j'écris Aymeris ou 
Aymeri pour Ay’, selon que l’adjectif ou le pronom se 
rapportant à ce nom a ou n’a pas d’s. Dans les cas dou- 
teux je suis la graphie de C, ou, si C se sert aussi d’une 
abréviation, j’observe la règle de l's. 

Les deux mss. 4 et C écrivent souvent z pour il et 
vice versa, même ilci, ilcil (pour ici, icil). J'ai laissé 
subsister ce trait graphique. — Quelquefois le scribe 
de À met o pour ot : ot (pour oït habeat) 1482, mo 
1517, 1921 do 1977 vo 5107 drot 2364 oltro 3075 
otro 6681 avroz 199 troveroz 5637 soez 5087. J'ai 
corrigé a pour ai, lequel est plus rare (var. de 274, 
1316, 2917, 5141, 7349). On trouve ue pour o1: puel 
3853 suef 2560, 3324 suer 3553 oi pour ue : estoit 2756 
moilent 3584 noivieme 6722; a et an pour es : achardé, 
C escherdé 1488 Montacler 4949 Amenjart 5115 (cp. 
Esmenjart 2620) Acherpes 5525 Aclavon 6763 Amplan- 
doines (pour Espl.) 3390 agolé (pour angolé) 3274.3408. 
3582 cp. Esmauri pour Amauri dans Aymeri 1510. 

En finissant cette introduction, je regarde comme un 


LXXXVI INTRODUCTION 


devoir de ne pas omettre de nommer M. Demaison, 
dont le travail si consciencieux, si nourri de faits, sur 
Aimeri de Narbonne me semble être le meilleur qu’on 
ait publié depuis longtemps sur cette geste. Pour mon 
édition du fragment de la Haye j'ai eu recours à l’aide 
de plusieurs savants. Îci je nomme en premier lieu 
deux amis de Halle : M. Max Ihm, d’une science si 
étendue et si sûre en tout ce qui regarde le latin, a revu 
ma traduction pour le sens et m'a indiqué la plupart 
des passages cités au bas du texte. M. Jules Simon, 
notre lecteur de français, habitant la même maison que 
- moi, a été presque à toute heure à ma disposition ; il a 
revu ma traduction pour l'expression, et je lui suis rede- 
vable des plus heureux tours qui s’y trouvent. Hésitant 
encore sur plusieurs passages, j'avais fait tirer une dou- 
zaine d'exemplaires de mon texte, et je les avais en- 
voyés à MM. G. Gœtz à Jena, Wilhelm Meyer à Gaœæt- 
tingue, Reinhard Suchier à Hanau, Ludwig Traube à 
Munich, Paul von Winterfeld à Berlin, tous renommés 
à juste titre comme latinistes ou comme historiens. Ils 
ont bien voulu me communiquer de précieuses remar- 
ques sur une série de points épineux. J’appuie surtout 
sur les noms de MM. Traube et von Winterfeld, des 
observations desquels j'ai tiré le plus grand profit. Je 
nomme encore mon neveu H. Nagel, qui a collationné 
une partie du texte au Musée britannique.. Enfin 
M. Gaston Paris, en lisant les épreuves de cette édition, 
l’a accompagnée de feuille en feuille de ses corrections 
et de ses conseils. Je prie tous ceux que j'énumère ici 
d'accepter mes chaleureux remerciments. 


HERMANN SUCHIER. 


LI NERBONOIS 


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APPENDICES 


I 


PASSAGE REMANIÉ DANS DE 


CORRESPONDANT AUX VERS 466-3675 


Tome 11 


APPENDICE I 


PASSAGE REMANIÉ DANS DE 


CORRESPONDANT AUX VERS 466-3675 


XIV a 


Aymeris voit qu’il n’i ot jeu ne ris. [78 f] 
De ce qu'ot fet fu dolenz et penssis. 

Mout s’en repent li grans quens Ay’. 

Il en apele la dame seignouris: 

« Par ma foy, dame, j'ai envers vous mespris, 

Si m’en repent, si me soit Diex amis! » 

« En non Dieu, sire », dist la dame gentis, 

« Vous euis droit, si com moi est a vis. 

Car je fui fole quant onques m’entremis 


10 De ce qu’aviez ordené de vos filz. » 


15 


20 


Ce dist Ernaus : « Grant outrage fesis 
Quant devant nous nostre mere feris. 
Ce n’est pas dame c’on doit tenir pour vis! » 
Et dist Guill’: « Ernaut, lessiez vos dis! 
Ne soiez pas vers no pere aatis, 
Ainz li rendez et graces et mercis, 
Quant d’autrui terres vous a si enrichis. 
Donné vous a païs, chastiax et ciz 
Et bours et viles en estrange païs, 

Ou tout est a conquerre. » 


XIV a. 3 E bons — 6 Si, etc. À tidis — 7 E Par mon chief 
— 8 E Vous auez dr. 3: E de uoirst 4 uis — 9 Car] E Et — 
10 E quauez — 11-13 — 14 E Lors 18 païs] E apes 
— 19 E estrages 


4 DE XIV D: 


XIV b 


Aym’ fu tout droit en son estant; 
Guill’ esgarde par mout fier mautalant. 
« Biax filz », dist il, « por quoi m’alez gabant? » 
Et il dist : « Peres, je n’en ai nul talant; 
5 Car il n'afiert ne n’est apartenant. 
Maiz une chose sachent petit et grant 
Que, s’il plest Dieu que puisse vivre tant 
Qu’adoubez soie de hauberc gazerant, 
L’escu au col, el poing l’espiel trenchant, 
10 Et bien montez sor bon destrier courant, 
Tant conquerrai sor la gent mescreant, 
Parlé en iert mil anz ça en avant. 
Trop sont mi frere esbahit et taisant; [79 4] 
Mes s’il me veulent servir a mon talant, 
15 Chascun d’eus vueil faire riche et manant. » 
Dist Ay’ : « Or oi plait avenant. 
Cis est mes filz qui einsi va parlant. 
Or l’ai plus chier assez come devant; 
Car il fera preudoume. » 


XIV c 


Après may fu en la douce saison, [90 €] 
Qu’Aimeri fu en son mestre donjon 


XIV 6. 1 E Aymeri —3 E moquant — 4 E Pere dist il — 6ÆE 
sachiez — 8 E Q. fusse — 1° E sus — 11 etc. E sus — 18 E 
conc noi d. | 

Après la laisse XIV b L * le texte des Enfances 
Guillaume. 


ee ms = 


10 


15 


v 
20 


25 


30 


— xiv € 33 5 


Et si enfant a la clere façon. 

Desconfit orent roy Tierb’ l’Esclavon, 
Gaïingnié y orent avoir a grant foison 
Et armeüres et maïnt destrier gascon. 
Tout departi Ay’ le frans hom 

A ceus qui vindrent du royaume K}'n, 
Et Ermeng’ leur a donné maint don. 
Un mois entier ileuc demoré ont. Cf] 
A tant e vous brochant a esperon 

Un messagier, qui descent au perron; 
Demandé a Guill le baron. 

« Vez le la, frere », dist Gautier de Mascon. 
Cil le salue, mist soi a jenoullon, 

Et en après a conté sa raison : 

Que le mandoit K!”. au flori grenon, 
Qu'’a lui alast sanz fere arrestoison, 

Et qu'a Paris seroïient li baron 

A pentecouste de mainte region ; 

Court i tendra, plus grande ne vit on; 
Li .xii. per i sont, nonmé par non, 

Et tout prelat, gent de religion; 

Quar tout i sont l'un vers l’autre en tençon; 
Li uns ne voeut vers l’autre se mal non. 
A tant li a baillié le quaregnon. 

Cis lut la letre ; bien entent la leçon, 
Coment le roy li fait devision, 

Qu'il soit en France après l’asencion, 
Et qu'’Aymeris remaigne en sa maison, 
Si gart sa terre entor et environ. 

Viés est et foible, que de fi le set on, 

Si n’a mestier se de reposer.non. 


e 


XIV c. 4 E Tiebaut — 7 etc. E Aymeri — 8 etc. E Challon — 
9 etc. E Ermeniart — 17 E li; etc. E Challe; E grenu — 27 E 
Ï1 lut latre — 29 E loit — 32 E de uoir 


6 DE XVIII @ I — XIX 2 


XVIII 


Guill’ s'est drecié en son estant, 
A chescun va les nouveles contant, 
Qu'en France ira ainçois un mois pasant; 
O lui iront si frere plus vaillant. 

5 Mais il a mout le cuertristre et dolant, 
Quant li souvient d'Orable la sachant 
Et de T” et d’Orenge la grant, 
Qu'’encore tiennent li paien mescreant. 
Il jure Dieu le pere tot puissant, 

10 Qu'’encor seront par lui mu et taisant 
Et que la dame sera en Dieu creant 
S'aidier l’en veut Jhesu par son comant. 
De ce dist voir, il n’en menti noient. 
Mais .xiiii. an furent passé avant, 

15 Si com orroiz s’auques vous vois lisant. 
Li frere vont leur hernois aprestant; 
Les somiers troussent et garçon et serjant ; 
Assez em portent et rouge or et argent. 
Dame Ermeng’ leur a dit en plorant : 

20 « Enfant », dist elle, « a celui vous comant 
Qui de la vierge nasqui en Belleent. 
S’il est mestier, soiés nous secorant! 
Car paour ai de la gent soduiant, 
De Desramé, de T? l’Aufriquant, 

25 De l’amiraut c’on apelle Balant. 

Quant il savront, de ci serez partant, 

Po douteront Ay’ le ferant, 


XV-XVII mg. dans DE. 

XVIII. 6 E uaillant — 7 etc. E Tiebaut — 8 li p.] E Sarrazins — 
10 E seroient —18 E p. r. or et blanc a. — 19-21 Cp. 581-583 — 
26 E il mg. 


— y. 581-583. 602 7 


Qu'il heent plus que nul honme vivant. » 
Ce dist G’ : « Ne vous alez doutant! 
30 Car, par celui ou nous sonmes creant, [gr a] 
S’il vous faisoient ne anui ne torment, 
Isnelement serons ci retornant 
A plus grant gent nous n’en soion menant. » 


XVIII a 


Li quens Guill’ moult durement penssoit 

A dame Orable, a cui mandé avoit 

Que sus Baucen tournoier le verroit 

Devant Orenge au plus tost qu'il porroit 
5 Et qu’as paiens tel estour liverroit 

Que le plus fier a grevé s’en tenroit. 

Courouciez fu, quant aler n'i pooit; 

Le mandement le roy l'en destournoit. 

Quar a la dame tout son pensser estoit ; 
10 Et nonporquant li quens moult bien savoit 

Que roy Tiebaut espousee l’avoit. 

Guill" dist ja pour ce ne lairoit 

Ne la preïst, se Diex le conssentoit; 

Mes ce voiage fere li couvenoit. 


XIX 


Li quens Get si frere monterent, 
Dame Ermeng’ a Jhesu comanderent, 


29 etc. E Guill — 32 Æ serions reuenant — 33 Æ A greigneur 
genz que nen sonmes m. 

XVIII a. mg. dans D. 

XIX. 1 Cp. 602 


8 DE XIX 3— XX à 15 


Pris ont congié, après s’acheminerent, 

Mout grant barnage avec eulz en menerent. 
5 Guibers remaint, celui pas n’en menerent, 

Et un et autre a Dieu les comanderent. 

Le droit chemin en France s’arrouterent. 

G’ dist a ceuls qui o lui erent : 

« Seigneurs », fait il, « les bonnes oevres perent. 
10 Faisons ainssi com cil qui bien ovrerent. 

Ceus qui bien firent, sachiés qu’il le trouverent ». 

A celui mot li frere s’acorderent. 


XX 


Vait s’en G’ a la chiere membree 
Et si .v. frere qui ont fait dessevree. 
El palais fist Ay’ retornee. 
En une chambre est Ermeng’ entree. 

5 Sus une coute moult richement ovree 
Se siet la dame penssive et adolee. 
Par mainte fois s’est souvent dementee ; 
Souvent se clainme lasse, maleüree, 
Sainte Marie a souvent reclamee: 

10 « Virge, pucele, roÿne couronnee, 
Qui du cors Dieu fustes enluminee, 
Tenez m’en sens, que ne soie desvee ! 
Ahi! Nerbonne, mar fussiez vous fondee! 
Mal fu grejois vous eüst alumee, 

15 Pierre sus autre n’i fust ore trouvee! 
Miex vousisse estre ferue d’une espee 


5 E remest; E ne —6 E Et vns et autres ; Æ le Cp. 607 — 7 en] 
E vers Cp. 609 — 8-12 Cp. 611-615 — 10 E aussi — 11 E ce 
sachiez le tr. 

XX. 1-4 Cp. 617-620 — 2 E fet ont — 5-16 Cp. 622-633 — 
9 souuent] E de cuer — 13 D nar, E mal — 16 E uousist 


20 


25 


10 


15 


— V. 607-640 | 9 


Si tost ralast en France la loëe 

Mes filz G’, qui tant m'a honnoree. » 
Dist Ay’ : « Vous n'estes pas sence. 
Quant le roy a no mesnie mandee, 

La gent aussi qu’il nous avoit prestee, 
N'en devez estre courrouciee n'iree. 
Quar s’il avient que la gent desfaee 
Revient sus nous en iceste contree, 
Tost revendront sans faire demoree, » 


XX a 


Quens Ay’ ot mout le cuer hardi, 
Quant a Nerbonne remest a escheri. 
Aveuc lui n’ot ne conte ne marchi 

Ne de ses filz que Guibert le petit, 

Mes chevaliers ot il .x. avuec lui 

Et maint serjant armé et fervesti. 

Et les bourjois qui moult sont seignori. 
Mais ne passa mié an et demi 

Qu'il le rassistrent paien et Arrabi, 

Et Sarrazin, Turc et Amoravi, 

Rois Desramez et Bauffumez aussi 

Et tant maint autre que ne nonmerai ci. 
D’eus vous lairai et du conte Ay’, [b] 
Qui en Nerbonne mainte paine soffri, 
Si com orrez et com avez oÿ. 


19 Cp. 640 — 22 E marrie ne iree — 25 E Tout; E aj. après 
ce vers À plus de gent que il nen ont menee 

XX a. 1 E le cuer moult —9 ÆE Que — 10 E LiS. et li A. — 
12 E Et pluseurs autres quor 


10 


10 


15 


DE XX D 1 


XX b 


Or chevauchierent a joie li baron. 

De leur jornees ne ferai mencion. 
Tant ont erré le pas et le troton, 

Qu’a Paris vindrent entour l’asencion. 
Court tenoit K/r, si grande ne vit on; 
Gens y avoit de maïinte nascion. 

A leur ostiex vont sans arrestison 

Et l’endemain veoir le roy K/'n. 

En la sale entre G’ li frans hon 

Et ses .v. frere qui ont gente façon. 
Le roy saluënt qui ot flori grenon 

Et les barons qui li sont environ. 

Le roy se dresce, n’i ot devision, 

G’ a saisi par le menton; 

Puis le salue de Dieu et de son non. 


XX ec 


Challes fu liez, pieç’a que si ne fu. 

Par la main tint G le membru; 

I] li demande d’Aimeri le chenu 

Et d'Ermeng’ qui de Pavie fu, 
Coment le font contre la gent Cahu. 

« Sire, mout bien. Loëz en soit Jhesu ! 
N'a pas un mois que desconfis i fu 
Roys Desramez et Acibiers son dru 

Et plus de .xx., tretout roy mescreü. 


XX 6. 5 etc. E Challes — 9 Æ quens Guill’ a bandon — 11 qui 
ot] E ole 
XX c. 8 Roys D.] Æ Le roy Tiebaut 


10 


15 


20 


10 


15 


— xx d 16 11 


Cil s’en foirent et sont en mer feru. 

Se ce ne fust, mau leur fust avenu; 
Quar tout i fussent ou mort ou retenu. 
Or ont paour que paiens malostru, 
Quant il savront que ci sonmes venu, 
Ne soient tost a Nerbonne acoru 
Tenir le siege, si com l’autr’ier i fu. » 
Et dist li rois : « S’il estoit avenu, 

De moi seroient aidié et secoru, 


Ou couvenant averai mal tenu 


Vers Ay’ vo pere le cremu. » 


XX d 


Devant K/’n fu G’ le ber 

Et ses .v. frere qui moult font a loër. 

Le roy les fait delez lui acouter. 

Dist a Guillaume : « Je vous ai fait mander, 
Pour ce que moult vous vodroie honnorer 
Et tous vos freres, qui sont bel bacheler ; 
Or les voudrai a ma cort alever, 

Et tel servise qu’il saront demander 

Leur voudrai je otroier et greer. 

Et vous devez m’oriflambe porter, 

Ma gent conduire et en estour guiér, 

Et si vous doing mon fil a doctriner. 

Et ce voeil je a vous guerredonner, 

Pour ce vous voeil de ma terre donner, 

Un quart de France avroiz a gouverner. » 
Et dist G’ : « Tel don voeil refuser. [ec] 


13 E quant — 14 E Sauront le uoir — 15 E Que tost ne soient — 
17 E Sainssi iert — 19 E auroie 
XX d.5E quemqg. —7Een 


12 


20 


10 


15 


18 E sa dieu plest — 21 Æ que — 22 E Ceuls nauront pes — 23 


DE XX d 17 —LXxIN 5 


Ne ving pas ci por vous deseriter. 

Quar, s’il plaist Dieu qui tot a a sauver, 
En autre lieu me voudrai assener, 

Terres tenir et chatiax conquester; 

C’iert sus paiens qui Diex puist craventer. 


Ceus ne faut mie paine, tant com porrai durer; 


Quen Ay’ ne les poit ains amer ; 
Non ferai je, qui que m'en doit blamer. » 


LXXII 


« Sire empere », dist Hernaus a K/n, 

« Moult grant mercis ! fait nous avez bel don. 
Mais tretous .vi. mie ne demoron. 

Car nostre pere comanda a Buevon 

Que en Gascoigne alast au roy Yon, 
S’avra sa fille a la clere façon 

Et son païis et son regne environ; 

Le roy l’en a ja otroié le don 

Devant no pere qui a flori grenon. 

Et toute Espaigne entor et environ 
Redoit conquerre Aÿmer le baron, 

S'il plaist a Dieu qui estora le mon. 

Et d’autre part, s’il plaist Dieu et son non, 
Guerin tendra Pavie et le royon 

De par Desiier, n’i a oïr se lui non. » 

« Par saint Denis », dist K/, « ce n’a mon. 


E onc — 24 E me 


XXI-LXXI. mg. dans D E — LXXII 1 E Sire emperiere Cp. 
2842 — 4-14 Cp. 2847-2856 — 6 E gente — 9 E que moult amer 
poon — 10 Æ tant que tient le royon — 12 E qui soufri passion 
— 14 E P. sanz tencon — 15-17 Cp. 2858-2860 — 15 E De mg.; 


E nihoir se nous non 


es rs ee 


20 


25 


30 


35 


— V. 2842-2805 | 13 


Ja n’en perdron qui vaille un esperon, 

Puis que le pere leur en a fait le don. 

Se mestier est, de moi secors avront. 

Et vostre frere Aÿmer au poil blont 

Yert seneschax de ceste regyon, 

Si gardera ce païs environ, 

Servira moi se ce li semble bon ; 

Tant li donrai qu’il sera riches hom. » 

Dist Aÿmer : « Mout bien vous entendon. 
Mais, par cel Dieu qui Longis fist pardon, 
Ja ne tendrai ne chastel ne danjon 

En cest païis qui vaille un seul bouton. 
Maïs en Espaigne, s’il plest Diex et son non. 
Conquerrai terre a force et a bandon. 

La destruirai maint Sarrazin felon : 

Tant com vivrai, ne leur faudra tençon. » 
Quant K/ lot, si dist simple reson. 

« Amis, biau frere, tu me sembles preudon. 
Diex t’ent aït par son saintisme non, 

Si que de lui aiez beneïçon! » 


LXXIII 


« Frere Ay’ », dist Bueve li courtois, 

« Ne partés mie de K/’ seur son pois, 
Ains le servez un an ou .ii. ou trois. » 

« S’ainssi le fait, par foy », ce dit li rois, 
« Je li donrai Meleün et Saumois 


+7 E perdront — 18 E leur — 20 E chief — 22 E a bandon — 
26 E celui qui Cp. 2874 — 27 Cp. 2877 — 29 E se la grace en 
auon Cp. 2878 — 30 E de sus la gent Mahom — 32-35 Cp. 
2881-2884 — 32 E auront guerre a foison — 35 E le pere que 
creon 

LXXIIT. 1-3 Ep. 2886-2888 — r E Aymer frere dist Bueues — 
5-7 Cp. 2895-2897 : 


4 DE LXXIII Ü —LXXIV 44 


Et Biauvesi et Crepi en Valois, 

Et le païs retieng en Ardenois, 

Si marchirai par devers les Tiois ; 

O lui avra grant plenté de François. » [d] 
10 Dist Aÿmer : « Grant merci, sire rois! 

Mais par cel Dieu qui fut mis en la crois, 

Se me donniés Chartres, Orliens et Blois, 

Perche et le Maine, Pariz et Estampois, 

Et comblissiés ceste tor de mansois, 
15 Ne remaindroie avec vous .iiii. mois. » 


LXXIV 


Quant li rois ot le danzel escouté, 
Dedenz son cuer l’en a moult enamé; 
Car il voit bien qu’en lui a grant bonté. 
Et Ay’ l’en a araisonné. 

5 « Droiz empereres, or oiez mon penssé 
Et ma raison, se il vous vient a gre! 
J'ai fait un veu et ci et devant De, 

Le gloriëus, le roy de maiesté : 
Puis qu'’isterai du cretien regné 

10 Et entrerai en la paieneté, 

Cheviron, late n’iert sus moi pour oré 
Ne ne gerrai desouz feste levé, 

Se Sarrazins ne m'ont emprisonné ; 

Mais en montaignes ou en bois ou en pre 


8 E marchira Cp. 2899 — 9 E a gr. pl. Fr. — 10 E Aymer dist 
Cp. 2900 — 11 cel] E le — 12 Cp. 2902 — 13-15 Cp. 2904-2906 
— 13 E Main Paris — 14 E Et ceste cour comblee de mansseis 
— 15 E Ne demouroie 

LXXIV. 1-8 Cp. 2907-2914 — 1 E Quant Chall’ ot Aymer e. — 
3 E ot —4etc. E Aymer — 3 E Ie fez un veu ici — 9-18 Cp. 2916- 
2925 — 9 E Puis que gistrai — 11 E Queute ne dras n. 





15 


20 


25 


30 


35 


40 


— vV. 2896-2952 15 


Ou lez riviere ferai tendre mon tre. 

Mi mangonnel seront adès levé 

Et mes perrieres et mi dart afillé, 

Dont les tours ierent et li murs craventé. 
Contre paiens serons adès armé; 

De ce seront honni et vergondé 

Et nous manant et riche et asazé. » 
Après cest mot est li bers ecrie : 

« Et ou sont ore li legier bacheler 

Qui veulent estre de prouesce alosé ? 
S'avec moi viennent en estrange regné 

Je leur aff et ci et devant De 

Que le gaaing qu’averons conquesté, 

I1 leur seront parti et delivré. 

Ja plus d'un d’eus por moi n’en detendré, 
Mais qu’il me tiengnent por leur droit avoë. » 
Et cil respondent : « Moult avez bien parlé ! 
S’ainsi le faites com l’avez devisé, 

Dont averez gent d’armes a plenté. » 

Dist Aÿmer : « De ce ne soit douté; 

Car, par cel Dieu par qui sonmes sauvé, 
Ne ferai chose qui soit contre lor gre 
S’avant ne font envers moi fauseté. » 

Et cil responnent : « Ja vous sera juré 
Que de par nous serés sire clamé. » 
Quant ainssi orent et dit et devisé, 
Ainçois que fust le miëdi passé, 

Furent il .m. et .v. cenz apresté, 

Qui s’en issirent hors de la ville el pre. 
Ay' a chascun moult honoré. 


19-34 Cp. 2927-2942 — 22 E a le ber haut crie — 23 legier] 
E hardi — 25 E vient sus paiens desfae — 26 Æ en bone loiaute 
— 27 E que aurons — 28 E sera— 29 ÆE cun deus a moi ne ret. 
— 32 E que — 33 E auriez; a] E grant — 34 E Aymer dist — 
35 cel] E le — 36-38 Cp. 2943-2946 — 37 E Sancois — 41-46 
Cp. 2949-2954 — 41 E le droit miedi p. 


16 DE LXXIV 45—LxxV 34 


45 « Seigneur », fait il, « oiez ma volenté ! 
Une quinzaine soion ci sejorné, 
Tant que chascun ait son harnoiz mandé, [e] 
Les bonnes armes dont seront adobé | 
Et les destriers seur quoi seront monté. » 


LXXIV a 


En son palais fu Charles li membrus. 
O lui estoit et mains quens et mains dus. 
« Diex », dist li rois, « qui par tout fais vertus, 
Ja a passé .xxv. ans ou plus 
5 Que je pardi mes honmes et mes drus 
Par Guenelon qui nous ot touz vendus. 
À tous jors mais en serai irascus. 
Encor me semble que le jor est venus 
Je parderai se n’en pensse Jhesus. 
10 Car d’aler voi ces vassax esmeüs 
Droit en Espaigne sus paiens mescreüs. 
Josne sont tuit; poi i voi de chenus. 
Or les gart Dieu, le pere de lassus ! 
Car cis voiages n’iert par moi desfendus. » 


LXXV 


K/? li rois fu en grant soupeçon 
Pour Aÿmer l'enfant de grant renon, 
Qui aler veut en estrange royon 


45 E dist — 46 E demoure — 48 E serons Cp. 2956 — 49 E sus 
cui serons m. 

LXXIV a. 1-2 Cp. 2960-1 — 2 E auoit — 3 Cp. 2963 “A Ja] E 
il Cp. 2965 — 5 Cp. 2968 — 6 E touz nous ot —9 ÆE Que ie 
perdrai — 10 Cp. 2972 — 11 Æ malosttus — 12 Cp. 207* — 13 Cp. 


2975 
LXXV. 1-10 Cp. 2978-2987 — 2 E le ioene dansillon 


10 


15 


20 


25 


30 


— v. 2953-3012 17 


Entre la gent qui ait maleïçon. 

Ez Aÿmer qui monta el danjon 

Et vint tout droit devant ce roy K/n. 
Voit le li rois, si l’a mis a raison. 

« Vassal », dist il, « moi semble foloison, 
Quant aler voeulz en ce regne felon. 

Gi ai esté par tamainte saison, 

Mais ie n’i ai conquis se petit non, 

Ains i perdrai de ma gent grant foison, 
Et pour ce sui de toi en grant frison. » 

« Drois empereres, par le cors saint Symon, 
Vous y alastes come roy de grant non. 
Tout eüssiés en vo supjection 

Se ne fust faite la mortel traison. 

Mais je sui ci encore josnes hom, 

Si n’ai de terre qui vaille un esperon; 
Mais, se Dieu plaist qui forma tot le mon, 
G’en conquerrai a force et a bandon, 
Dont serai riches et tout mi compaingnon. 
Mais une chose, franc rois, vous requeron 
Pour l'amour Dieu qui souffri passion : 
Se je conquier ou cité ou danjon, 

Cordes la riche ou sont li Esclavon, 
Drois empereres, otroiés m’en le don, 
Que je la tiengne de par le roi K/'n; 

Le treüage vous envoiera on. » 

Ot le li rois, merveilles li fu bon. 

Il en jura le cors saint Lazaron 

Que bon i fu dite ceste raison. 

« Car je vous jur par ce flori grenon : 

Se Sarrazins vous i ont en prison 


4 E qui croient en Mahom — 10 tamainte] E tant mainte— 11 D 
mi, E ni Cp. 2989 — 12 E perdi — 13-21 Cp. 2991-2999 — 20 E 
qui Longis fist pardon — 23-32 Cp. 3000-3009 — 29 E Et le treu 
uous en enuoieron — 33 ce] E mon — 34-37 Cp. 3012-3015 — 
34 i ont] E metent 


Tome II 2 


18 
35 


10 


15 


20 


DE LXXV 35—Lxxx 6 


Secorrai vous a coite d’esperon 
Et aveuc moi mi chevalier baron. » 
« Grant merci, sire », Aÿmer li respont. [Cf] 


LXXVI 


Aÿmer fu el palès en estant 

Devant K}'n, l'emperere poissant. 

Au roy a fait honmage maintenant 
Pour le secours qu’il li va prometant. 
Mout ot li enfes le cuer lié et joiant 

Et tout li fil Aymeri le vaillant; 

Envers le roy en sont tot enclinant. 

À ces paroles que il vont devisant 

Vint roy Yon de Gascoigne la grant. 

K/ salue a loy d’onme sachant; 

Puis li a dit bellement en oiant : 

« Drois empereres, par le cors saint Amant, 
N'oi de ma fame onques c’un seul enfant ; 
C'est une fille, si voeil, par mon conmant, 
Soit mariée, s’il vous vient a talent, 

A un des filz Ay’ le poissant; 

Bueves a non, ainssi le vont nonmant. 
Doins li ma fille, et après mon vivant 
Tiengne ma terre et puis mon chasement. » 
Dist l'emperere : « J’en ai le cuer joiant. » 
Et Bueves s’ajenoulle, si l’en va merciant. 
Tuit en sont lié, li petit et li grant. 


35 ÆE contre la gent Noiron 

LXXVI. 1-7 Cp. 3017-3023 — 11 E doucement — 14 mon] E 
uo — 19 puis] Æ tout — 21 Æ (Et mg.) B. lentent — 22 E Touz 
en ont ioie 


— v. 3013-3111 19 


LXXIX 


Or ot Beuves Gascongne en heritage 
Après la mort Yon au fier courage, 
Et a Kl en fist feäuté et homage. 
_ De Lombardie i fu rois Boniface, 

% Le roy apele a guise d'omme sage. 
« Drois empereres. entendez mon langage ! 
Vez ci Guerin, qui est de mon lingnage, 
Filz Aymeri qui tant a vasselage. 
N'ai fil ne fille qui tiegne m'eritage. 

10 Se il vous plest, il me vient en corage 
Qu'il ait ma terre; je li doing en fieuage. 
Il est mon niés, du mix de mon lignage. » 
« Par Dieu », dist K/’, « qui me fist a s'ymage, 
Ne fui si lié de dom de mon eage. » 

15 Devant le roy li a donné le gage. 
Cis le reçoit ; après en fist honmage. 


LXXX 


Challes li rois fist forment a loër : 
Quant les enfanz vit ainssi asener, 
S'il en fu lié, nel couvint demander. 
Beuvon apele et son frere Aÿmer : | 

5 « Seingnour enfant, je vous doi moult amer. 
Tout pour l’amour dant Aymeri le ber 


LXX VII et LXXVIII mg. dans D E | 

LXXIX. 1-4 Cp. 3083-3086 — 1 E Des oré a Bueues — 3 E Et 
mg. — 5-16 Cp. 3089-3100 — 7 E de mg. — 8 tant] E ml't — 
14 de mon] E en mon — 15 li] E len 

LXXX. 1-2 Cp. 3104-3105 — 4-7 Cp. 3109-3112 —6 E quens A. 


20 DE LXXX 7 — LXXXVI 13 


Vous voudrai je demain armes donner 
Et tiex destriers ou on se peut fiër. » 
Cil s’agenoullent, si le vont encliner. 
10 À leur ostiex vont cele nuit souper. 
Maint bacheler i firent assembler. 
La veïst on grant joie demener, 
Maint istrument i oïst on sonner. 
A Nostre Dame vont li baron orer; 
15 La nuit i veillent de ci a l’ajorner [92 al 
K/ se lieve, n’i vot plus arrester, 
En sa chapelle a fait messe chanter ; 
Et li enfant dant Ay’ le ber 
Y vont de cuer le servise escouter. 
20 Kllirois ne mist en oubliër : 
A Beuvon vait un esperon fremer, 
Prist une espee qui ne fist a blamer, 
Cainte li a sans plus a demorer. 
« Amis », dist il, « Diex te lait si ouvrer 
25 Que tu i puisses l'amour Dieu conquester 
Et Sarrazins destruire et craventer ! » 


LXXXV 


Après Beuvon Aÿmer adouba; 
Le branc li saint, qui luist et verdoia ; 
Ce dist li rois : « Amis, entendez ça! 
En l’onneur Dieu qui le mont estora 
$ Te doing cest branc, meilleur ne vi piec’a, 


9 Elen—1oet 12 Cp: 3121 — 14-19 Cp. 3137-3142 — 14 E 
ouurez — 15 E ueillent iusques a — 16 E demourer — 18 E 
quens — 20-21 Cp. 3150-3151 — 22-24 Cp. 3154-3156 — 23 E 
de d. — 25 i] E em; E lame de toi sauüuer — 26 Cp. 3160 
LXXXI-LXXXIV mg. dans D E | 
LXXXV. 1 Cp. 3237 — 2 Cp. 3240 — 3-8 Cp. 3244-3249 


— V. 3112-3255 21 


Par un couvent je deviserai ja : 

Que aimes Dieu qui le monde forma. 

Se tu le fais, au besoing t'aidera; 

Et tu es hom qui grant fais empris a, 
10 Ne ja sans Dieu qui mestier t’avera 

N’acheveras ne bien ne te vendra. » 

Aÿmer dit que bien se provera, 

Car fiance a que Diex li aidera; 

Et vers paiens si bien se contendra 
15 Que riches yert qui o lui s’en ira. 

« Dieu le t’otroit! » Kl’ respondu a. 


LXXXVI 


Or sont tuit .vi. li frere adoubé, 

Ji. a ce jour, .iiii. eu:on temps passé. 
K[' leur a maïnt riche don donné, 

Et ceuls qui sont de l’aler apresté 

5 Sont mout du roy doucement apelé 
Et enseingnié et mout bel doctriné. 
A Loeÿs son fil a conmandé 
Que, s’il avient et Dieu l'a destiné 
Que après lui tiengne son herité, 

10 Et cil qui vont en estrange regné 
Mandent a lui secors par amisté, 
Qu'il les sequeure u non de Damedé. 
Et cil respont : « Volentiers et de gre. » 


6 je] E que — 7 E Cest que Dieu aimes 

LXXXVI. 1 Cp. 3254 — 1 E les freres — 2 a ce] E celui; 
gratté dans D; E et iii. el temps p. — 3 Cp. 3255 — 5 E Furent 
du r. 


22 DE LXXXVII I — LXXXVII 18 


LXXX VII 


Huit jours entiers ont joie demenee 

K!' li rois et sa gent honnoree, 

Et après ce est tost la cort finee. 

Tuit li baron s’en vont en leur contree ; 

5 Quar longuement orent fait demoree. 
Droit en Gascongne a faite retornee 
Li rois Ion, en a sa gent menee, 
Beuvon en maine a la chiere membree ; 
Si a la fille roy Yon espousee. 

10 Et a Pavie la fort cité loëe 
Vint Boniface sans faire demoree, 

O lui Guerin qui sa terre ot donee ; 
Bien fu par lui et tenue et gardee. [b] 
Et en Espaigne, la terre desfaee, 

15 Vait Aÿmers, a qui proesce agree, 
Riche compaingne de danziax a menee : 
Trois mile furent de bonne gent montee, 
Autant a pié, chascun la test’ armee, 
Qui ont o lui mainte paine enduree. 

20 Un mes s’en torne, n’i a fait arrestee ; 
Mout a sa voie esploitie et hastee, 

Droit a Nerbonne vint une matinee, 
Aymeri treuve, Ermeng’ la senee. 
Courtoisement a sa raison contee 

25 De par K/!’ a la barbe mellee. 

« Sire », dist il, « or oez ma penssee! 


- LXXXVII. 1-2 Cp. 3300-3301 — 1 D Tuit, E Uit — 3 E fu — 
4 Cp. 3310 — 6-16 Cp. 3311-3321 — 7 E Yon sa gent en a — 
9 E sa fille a moullier e. — 11 E sanz (faire mg.) sei ournee 
— 13 et] E main- — 17-18 Cp. 3322 — 19 Cp. 3323 — 20 Cp. 
3331 — 22 Cp. 3332 — 23 Cp. 3333-3334 — 25 Cp. 3335 


30 


— V. 3300-3359 23 


K/? li rois a grant honneur portee 

A tes enfanz ; maïs point ne li agree 

Des .iii. qui vont en estrange contree : 
L'un en Gascongne, ou a fame esposee,. 
L'autre a Pavie, ou a terre trovee, 

Et le tiers va dessus la gent desvee, 

Qui Dieu ne croient ne la vertu nonmee : 
C’est Ay’ qui la voie a juree. » 


LXXXVIIT 


Quant Aÿmer la parole entendi 
Que KIm’ les ama et chieri, 

Savoir poez que mout s’en esjoi. 
Mais d’Aÿmer un petit s’esbahi, 
Qui seur paiens s’en est alé ainssi, 
Et Ermeng’en ot le cuer nerci. 

Oÿ avez du preuz conte Ay' 

Et de’ G’ canment se departi | 
Et de ses freres qu’il mena avec lui. 


10 A ice jour, seingneurs, que je vous di, 


15 


Ot en Nerbonne un paien maleiï. 
Envoié l’orent Perssant el Arrabi 
Pour espiër le conte seignori. 

Tout escouta l’espie et entendi 
Conment G’ ot son pere guerpi 

Quant il rala en France sans detri 

A Kim’ le fort roy postei. 

Tout maintenant son chemin aqueilli : 


4 


32 E sus lag. desfaee 

LXXXVIIT. 1-3 Cp. 3341-3343 — 1 E Aymeri la nouuele — 2 etc. 
ÆE Challemaine — 5 E iert — 9-8 Cp. 3346-3347 — 10 Cp. 3350 — 
11-15 Cp. 3352-3356 — 18 E aj. après ce vers lusqua Paris touz 
les freres siui (Cp. 3357) Bien vit coment li rois les recueilli 
(Cp. 3359) 


24 DE LXXXVII 19 — XCIV 16 


Mah’ jure, en qui se fie si, 

20 Qu'il le dira aïnz un mois acompli 
Roy Esplendoine l'amiraut de Luti, 
A Desramé qui la vile perdi. 


LXXXIX 


Li Sarrazin, qui Diex envoit grant mal, 
Cerchié ot France et a mont et a val, 
Et par lui orent François paine et traval. 
Vint a Nerbonne droit a un ajornal, 

5 Et fu dedens .viii. jors tout a estal 
Pour esgarder leur estre conmunal; 
Puis s’en parti, plus n’i fist arrestal. 
Tant a erré a pié et a cheval, 
A Cordes vint, la fort cité royal. 

10 Ileuc trouva la fille l'amiral, [e] 
Fame au soudant, un traïtre mortal. 
Ji. filz avoit, tuit furent desleal. 


XC 


Rois Esplendoines et ses freres Forrez, 
Et Ampheliz avoit non li aisnez, 
Touz .iii. estoient en un vergier entrez. 
Cornuafas leur dit : « Seigneur, oëz 

5 Bonnes nouveles, s'entendre les volez. 
En France fui environ et en lez 


19-20 Cp. 3363-3364 — 19 E Mahomet — 21 E Esplendome 
LXXXIX. 1-2 Cp. 3366-3367 — 3 E Quar — 4-6 Cp. 3370-3372 
— 5 E ostal — 7-9 Cp. 3381-3383 — 9 Æ Qua — 10 Cp. 3386 — 
11 E traiteur — 12 E Trois; E ierent Cp. 3388 
XC. 1-4 Cp. 3390-3394 — 1 E Esplendomes — 2 Æ Anpheis 


10 


15 


— v. 3363-3509 25 


Et a Nerbonne, que vous pardue avez. 
Or est ainssi : tout gaaignier poëz. 
Car Ay’ y est seuls demorez ; 

De ses enfans est o lui li maisnez ; 

Li autre sont en estrange regnez. 

Se par vous n’est et croire me volez, 
Tout le païs ains un an raverez 

Que vos ancestres pardi par foletez. » 


XCIV 


Quant l’amiraut celle nouvele entent, 
Cornuafas apele hautement: 

« Amis, biau frere », fait il, «a moi entent! 
Fus tu en France? Nel me celer noïent! » 
« Oil, biau sire ! sachiés certainement : 

A pentecouste i fu je vraiement. 

Cort i tint K!’; mout y avoit de gent, 

Car tout i furent cil de son tenement; 

Et mout i tindrent entr'eus grant parlement, 
Et ore doivent estre prochainement 

Droit a Orliens, qui sus Loire s’estent. 
Contre lui yert Aymeri le vaillant. 

Cis a .iïi. fils, qui tant ont hardement 

Que il ne doutent conte ne amirant. 

Par .iit. en fait tout son governement ; 
Tant les chierist et aime durement. 


6 Cp. 3395 — 7 E a mq.—8 E tout auoir repouez — 13 E Touz 
le p. dedenz un an raurez 

XCI-XCIII mg. dans D E — XCIV. 1 Cp. 3494 — 3 E dist — 
4 E Ne men mentir noïent — 5-6 Cp. 3499-3500 — 6 E uoir s. — 
7 etc. E Chall — 10 E oren — 11 Cp. 3504 — 13-14 Cp. 3508- 
3509 — 13 E .vii. — 14 E prince 


26 DE XCV I1—C 32 


XCV 


Quant l’amirant la nouvelle entendi, 
Cornuafas le conte d’Ay’, 

Tretout le sanc li mua et fremi. 

A vois s’escrie, que paiens l'ont oÿ : 

5 « À vous me claim, paiens et Arrabi, 
De ce vieillart, qui mon pere 6t murdri. 
Amis messages, par amor je te pri: 
Quels citez est Nerbonne ? Car me di! » 
« Par ma foy, sire, ains si forte ne vi. 

10 Cis qui la tient a mout le cuer hardi. 
Contre Tiebaut l’autr’ier se combati 
Devant Nerbonne ou maïint paien occit. 
Dedens sa nef Desramé s’en foui : 

Tout par G’ i furent desconfi 

15 .C..m. Turc armé et fervesti. 

Et nepourquant ne faites l’esbahi ; 
Mais mandé soient et parent et ami, 
Qu'il viegnent tuit de leur amez garni! 
Qui n’i venra, tenez le a anemi! » 


C 


Quant l’amirant ot le paien parler, 
Tantost a fet ses corlieus apeler. | [d] 
« Alez », dist il, « sans plus a demorer! 


XCV.2EC.lia dit— 3-6 Cp. 3517-3520 — 6 E 6t mg. —8 
Car] E Ce Cp. 3523 — 9 E onc— 10 E a le cuer moult — 12 E 
ot m. p. ocis— 16 E nonp. — 18 E armes — 19 E a mg. 

XCVI-XCIX mg. dans D E 

C. 1-2 Cp. 3606-3607 — 3-4 Cp. 3609-3610 — 3 4 E de 


— V. 3517-3669 27 


Tous mes paien me faitez assembler ! 
5 Car aler voeil Nerbonne conquester. » 
Et cil s’en tornent, qui n’osent arrester:; 
De toutes pars font paiens aüner. 
Tuit sont venu et par terre et par mer. 
Par desous Meques font leur ost asembler : 

10 Tant y a gent c’om ne les peut nombrer. 
Puis s’apareillent tout maintenant d’esrer, 
Leur harnois font et chargier et trousser. 
La oïssiés les oliflans sonner ! 

Maint Sarrazin i oïst on usler. 

15 Maint roy y ot que ne vous sai nonmer. 
S’i furent ceuls, ne le vous quier celer, 
Qui s’en foïrent por lor vies sauver, 
Quant Aymeri fist le siege lever 
Devant Nerbonne ou il ot maint Escler. 

20 D'Egipte i fu Malprions et Guimer 
Et Bausfumez, qui mout fist a douter, 

Et Derramez, ou il n’ot qu’airer 
Por ce sa perte ne pooit recouvrer, 
Mais roy Tiebaut l’en sot bel conforter. 

25 Dedenz leur barges s’en alerent entrer, 
Boutent de rive, si s'enpaignent en mer. 
Li vis deables les a fait si errer 
Que .xv. liues leur fait la mer passer. 

A Terrasconne sont alé arriver, 

30 Et puis s’en von sus leur chevax monter. 
Tout le païs conmencent a gaster, 
Crestiëns prennent et font enchaener, 


5-6 Cp. 3614-3615 — 8-9 Cp. 3624-3625 — 10 E ot g. com nes 
peust Cp. 3630 — 11-13 Cp. 3632-3634 — 14 Cp. 3636 — 15 
vous sai] E sai pas Cp.3639— 16 Cp. 3642 — 17-18 Cp. 3644-3645 
— 20 Cp. 3647 —21 E Bapfumez Cp. 3641 — 22 Cp. 3640— 25-28 
Cp. 3655-3657 — 28 E Quen .xv. iours leur fist — 29 Cp. 3660 
— 30-33 Cp. 3667-3670 — 30 E si v. — 31 E ce 


28 DE C 33-37 — 3670-5 


Par devant eus les font batre et mener. 
Ce fu en may que vous m'oëz conter, 

35 (C’om doit la feste saint Jehan celebrer, 
Que Sarrazins, qui Diex puist mal donner, 
Vont par la terre por tout prendre et rober. 


33 E batant les f. m. — 34-37 Cp. 3672-3675 — 34 vous] E 
ci— 37 Après ce vers Da la rubrique Coment l'amirauls de 
Babiloine asiega Nerbone et Desramez et Tieb’ [miniature]. 





II 


PASSAGE REMANIÉ DANS DE 


CORRESPONDANT AUX VERS 5602-8063 


10 


15 


APPENDICE Il 


PASSAGE REMANIÉ DANS DE 


CORRESPONDANT AUX VERS 5602-8063 


CLXX 


Dist le paien : « Par Mah’ que j'ai chier, [96 a] 
Puis qu’ainssi est que vous doi convoier, 

Tout maintenant vous di sans delaier : 

Cil doi si sont de la gent l’avressier ; 

De douce France viennent pour espiier 

Por tout savoir et por tout encerchier ; 

Ce c’ont trové vont arriere noncier. » 

Guibers l’entent, n’ot en lui qu’aïrier, 

« Diex », dist il, « pere, garde nous d’encombrier ! » 
Lors trait l’espee sans plus del delaier. 

Danebrun tint son bordon de pommier ; 

Ja en eüst feru le bon guerrier, 

Mais Guibelin s’est avancé premier. 

Un cop li gete du branc forbi d’acier, | [b] 
Que le bourdon a fait par mi trenchier, 

Si que la noise fist Romans esveillier. 

« Guibert, » dist il, « que veus tu ce paumier ? 

Le honmes Dieu ne doiz pas laidengier ! » 

« Non fas je, sire; mais, par saint Desiier, 


CLXX. 3 E orres sanz mencongier Æ aj. Conment il est ne le 
uous veull noier — 5-6 Cp. 5607-5608 — 9-24 Cp. 5609-5624 — 
9 Æ gardez — 10 E trest; Æ de latargier — 11 E baston — 16 
E Cele noise a KR. fete. — 17 Æ que uoulez. E aj. Cest nest 
pas bien se Diex me puist aidier — 18 E Les; E ne deuez |. — 19 
mais] Æ quar 


32 


20 


25 


10 


15 


DE CLXX 20 — CLXXI b 


Ce sont espies et glouton losengier ; 
En cest païs vindrent por espiier. 
Car les pendons ici en cest vergier! » 
Et dist Romans : « Non ferons, oncle chier! 
En douce France les remenrons arrier. » 
Et dist Guibert : « Bien fait a otroier. 
Or les en menons donques! » 


CLXXI 


Tout ensellé furent li auferrant 

Ou li doi conte monterent maintenant. 
Les .ii. espies vont après chevauchant, 
Et mout en furent couroucié et dolant; 
Mais ce ne vaut la montance d’un gant. 
Car mal gre eus sont arriere tournant. 
Romans leur va tout adès enquerant 

De leur nouveles et d'Espaigne la grant 
Comment le font Sarrazins et Perssant. 
Tant vont mençonges et paroles contant 
Que on leur dist que a Paris la grant 
Estoit li rois et sa gent sejornant. 

Tant vont li conte et arriere et avant 
Qu’a Orliens furent une nuit herbergant. 
Au secont jor sont a Paris venant; 

Icele nuit s’alerent ostelant 

Chiés un bourjois aaisié et manant, 
Qui les herberge tretot a leur talent, 


20 glouton] Æ cuuert — 24-25 mg. dans E — 25-26 Cp. 5626- 


5627 


CLXXI. 1-3 Cp. 5628-5630 1 E ierent — 3 E cheminant — 4 E 
Mes — 5 E (Mais mg.) Ce ne leur v. — 10 E et uerite — 11 E 
Que len leur (dist mg.) qua Paris seiournant — 12 Æ de ce 
furent ioiant — 13 Æ leur uoiage esploitant — 17 aaisié] ÆE riches 
hons 


=— y. b620-5630 33 


Et des espies leur a en couvenant 
20 Que ne seront de son ostel partant 
Jusques a tant que c’iert par lor commant 
Et qu’a K[' le riche roy puissant 
Avront dit leur message. 


CLXXI a 


KT li rois fu levez par matin; 

Puis s’en entra en son palais marbrin; 
O lui avoit maint conte palazin. 

A tant e vous Romans et Guibelin, 

5 Devant le roy sont ambedoi enclin. 
De par le conte Ay’ au cuer fin 
L’ont salué ambedui li meschin : 
Puis li ont dit conment li Sarrazin 
Le ront assis et Turc et Beduin; 

10 Les Cretiens font traire male fin, 
Tous li païs est tournez a declin, 

N'i a remés buef, vache ne roncin; 
Ne hons ne fame n’i passe le chemin 
Qui em porte la vie. 


CLXXI b 


« Drois empereres », dist Guibers li petis, 

« Pour l’amor Dieu qui en la croiz fu mis 

Vous requier, sire, Ay’ li floris, 

Que li aidiés contre les Arrabis. [c] 


22 E Challon 
CLXXI a. 1 etc. E Challes — 9 D assis assis — 10 E As — 13 
ni] Æ qui 
CLXXI 6. 2 E le roy de paradis (sur un passage gratté) 
Tome II , 3 


34 DE CLXXI d 5— CLXxv 34 


5 Dedens Nerbone l'ont si forment aquis 
Qu'issir n’en puet nus hom tant soit hardis, 
Tantost ne soit des paiens assaillis. » 

Dist l’emperere : « Volentiers, biaus amis. 
Ne l'en faudrai, tant com je serai vis. » 

10 Car en couvent l’ot au conte de pris, 

Quant li donna Nerbonne et le païs. 
Lors vint avant G’ au fier vis, 
Hernaut le rous, Bernart li posteiïs; 

La fu Guibers et Romans conjois. 

15 Cil leur conterent des paiens maleïs 
Comment par eus yert li païs honnis 
Et des espies quel chemin orent pris. 
Lors leur demande G li marchis 

__ Qu'il en ont fait et quel part les ont mis. 

20 « Ja les verrois, » dist Romans li gentis; 

« Qu'il sont en ceste vile. » 


CLXXV 


Quant ont parlé au roy li messagier 
Et a G’ le nobile guerrier 
Et a tous ceus ques voillent aresnier, 
Et entre tant fait Romans avancier 
5 Et les espies venir sans delaier. 
« Drois empereres, » dist G’ le fier, 
« Ce sont ici li pelerin paumier 
Qui vous donnastes l’autre jor a mengier 
Et vous disoient qu'il erent penancier. » 


5 E sont — 6 E seultis — 7 E de — 8 E auis — 9 com] E que — 
10 E loy — 11 donna] on a ajouté dans D un i après coup, E donnai 
— 12 E dant Guill’ — 18 etc. E Guill’ 

CLXXII-CLXXIV mq. dans D E. 

CLXXV. 1 Cp. 5739 — 4 E fist — 6-18 Cp. 5742-5754 


10 


15 


20 


25 


30 


5739-5761 35 


Et dist Guibert : « Non sont, par saint Richier! 
Ains sont espies de la gent l’avressier. 
Cis les a fait l’amiraut envoier 

Pour vo couvine veoir et encerchier. 

A l’amiraut s’en aloient arrier, 

Quant les feismes arriere repairier. » 

Le roy l’entent, pris s’i a eslescier. 
Chascun a fait monter sus un destrier 

Et toute jour delez lui chevauchier. 

KY Li rois les prent a aresnier, 

Et cil li content tantost sans detriër 

Tout le couvine de la gent l’avressier 

Et conment vindrent por le païs cerchier, 
Quant l’amirant les i fist envoier. 

Ce dist li rois : « Or vous vorrai proier 
Que creïssiés en Dieu le driturier. 

Riche serois et d’argent et d’or mier, 

En ceste terre vous ferai herbergier, 

Se vous faciés lever et bautizier. » 

Dist Danebrun : « Ce ne vaut un denier ; 
Ains me lairaie la teste roongnier 

Que je guerpisse Mahom que tant ai chier. 
Icis nous donne le boire et le mengier, 

I] fait le chaut et le temps refroiïdier. » 

« Vous i mentez », dist Guibert, « pautonnier. 


12 E Ci; etc. E lamirant — 15 Æ auoec nous r. — 16 E les uoit 
prist sen — 17-18 sont remplacés dans E par les sept vers sui- 
vants : 


Diex dist il pere qui tout puez iusticier 

Toi graci ge de fin cuer et dentier 

De ce que tant sire nous veulz prisier 

Que tu nous donnes grace de nous guetier 
De gent paienne. qui nous ueult engingnier 
Les .ii. espies fet de lui aprouchier 

Quar la besoigne veut par euls acointier 


— 20 D contentent; E ne loserent lessier — 24 E Lors — 25 E Que 
uous creez — 28 E Se uous uous fetes — 52 E Celui Cp, 5760 — 
33 Il) E Et — 34-43 Cp. 5761-5770 


36 DE CLXXV 35 — CLXXVII 2 


35 De Mah’ ne doit nus hom plaidier. 
Verités fu nostre sires l’ot chier, [d] 
O les potes l’envoia preeschier, 

Et par lui dut nostre lois essaucier; 
Mais il but bien de bon vin un setier, 

40 Puis se coucha dormir en un fumier, 
Tant que pourcel s’i alerent fichier. » 
Danebrus l’ot, le sens cuide changier, 

De sa gaÿne trait un coutel d'acier ; 
Ens u costé le volt Guibert fichier, 

45 Dessus la hanche li fait le drap trenchier ; 
Mais ens la char ne la pot atouchier. 

Voit le G, n’i ot que couroucier. 
Il trait l’espee dont li pons fu d’or mier ; 
Ja en eüst ocis le losengier, 

50 Quant Guibert dist : « Frere, ne le touchier ! 

Encor, espoir, nous avera mestier. » 

Li empereres ne se volt atargier, 

Il a par tout ses briés fait envaier : 

Aus barons mande l’emperere au vis fier 

55 Qu'il n’i remaigne serjant ne chevalier 
Qu'a lui ne viegnent tantost sans delaier 

Pour secourre Nerbonne. 


35 nus homs] Æ on ia — 36 fu] E est — 37 E prophetes — 
39 bon] E fort — 40 E aj. La li couuint le gourpill escorchier 
— 41 E li a. mengier Æ aj. Tout le uisage a celer nel te quier 
— 42 E Danebrun lot de duel c. esragier — 44-57 Cp. 5772- 
5785 — 45 E fist — 46 E en; E ne le pot cmpirier — 51 E aura 
bien Æ aj. 3 vers : 

Dont mist Guill’ sespee el fuerre arrier 


Et conmenca le Turc a rouillier 
Les denz estraint le chief prist a hochier 


52 E Et lemperiere — 55 E ner. 


— V. 5762-5813 37 


CLXXVI 


Tant ont li mes chevauchié et erré 
Que mout grant gent ont ensemble ajosté. 
A Paris sont venuz et assemblé, 
.Ir. bonnes liues ont le païs peuplé. 

5 Chascun baron a le roy mercié. 
« Seigneur, » fait il, « servi m'avez a gre; 
Or vous dirai pour quoi estes mandé. 
Quens Aymeri m’a secors demandé; 
Car en Nerbone l'ont paien enserré; 

10 Guibers m'en a le message aporté. 
Et de Coulongne, n’a pas .iii. jors passé, 
Me sont venu aussi brief seelé, 
Que encontre euls sont Sesne revelé; 
Car Guideclins, qui mout a de fierté, 

15 Veut assegier Coulongne la cité. » 
Quant li baron ont le roy escouté 
Et il oïrent d'Aymeri le membré 
Qui tant avoit vasselage et bonté, 
A une voiz se sont tuit escrié: 

20 « Drois empereres, por Dieu de maïiesté, 
Alons i tost, plus n’i ait demoré, 

Si secourons le conte! » 


CLXXVII 


Quant l’empereres a sa gent entendue, 
Que tuit li loënt qu’Ay’ face ayue, 


CLXX VI. 1-4 Cp. 5786-5789 — 2 se trouve après le v. 3 dans E 
2 E (Que mg.) Mout de gr. g. denuiron le regne — 3 E Qua — 
6E dist — 8-15 Cp. 5795-5802 — 11 E .virr. — 16-20 Cp. 5804- 
5808 — 21-22 Cp. 5810-5811 — 21 E ni ait pl. 

CLXXVII 1-4 Cp: 5812-5815 == 1 E Q. Challemaina 


38 DE CLXXVII 3 — CLXXIX 7 


Adont coumande que l'ost soit esmeüe, 
Et vers Sasoigne iert sa voie tenue ; 
5 A l’encontre iert de la gent mescreüe, 
Menra o soi de sa gent plus cremue, 
Et a Nerbonne ira sans arrestue 
Li bers G’ qui proësce salue, 
Bernart l’aisnez, qui ot chiere membrue, 
10 Hernaus li rous, qui les autres argue. [e] 
Cil conduiront et grant gent et menue. 
Gyfrois d’Anjo a sa gent esmeüe. 
De Florinvile y estoit li quens Hue, 
Et Salemons qui la teste ot chenue 
15 Les Bretons guie, une gent mout testue. 
Pour Aymeri chascun d’eulz s’esvertue. 
Li rois s’en part, n’i a fait atendue, 
Et cil s’en vont a qui Diex face aiue 
Pour secorre le conte. 


CLXXVIII 


K/’ li rois ne s’i arresta mie, 
O lui en vait de sa gent grant partie. 
Richars i fu li dus de Normendie, 
Et de Hurupe la riche baronnie. 

5 Au departir chascun bonement prie 
Que, s’il avient que mestier aït d’aïe, 
Qu'il le sequeurent contre la gent haÿe. 


3 E aj. si sen iront o la gent esleue — 4 E Sassoigne riert — 
6 E O lui menrra — 8 E que — 9 D Bnars; qui ot] E a la — 
10 E quiuolentez a. — 11 Æ la gent grant et menue; D meue 
— 13 E Flo aiment — 16 Cp. 5819 — 17-18 mg. dans E — 19 E 
Quar mout rainuille le conte Cp. 5823 

CLXXVIII. 1-2 Cp. 5824-5825 — 1 E nessasseura mie — 2 E 
maine — 3 Cp. 5831 — 4 Cp. 5833 — 5 E Challes chescun mout 
prie — 6 E quil ait mestier 


10 


15 


20 


25 


— V. 5814-5848 39 


Chascun baron bonnement li otrie. 

A tant en vait, s’a sa voie aqueillie ; 
Loÿs ses filz fu en sa compaignie. 

Tant ont erré qu’a un soir ains complie 
Tout droit a Ais ont pris herbergerie. 
De ceulz lairai dusqu’a une autre fie, 
Car de G’ est drois que je vous die 

Et des barons qu’il avec soi en guie. 
Tant chevauchierent l’ambleüre serie 
Et main et soir por le chaut ques aigrie 
Que sus le Rosne en une praierie 


‘Sont herbejé sus l’erbe qui verdie. 


La ot maint tref, mainte tente drecie. 

Or sache bien l’amiraus de Perssie, 

Et Desramez, T” d’'Esclavonnie 

Êt tout li roi qui sont en leur aïe, 

S’il les ataignent, mout iert corte leur vie ; 
N'’en iront sans bataille. 


CLXXIX 


Dessus le Rosne fu li os herbergiez, 
Hues li quens, Salemons li prisiez. 

A leur tref s'est G? adreciez, 

Gyfrois d’Anjoi et Bernars l’envoisiés, 
Hernaus li rous qui mout fu resoigniés. 
Li consaus fu entr’eus enconmenciez. 
Dist Salemon : « Biax seigneur, or oëz ! 


9 E À tant departent — 10 ÆE Son filz Loys — 11-12 E mg. — 
13 Æ Mes deuls 1. a tant a ceste fie — 16 Cp. 5835 — 18 Cp. 5836 
— 21 Cp. 5837 — 22 E Roy Desrame Tiebaut — 23 ÆE de leur 
grant ost banie — 24-25 Cp. 5839-5840 — 24 E Sil les atendent 
courte sera 1. v. 

| CLXXIX. 1 E Droit sus le R. sest Cp. 58413 E tres —6E 
entre ceuls conmencicz — 7 E oyez Cp. 5848 


40 


15 


20 


IO 


DE CLXXIX 8 — CLXXXI 3 


Je loéroie se croire me voliez 

Que au matin que jours iert esclairiez 

Soit bien chascuns armez et haubergiez, 

Si com pour lui desfendre apareilliez, 

Dusqu’a Nerb’ ne soit nus detriëz, 

Tant que trovons les paiens renoiez 

Qui en Nerb’ ont les nos assegiés. 

.X. ml. ou plus avant en envoiez, 

Par quoi leur os soit: si bien espiiez 

Que li assaut soit demain conmenciez. » 

Et dist G’ : « Onques ne fui plus liez. 

Nous irons dont, que plus n’iert çespitiez, Cf] 
Veoir lost sarrazine. » 


CLXXX 


Or ont li frere bien leur chose arreee, 
Et G’ a sa bataille aprestee, 

.Xx. mile furent de bonne gent armee. 
Chevauchié ont toute la matinee, 

Pas avant autre ont l'angarde montee. 
Aymeri fu en sa grant tor quarree 

Et Ermengart la contesse honoree. 

A la fenestre fu la dame senee ; 

Elle regarde contre val la valee, 

Si a veü mainte ensaigne levee, 

Ynde et vermeille, de soie couloree. 

« Ahi! » dist elle, « sainte vierge loëe, 


9 Æ Que le m. quant — 12-14 Cp. 5850-5852 — 13 E truissons 
— 14 E nos genz — 15 E deuant — 16-20 Cp. 5854-5858 — 18 
E sil. — 19 E ia niert pl. 

CLXXX. 1 Cp. 5859— 3 E .x. Cp. 5860 — 5-11 Cp. 5861-5867 
— 8 E fu lez lui acoutee— 12 E honnouree E aj. Quiex genz 


sont ce qui langarde ont rampee Aymeri sire franc quens de 
renonmee 


— v. 5850-5894 41 


Or cuit je bien que ci n’avrons duree. 
Ay’ sire, frans quans, chiere membree, 
15 Quel gent ont ore cele engarde encombré ? 
Biax Diex, se c’est de la gent desfaee, 
Touz serons mors, n’i avra recouvree. » 
Aymeris a l'ensaigne regardee; 
Bien la conut quant il l’ot avisee. 
20 « Dame, » dist il, « ne soiés effraee! 
Car c'est G’ a la brace quarree, 
Bernars nos filz, de qui feïs portee, 
S'i est Hernaus, qui maine grant ponee. 
Et Guibelins qui ait longue duree. 
25 Nostre enfant sont, dont fustes adolee 
Quant s’en alerent en France la loëe. » 
« Dieus, » dist la dame, « com sui bone eüree! 
« Sainte Marie, com m'avez confortee ! 
Cil destruiront la pute gent desvee, 
30 Qui ont ainssi gasté ceste contree 
Et la vitaille nous ont tant desveee; 
Ceste citez en est toute afamee. 
Dieus nous en doint venjance ! » 


CLXXXI 


La dame garde contre val le larris, 
.S’1 a veü .x. mile fervestis. 
Pres de l’angarde, delez le plasceïs, 


13 ÆE qua ceus — 14-19 Cp. 5869-5874 — 14-15 E mg. — 
— 16 E Douz — 17 E aj. Aymeri lot sa la chiere leuee — 18-E 
Si a lenseigne de deuant esg. — 20 E soiez asseuree Cp. 5876 — 
21 Cp. 5878 — 22-33 .Cp 5880-5891 — 22 E uo f. dont feistes p. 
« 25 E Ce sont nos filz — 26 E alerent — 31 E mg. — 32 E vile 
CLXXXI. 1-10 Cp: 5892-5901 — 1 EÆ dautre part le 1. 


42 DE CLXXXI 4 — CLXXXILI 20 


Voit tant’ enseigne de vert poile et de bis 
5 Et de vermeil, de blanc com for de lis. 
« Esgardez, sire, » dist la dame gentis. 
« Vez la grant gent. Par foi le vous plevis, 
Ne sai s’il sont de la gent l’Ampatris, 
Qui vient aidier l’amiraut des Persis. 
10 Se ce sont il, tout sonmes mort et pris. » 
« Nenil voir, dame, » dist li quens Aymeris, 
« De Bretaigne est Salemon li hardis. » 
Quant l’ot la dame, si en a fet un ris. 
« He! Diex, » dist elle, « vrais roy de paradis! 
15 Cil destruiront les paiens maleïs. 
Mar vindrent a Nerbonne ! » 


CLXXXI a 


, 


Dame Ermengart fu haut en un planchier, 

Vit tante ensaigne contre vent baloier. 

Elle en apelle Aymeri le guerrier. [99 a] 

« Sire, » dist elle, « por Dieu vous voeil proier, 
5 Qui sont cil autre que la voi aprochier? » 

« Dame, » dist il, « ja celer ne la quier : 

C'est li quens Hue, qui a a justicier 

Trente mil honmes, se il en a mestier ; 

Ici nous vient contre paiens aïdier. 
10 Et par dela d’encoste cel rochier 

Voi assembler maint vaillant chevalier; 

.X. mile sont, ce croi, au mien cuidier. 


- 


4 E mainte — 7 E par le cors saint Denis — 10 E mg. — 13-15 
Cp. 5909-5911 — 14 E dous r. de p. E aj. À toi rent ge .ve. mile 
mercis — 16 Cp. 5913 

CLXXXI a. 1 en] E mg. — 2 E mainte — 4 E p. D. le droitu- 
rier — 5 E aj. Touz iours ai doute de la gent lauressier — 6 E nel 
nous q.— 8 E aj. De Florainuile qui mout fet a proisier — 10 Æ 
ce — 11 E noble c. — 12 ce cr.] E par Dieu 


— v. 5895-5932 43 


Jofroy d’Anjo voi ens u chief premier, 
Bien le conois as armes de quartier. » 
15 « Diex, » dist la dame, « bien te doi graciër 
Quant tel secors nous as fait avancier 
Pour nous sauver les vies. » 


CLXXXII 


Dame Ermeng’ se prist a regarder. 
Devers Espaigne lez la coste de mer 
Vit mout grant gent venir et cheminer 
Et tant’ ensaigne desploier et mostrer. 
5 « Sire, » dist elle, « or cuit bien sans fausser 
Que ce sont la Sarrazin et Escler. » 
Quens Ay’ les prist a aviser, 
Vit en leur armes les crois estinceler 
Et tante enseigne contre vent venteler. 
10 Dame Ermeng’ en prist a apeler : 
« Dame, » dist il, « ne vous couvient douter: 
Or voi venir le gentill bacheler 
Que on apelle le chetif Aÿmer. 
Ains ne daigna dedens vile osteler ; 
15 Tous jors se paine de Sarrazins grever. » 
« Dieus, » dist la dame, « celui voeilez sauver 
Qui li ala nostre meschief conter! 
Car il vient ci por paiens craventer; 
Tant comme il vive n’en voudra vous amer, 
20 Car trop les het sans doute. » 


16 E aj. Et de uenir ici si auancier 

CLXXXIL. 1-4 Cp. 5914-5917 — 3 E Voit — 4 E mainte — 5-6 
Cp. 5919-5920 — 5 E or croi — 7-8 Cp. 5922-5923 — 9 E mainte 
e. de pourpre v. — 10 Æ aj. Gentil contesse ioie deuez méner 
— 11-16 Cp. 5925-5930 — 11 E Quar ie nous di de ce nestuet 
douter — 12 Æ Que ge uoi la — 14 E Onc — 17 E Qui les nouueles 
len ala raconter — 19 E mg. — 20 E Touz i mourront a honte 
Cp. 5932 


44 


10 


15 


20 


25 


DE CLXXXIII 1 — CLXXXIV 14 


CLXXXIIT 


En tant qu’il ont leur raison devisee, 
Li quens G a l’angarde montee 

À .xx. mil honmes de bone gent armee. 
Devant eus gardent el fons d’une valee, 
Voient paiens dont la terre est peuplee : 
De feurre viennent la pute gent desvee, 
De toutes bestes ont la terre robee, 
D’ommes, de fames 1 fu grant la criée ; 
Forment les batent cele gent desfaee. 

Li quens G’ a la noise escoutee; 

Dist a Bernart : « Veez quel destinee 
Que Damedieu nous a ci amenee! 

Or i parra qui ferra de l’espee! 

Hui verrons ceulz a cui proësce agree! 
Qui bien ferra, s’onnor sera doublee, 
Et qui mourra, s'ame sera sauvee 

Et devant Dieu en gloire couronnee. » 
« Voir, » dist Hernaus, « ci a raison membree. [b] 
Mout desiroie a veoir tel jornee. » 

A yce mot a s’enseigne escriée. 

Vers les paiens poingnent de randonnee ; 
N’i ot parole dite ne devisee; 

A l’assembler fu mout grant la huée. 

La veïssiez tante targe roée, 

Tante hante fraite, tante broigne fasee, 
Tant pié, tant poing, tante teste copee, 
L'un mort sus l’autre gesir geule beee. 
Des la matin dusqu'’a nonne sonnee 


CLXXXIITL. 1-6 Cp. 5933-5938 — 1 E En tel q. o.la —6 E De 
fourrer — 7 E De bues de uaches Cp. 5939-5940 — 8-33 Cp. 
5941-5966 — 13 E qui bien f. despee — 19 E ueoir — 20 E Apres 
ce mot — 21 E poignant — 24-26 etc: E mainte — 28 E Tres le 


_ Fu la bataille mout fort et aduree. 


30 Tant i feri nostre gent honnoree 


35 


10 


Que cele gent fu si desbaretee 
Que mort gisoient a mons par mi la pree, 
Et grant partie en est fuiant tornee. 
Li chevalier, qui tant l’ont achatee, 
Leur ont la proie rescousse et conquestee. 
La gent desliënt qui fu emprisonnee. 
Aus tentes fu la vitaille menee, 
A maint baron fu le jour presentee, 
Qui en firent grant joie. 


CLXXXIV 


Li quens Gr fist forment a prisier. 

Or escoutez qu'il voudra esploitier: 
Il fait armer sans plus a delaier 

.X. mil des leur, qui furent chevalier. 
Des bones armes les fait apareïllier, 


Que il tolirent a la gent l’averssier ; 


Paiens resemblent li nobile guerrier. 

.]1. cens sonmiers fait G? chargier ; 
Vitaille estoit por boire et por mengier ; 
S’en Nerbonne les pooient fichier, 

Nes couvendroit mais en piece esmaïier. 
Les sonmiers font par devant els chaucier, 
Et li .x. mile vont encoste et derrier. 
Delez les tentes roy Corsuble le fier 


31 E Que gent paienne — 33 E sen — 34 E Li franc baron qui 
mout Cp. 5968 — 35 E toute ostee Cp. 5967 — 36 E iert Cp. 
5969 — 38-39 Cp. 5970-5971 — 39 E orent 

CLXXXIV. 1-2 Cp. 5973-5974 — 2 quil] ÆE com — 3-13 Cp. 
5976-5986 — 3 a] E de — 4 E qui tuit sont ch. — 5 E De — 
7 E as armes li g. — 10 E Se en; E lancier — 14 Cp. 5988-5989 


46 DE CLXXXIV 15 — CLXXXVII 20 


15 S'en sont passé sans point de l’atargier. 
Li Sarrazin sont levé du mengier, 
Sus l’erbe vert s’en vont esbanoier ; 
Chascun avoit o soi le branc d'acier. 
Demandé ont : « À qui sont cil sonmier ? » 
20 Et dist Romans : « A celer ne le quier, 
Seigneur, il sont au roy Alphanonier. 
De lui partismes, .xv. jors a des er; 
Puis ne finames d’errer et chevauchier. 
Fait avons villes et chastiax peçoier. » 
25 « Alez, » font il. « Mahom vous puist aidier! » 
Et cil s'en passent outre. 


CLXXXV 


François chevauchent sous les heaumes enclin, 
Si sont armé que fussent Sarrazin. 
Droit par mi l'ost aquillent lor chemin. 
__ S’entrer pooient li conte palazin [c] 
5 Dedens N’b’el grant palais marbrin 
Et la vitaille que portent li roncin, 
Assez avroient et pain et char et vin; 
Dedens .v. mois ne seroient frarin. 
Tant ont erré ensemble le chemin, 
10 Trespassé ont le tref Alipantin. 
A eus demandent paien et Sarrazin : 
« Ceste vitalle ou menrez au serin ? » 
Guibers respont et Romans l’orfelin : 


15 Æ plus — 16-26 Cp. 5990-6000 — 16 E de — 17 E se — 
18 E Et ot chescun — 20 A] ÆE Ia — 21 E Afanonier — 22 
ÆE De lost issimes .ïii. iours a tres yer — 23 ÆE cessames a 
fort de ch. — 25 E cils — 26 E il 

CLXXXV. 1-10 Cp'6001-6010 — 2 E Et; E com—4Elic. de 
franc lin — 8 E Iusqua .v. mois — 11 E Lors demanderent p. et 
Barbarin — 12-14 Cp. 6011-6013 — 12 E menez si matin — 13 E 
lentent E 4j. Lors respondirent par le grant Dieu Iupin 


— v. 5990-6051 47 


« Seigneur, elle est au roy Alifaurin. » 
15 Diëént paien : « Ce soit a bon destin! 
Or vous conduie Margot et Apolin! » 
Et cil sont passé outre. 


CLXXXVII 


François s’en vont et rengié et serré. 
Viennent au tref ou Clargis ont trové. 
I1 leur demande : « Qui sont cil mul trossé 
Et cis avoirs qu’avez ci amené ? » 

5 Ce dist Guibers et Romans le membré : 
« Sire, nous sonmes François par verité, 
Cils qui alerent en France le regné. 
Quant nous issimes o vous de Îa cité, 
Nous fumes tuit par vous a sauveté. 

10 Or avons ci le secors aüné. 
Veoir alons Aymeri le barbé. 
Seur vo fiance sonmes ci arrivé. » 
Ce dist Clargis : « Pour Mahonmet mon De, 
Alez en tost, que n’i ait demoré! 

15 S’estes connut, tout seroiz decopé. » 
Et cil s’en tornent, plus n'i ont arresté. 
Tant ont as Turs covertement parlé, 
Que il ne furent connut ne avisé. 
Adrecié sont tout contre val un pre 

20 Por aler en Nerbonne. 


14 Æ Alinfaryin — 15-17 Cp. 6015-6017 — 16 E mg. — 17 E Et 
cils en uont leur uoie 

CLXXXVI mg. dans DE. 

CLXXXVII. 1-8 Cp. 6033-6040 — 1 E (et mg.) r. et bien s. — 
. 7 E alames — 9 Cp. 6042 — io-11 Cp. 6044-6045 — 10 E amene 

— 12 Æ En — 13-16 Cp. 6048-6051 — 13 etc. E Mahomet. E aj. 
Il mest a uis bien auez oïisele Quant en tel point uous estes 
desguise — 14 Æ ni ait plus ni ait d. — 18 E Conques ni furent 
de paien encombre — 19 D .i., E le 


48 


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15 


20 


25 


DE CLXXXVIII 1 — CLXXXVII 4 12 


CLXXXVIIT 


Tant ont erré li chevalier vallant 

Et tant parlé a la gent mescreant 

Que de Nerbonne virent la porte grant. 
Mais Sarrazins erent moult pres logent. 
Plus de .m. tres veïssiés par devant: 
L’aumaçour sont et au roy Aquilant; 

De Babiloine y estoit l’amirant, 

Et d'autre part roy Tiebaut l’Ausfriquant. 


_Cis tint Orenge maiïnt jor en son commant 


Et dame Orable au gent cors avenant, 

Mais par G’ furent puis desevrant, 

Si com orrois, s’il est qui die avant. 

Quant Guibers voit tant tref et tant brehant 
Et voit Nerbone que il vont aprochant, 

Aus chevaliers a dit haut en oiant : 

« Nous ne porrons passer par ci devant, 

Que Sarrazins ne soient percevant. 

S’il nous assaillent, si soions desfendant. 

Par autre tour ne serons eschapant. » [d] 
Et dist Romans : « Bien m’i vois assentant. » 
Si com entr’eus aloient devisant, 

Leur sont venu Sarrazin et Persant, 

Et sont .v. mil ou plus mien esciant. 

A no gent vont maintenant demandant : 

« Qui est l'avoir que vous alez menant ? » 
Respont Guibers : « Aymeri le sachant; 

Cil en sera servis ains l’anuitant. » 


CLXXXVIIL. 1-3 Cp. 6055-6057 — 2 E Et si p. — 6 Cp. 6060 
— 9 E tient — 12 E qui lise — 14 queil] Æ quauques — 16 Cp. 
6064 — 23 E .v°. ou plus parle m. e. — 24 E À nos genz uont 
tout tantost d. — 25 Æ nel nous alez celant — 26-27 Cp. 6069- 
6070 — 26 E G. r. A. le uaillant 


30 


35 


40 


10 


— v. 6055-6070 49 


Paiens l’entendent : « As armes! » vont criant; 

Et Romans a trait l’espee trenchant, 

Fiert le premier qu’il va aconsiuant, 

Mort le trebuche sus l’erbe verdoiant. 

Guibert un autre fait a terre gisant. 

Tant vont entr’eus li chevalier chaplant, 

Plus de .iii. m. sont u champ demorant, 

Qui puis ne virent ne fame ne enfant. 

Et li sonmier vont adès cheminant, 

Tant qu'a la porte en sont venu errant. 

Dedens entrerent, puis furent a garant. 

Et Sarrazins se vont haut escriant : 

« Or tost as armes, por le cors Tervagant ! 

S'il nous eschapent, mal nous ert covenent, 
Car il sont de Nerbonne ! » 


CLXXXVIII a 


Aus paveillons sont paiens esmeü. 

Dist l’un a l’autre : « Mal nous est avenu, 
Quant par mi nous ont leur chemin tenu, 
Mené vitaille Aymeri le chanu. 

Or tost as armes! IL seront conseü, 
Ainçois qu’il soient dedens les murs feru. 
Se Mahons donne par la seue vertu 
Aucuns en soit ou pris ou retenu, 
Demain sera par la geule pendu. » 

Dist un paien : « Ce ne vaut un festu; 
Car ja se'sont es lices embatu. » 

Lors veist on par mi le pre herbu 


34 .m.] E cens — 35 E fames — 38 E lors — 41 E est 
CLXXXVIII a. 2 E Lun dist. E aj. Dist lamirant nous sonmes 
deceu — 4 E mener — 6 E aj. .i. paien dist ce ne uaut .i. festu A 
nous armer auons trop atendu Et lamir’ li dist Tais malostru — 
8 E Quaucuns — 10 E Lors dist Malprin trop tart sonmes meu 


Tome II 4 


50 


15 


10 


15 


20 


DE CLXXXVII 4 13 —C 18 


Venir le cors maint paien mescreü; 

A desroy sont a la porte venu. 

Et Aymeri, qui tout ce a veü, 

Il et si honme sont a val descendu; 

De Guibelin a il grant joie eü, 
Aussi a il des autres. 


CLXXXVIII b 


Quens Aymeri fist forment a prisier. 

De la porte ist, il et si chevalier, 

Romans o lui, qui n’ot pas cuer lanier, 

S’i fu Guerin, que il aime et tint chier, 

Et Guibelin et maint autre princier. 

Icil se vont as paiens acointier. 

La veïssiés grant estor et plenier, 

L'un mort sus l’autre versser et trebuchier. 
Et Sarrazins conmencent a lancier, 

A Aymeri ocistrent son destrier, 

Si qu’il le font a terre agenollier, [e] 
Mais il saut sus a guise d’onme fier. 

Qui le veïst ferir et chaploier 

Et vers paiens sa vie chalengier 

Pour un preudonme le peüst tesmoïgnier. 
Romans s’avance, si va le conte aïdier. 

Du branc feroit grans cox sans menacier ; 
Ne fiert paien ne face baaillier. 

Un Sarrazin fait la selle voidier, 

A Aymeri a baïllié le destrier, 


16 E Lui et sa gent — 17 il] E mout 

CLXXX VIII 6. 3 o] E lez — 4 E Guibert; E tient — 5 E 
Son filz Guerin — 6 E Icist — 7-8 Cp. 6101-6104 — 7 E e. 
conmencier — 8 E mg. — 10 E occient — 13 ferir et] E sus 
paiens — 14 E Et enuers euls — 15 E A tres fin preuz — 16 E 
por son ayol aidier — 20 E A son tayon 


25 


10 


15 


— V. 6101-6104 5r 


Et cis monta, qui ne s’en fist proier. 
Ce dist li quens: « Or retornons arrier! 
Li demourers ne nous vaut un denier. 
Je voi venir de la gent l’avresier 
Plus de .c. mile, je croi au mien cuidier. » 
Et dist Guerin : « Bien fait a otroier. 
De faire ce n’avron ja reprochier. » 
A tant s’en vont en la porte fichier 
Pour garantir leur vies. 


CLXXXVIII € 


Quant en la porte se fu mis Aymeris, 
Romans li preus et Guibelin ses fils 

Et aveuc eus mains chevaliers hardis, 

As murs monterent qui sont de marbre bis. 
Voient venir paiens tous aatis, 

Plus de .c. m. as vers heaumes brunis; 
Devant la porte ont tot le champ porpris. 
Dist l’un a l’autre : « De Mahom soit honnis 
Qui ces paiens que ci voi a occis! 

Trop leur avons leur orgiel consentis. » 
Dist Escorfaus : « Mahom nous est faillis, 
Quant ainssi seuffre qu’a eulz soions sougis. 
Yer nous disoit Tiebaut Hi Arrabis 

Que par famine se renderoient pris; 

Mais or me semble son cuidier est failiz, 
Car vitaille ont pour .vi. mois acomplis 

Et grant secours de chevaliers eslis, 

Qui sont de France venu en cest païs. 


21 E Et il y monte ne sen f. pas pr. — 22 E Lors — 23 E (ne 
mg.) nous pourroit damagier — 25 ie croi] E paien — 26 E. 
Ce — 27 E reprouuier —28 E se : 

CLXXXVIII c. 11 E Escorfaut — 16 pour] E a 


52 DE CLXXXVIII C 19 


S'est grant mestier, si com moi est a vis, 
20 Que nous ouvrons des or mais par avis, 
Quant venus est G? le marchis, 
Hernaus li rous, Aÿmers li chaitis, 
Et mout des autres, dont je ne fas devis, 
Dont chascun maine .x. m. fervestis. 
25 Alons aus tres parler a nos aidis, 
Que demain soit chascun amanevis 
Pour soi deffendre contre ses anemis 
Qui sont venu de France. » 


CLXXXVIII d 


A leur tref sont reparié Sarrazin. 
Mout ont entr’eus demené grant hustin. 
Dist l’un a l’autre : « Par no Dieu Apolin, 
Iceste guerre ne prendera mais fin. » 

5 Li amiraus en apele Sorbrin 
Et Esclindoine, Malcran et Salorin [f1 
Et Desramé, Malpriant son cousin. 
« Seigneur, » dist-il, « or oïez mon latin. 
En ce païs nous sont venu voisin 

10 Fel et crueulz et plain de mal engin, 
Et sont .c. mile que viellart que meschin. 
De Mahom soient honni li doi tapin 
Qui se partirent de ci com pelerin 
Pour espiër K/ le fil Pepin 

15 Quant revenu ne sont soir ou matin 

Pour conter cest afaire ! » 


19 E Bien est m. — 21 E Quar — 23 E Et assez dautres — 25 
E Ralons 

CLXXXVIII d. 2 D demen — 3 E mon — 4 E prendra ia —5ÆE 
apela — 6 E Maltran — 8 E entendez — 14 E Challes 


10 


10 


— fr 53 


CLXXXVIII e 


« Sire amiraus, » dist li rois d'Alyon, 
« Les .ii. espies dont faites mencion, 
Je croi qu’il soient mis a destruction, 
Quant on n’en peut oir ne o ne non. 
Laissiés ester! Ce ne vaut un bouton. 
Mais anuit soient guetié li paveillon, 
Et le matin faisons devision 
Conment porron faire deffension 
Vers cele gent, qui ait maleïçon, 
Qui no lingnage ne fist onc se mal non. » 
Dist l’amiraut : « Cel conseil tieng a bon, 
Et c’on le face savoir chascun baron! 
Lors s’armeront et Turc et Esclavon, 

Si com por euls desfendre. » 


CLXXXVIIL f 


Par toute l’ost ont fete grant criée, 
Turc et Parssant, cele gent desfaee. 
Et Aymeris et sa gent honnoree 
Dedens N’b’ ont grant joie menee, 
Pour ce qu’il ont vitaille recovree 
Et por la gent qui la est aünee, 
Qui venus sont de France la loée. 
Romans a toute la verité contee, 
Conment G’ a la chiere membree  : 
Parti du roy, qui ait longue duree, 
Qui droit a Ais a sa voie tornee 


CLXXXVIII e. 3 E sont 
CLXXXVIII f. 1 fete] D Franc’ 


54 DE CLXXXVII f12—h8 


Contre la gent qui s’estoit revelee. 
Des .ii. espies a la vie contee 
Que trové furent a une matinee 

15 A la fontaine ou firent reposee. 

Après ce mot n'i ot fait demoree, 
Amené furent en la sale pavee. 
Dist Aymeris : « Or avrez la sodee: 
Mar y avez espié la contree. » 

20 Dist Danebrus : « Sire, s’il vous agree, 
Nous vous donrons aïins quinzaine passee 
D'or et d’argent une grant charrestee, 
Par si que soit no vie respitee. » 

Dist Aymeri : « Ja ne m'’iert reprovee 

25 Que vous a moi aiez rençon donnee. » 
Isnelement a demandé s’espee, 

A chascun d’eus a une main copee, 
Un oeil crevé, la balevre copee, [100 4] 
Si que du nez leur a fait desevree ; 

30 Hors de la porte sont mis sanz arestee. 

Criant s’en vont conme beste esfree 
Vers la gent sarrazine. 


CLXXXVIII g 


Quant ainsi ot esploitié Ay° 

Et les gloutons ot en tel point laidis, 

Fuiant s'en vont et criant a haus cris. 

Par mi les tentes des païens se sont mis; 
5  Nus ne les voit n’en soit espoëris. 


7 E Quis. v.— 10 E bone d. — 14 Æ orent — 10 E De ce quauez 
— 20 E Danebrun dist Cp. 6111 —22 Cp. 6113 — 25 E Que men 
aiez ia reancon d. — 26 E Apres ce mot — 27 E u. m. a ostee 
— 28-29 Cp. 6119 — 29 E des nez — 31 Æ desuee Cp. 6122. 
CLXXXVIH g. 1-2 Cp. 6125-6—4 E as Cp. 6127—5E ne 


— v. 6111-6127 55 


Viennent au tref l’amiraut des Persis. … 
Quant il les voit, mout en fu esbahis. 
« Dites, » dist il, « qui vous a si honnis ? » 
« Par ma foi, sire, Ay ” li floris, 

1o Et ce nous fist aussi Guib’ ses fils 
Et uns et autres qui puist estre maudis ; 
Car par ces .ii. fumes saisi et pris. 
Il ont de France de tous les plus hardis 
Amenez ci cent mile fervestis, 

15 Si les conduist G le marchis, 
Hernaus li rous, Bueves le posteïs, 
Et si a bien, si com moi est a vis, 
Contes et dus jusques a vint et sis. 
Mes n’i est pas Kim’ au fier vis, 

20 Ainzest a Ais contre ses anemis. 
Prenez conseil, que ne soiez trais ! 
Car vous serez ains .ii. jors asalis 
De cele gent dont vous estes haïs 

Plus que ne sache dire. » 


CLXXXVIIT 


Li amirans le paien escouta; 
Hideus le vit, durement l'en pesa ; 
Ses hons estoit, por ce plus li greva. 
Souvent maudit qui ainssi l’atorna, 

5 Et après jure qu’encor le comparra 
Quens Aymeris, ja tant ne demorra. 
Tout maintenant a sa gent conmanda 
Tout soient prest, quar envaïr voudra 


6 E de Perssis — 7 E uit—8 E I leur demande — 9 E Sire font 

il 12 Æ Auoec Roumans — 14 E Ci 4. #r 17 Eilmesta. — 18 E 

xx. et sis; D chis — 21 E soupris — 24 Æ PI. q. ie ne sai d. 
CLXXXVIII k. 2 E voit —5 E Apres ce iura — 8 E Tost 


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DE CLXXXVII À QO—CXC 24 


Ceuz qui venu nouvelement sont la. 
Par toste l’ost le cri enconmenca. 
Sarrazin s’arment, nus ne s’i delia. 
Rois Esplyndoines pas ne s’i detria, 
Isnelement a l’amiraut s’en va, 

.X. rois paiens avecques lui mena; 
Toute leur gens après eus s’arrota, 

.C. mile sont, ce dit qui les nombra. 
Et d’autre part Tiebaut s’appareilla, 
Et Desramez mout pres de lui ala; 

Ce fu son niés, por ce plus s’i fia. 

Rois Baufumez avec euls s’ajosta. 
Trente mil sont, chascun armez porta. 
Rois Tempestés après s’achimina, 

.V. rois paiens en sa compaignie a 
Dont chascun d’euls .viii. .m. honmes guia. [b] 
Le jour fu bel et le soleil raia. 

Li quens Guiïll” par matin se leva 

Et si troi frere, ou grant hardement a, 
Et Salemon qui les Bretons mena, 

Li quens d’Anjo qui le jor s’i prova. 
Si com por li chascun son cors arma; 
Li ors des armes si grant clarté jeta 
Que le païs tout en estincela. 

Quens Aymeri tretot ce esgarda 

D'une tor haute, ou le ber s'apoia; 
Tout maintenant a sa gent les moustra. 
« Seigneur, » dist il, « bataille averons ja ; 
Car apresté sont de ça et de la. 

Mout sera liez quant bien s’i provera 
Et qui honneur au jor d’ui conquerra. 
Issons la hors, meilleur conseil n’i a. » 


11 E sen — 12 ER. Esplindoines point ne sen d. — 16 E furent; 
E cil ques n. — 19 E Il iert — 22 E Tempestez — 29 le ior] E 
tres bien — 30 li] Æ soi — 35 E ses genz — 36 E la b. auronsia 
— 38 liez quant] E sires qui 


— v. 6149-6162 57 


Dist Guibert : « Sire, qui de ce vous faudra, 
Ja Diex neli aïe!» 


CXC 


Quens Aymeri de la tor descendi 
Et Guibelin et maïint autre autressi. 
Isnelement s’armerent sans detri. 
Hors de la porte quens Aymeri issi, 

5 Et tout si honme sont alé après li, 

Pres de combatre, fier et amanenvi; 
Assemblé sont en mi le pre flori. 
D'autre part viennent li paien aati, 
Turc et Parsant et li Amoravi. 

10 A l’assembler ne furent esbahi. 

Uns roys paien de son renc departi. 
Voit le Guibert, le roit espié brandi, 
Fiert le paien, ne l’a pas meschoisi, 

EI cors li mist le fort espié forbi, 

15 Devant son oncle le viellart l’ampatri 
L'abati mort el pendant d’un larri.. 
Grant deul en font sa gent et si ami. 

« Niés, » dist li oncles, « com j'ai le cuer noirci! 
Se ne vous venge, ne me pris.un espi! » 

20 Droit a Guibert a son cheval guenci, 
Desus l’escu un tel cop le feri 
Toute la boucle l’en perça et fendi, 
Mais du hauberc maille ne derompi. 
Guibers s’embronche, a po qu'il ne chaï; 


42 E Ia de Dieu nait aide 

CLXXXIX mg. dans DE. 

CXC 6 E uolentei— 8 E part mg.; E p. arrabbi — 10 D lassem- 
ber; E ne font pas lesbahi — 11 Æ se parti — 12 E fort e. — 
14-19 Cp. 6149-6154 — 14 E roit e. — 20-23 Cp. 6157-6160 
— 21 E sus sonescu — 22 E li p. — 24-30 Cp. 6162-6168 


58 
25 


30 


35 


40 


45 


DE CXC 23 — CXCI 27 


Honte ot et ire, de maltalent rogi 
Por son escu qu’il voit ainssi croissi; 
Brandist l’espié a loi d'onme hardi, 
Isnelement l’ampatris referi 
Desus l’escu ou Apolin choisi : 
Pourtraite i fu l’ymage a or burni. 
L'espié brisa et le roy abati; 
La l’ont de mort deable garanti. 
Guibers passe outre, trait le branc esclerci, 
Tout maintenant fiert si un Arrabi Fc] 
La teste o l’elme ilecques li toli. 
Le destrier broche, arrier se reverti ; 
Mais Sarrazin l’ont de si pres sivi, 
Ou veille ou non, l'ont arrié resorti. 
Et li vassax forment se desfendi : 
Qui il ataint, tost a le temps feni. 
Mais s’il n’en pensse le roy qui ne menti, 
Tost l’averont Sarrazin mal bailli ; 
Quar enclos l'ont et son cheval occi. 
Voit le Guibert, tout le sanc li fremi, 
Par grant besoing a jeté un haut cri: 
« Secourés moi, biaus peres Aymeri, 

Ou j'ai perdu la vie. » 


25 E ot le ber — 26 E si tost cr. — 27 E brandi — 28 E lam- 
patri — 30 E symage — 31-35 Cp. 6171-6175 — 31 E Lespie 
et br. et le r. ius flati — 32 E deables de la mort — 33 E (outre 
msg.) si a le branc sachi — 35 ilecques] E o le branc — 36 E sen 
— 37-40 Cp. 6178-6181 — 40 E il a son t. — 41 Cp. 6183 — 
42 E T. lauront ia li paien m. b. Cp. 6182 — 43 Cp. 6184 — 
44-46 Cp. 6187-6199 — 46 E dist il pere A. — 47 E Ouia 
perdrai Cp. 6192 


D PES TR 


10 


15 


20 


25 


— V. 6163-6220 59 


CXCI 


Guib’ li preus a « Nerbone » escriëée 

Par .iiii. fois a mout haute alenee; 

Enclos l’avoient la pute gent desvee. 

Il se desfent au trenchant de l’espee. 

Cui il ataint mout a corte duree. 

Tant en a mort, c’est verité provee, 
Qu’entour lui est la place ensenglentee. 
Romans li enfes a oÿ la criée 

Et Aymeri a la barbe mellee; 

Cele part vont, n’i ont fait arrestee; 

Aus brans d’acier ont la presse sevree; 

La ot feru maint ruiste cop d’espee. 

Et Nerbonnois ont « Monjoie » escriée, 

Par tout ou vont fu mout grant la criée. 

La veïssiez mainte targe quassee, 

Maint pié, maint poing, mainte teste copee, 
Maint Sarrazin gesir geule baee | 
Et maint des nos dont la vie est finee. 
Guibert delivrent de la gent desfaee ; 

A lui secourre ot grant noise menee. 

Li quens Guill” vint a cele assemblee, 

Et voit son pere qui la teste ot armee, 
N'ot.point d’escu ne de targe roëe, 

Et voit la presse qui est sus lui tornee 

Et la grant flote qu’est envers lui alee. 

« Diex, » dist li quens, « que maïnte ame as sauvee, 
Sainte Marie, roÿne couronnee, . 


CXCI. 1-11 Cp. 6193-6203 — 7 E terre — 8 E son nies entendi 
— 9 Æ li quens de renonmee — 13-15 Cp. 6204-6206 — 14 E Par 
la; Æ huee — 16-17 Cp. 6209-6210 — 18 E qui leur vie ont — 
19-23 Cp. 6211-6215 — 23 E bendee — 24-30 Cp. 6217-6224 — 
24 E iert — 25 E qui uers lui est — 26 E sainte uertu nonmee 


60 


30 


10 


15 


20 


DE CXCI 28 — CXCII A 2 


Se perc mon pere, ci a fort destinee. » 
Cele part vient a grant esperonnee 
Por secorre son pere. 


CXCII 


Li quens Guil! a brochié l’ausferrant 
Tout por aïdier Aymeri le vaillant. 

Un paien fiert sus son escu devant, 

Mort l’abati sus l’erbe verdoiant. 

Tant fiert li quens sus la gent mescreant 
Que .xx. en a occis en un tenant. 

Et Guibelin fu en la presse grant : 

En son poing destre tint l’espee trenchant ; 
Ne fiert paien ne face mort gisant; [d] 
Tant en occist ne peut aler avant. 
Romans ses niez fu lez lui en estant, 

Car son destrier li orent mort Persant, 
De son escu n’avoit il tant ne quant. 
Getent li dars, javelos en lansant, 
Rompu li ont son hauberc jaserant, 
Quassé li ont son vert heaume luisant ; 
Mais de l’espee vait a .ii. mains ferant, 
Si que paien sont arrier reüsant. 

Guibers li enfes vait « Nerbonne » criant. 
Guil? l’ot, cele part vient corant, 

L’escu au col, u poing tenoit le branc, 

Ja vendera mout chier son mautalent ! 
Car a ses cox n’avra paien garant. 


CXCII. 1-23 Cp. 6225-6226 — 7-10 Cp. 6227-6230 — 9 E nel 
couche — 13 il] Æ mes Cp. 6233 — 14-15 Cp. 6231-6232 — 
15 E orent — 16 Cp. 6234 — 19 Cp. 6236 — 20-21 Cp. 6244-6245 
— 20 E vint bruiant — 21 E tint nu le brant — 22-23 Cp. 6247- 
‘6248 — 22 E Ia uendra la 


— v. 6221-6304 61 


Jusqu’a son pere vait la presse rompant. 

25 « Sire, » dist il, « com vous est covenant ? » 
Aymeri l’ot, si le va regardant, 

Bien le connut, si li dist maintenant : 
« Biax filz, » dist il, « bien soiez vous venant! 
Vez la Guibert en cele presse grant, 

30 Romans lez lui. Or leur soion aidant! 
S’il n’on secours, n’en verrez un vivant. » 
Guil} l’ot, cele part vait errant. 

À tant e vous un roy de Boucidant: 
Li quens le fiert un cop si tres pesant 

35 Mort l’abati du bon destrier mouvant, 
Puis le baïilla tantost Romans l'enfant, 

Et cil y monte, qu'en ot le cuer joiant. 
La vint Bernart mout tost esperonnant, 
Hernaus li rous, avec lui maint serjant. 

40 Or sont ensemble le pere et li enfant, 

A leur pooir vont les Turs domagant ; 
Mais por Guibert furent auques dotant, 
Car de ses plaies virent issir le sanc ; 

Ne s'en plaignoit ne n’en faisoit semblant, 

45 Ainçois aloit les paiens requerant 
Au branc d’acier et si estoutoiant 

N'1 a nul ne le doute. 


CXCII à 


Mout le fist bien a ce poindre Guilleme, 
N'encontre Turc qui remaigne en sele. 


24-29 Cp. 6250-6255 — 26 E esg. — 28 E aj. Il nest pas liex 
daler nous ioissant — 30-32 Cp. 6257-6259 — 31 E nes uerrons 
mes v. — 32 E saillant — 33 Cp. 6280 — 35 E que mort labat — 
36-37 Cp. 6300-6301 — 39 E et o lui — 40 Cp. 6306 — 42 E ierent 
forment d.— 43-44 Cp. 6303-6304 — 46 E et si fort mescroiant 
CXCII a. 1 E Guillerme — 2 E dont ne vuide la sele 


62 DE CXCH a 3—c5 


Es vous un roy qui ist d’une vaucele, 
Poignant venoit contre mont la praiele ; 

5  Ilestoit sires du regne de Tudele. 
Fiert un des nos sus la targe novele : 
Destrier ot bon, qui tost cort et sautele, 
Mais ne li vaut ne c’une viez astele : 
Par mi le cors li a mis l’alemele. 

10 Diex en ait l’ame et la virge pucele ! 
Voit le G’, n’en fist pas chiere bele, 
Point le cheval, qui vet com arondele, 
Fiert le paien, qui ainssi se revele, 

Sus le heïume, qui luist et estincele ; [e] 

15 Mais ne li valent vaillant une cenele 
Toutes ses armes, ne l’escu a roële, 
Le branc ne face entrer en la cervele. 
Mort l’abati delez une sentele, 
Prent le cheval, un escuier apele, 

20 A qui il le conmande. 


CXCIH6 


Li quens Guill’ conquist le misodor, 

Dont le paien avoit mort par iror ; 

A l’escuier a dit par grant amor : 

« Va, si le donne mon frere le menor! 
5 Car le sien n’a ne force ne vigor. » 

Cis le presente, qu'il n’i a fait demor. 

Guibers y monte, qu'il n’i a fait sejour; 

En sa main tint le bon branc de color, 


6 se trouve après 7 dans E — 9 E aj. De son espie qui dure- 

ment coutele Mort le trebuche a la tournebouele — 13 Æ qui si 

fort — 14 E Desus — 15 E ne cune viex gonnele — 16 E lescu 

quenchantele 
CXCII 6. E li — 7 E sanz fere lonc s. Cp. 6301 


10 


15 


20 


25 


30 


— Y. 6301 63 


Maint Sarrazin en a occis ce jor. 
De toutes pars avoit si grant crior 


Que hardi fu cis qui n’i ot poour. 


Es Aÿmer poignant par mi l’estor, 

O lui avoit maïint noble poigneor. 

En mi sa voie encontre un amaçor, 
Riches hons fu et de terre et d'onnor; 
Entrencontré ne sont par grant fieror, 
Mais Aymeri le fiert de tel roidor 

Du branc d’acier, qui trencha com rasor, 
Ne li valurent ses armes un tabor | 
Que maintenant ne soit mort a dolor. 

Et sa mesnie servent d’autel labor : 
N'encontrent nul de la gent paienor 

Ne soit navrez ou occis sans retor. 
Paien les fuient, li grant et li menor; | 
A Mahonmet en font souvent clamor : 


_« Car confondez, sire, la gent Francor, 


Si vraiement que ce sont traïtour ! » 
De loing leur lancent leur espié li plusour 
Et les assaillent environ et entor 

Come gent forsenee. 


CXCII c 


Merveilleus fu li estors et pesans 

Et des paiens y fu la noise grans. 

Li quens d’Anjo et Salemons li frans 
Se combatoient encontre les Persans. 
Mout y sousfrirent de paines et d’ahans, 


15 ER. estoit de terres — 17 E Aymer — 18 E trenchoit — 22 
nui] E hom — 24 E leur f. — 29 E tout entour 

CXCII c. 4 E Se combatirent — 5 Æ aj. Mes tant y ot des 
cuuers mescreans 


64 


10 


15 


20 


25 


DE CXCII C 6 


Qu'il n’est nus hom qui n’en fust esmaans. 
Par devant tous estoit li amirans, 
Le cheval point des esperons trenchans. 
Li quens d’Anjo refu des siens partans : 
Lances ot fors a conphanons pendans ; 
Li cheval vont plus tost qu'oisel volans; 
Grans cox se donnent sus les escus lisans, 
Mais des estriers ne fu nus remuans; 
Les lances brisent, si ont sachié les brans. 
Li quens d’Anjo ne fu pas delaians, 
Ainz fu hardiz et preus et combatans, [1] 
D’aquerre honneur durement covoitans. 
Il tint l’espee, qui estoit flamboians, 
Fiert le paien, quar mout fu desirans 
De lui occirre se Dieu l’est consentans : 
Devant l’arçon est li branc descendans, 
Le cheval chiet, quar la teste est perdans, 
Et l’amiraus est a terre versans. 
[1 fust u champ a tous jors demorans, 
Quant Esplindoynes et son niez l'amirans 
Ï sont venu sus les destriers corans. 
La fu chascun a son seigneur aidans, 
Si que mal gre a tretous lor nuisans 

L’ont remis a cheval. 


CXCII d 


Quant l’amirant fu montez el cheval 
Et secoru l'orent li desloial, 

La ot bataille et estor si mortal 

Que li sans cort a grant ru contre val; 


10 E ont — 11 E que li huhans — 12 E luisans — 13 E des- 
triers — 14 E Leur — 21 E fu — 25 E lamustans — 26 E mg. 
CXCII d.4 E ruis 


10 


15 


25 


10 


— CXCIH 6 10 65 


Car tant y ot de la gent l'amiral, 
Que bien livrerent contre les nos estal. 
Trop i soffrirent Breton et paine et mal 
Et Poitevin, qui sont lez leur costal ; 
Plus de .iii. c. en morut ce jornal. 
A tant es vous leur seigneur natural; 
Cis se maïntint a guise de vassal, 
La lance u poing au fer poitevinal. 
Il fiert un Turc en l’escu a esmal, 
Qui conduisoit cele gent creminal : 
U cors li mist l’ensaigne de cendal, 
Estort son cop, mort l’abat el champal. 
Puis trait l’espee au poumel de cristal 
Et fiert un roy qui tenoit Portingal; 
En toute l’ost n’avoit plus principal 

De gens ne de richoise. 


CXCIIe 


Que couroucier n’avoit en Salemon, 
Quant voit sa gent metre a destrucion. 
Un roy paien li vint a esperon, 

Sus un destrier, en l’ost n’avoit si bon. 

Il n’atendoit ne per ne compaignon ; 
Devant les autres le trait a un bouson 
Venoit criant hautement a cler ton : 

« Tout y morront et François et Breton! » 
Lance avoit fort a fer trenchant en son ; 
En son escu en-feri le baron, 


6 E liuroient — 7 E Mout; E paine et traual — 8 E Et Angeuin 
— 13 E sus lescu a ormal — 14 E cele geste chenal — 16 E Son 
cop e. — 17 E de metal — 18 un] E le 

CXCII e. 7 E clerement a haut ton — 10 E Sus. E aj. Si li 
troua com fust un auqueton Lez le coste fist passer le penon 


Tome II 5 


66 CXCII € II 


La lance brise, s’en volent li tronçon. 
Li quens refiert le Sarrazin felon 
Sus le heäume par tel devision 

- N'a armeüre qui li vaille un bouton, 

15 Mort le trebuche devant lui el sablon. 
La sont venu et Turc et Esclavon, 
Leur seigneur voient mis a perdicion, 
Criëént et braient et reclaiment Mah’, 
Por lui vengier se metent a bandon. [101 4] 

20 Qui les veïst, bien deïst par raison 
Qu'il ne doutoient la mort se petit non. 
De leur seigneur prenoient vengison, 
Les nos reüsent ou il veillent ou non. 
Cil se desfendent irié conme lyon 

25 Contre la gent aversse. 


CXCII f 


Grans fu li cris, fiere la chaplysons, 
Mais trop y ot de Turs d’'Esclavons, 
Des Acoupars, d’Aufriquant, d'Arragons. 
Li quens d’Anjo et li quens Salemons 

5 Sonten l’estour entre paiens felons 
Et mains des autres dont je ne sai les nons. 
Dist Salemon : « Ci endroit nous tenons! 
Nos anemis en tel point requerons 
Et envers eulz si bien nous desfendons, 

10 Qu’après no mort reproche n'en aions, 
Ne por grant nombre ja ne les resoingnons! 
Car a l’aide de Dieu, qui en prions, 
Aiïins qu’il soit nuiz, tous les desconfirons. » 


13 E Desus — 18 E Cr. et br. — 23 E Les Frans — 24 D se mg. 
CXCII f. 3 E Aquopars dAufriquans — 6 Æ Et pluseurs 
autres — 9 £ Et encontreus — 12 Æ que nous creons 


15 


10 


15 


20 


— & 21 67 


Lors veïssiez et François et Bretons 

Et Angevins venir a esperons ; 

Sus les paiens fierent de tel randons 

Que devant eulz gisoient a grans mons, 

Si qu'a ce poindre jusqu’en leur paveillons 
Les ont remis par force. 


CXCII g 


" Li jours fu biaüs, si iert nonne passee. 


Bien s’i aidierent nostre gent aduree. 
En .v. c. lieus oïssiez grant criée. 

Lors vint Tiebaut del fons d’une valee 
O .xxx. mile de la gent desfaee ; 

N'i avoit nul n’eüst lance ou espee 

Ou besague ou guisarme afilee. 

Hues li quens « Florinvile » a criée; 
La est sa gent entour lui aünee; 

Es Turs se fierent par mout grant aïree. 
La ot trenchié maint pis, mainte coree, 
Maint poing copé, maïinte teste quassee 
Et mainte targe par pieces decopee, 
Maint honme mort gisant geule baee 
Et maïnt cheval fuiant par mi la pree. 
Li rois Tiebaut tint la hache aceree, 

Ce jour en ot donné maïinte colee ; 
Fiert un des nos sus la targe roée, 
Toutes ses armes ne li firent tenssee 
Du cors ne soit li ame dessevree, 

.V. en a mors tout d’une randonnee. 


16 E Sus Sarrazins; E tiex — 19 E chaciez 

CXCII g. 2 E atiree — 3 E y ot mout gr. — 5 E À — 6 E Nen 
y ot nul qui nait — 10 E Et Turs leur vienent — 17 E feru — 
19 E Onques — 20 E Que hors du cors ne soit lame seuree 


68. CXCII g 22 


Hues le voit, s'a la couleur muée, 
Cele part vint la resne abandonnee, 
L’espee tint encontre mont levee, 

25 Le roy en fiert, qui maine tel posnee, 
De tel vertus est l’espee avalee 
Que la fort broigne est route et descloëée, [b] 
Dedens la char li est un poi entree 
A ce cop fu sa vie aventuree, 

30 Mais li maufé li ont ce jor sauvee ; 

Ja i fust mors quant sa gent assemblee 
Y est pour lui secourre. 


CXCIT A. 


Li estours fu plus crueus que ne di. 
La endroit fussent li nostre desconfi, 
Car n’i avoient ne parent ne ami, 
Quant vint Guill’, qui la presse rompi, 
5  Bernart l’aisné et Guerin autresi 
Et maint vassal que ne vous nonme ci. 
La ot maint cop donné et requilli. 
Li quens Guill’ fiert si un Arrabi 
Que le cheval et lui mort estendi. 
10 Tiex.xn. Turs a ce poindre abati : 
Dont Sarrazin furent si esbahi, 
Que a ce poindre sont arrier ressorti. 
Voit le Tieb”, a po du sens n’issi ; 
S’ensaigne escrie, que paien l’ont oÿ. 
15 De toutes pars vienent amanevi 
Et de combatre fier et mautalenti ; 
De tous costez ont les nos envaïi. 


26 E De tel redour — 29 E fust — 30 Æ Mes le m. ie croilias. 
 CXCIT h 6 E Et pluseurs autres que pas ne n.ci —8 E feriun 
— 9 E Si que ch. — 15 E Amorauy — 16-17 E mg. 


20 


25 


10 


15 


— i 16 69 


Se la ne fussent li enfant Aymeri, 
Mauvaisement fussent li ju parti; 
Mais chascun d’eulz tenoit le branc forbi ; 
Dont bien s’aidoit contre son anemi. 
Ne fust le jor, qui si tost leur failli, 
Les Sarrazin fussent mout aclari. 
Car li auquant en erent ja fui, 
Qui de poour orent le champ guerpi. 
Le jour depart, et tantost anuiti 
En tel maniere l’un l’autre ne choisi, 
Ains s'en vont a leur tentes. 


CXCII : 


Turc et Perssant, quant vint a l’anuitant, 
Sont de l’estour a leur trez reperant. 

Mout ont perdu, si s’en vont dolosant. 

Dist l’un a l’autre : « Mal nous est covenant 
S'en tel point sont Crestiën desfendant 

Com furent hui après nonne passant. 

Trop sont li fil Aymeri conquerant, 

Qui ensement vont les nos chastoiant : 

C’est tout par eulz que tant sonmes perdant ; 
Si prion tuit Mahom et Tervagant 

Mort soit le peres et destruit li enfant! 

Et autrement n’en voist nus devisant, 

Que cist païs soit ja en no conmant. » 
Dusqu’en leur tentes s’en vont ainssi parlant. 
Par toute l’ost vont les feus alumant, 

Si qu’il y ot une clarté si grant 


19 E M. i fust le geu p. — 21 Æ saidoient c. leur a. — 23 E 
esclarci — 24 E sen 

CXCII i. 1 Æ Perssois —6 E sounant—8 E telement—9 E Ce 
t. — 12 E ne — 13 ja] Æ mes — 15 E le feu 


70 


CXCII © 17 


Que le païs en aloit flamboiant. 
Toute la nuit guetierent li auquant; 
Car trop estoient por Guill’ doutant [ec] 


20 Et por son frere Aÿmer le vaillant, 


10 


15 


20 


Qui en Espaigne les ala gouvernant, 


Tant com il fu en vie. 


CXCII j 


As paveillons sont paien retorné, 

Et du champ sont li Nerbonnoïz sevré. 
Quens Aymeri entra en sa cité 

Et si enfant en sont o lui alé 

Veoir leur mere au gent cors honoré, 
Qui a chascun baisié et acolé. 

« Enfant, » dist elle, « fait avez a no gré, 
Qui en tel point nous avez visité. 
Ceenz avoit poi de pain et de ble, 
Quant li somier i furent amené, 

Qui de par vous i furent presenté. 

Or faites tost que soiés desarmé, 
S’irons mengier u non de Damedé, 
Qui sus paiens vous otroit poësté, 

Si que tout soient honni et vergondé. » 
Adont y ot grant joie demené. 

Et dist Guill’ : « Par Dieu de maiesté, 
Chascun de nous s’en ira a son tre 
Compaignier ceulz qui ci sont aüné, 
Qui pour nous sont traveillié et pené. » 
A tant s’en vont, que plus n’ont arresté. 


19 E mout — 21 E aloit 

CXCII j 4 E i sont o lui entre — 5 E acesme — 6 E Qui 
Ch. a — 8 E Quant telement — 9 E petit et pain etble — 17 E 
Guil!’ dist — 19 E arriue — 20 E Qui s. p. n. 


30 


35 


40 


— k 5 71 | 


Salemon ont enz en son tref trové, | 

Li quens d’Anjo estoit lez son costé. 

Icil estoient ambedoi mout iré, | 

Car de leur gent ot u champ demoré 

Plus d’un millier qui 1 furent tuë. 

Guil/! a a ambedeus parlé, 

Si a chascun mout bel reconforté. 

Cele nuit ont tout ensemble sopé. 

Guillaumes a Aÿmer apelé; 

Prié li a por sainte charité, 

De par lui soient li paveillon gardé. 

Et cis respont : « A vostre volenté! » 

A tant se sont d’ileuques desevré, 

Si vont dormir de ci a l’ajorné. 

Et lendemain après soleil levé 

Furent li mort en la terre bouté; 

Por eulz a on le servise chanté. 

Et li paien, dont il y ot plenté, 

Plus de .x. m., cil furent traïné 

En sus des tentes et mis en un fossé : 
La puours ne leur grieve. 


CXCII k 


Biax fu le jor, et le soleil luist cler. 
Mout ot preudome u chetif Aÿmer. 
La nuit avoit eü l'ost a garder. 

Ce jor meïsmes fist sa gent osteler 
Desus un mont por paiens esgarder; 


24 E Icist — 27 E Li quens Guill’ si a a euls p. — 30 E Et 
Guill’ a — 31 E en nom de ch. — 34 d’ileuques] Æ nostre gent 
— 35 E siques — 38 E de requiem ch. — 40 cil] E si — 42 E Que 


p. ne les gr. 


+ 


CXCIIk20t]E fu;ul E ie 


72 cxcu k 6 


Il les voudra a son pooir grever. 
Lez lui fu Hues, qui avoit le vis cler, [d] 
Pere fu Fouque, qui tant fist a doter, 
Qui puis conquist Candie sus la mer. 
10 Li autre prince font leur gent remuër. 
Pres de Nerbonne firent leur tres lever, 
Si que bien peuent et issir et entrer 
En la cité qui mout fait a loër. 
Dolent en sont Sarrazin et Escler, 
15 Et ce les fist un petit reculer. 
Li roys Tiebaut fait un message aler 
Droit a Orenge a Orable conter 
Que li enfant dant Aymeri le ber 
Sont revenu leur pere delivrer. 
20 A tant de gent, nus ne les peut esmer. 
Et cis s’en vait, qui ne fine d’esrer, 
S’est venus a Orenges. 


CXCII I 


Le messagier en la cité entra, 
Ens el palais dame Orable trova, 
De par Tiebaut mout bel le salua, 
Et en après mot a mot li conta 

5 Ce que li rois ses sires li manda. 
« Dame, » dist il, « ne vous celerai ja, 
Si grant secors est venu ceus de la, 
.C. mile sont, ce dit qui les nombra. 
Li quens Guill’ amenez les y a. 

10 N'a pas .v. jours, un estor conmença, 
Qui du matin dusqu'’a la nuit dura. 


7 E qui mout ot — 18 E quens — 20 E genz com — 21 E Li 
mes; qui] E si 
CXCIT l2 E Sus—3E la— 6E nel 8 E dist cil 


15 


20 


10 


15 


— mis 73 


Ne fust Guil}”, qui si bien s’i prova, 
Et tout si frere, dont chascun s’i aida, 
La fussent mort tot cil qu’il amena. » 
Orable l’ot, toute s’en esfrea 
Et por Guill si durement penssa, 
Que ne respont ne nul mot ne sonna, 
Et le message adès li devisa. 
A ces paroles les degrés en monta. 
Rois Arragons, qui la cité garda, 
De ses nouveles forment s’espoënta. 
Car Crestiëns sus toute riens douta; 
[I] avoit droit, car par eulz devia 

Et toute sa lingnie. 


CXCII m 


Quant li messages ot dit ce qu'il savoit, 

Il prist congié et dist qu’il s’en iroit 

En lost arrier, car trop la demoroit. 

Et dist Orable : « Et de par Dieu, ce soit! 
Di mon seigneur, s’er Nerbonne ravoit 

Li rois mes peres et desconfis estoit, 

Li quens Guill qui si grant gent guioit, 
Qu'il ne lait pas que ici ne resoit. » 

Et cis a dit, volentiers li diroit. 

À tant s'em part et vint en l’ost tot droit, 
Dist a Tiebaut ce que on li mandoit. 

Ce fu el mois que on les bles soioit. 

Le jour ert biaus, et le soleil luisoit. [e| 
Li amiraus en sa tente seoit, 

.Xx. roy paiens ensemble o lui avoit, 


19 E amonta 
CXCII m 4 E De par Mahom ce s. — 5 E sor — 7 E granz 
genz — 9 E Et cil respont — 15 E auoeques lui 


74 


20 


25 


10 


15 


CcxCII M 16— ccx 26 


C'’ert ses consaus ou il plus se fioit. 
« Seigneur, » dist il, « n’avons fait nul esploit, 
S’a ja lonc temps que sonmes ci endroit. 
Mais le matin, se chascun le looit, 
Voudroie bien, se il bon vous sembloit, 
Toute no gent encontre la leur soit, 
Chascune eschiele bien menee a son droit. 
Puis en aviegne ce qu’avenir en doit! » 
Chascun a dit ensement fait seroit 

Le matin sans atendre. 


CXCII n 


A l’endemain, quant le jor aparu, 
Au paveillon l’amiraut sont venu 
Et roy et prince, li grant et li menu; 
La ont entr'eus leur parlement tenu, 
En quel maniere Franc seront assaillu, 
Par quoi plus tost soient tot confondu. 
Dist l’amirant : « Or n’i ait atendu, 
Que tost ne soient armé et fervestu 
Petit et grant, li jone et li chenu, 
Si ait par lost si grant noise et tel hu. 
Que Crestiën en soient esperdu. 
Alons seur eulz ! Trop avons atendu. 
Mout devons estre dolent et irascu 
De ce qu'il ont si lonc repos eü. » 
Et cil li ont maintenant respondu :. 

« Bien dites, ce nous semble. » 


20 E se ce — 24 E telement fet ce soit 
CXCIII-CCIX mg. dans DE. 


10 


15 


20 


25 


— v. 6872— 6904 75 


CCX 


Quant l’amiraut ot dit ce qu’il penssa, 
.Xiiii. eschieles de sa gent ordena, 

L'une après l’autre les mist et devisa. 
Chascune eschiele a un roi conmanda: 
.X. mil honmes a qui mains en mena ; 
.li. rois ou trois en chascune eschiele a. 
Plus d’une archie la route d’un dura. 

Li uns glatist et li autres hua. 

Li amiraus en euls mout se fia. 

Les Cretiëns mout forment maneça ; 
Mais, s’il plest Dieu qui le monde estora, 
Avant le vespre son pensser changera. 
Car François s’arment, nus ne s’i delaia, 
Tost est monté cil qui bon cheval a. 

Li quens Guill, qui ains coart n’ama, 
Devant ses honmes tout avant chevacha, 
Et dist la joste premeraine avera. 

Prent un espiel, qui durement trencha : 
Un roy paien tantost se desrenja; 

Voit le G’, tantost s’appareilla, 

Le fort escu devant son pis torna, 

Le roit espiel brandist et paumoia. 

Li rois Turfiers contre lui s’adreça; 

Ce fu un roy, l’amirant mout ama, [Lf] 
Mes jusqu’a poi l’amistié en faudra. 

Li rois paiens de sa gent dessevra, 


CCX 1-5 Cp. 6872-6876 — 5 E .x. m. en ot qui le m.— 7-13 Cp. 
6882-6888 — 7 E deus d. — 8 etc. E glati — 11 E se Dieu plest 
— 12 Æ Ainz que soit v. — 13 E sen d. — 14 E fu — 15-16 Cp. 
6889-6890 — 15 E onc — 16 E le premier ch. — 17-19 Cp. 6892- 
6894 — 20-23 Cp. 6897-6900 — 24-35 Cp. 6902-6913 — 24 E que 
lamirant ama 


30 


35 


40 


45 


50 


55 


CCX 27— CCX 4 27 


Contre Guill’ mout tost esperonna. 

Voit le li quens, qui petit le dota; 

Le destrier point, de sa main se saingna. 

Onques l’un l’autre de riens n’araisonna; 

Tant com chevaus desouz eus randonna 

Se vont ferir, l’un l’autre n’espargna. 

Li rois Turfiers si Guill’ assena 

Sus son escu qu’il li fraint et quassa; 

Fors fu l’auberc, que maille n’en faussa, 

N’onques Guill’ du cheval ne mua. 

Mout se tint bien, es estriers s’aficha, 

Fiert le paien de l’espié qu’il porta, 

Le fort escu li fendi et troua 

Et le hauberc rompi et desmailla, 

Par mi le cors l'acier froit li guia, 

Encontre terre mort jus le trebucha. 

Li quens Guill’ son espié resacha, 

Point le destrier et « Monjoie » escria. 

Paien le voient, chascun grant deul en a; 

Lieve le cri, la noise conmença. 

Paien s’asemblent et François par decça; 

A l’assembler plus de .c. cors sonna. 

Icele eschiele que Guill’ mena 

A celui jor mout tres bien se prova, 

Car hardement Guill leur donna, 

Car mort avoit le roy qu’il encontra. 

Et d'autre part les paiens esmaïia, 

Ceulz que Turfiers en l’estor amena, 
Quant leur seigneur perdirent. 


31 D chaus, E cheual; Æ souz chescun — 35 que] E onc —36 E 
bouia — 37-43 Cp. 6916-6922 — 39 E Son — 44-55 Cp. 6924- 
6935 — 50 E A ice | 


— Y. 6905 — 6935 77 


CCX a 


Quant Guill’ ot roy Turfier tué, 
Cil qui l’amoient en ont grant deul mené, 
Assailli l’ont aussi com forssené. 
Il n’i a nul qui ait la mort douté; 
5  Ainçoiz sont tout a ce abandonné 
Qu'il aient tout perdu ou conquesté. 
Li quens tenoit le bon branc aceré, 
Maint Sarrazin en a il craventé. 
Franc et paien se sont entremeslé. 
10 La ot estour felon et sanz pité; 
Maint pié, maint poing y ot le jor copé 
Et maint paien a la terre verssé, 
Qui a nul jor n’en furent relevé. 
Li amirant a sa gent escrié : 
15 « Franc Sarrazin, soiez plain de fierté! 
Desfendez vous com vassal aduré. 
Se cis ert mort qui tant nous a pené, 
C'est uns des filz Aymeri le barbé, 
Qui roy Turfier nous a mort trebuchié, 
20 N'ia celui qui tant nous ait grevé. » 
A ce mot point le destrier abrievé, [102 a] 
Fiert un des nos si qu’il Pa desmonté. 
A tant e vous venu Bernart l’aisné, 
Hernaut le roux et Huon le sené. 
25 Toute leur gens venoient ordené 
Et pour combatre garni et apresté. 
Quens Aymeri a tout ce esgardé, 


CCXa1E le roy — 3 E conme gent f. — 4 E qui la m. ait d. 
— 7 E le branc dacier letre — 8 il] Æ mort — 12 E ius a terre 
— 13 E Qui puis nen furent resours ne r. — 17 E aj. Trestuit li 
autre ne priseroie un de — 19 Æ ci mort rue — 22 Æ Un des nos 
fiert 


78 CCX 4 28 — CCXI 27 


Qui enquor fu en son palais listé. 
Dist a Guibert : « Nous sonmes oublié. 
30 Or tost as armes! Plus n’i ait demoré! » 
Lors prent un cor, si l’a mout cler sonné. 
Cil de leenz furent tost adoubé ; 
Hors sont issu, que n’i ont arresté, 
Li uns a pié et li autre monté 
35 Pour euls desfendre richement areé 
Contre gent sarrazine. 


CCX b 


Des paiens fu crueus la conmençaille, 
Car de ferir chascun mout se travaille. 
La ot maint cop donné san defiaille. 
Quens Aymeri fu devant sa bataille, 

5 Le destrier point, la presse desparpaille, 
Et fiert un roy de l’espee qui taille: 
Ne li valu ne heaume ne ventaille 
Ne li haubers vaillant une maaille 
Ne l'ait fendu de ci en la coraille, 

10 Mort l’abati, conment qu'après en aille. 
Et dist Guerins : « Cis ne fait mie faille 
Qui si grant cop a son anemi baille. 

Ce est nos peres qui si faitement maille. 
Voir, de sa vie semble bien ne li caille. » 
15 Et dist Guibert : « Ainçoiz que on l'assaille, 
Alons a lui secourre! » 


28 E iert 

CCXb 3 E d. m. c. — 5 E esparpaille — 8 Æ plus que vne 
touaille — 9 Æ Tout le pourfent siques — 10 E dahez ait qui en 
chaille — 13 Æ Cest nostre pere — 14 bien] E que 


10 


15 


20 


25 


— 6936 —6063 79 


CCXI 


Biau fu le jor, clere la matinee. 

Le fort estor conmence et la meslee. 
Quant l'une eschiele fu a l'autre ajostee, 
Des chevax est la podfriere levee. 
Guerin tenoit u poing destre l’espee, 
Entour son pere en fiert mainte colee, 
Et Guibelins, qui ait longue duree. 
Entour eulz fu la terre ensanglentee. 
Et d’autre part a sa gent aguiée 

Li quens d’Ansjo a la chiere membree, 
Et Salemon a « Bretaigne » criée. 

Ferir se vont entre la gent desvee. 

La veïst on maïinte targe troée 

Et tante broigne rompue et despanee, 
Tant pié, tant poing, tante teste copee. 
En maint lieu fuient cheval par mi la pree; 
La ot maint cop feru a la volee, 

Maint dart lancié, mainte pierre ruée, 
Maint honme mort gisant geule baee. 
Guill point, la resne abandonnee ; 
L’espee tint trenchant et afilee, 

Seur paiens fiert par mout grant aïree: [b] 
Qui il ataint tost a sa vie outree, 

Contre ses cox n’a nule arme duree. 

La ont paien sosfert male jornee, 
Reculé sont plus d’une arbalestee 
Dusqu’a Morgant le seigneur d’Aquilee. 


CCXIL. 1-2 Cp. 6936-6937 — 3-4 Cp. 6939-6940 — 5 E el d. p. 
— 9 E amenee— 13 E doree Cp. 6948 — 14-16 Cp. 6950-6952 — 
14 E mainte — 15-16 E mg. — 21 E qui bien iert af. — 22-24 Cp. 
6956-6958 — 23 a] E est — 26-27 Cp. 6962-6963 


80 


30 


35 


40 


45 


28-29 Cp. 6966-6967 — 29 E sa g. a r. — 30 E mg. Cp. 6965 — 
31-32 Cp. 6968-6969 — 34-35 Cp. 6072-6973 — 34 ai] E est — 
35 E copee — 36 E tel p. Cp. 6975 — 37 Cp. 6979 — 39 E V.les 
Cp. 6980 — 40-41 Cp. 6982-6984 — 40 E Lors sembati — 43 


CCxI 28 — cCxIv 3 


Quant il les voit, s’a la couleur muée ; 
[1 sonne un cor, s’a sa gent raünee. 
La gent fuiant est a lui arrestee ; 
Il leur a dit : « Franche gent honnoree, 
Gardez n’aiez couardie enpenssee ; 
Mais faisons tost seur euls la retornee. 
Par Mahonmet, a qui m’ame ai voée, 
Qui s’en fuira, la teste avra sevree. » 
Quant paien ont la parole escoutee, 
Plus de .x. m., chascun la teste armee, 
Vont vers Guill’ ferant de randonnee. 
Voit le li quens, mais point ne li agree ; 
Lors s’est ferus entre gent desfaee, 
Entour lui a la place descombree, 
N'i a paien n'ait sa force dotee. 
De loing li lancent mainte lance aceree, 
Mais ne li ont armeüre faussee ; 

Mais son destrier occiënt. 


CCXII 


Mout fu Guill’ dolens et entrepris, 
Quant devant lui voit son destrier ocis. 
Il saut en piés com chevalier hardis, 
L’espee traite, s’a l’escu avant mis, 

As paiens cope et piés et mains et vis, 
Qui il conssuit, bien est de la mors fis ; 
Tant en a mors, ne peut passer au vis. 
Mais trop y ot des paiens maleïs, 


Cp. 6989 — 45 Cp. 6990 
CCXII 1-9 Cp. 6991-7000 — 1 E iriez 


10 


15 


20 


25 


— v. 6066-7067 ‘81 


Lancié li ont leur roit espiés forbis, 
Sus lui faisoient mout grant marteleïs ; 
Tout maintenant l’eüssent mort ou pris, 
Ne fust Monjoie qu’il cria a haus criz, 
Si que l'enseigne entendi du marciz 
Bernart son frere, qui molt fu son amiz. 
Cele part vient de ferir aatiz 
Hernaus li rous et Guibers li petiz, 
Et pluseurs autres dont je ne fas devis : 
Les destriers brochent des esperons masis, 
Seur paiens fierent volentiers, non envis. 
Bernart s’avance et fiert un Arrabis 
Un cop si grant dessus son escu bis 
Que mort l'abat de son destrier de pris. 
« Nerbonne » escrie, l’ensaigne du païs, 
Si que l’entent ses peres Aymeris. 
« Diex, » dist li quens, « biax rois de paradis, 
Soiïés hui garde de moi et de mes filz, 

Qui por vous se combatent. » 


CCXIV 


Aymeris fu entre le mescreüs, 
Il et Romans sus les destriers crenus ; 
Devant leur pis tenoient leur escus, [c] 


11-14 Cp. 7001-7004 — 11 E fust retenuz ou pris — 12-13 E 
Quant il cria senseigne a h. cr. — 14 E de qui il fu oys — 15 E 
Vint c. p. nen fu mie alentis — 16-27 Au lieu de ces vers E n'a 
que les six suivants : Desront la presse des mortiex anemis Il 
nen fiert nul sadroit est consiuis Ne soit le cors de lame departis 
Droit a son frere sen vint tout aastis Lespee el poig lescu devant 
son pis Pour fere a lui aide — 18 Cp. 7010 — 21 Cp. 7014 — 
22-24 Cp. 7018-7020 — 25 Cp. 7025 

CCXIII mg. dans DE 

CCXIV mg. dans E — 2-4 Cp. 7066-7068 


Tome II 6 


82 DE CCXIV 4— CCXV 4 4 


Sus paiens fierent des brans d’acier molus, 
5 M. en ont mors, que jones que chanus. 
Mais a pié fu G’ limembrus 
Entre paiens dolens et irascus. 
Il se desfent com hom de grant vertus; 
Paien li lancent dars et espiés agus, 
10 En .xv. liex fu ses haubers rompus 
Et ses escus decopez et fendus. 
Si longuement est le ber desfendus 
Que par .ii. fois est a terre venus. 
Et quant il voit plus tost n’est secorus, 
15 « Nerbonne » crie, que bien fu entendus : 
« Aymeri pere, qu’estes vous devenus ? 
Et vous, mi frere ? Vostre los est cheüs, 
Se je sui ci ne mors ne retenus |! » 
Bernart l’entent, s’est de la presse issus, 
20 Point le destrier, a son frere est corus, 
Qui mestier a d'aie. 


CCXV 


Bons chevaliers fu Bernart de Brubant. 
Tant a feru sus la gent mescreant, 
Vint a Guill’ par mi la presse grant. 
Li quens Bernars tint l’espee trenchant, 
5  Fiert un paien qui li vint au devant, 
Jusques es dens le va tot porfendant, 
Estort son cop, si l’abat mort senglant. 
Par les .ii. resnes a saisi l’auferrant, 
Puis l’a baïillié son frere maintenant. 
10 Cily monta, n’i ala demorant, 


6-16 Cp. 7070-7080 — 17-18 Cp. 7082-7083 — 19 Cp. 7085 — 10 
Cp. 7087.7090 — 21 Cp. 7091 

CCXV 1-5 Cp. 7092-7096 — 6-11 Cp. 7898-7103 — 10 E que 
ni ua d. Æ aj. Par te vertu questrier ni ua querant 


15 


20 


25 


— V. 7070-7126 83 


Bernart en vait bonnement merciant ; 
Après ce mot s’en vont andoi brochant. 
Des Sarrazins vont la presse rompant. 
Après euls ot maint Sarrazin vaillant, 
Qui tuit estoient hardi et combatant. 
Icele eschiele alerent reculant 
Jusqu’a l’ensaigne au riche roi Morgant, 
A qui les ot conmandés l’amirant, 
Et la cuidierent paiens avoir garant, 
Mais ne leur vaut la monte d’un besant; 
Qu’entre Guill et Bernart le sachant 
Ne les lessierent reposer tant ne quant: 
Maint Sarrazin firent le jor dolent. 
Et d’autre part livra estor pesant 
Hernaus li rous, qui grant gent vait menant, 
Et tout li autre y furent bien aidant 

. Contre gent sarrazine. 


CCXV a 


De l’autre part le trait a un archier 

Fu Aymeri qui le corage ot fier. 

O lui avoit maïnt bachelier legier, 

Qui se combatent ens en l'estor plenier. 


12 Cp. 7108 E aj. Li quens Guill’ se ua mout afichant Sus les 
estriers et le cheual brochant Bernart son frere vet delez lui 
Chaplant — 13-15 Cp. 7110-7112 — 15 Æ Qui mout — 16 E oui 
furent entrant Cp. 7114 E aj. Par leur uertus as espees tren- 
chant Vont sus paiens si granz cops departant Et tant en uont 
entour euls occiant Que mau gre euls furent tuit reculant — 
17-23 Cp. 7116-7121 — 17 E leschiele (roi Morgant mg.) — 21-22 
ÆE mg — 23 E ce j. — 24-25 Cp. 7125-7126 — 26 E 4j. 1 Et la loy 
Dieu uont forment deraisnant 

CCXVa 4 E premier E aj. Contre paiens cui Diex doint encom- 
brier i 


84 DE CCXV & 5—CCXVI 10 


5 Qui les veïst sus paiens chaploier 
Et a main tas ferir du branc d'acier 
Et vers paiens leur vies chalengier ! 
Mout en ont fait versser et trebuchier, [d] 
Puis ne se porent ne lever ne drecier. 
10 Atantes vous venu Flohart le fier; 
Le cheval point, quar mout ot desirier 
De nostre gent grever et domagier ; 
Fiert un François en lescu de quartier. 
Voit le Aymeri, le sens cuide changier, 
15 Cele part vint, ne s’i volt delaier, 
Sus son heäume a feru l’aversier, 
Si que tout l’a fendu dusqu’au braier. 
La veïssiés les nostres bien aïidier 
Et les paiens occirre et detrenchier 
20 Et Sarrazins fremir et esmaïier, 
De javeloz et de leur dars lancier ; 
Car n’ont talent encor veillent laissier 
Cele bataille jusques a lanuitier 
Pour lamirant qu’il doutent. 


CCXV b 
Grant fu la noise, hideuse la criors. 


5 E sus les Turs — 6 Æ des brans E aj. Pour la loy acroistre 
et essaucier — 7 E aj. A tres fins preuz les peust tes moignier 
— 9 Æ Qui p. ne p. leuer ne redr. — 11 mout] E il — 12 gr. 
et] E sil pooit — 13 E aj. Ybert ot non nez fu de Mondidier Par 
mi le hiaume tel cop sanz espernier Que il le fist a terre tra- 
bacier Mort estendu par delez un rochier — 15 E aj. Quar sil plest 
Dieu Ybert uoudra uengier Le brant uentoise a loy de bon 
guerrier — 16 Æ Desus s. h. en fiert si Æ aj. Quil ne li uaut le 
monte dun denier — 17 Æ Tout le pourfent entre si quel braier 
Æ aj. Estort son cop mort labat sus lerbier — 19 E ces — 22 E 
Quil; Æ quencor — 23 E C. b. ainz uerront 


10 


15 


10 


= V. 7147-7172 85 


Mout y avoit nacaires et tabors : 

Et cors d’arain, buisines, trompeors. 

Mais Aymeri n’estoit pas des piors, 

Par lui fu bien maïntenus li estors. 

Mout ot o lui hardis combateors, 

Et en chascun fu si grans la valors | 

Que miex vousissent morir en grant dolors 

Que ja par eulz fust fais vilains retors. 

En eulz estoit hardemens et vigors ; 

Tel gent doit on prisier en totes cors, 

Car des paiens, de trestous les meillours, 

Firent u champ demorer a tousjours. _ 

Mout y occistrent des grans et des menors. 

Paien les fuient, en qui estoit poors, 

Car desconfis les ont la et aillours, 

Chacié les ont et le trot et le cours. 

Qui entr’eulz chiet, il n’est mie rescous, . 
Ains i perdi la vie. 


CCXVI 


Par devers destre en une autre partie 
Fu Salemon a la chiere hardie ; 

Li quens d’Anjo fu en sa compaingnie, 
Aveuc eulz ot mout riche baronnie. 
Tout se combatent contre la gent haïe, 
De toutes pars fu la place jonchie. 

Le roy Tiebaut tint l’espee forbie, 

Et vait ferir Gautier de Normendie, 
Un chevalier qui tint grant seignorie; 
Mort l’abati en mi la praierie. 


CCXV 6. 16 Dot — 18 E ressours — 19 E perdoit 
CCXVI. 4 Cp. 7147 — 9 E sachie — 8-0 Cp. 7168-7169 — 8 E 
uoit — 9 ÆE aj. Del conte dEu et fu de sa lingnie — 10 Cp. 7172 


86 


15 


20 


25 


30 


35 


DE CCXVI 11 — CCXVI @ 16 


Puis s’escria : « Cis a perdu la vie. 

Ferés, paien, — Mahon vous beneïe! — 
Sus Crestiëns, cele gent esbahie! 

Encor ravra Nerbonne la garnie 

Cis qui la doit avoir d’ancesserie. » 
Josfroy d’Anjo a la parole oÿe. 

Cele part vint, tint l’espee sachie, 

Fiert roy Tiebaut sus l’eaume de Pavie, [e] 
Trenche le cercle qui fu d’or qui flambie ; 
Mais li deables li a fait garandie, 

Car l’espee est vers senestre guenchie. 

La sont coru pluseur de sa mesnie, 

Qui hautement ont escrié « Parsie ». 

La ot tel cri et si grant estormie 

Que Dieu tonnant vous n’i oïssiez mie. 
Et Salemon a sa gent esbaudie : 

Tant ont feru sus la gent paienie, . 

Que cele eschiele de Turs ont desconfie 
Et un arpent arriere resortie. 

Mais une eschiele de Turs est desrengie, 
Desus les nos viennent a une hie, 

A plus de .xxx. en ont tolu la vie, 

Mout en occiënt ; le cors Dieu les maldie ! 
Li rois Butors, qui les conduit et guie, 
Point le destrier, s’a la lance brandie, 
Feru en a Girart de Ponterlie, 

Si l’abat mort, qu'il ne braït ne ne crie. 
Puis trait l’espee, qui fu d’or enheudie, 
Trop malement nostre gent en chastie. 


12-13 Cp. 7174-7175 — 16 E la uantance — 17-19 Cp. 7180- 
7191 — 17 E empoignie — 19 E iert — 20-21 Cp. 7193-7194 — 
— 21 E aj. Pas ne lataint en la char cele fie — 25 E iluec noist 
on mie — 27 Cp. 7150 — 28-29 Cp. 7152-7153 — 29 E un mq. 
— 30-31 Cp. 7160-7161 — 30 E rest — 31 E Qui sus—32-35 Cp. 
m7 — 36-37 Cp. 7179-7180 — 36 E Gyrart de Pontardie — 38 

iert 


40 


10 


15 


= V. 7174-7190 87 


Ne fust Guil!’, qui leur a fait aïe, 

Bernart son frere, qui proësce n’oblie, 

Tout fussent mort a deul et a haschie, 
Dont ce fust grans domages. 


CCXVI a 


L’estour fu grant assez plus que ne di. 
Geusfroi d’Anjo et Salemon aussi, 

Chascun d’euls .ii. mout grant paine y sofri. 
Ja fussent mort et leur homme honni, 
Quant vint Guill’ au corage hardi, 

Bernart son frere, qui tint le branc forbi, 
S'i fu Guerin et Guibers le peti. 

Chascun de ceuls sus Sarrazins feri. 

Par tout ou vont sont paiens desconfi. 

Li quens Guill la presse desrompi. 

Quant voit Butor, cele part se verti, 

Tel cop li donne sus le heaume burni 

Que jusques es dens le copa et fendi, 

Mort le trebuche du destrier arrabi. 

Puis fiert un autre, si que mort l’abati. - 
Quant Turc le voient, mout en sont esbahi ; 


40-41 Cp. 7148-7149 

CCXVI a. 3 E ii. mg. — 7 E li petit — 11 se] E est Cp. 
7183 — 12 Cp. 7190 — 13 E Que iusques es dens le copa et fendi 
E aj. Dedenz la char lacier li embati Siques au test le copa et 
fendi Mes enz el test mie nel conssiui Et nonporquant il fu si 
estourdi Que veulle ou non a la terre chaïi Adont enforce et la 
noise et le cri Li quens Guill’ sanz plus geter a lui Est passe outre 
sa le destrier guenchi Le roy Bynart a deuant lui choisi Qui 
Salemon auoit si acueilli Que en seschiele nauoït hom si hardi 
Qui de paour ne fust acouardi Mes li bon quens qui tant fu sei- 
gnori Le brant entoise com. hom mautalenti Par mi la teste Binart 
en feri si Que iuquel pis la char li pourfendi — 13 E mg.— 16 E 
sen sont si €. 


88 DE CCXVI 4 17 — CCXVIII 24 


Veillent ou non, sont arrier resorti; 
Car a ce cop sont mout espoéëri 
Et por le roy Butor sont afoibli, 
20 Que leur assaut en furent alenti. 
Fuiant s’en vont, l'un l’autre n’atendi, 
Quant leur soigneur mort virent. 


CCXVII 


Quant Butors fu a la terre cheüs, 
Dont veïssiez Sarr’ esperdus. 
As paveillons en sont fuiant venus. 
Mais un conroi est as nos acorus : 

5 Trente mil sont de cuvers mescreüs, 
Si les conduit Ysambars li chanus. [f] 
En sa compaigne avoit paiens cornus, 
Et conme chiens estoit chascun velus, 
Portent faussars et javelos agus 

10 Ettiex y ot cros de fer esmolus, 
Dont maint François fu le jor tiré jus. 
Nus ne les voit qui n’en soit esperdus. 
Dist l’un a l’autre : « Mar nous est avenus 
Pour ces deables, qui d’enffer sont issus. 


18 Æ Quar de; mout] E si — 20 Au lieu de ce vers E a les sept 
vers suivants : Quen ont porte si home et si ami Tout droit au 
port naure et maïilli En son dromon a grant plour lont couchie 
Forment maudient Guill’ et Aymeri Et trestouz ceus quil a enge- 
nui De ce sont si Sarrazins esbaubi Que li pluseur en ont lestour 
guerpi — 21 E aj. Tres que Butor en fu du champ raui — 22 E 
Et roy Bynart m. v. | 

CCXVII. 1-2 Cp. 7200-7201 — 2 E Dont oissiez et granz cris et 
granz hus Æ gj. Porte len ont ses amis et ses drus Siques au test 
ot le chief pourfendus Mes bien gueri quar bon mire a eus Et roy 
Bynart gist mort tout estendus Dont ueissiez Sarrazins esperdus 
_— 4-6 Cp. 7214-7216 — 4 E sus courus — 5 E Sarrazins m. — 
7 Cp. 7218—9-14 Cp. 7221-7226 — 11 E sachie 


15 


10 


15 


20 


= V. 7200-7236 89 


Car fust chascuns a un arbre pendus, 
Noiïés en mer ou ens u cors ferus 
Ou de lance ou d’espee! 


CCXVIII 


Quant François voient cele hideuse gent 
Qui sont cornu et noir com errement, 

Le plus hardi s’en esmaie forment. 

Dist l’un a l’autre : « Par le mien esciënt, 
Ce sont diable et maufé voirement. » 

Li quens Guill leur a dit docement : 

« Baron, » dist il, « n’aiez esmaiement ! 
Alons seur eulz si esforciément. » 

Qu'il n’i ait nul qui ne s’en espouent ! » 
Delés le conte fu Bernart en present, 
Hernaus li rous a l’aduré talent 
Et maint des autres dont ne tieng parlement. 
Sus paiens vont abandonneement; 

La ot occis des cornus plus de cent. 
Quant Ysambars a veü le torment, 

Le destrier point, qui ne va mie lent, 
Fiert un des nos, que l’auberc li desment, 
Mort l’abati a la terre senglant. 

Puis fiert un autre, si qu’a terre l’estent. 
En son langage a crié hautement : 

« Hui prenderont mout mal amendement 
Li Nerbonnois, se Mahom le conssent: 
Car ja de mort n’avront nul tensement. » 
Bernart l’oui, mes ne l’entent noïént. 


15 E parla gueule p. 

CCXVIIL. 1-6 Cp. 7228-7233 — 2 E aj. Et sont velu conme 
chien laidement — 10 Cp. 7234 — 11 Cp. 7236 — 12 E Et plu- 
seurs autres — 15 E aj. Que nos Francois orent fet de sa gent 


90 
25 


30 


10 


15 


27 E Desus; qui de] E ou le — 29 E Tout contre ual le cors par 


DE CCXVII 25 — CCXX 11 


Cele part vait tost et isnelement, 
Fiert le paien si aireement 
Sus le heäume, qui de fin or resplent, 
Sus le bras destre le branc d’acier descent, 
Copé li a et la cuise ensement, 
Si chiet a terre si engoisseusement 
Que tost perdi la vie. 


CCXIX 


Quant Bernart ot le Sarrazin occi, 
La oïssiez et grant noise et grant cri. 
La ot estour, nus hom si grant ne vi. 
Bien s’i aidierent nostre baron hardi, 
Et desus tous li enfant Aymeri. 
Chascun tenoit le branc d’acier forbi. 
Hernaus li rous a brochié l’arrabi, 
Des Sarrazins la presse derompi, 
Fiert Bradonas u heäume bruni, 

De ci es dens le copa et fendi, 

Mort du destrier a terre l’abati. 

Puis passe avant, son poindre parforni, 
Et si grant cop donne un Amoravi 
Que du cheval mort a terre chei. 
Mout sont paien la endroit esbahi; 
Si hautement ont huë et glati 


mi li fent 


CCXIX. 2etgr. n.] Æ mout gr. n.— 3-4 Cp.7277-7278— 5 E Et 
par sus Cp. 7279-7280 — 6-9 Cp. 7281-7284 — 9 E Brandonas 
sus le h. br. — 10 E De ci es d. Cp. 7292 — 11 E Mort le tre- 
buche Cp. 7287 — 12 Cp. 7289 — 13 Cp. 7291 — 14 E a terre 


mort — 16 Cp. 7304 


20 


25 


30 


10 


= V. 7277-7348 91 


Plus de .xx. m. sont cele part guenchi, 

Si les conduit l’aumaçour de Benti. 

El fort estour se metent aati, 

No gent occiënt li cuvert maleï; 

Maint bon vassal sont ileuques feni, 

Qui puis ne virent ne parent ne ami. 

La sont li nostre si forment alenti 

Que maugré eulz sont arrier resorti. 

Voit le Guil}, pres n’a le sens marri, 

« Nerbonne » crie, si qu’Aimeri l’oÿ 

Et Guibelin, qui estoit aveuc lui. 

Dist Aymeri : « Por Dieu qui ne menti, 

Car alons tost ou ce cri ai oÿ! » 

« Volentiers, sire, » chascun li respondi 
Qui entendi le conte. 


CCXX : 


Quens Aymeris point le destrier crenu. 
Si homme sont avec lui acouru ; 

N’i a celui ne tiengne le branc nu, 

Aus Sarrazins en paient le treü. 

La ot estour fierement maintenu. 
Romans tenoit el poing le branc molu, 
Et fiert Galafre desus son elme agu, 
Que flours et pierres en a jus abatu; 
Des cies dens a le Turc porfendu, 
Mort le trebuche en mi le pre herbu. 
Et Aymeri en a maint confondu, 


7 


17-25 Cp. 7306-7314 — 20 E Nos genz — 21 sont] E est — 
22 E vit — 25 E aj. De mautalent tout le sanc li fremi — 26 Cp. 
7315-7316 — 27 E qui niert pas loinz de lui — 30 Cp. 7322 

CCXX. 1 E Quant; ÆE cueru — 6-10 Cp. 7344-7348 — 9 E 
Siques espaulles 


92 


15 


20 


10 


DE CCXX 12—CCXXIII II 


Dusqu’a Guïil! en sont ferant venu. 
Quant li quens a son pere conneü, 
Savoir poëz que mout joiant en fu. 
« Pere, » dist il, « bien m’avez secouru. » 
A tant se sont entre paiens feru. 
Li quens Guil}’, qui mout ot de vertu, 
Fiert un paien, qui ot non Moragu..… 
Mes tost en fu le guerredon rendu: 
Car Guibers l’a du branc d'acier feru 
Un cop si grant, qu’il li a espandu 
Tout le cervel, le heäume rompu : 
Cis chiet mors a la terre. 


CCXXII 


Beaus fu li jors, mes bas fu li solaus. 
No gent greva la poudriere et li chaus. 
En l’estour fu Aymeri li vassax. 

Il tint l’espee qui trenche conme faus, 
Vers lui ne dure ne chevelu ne chax, 
Ne l’ose atendre ne li bas ne li haus. 
Et si enfant faisoient tiex assaus 
Contre paiens, les felons desloiaus, 
Ja s’en fouissent, ne fust li amiraus, 


Qui haut escriënt : « Franc Sarrazin, a aus! 


Vengons Mahom et nos amis charnaus! 
Tuons François de haches et de max!» 


[b] 


14 Cp. 7369 — 17 Cp. 7379 — 18 Cp. 79381 — 19 E len —22E ct 
le h. fendu E aj. Son cop estort si la ius abatu — 23 Æ Tout san- 
glent morta t. 
CCXXI mg. dans DE. 
CCXXII 1-6 Cp. 7448-7453 — 1 E leuez fu 4 E qui plus tren- 
che que faus — 8 E li cuuert — 9 Cp. 7454 — 10 E pe sescria 
Cp. 7459 — 11 Cp. 7461 — 12 Cp. 7460 


15 


æ v. 7369-7479 _ 95 


Lors reconmence l’estour et li enchaus, 
Paien desrengent ainssi conme gierfaus, 
Sonnent buisines et les cors de metaus, 

Si ont sonnetes devant a leur poitraus 

Et ont lorains et frans a leur chevax, 

Qui si cler sonnent et par mouz et par vax, 
Toute en tentist.la marine et li gaus. 


20 Aveuques eulz fu li rois Escorfax 


25 


10 


Et Desramez, s’i fu li rois Tiebaus. 
Se ne fust Dieus le pere esperitaus 
Et Aymeris, Guillaumes et Hernaus 
Et mains des autres qui soufrirent grans maus, 
Il y fust mors mains princes naturaus, 
De que ce fust domages. 


CCXXIII 


Grant fu la noïse, le cri et la huëée. 

Li amiraus a sa gent raünee. 

El grant estour et en la fort mellee 

.[i. cens buisines sonnent de randonnee, 
Si qu’en tentist li mons et la valee. 

Li rois Tiebaut vint en cele assemblee 

Et Desramez le resne abandonnee, 

Et après eulz de la gent desfaee 

Plus de .xx. mile chascuns la teste armee. 
Es nos se sont feru sans demoree. 

La ot tel cri et tel noise menee 


14-19 Cp. 7462-7467 — 14 E aussi — 15 les E] granz — 17 E 
1. de soie E aj. Frains sourorez dor tres especiaus — 18 E Tel 
frainte mainent — 21 E Et Desrame et son neueu T. — 22 Cp. 
7468 — 23-24 Cp. 7470-7471 — 24 E mout maus — 26 E De quiex 

CCXXIIL. 1-2 Cp. 7474-7475 — 2 E aunee — 3-5 Cp. 7477-7479 


94 


15 


20 


25 


30 


DE EXXIII 12 — CCXXIV 40 


C’on les oïst de demie jornee. 
D'autre part vint o ceulz de sa contree 
Gysfrois d’Anjo a la chiere mémbree 
Et Salemons, a qui proësce agree. 
Hues li quens, qui bien fiert de l'espee. 
Cil se sont mis entre la gent desvee, 
Chascun y fiert par mout grant aïree. 
De toutes pars fu « Monjoie » criée. 
La ont paien eü corte duree. 
Car li François furent gent aduree 
Et de ferir duite et entalentee. 
Aus paiens copent maïint pis, mainte coree, 
Plus de .x. m. en gisent en la pree, 
Dont n’i a nul qui n’ait l’ame sevree. 
Diënt paien : « Ci a paisme jornee ! 
Haï! Mahom, com dure destinee! 
Vostre puissance soit hui deshonnoree, 
Quant ainssi est vo gent a perte alee 
Et ne leur aïdiez mie! » 


CCXXIV 


En grant doleur furent li mescreant, 

Mahom maudiënt et leur dieu Tervagant, 

Quant ne leur sont a ce besoing aidant. 

A leur pooir s’aloient desfendant, 

Mes ne leur vaut la monte d’un besant, [c] 
Car li enfant Aymeri le vaillant 

Et Salemons, Gifrois au poil ferrant, 

Tant en occiënt com leur vient a talent. 


12 E ooit — 13 Cp. 7488 — 14-15 Cp. 7493 — 19 E est M. escriee 


— 20-22 Cp. 7500-7502 — 23 Cp. 7505 — 26-28 Cp. 7506-7508 


— 27 E Ha Mahomet 
CCXXIV. 1-2 Cp. 7509-7510 . 


10 


15 


20 


30 


35 


= v. 7488-7575 95 


Quant paien voient qu’il n’i aront garant, 
En fuies tornent, que n’i vont delaiant; 
La nostre gent les vont de pres siuiant. 
À tant es vous leur seigneur l’amirant, 
Tint une espee afilee et trenchant. 

En la grant presse occist un Alemant, 
Droon le viel et Fouquart le Normant. 
Voit le Aymeri, cele part vint brochant, 
Du brant d'acier le fiert par mautalant 
Su le heäume qu’il ot a or luisant, 

Mes ne l’empire un denier vaillissant; 
Li brans descent conme foudre bruiant, 
Quanqu'il ataint vait contre val rasant, 
Mais en la char nel toucha tant ne quant. 
Voit le Aymeri, s’en ot le cuer dolant, 
Dist a s’espee : « On te seult prisier tant! 
Or ne vaus pas la montance d’un gant. » 
Devant lui garde, voit le roy Boïdant, 
Qui avoit mort Sohier le Tolusant. 

Dist Aimeri : « Ne t’en iras gabant! » 
Desus son elme li donne un cop pesant, 
Dusqu’es arçons l’ala tout porfendant. 
Paien le voient, mout en sont esmaiant: 
Vers l’amiraut se traient li auquant. 


Mes ja por lui n’avront de mort garant, 


De toutes pars les veïst on fuiant. 
Es vous Guil/ et Guibelin l'enfant 
Et Aÿmer et Bernart de Brubant, 
Hernaut le rouz a l’aduré talant 

Et d’Anseüne Guerin le combatant, 
Gysfroy d’Anjo, Salemon le sachant ; 


40 Truevent Clargis le neveu l’amirant, 


10 E fuie — 13-15 Cp. 7544-7546 — 16-19 Cp. 7548-7551 — 18 E 
Desus — 23 Cp. 9554 — 24 Cp. 7556 — 25-33 Cp. 7558-7566 — 
26 E Boidiant — 27 E Toulousant — 35-37 Cp. 7571-7573 — 36 
ÆE Aymeri — 39- 40 Cp. 7574-7575 


96 DE CCXXIV 41 =— CCXXVI 13 


Et Guibelin vait cele part courant, 

Desus la targe li donne un cop pesant; 

Mais Damedieu fu le paien aïdant, 

Si qu’il n’i fu onques estrier perdant, 
45  Ains s’en torna en fuies. 


CCXXV 


Clargis s’en fuit, car Diex le delivra. 
Puis ot bautesme et mout les nos aida, 
Si com l’estoire après le contera. 
A po de gent vers la mer chevaucha, 

5 Et l’amiraut après lui s’arrouta, 
En sa navie tantost entrer cuida, 
Mais Aymeri au devant li ala. 
Dist a sa gent : « Seignor, or i parra ! 
S’il nous eschape, grant domage sera. » 

10 Qui lors veïst com chascun se hasta ! 
Mains vaillans hons après euls s’arouta, 
Et l’amirant adès esperonna. [d] 
Aymeri point et le branc entesa, 

Sus son hëaume l’amiraut assena, 

15 Que flours et pierres a val en trebucha; 
Et nonporquant de riens ne l’empira: 
Tout contre val l’espee devala, 

Al bon destrier le col par mi copa. 
L’amiraut chiet, mes tost se releva ; 

20 Il trait s'espee, vers Aÿmer s’en va, 

En son destrier maintenant la bouta : 


41-43 Cp. 9578-7580 — 43 E au p. 

CCXXV. 2 E et as noz m. a. — 6 Cp. 7600 — 7 Cp. 7602 — 
8-10 Cp. 7605-7607 — 12 Cp. 7608 — 13-16 Cp. 7621-7624 — 
14 E Deus — 17-18 Cp. 7626-7627 — 19 Cp. 7628-7629 — 20 Cp 
7630 — 21-25 Cp. 7632-7636 — 20 E lespee — 21 la] D se 


— V. 7578-7660 97 


Il chaï mors, et Aymeri verssa. 
Endementiers l’amiraus esgarda 
Un bon destrier, que sans seigneur trova; 


25 Au frain le prist et par l’estrier monta. 


30 


10 


Lui quars de rois maintenant s’en tourna, 
Forment li poise de ceuls que il laissa, 
En sa galie erranment s’en entra, 
Mahonmet jure qu’encor se vengera 
Et qu'a Nerbonne autre fois revendra. 
Verité fu, que de riens ne faussa, 
Car Aymeri en après courouça, 
Si com l'estoire après devisera, 

Au siege de Barbastre. 


CCXXVI 


Li amiraus entra en sa galie, 

Lui quars de rois de la gent paiennie. 
Li vis deable tant les conduist et guie 
Qu'’arrivé sont en terre de Perssie. 
Conment qu’il aille, cil sont a garantie. 
Et rois Tieb’ torna d’autre partie 

Et Desramez a mout grant compaignie ; 
Droit a Orenges ont lor voie aquillie, 
Mais ains .ii. ans, tant ne demora mie, 
Passerent mer por porchacier aïe. 

Mais d’eulz lairons dusqu’a une autre fie, 
Si conterons de nostre baronnie, 

Qui sont u champ entre la gent haïe. 


26 Cp. 7640 — 27 E de ce — 28 Cp. 7643 — 29 Cp. 7647 — 30- 
32 Cp. 7640-7651 — 31 E nen — 33 Cp. 7653 — 34 Cp. 7652 

CCXXVL 1-5 Cp. 7656-7660 — 4 E regne — 6 E aj. Et roy 
Butor ala en Pyncernie — 10 aïe] Æ Candie 


Tome II. 7 


O8 


15 


20 


10 


15 


DE CCXXVI 14 — CCXXXVII 10 


Tous les ont mors a deul et a haschie, 
.XL. mil en perdirent la vie. 
Et qui volt croire u filz sainte Marie, 
Bautizié fu lendemain ainz complie ; 
Clargis le fu et dis de sa mesnie, 
Fourrez li mires ou Aymeris se fie. 
Lors a grant joie Hermengars de Pavie ; 
Ausi ont touz les autres. 


CCXXVII 


Quant la bataille et l’estor ont finé 

Et Sarrazins furent tout decopé, 

Plus de .xx. m. en gisent mort el pre, 
Mout grant avoir ont no gent conquesté, 
Que li paien y orent aporté, 

Mainte armeüre, maint destrier abrivé ; 
D'or et d’argent ont aussi grant plenté 
Qu'il n’i a nul qui n’ait joie mené. 

Lors a Guill’ un olifant sonné, [e] 
Et Crestiën sont aus tentes alé; 

Ileuc se sont maintenant desarmé, 

Car mout estoient traveillié et lasé. 

Es paveillons qui furent l’amiré 
Treuvent viandes et pyment et claré. 
Dame Ermeng' issi de la cité, 

Chascun baron a mout bel saluë 

Et du secors les a mout mercié 

Et ses enfans baïsiés par amistié. 


14 E mg. Cp. 7663 — 17 Cp. 7670 — 18-19 Cp. 7667-7668 — 
20 E ot 

CCXXVIT. 1-5 Cp. 7672-7676 — 1 E fuf. — 6 E afeutre Cp. 
7680-7681 — 7 Cp. 7678 — 8-11 Cp. 7683-7686 — 12 E pene Cp. 
7688 — 13-14 Cp. 7690-7691 — 14 E uitaille — 15 Cp. 7697 — 
16-17 Cp. 7700-7701 — 18 Cp. 7704 


20 


25 


30 


35 


10 


— v. 7603-7055, 99 


.Ji. jours entiers ont ileuc sejorné, 
Dame Ermeng’ leur a maint don donné. 
Après se sont mout tost acheminé. 

Li quens d’Anjo s’en vait en son regné, 
Et en Bretaigne Salemon l’alosé. 
Chascun en maine avec soi grant barné; 


_Aymeri ont a Jhesu conmandé 


Et ses enfans ou mout avoit bonté. 
Mes a Guill’ a il forment pesé 
Qu’encor ne sont ileuques arresté, 
Tant qu’il eüssent a Orenges esté; 
Mes il n’en a ne touchié ne parlé, 
Por ce qu’il ont longuement demoré 
Et que mout sont traveillié et pené. 
Mes bien pensa, se Diex l’a destiné, 
C'une autre foiz y avra recovré, 

Se Diex force l’en donne. 


CCXXXVII 


Or vont en France li chevalier vaillant. 
Mout furent lié : mort sont li mescreant. 
Et en Nerbone sont li conte puissant, 
Mais mout petit i furent sejornant. 

Car Aÿmers a l’aduré talant 

S'en est ralez en Venisse la grant; 

La guerroia paiens tout son vivant. 
Bernars l’ainsnez s’en revait a Brubant, 
Hernalz li rous a Gironde errant : 

Icis tint puis Orliens en son conmant. 


23 E le sene — 26 E mg. — 28 E la endroit a. — 32 E lasse 
CCXXVIII-CCXXXVI mg. dans DE 
CCXXXVII. 1 Cp. 7949 — 6 Cp. 7951 — 7 Cp. 7953 — 8 E en 
Br. Cp. 7950 — 9 Cp. 7955 


100 DE CCXXXVII 11 — CCXXXIX 21 


Vers Ansseüne vait Guerins chevauchant, 
Grant gent en maine hardie et combatant ; 
Mais Sarrazins les furent espiant : 
__ .X. mil ou plus par le mien esciant 
15 Sus leur corurent a un tertre passant; 
La furent mort chevalier et serjant, 
Et Guerins pris et menez maintenant 
De Marados, un felon souduiant, 
Qui puis le tint .vii. ans en un tenant; 
20 Puis fu delivres, com orois ci avant, 
Li paiens mors et si apartenant. 
Mais n'en ferai ore plus parlemant, 
Ains conterai de Guill’ briemant 
Conmant rala en France. 


CCXXXIX 


A Nerbone fu li quens Aymeris, 
Guibers li preuz, Guill’ le marchis, [f] 
Mais n'i fu pas Bueves de Comarchis, 
Car essoigne ot de garder son pais 

5 Contre la gent de cui il fu haïs. 
Ce fu el mois que yvers est faillis, 
Que il fet chaut et le temps est jolis. 
Sejorné orent .iiii. mois acomplis. 
Guil! fu ens el palais voltis 

10 Et Aymeris, Hermeng’ la gentis. 
Entr'euz parolent et diënt leur avis 
De dame Orable, de Tiebaut l’Arabis ; 
Aler sour eulz velt Guill’ au fier vis. 


12 E granz gens — 16 E aj. à la marge Mors fu Romans et auec 
lui auquant 


CCXXXVIII mg. dans DE. 
CCXXXIX. 4 Cp. 7968 — 8 Cp. 8052 — 11 e 8054 


— y. 7968-8054 | LOI 


Si com chascuns en disoit son avis, 

15 De par K!'n leur fu un mes tramis, 
Que li rois est si forment aflebis 
Qu'il est boisiez de trestouz ses subgis, 
Et que pour Dieu qui fu en la crois mis 
Li soit Guill’ a ce besoig amis, 

20 Ou le royaume ne tendra ja ses fis, 

Ains aut querre autre terre. 


14 E ses plaisirs — 18 E enla cr. fu — 20-21 E a au lieu de ces 
deux vers les suivants : Li quens en iure Ihesu de paradis Naura 
repos ne par nuit ne par dis Dusques a tant au roy iert reuertis 
Lors fait trousser et mules et roncis Isnelement sest a la uoie 
mis Droit vers Ais la Chapelle | 





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[TI 


DÉPARTEMENT DES FILS D’AIMERI 


(BIBL. NAT., FR. 1448) 


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10 


15 


20 


APPENDICE III 


DÉPARTEMENT DES FILS D’AIMERI 


(BIBL. NAT., FR. 1448) 


Quant Aymeris fut venus a Nerbone, [#7 a] 
Grant joie an fait Ermanjars et si home. 

Il regardait antor a la reonde, 

Ses anfans voit, si grant joie n’ot onkes. 
Bernart l’anneit fieremant araisone. 

« Par Deu, biau filz, jel teig a grant vergoigne, 
Kant atandeiz nule part an Nerbone. 

Foi ke je doi a saint Piere de Rome, 

Jai n’en avreiz le vaillant d’une pome! 

Droit a Brubant en aleiz o .c. homes, [b] 
Des chevaliers ceolz ke plus chier avome! 

Un duc i ait de molt fire persone ; 

Une fille ait, n’ait tele tres c’a Rome. 

A duc ireiz rover k’il la vos doigne. » 

Respont Bernars : « Volentiers i ironme. 

Des k'il vos plait, nel lairai por nul home. » 
Ses chevaliers maintenant araixonne. 

« Seignor bairon, por saint Piere de Rome, 
Meteiz vos seles maintenant, s’an irome. » 

« Volentiers, sire ! » si respondent si home. 

À ces paroles ke nos ci vos dixonme 


4 7 voit toz ses anfans — 10 home 


106 DÉPARTEMENT 


Vient Ermanjars; telz dame ne fui onkes. 
Ou k’elle voit Bernart, si l’araisone. 


IT 


La gentil dame, ke molt fist a proisier, 
25 Vint a Bernart, son fil cui ele ot chier. 
« Biaz filz, » dist ele, « ou deveiz chevaichier ? » 
« Dame, » dist il, « a celer nel vos quier : 
Droit a Brubant irai san delaier, 
Si m’i anvoie dant Aymeris li viez. 
30 A duc irai, ke molt fait a proisier, 
Se li dirai, a celer nel vos quier, 
Cuens Aymeris m’ait a lui anvoié, 
Ke il sa fille me doigneit a moillier. » 
Dist Ermanjars : « Jhesus t’en puist aidier! 
35 Je te donrai d’astrainne .iii. somiers, 
Ke tuit seront d’or et d’arjant chargié, 
Kant te vanrès droit a Brubant al cié 
Ke ne te gabent cil baron chevalier. » 
Respont Bernars : « .C. mercis en aiïez! » 
40 A icest mot devalent le planchier; 
An mi la place trueve ses chevaliers, 
Ke tuit estoient d’errer aparilié. 
Bernars se monte sor un corant destrier, 
Puis si ait pris a son peire congié 
45 Eta ces freires, cui il aime et tient chier, 
Et a sa meire ; car il nel vot laisier. 
La gentis dame, ke molt fist a prosier, 
Li presantait tantost les .iii. somiers. 
A tant s'en torne, d’au toz ait pris congié. 


22 Viet — 35 somier — 37 al] ms. la — 41 ch’r 


50 


55 


60 


65 


79 


80 


DES FILS D'AIMERI 107 


III 


Vait s’en Bernars. Deus li soit an aïe! 

De ses jornees ne vos sai conter mie. 

Tant esploitait la riche baronie | [c| 
K’il ont Brubant et veüe et choisie. 

« Dex! » dist Bernars, « dame sainte Marie! 
Ki vit ainz mais citeit si tres nobile ! » 

A ces paroles s’en antrent an la ville, 

Tres c’al palais ne s’aresterent mie, 

A pié descendent par desoz une olive, 

Les degreiz montent de la saule votie, 
Truevent le duc, o lui sa baronie. 

Il le salue de Deu le fil Marie : 

« Quens Aymeris vos mande, biau dou sire, 
Ke me doneiz vo fille l’eschevie. 

Servirai vos toz les jors de ma vie. » 
Respont li dus : « Je ne le refus mie. » 

A ces paroles ke je ci vos devise 

Ez la pucele ke on palais c’est mise, 

Ke de Bernart novelle avoit oïe. 

Voit le li peires, se li comance a dire : 

« Doné vos ai bairon, ma belle fille. » 

Dit la pucele : « Nonmeiz le moi, biau sire ! » 
Et dist li dus : « Nel vos celerai mic : 

Ceu est Bernars de Nerbone la riche, 

Filz Aymerit k’en ait la seignorie. » 

« Sire, » dist ele, « je ne le refus mie. » 
Tantost manderent l’esveske de la vile, 

Et il i vint, ke ne le laisait mie. 

Bernars tantost l’ait juree et plevie, 

Et l’ondemain la messe chanter firent. 
Granz sont les noces an la saule votie, 

Ainz de si riches nul jor paler n'oïstes. 
Premiere nuit k’il geut avoc s’amie 


108 DÉPARTEMENT 


Fut anjandrés Bertrans li quens nobile, 

Et l’ondemain par son l'aube esclarie 
85 Vont oïr messe droit a la maïistre eglise. 

Or vos lairai de Bernart le nobile 

Et de sa fame, cui Jhesus benoïe. 


IV 


Or vos lairai de Bernart le bairon 

Et de sa fame, cui Jhesus gran bien doinst, 
90 Et d'Aymerit huè maix vos chanteron. 

Li quens estoit a Nerbone on donjon, 

Avockes lui estoient si bairon. 

A tant ez vos un pamier on donjon. 

« Sire, » dist il, « Jhesus grant bien vos donst! [d] 
95 L'autre soir fui a Bruban on donjon; 

Li dus donait sa fille a un baïron, 

Bernart l’apellent chevalier et garson. » 

Aymeris l’ot, si grant joie n’ot on. 


V 


Aymeris fut an Nerbone la large. 
100 Ensamble o lui avoit molt grant barnaige. 
Entor lui ait regardeit a estaige, 
Voit ses .vi. filz, maintenant les araine. 
« Anfans, » dist il, « jel teig a grant outraige, 
Kant antandeiz part an mon aretaige. 
105 A vos le di, Garin a cler visaige : 
Jai n’en areiz ke un soul denier vaille! 
Mais aleiz an an Bawiere la large 
Droit a Naymon, le duc de fier coraige, 


89 doist — 107 an an] ms. an 


DES FILS D’AIMERI 109 


Et se li dittes san nul autre arestaige 
110 Ke il vos doinst sa fille an mariage, 
Et d’Anseüne le port et le rivaige 
Ke Sarrazin ont an lor aretaige. 
Meneiz o vos .m. chevaliers as armes : 
Aideront vos a conquerre la marche. » 
115 Garins respont : « Volentiers, par saint Jaike! » 
.M. chevaliers prist li anfes as armes, 
À destrier monte, de niant ne s'atarge, 
Congié ait pris de son peire et des autres : 
I1 le comandent a Deu l’esperitable. 
120 À tant s’an torne, de niant ne s’atarge. 
Tant ont alé san nul autre arestage, 
Ke sont venu an Bawire la large. 
Toz les degreiz monterent an la saule, 
Naymon troverent, le duc a la gran barbe. 
125 Il le salue, de niant ne s’atarge : 
« Deu vos saut, sire, et tot vostre barnaïge ! 
Salut voz mande quens Aymeris li saige, 
Et si vos prie, n’en quier mençoigne faire, 
Ke me doneiz vostre fille Eüstace, 
130 Et d’Anseüne le port et le rivaige, 
Ke paien tienent a lor droit aretaige, 
Si me chargiez .x. m. homes as armes 
Por chalongier Anceüne et la marche. » 
Naymes respont, li dus au franc coraige : 
135 « Frans damoiselz, molt iés de haut parage. 
Or voz donrai ma fille a cler visaige : [$8 a] 
I] n’ait si belle tres c’as pors de Cartaige. » 
Sa fille mande, qui molt iert prous et saige, 
Et elle i vint san nul autre arestaige. 
140 Naïimes li dist : « Ma belle fille saige, 
Doner vos voil baron de haut parage : 
Non ait Gaïirin, fil Aymerit le saige. » 


118 autre — 134 li] ms. 1 — 139 nule 


110 DÉPARTEMENT 


VI 


Naymes apelle sa fille o le chief blon. 
« Belle, » dist il, « doné vos ai bairon. » 
145 « Sire, » dist ele, « a Deu beneïson ! » 
Tantost manderent l’arceveske Sanson; 
Lai la fiance san nule arestison, 
Et l’ondemain la messe chanteit on. 
Grant fuit la joie on palais contre mon. 
150 De cele dame ke nos si devison 
Fuit Viviëns a la cleire facon. 
.Viii. jors sejornent deleiz le duc Nainmon, 
À .viiii. me part et o lui seu bairon. 
Sa fame an moine a la cleire facon. 
155 Li dus li baïle .x. m. compaignons. 
A tant s'an tornent a cointe d’esperon, 
Passent les vals et les puis et les mons, 
Tan esploiterent k'Anceüne veue on. 
Garins apelle a lui ses compaignons : 
160 « En icel brulz illuec nos anbuschon. 
A Anceüne .c. chevalier iront 
Ke par devant ouz la proie amoinront. » 
Li .c. s’an tornent sans nule arestison, 
Tres c’ai la vile arestee ne font, 
165 La proie acoïllent d’antor et d'anviron. 
Paien le voient, a cuer en ont frison, 
As armes courent maintenant li gloton, 
De la ville issent ke ainz ainz a tançon, 
Les nos anchausent a cointe d’esperon. 
170 Mais li agais lor saut de grant randon, 
Arier les moinent, cui Ke poist ne cui non, 
Par mi les portes les metent a bandon. 


153 À .viiii. uime san part — 155 et 159 compaignon — 16a 
cel — 171 Arien 


DES FILS D’AIMERI III 


Avoc auz antrent no chevalier bairon, 
La ville pranent, la tor et le donjon, 

175 De Sarrazins font grant occision. 
D’auz vos lairai, car il n’ont si bien non, 
Si vos dirons d’Aymerit le bairon. 


VII 


A Nerbone iere Aymeris li marchis. [b] 
Ansamble o lui avoit .v. de ses filz. 
180 Ernalt le rous a apeller an prist. 
« Par Deu, Ernalt, molt grant folie aït si, 
Quant atandeiz partie an mon païs. 
Jai n’en areiz ke vaille un parasis. 
Mais aleiz an an Geronde on païs : 
185 Un conte i ait ke molt par est gentis ; 
Mais assis l’ont paien et Arabi. 
Une fille ait ki ait a non Biatrix ; 
[1 n'ait si saige des ci a saint Denis. » 
Respont Arnals : « Volentiers, non anvis. » 
190 .M. chevaliers a apeller ait pris. 
« Meteiz vos seles, s’an vanreiz avoc mi.» 
« Volentiers, sire, » li chevalier ont dit. 
A ces paroles dou palais sont hissi, 
Lors seles metent, as chevalz se sont pris, 
195 Congiet ont pris de trestoz lor amins; 
A tant s’en tornent, ke n’i ont terme quis. 
Tant chevaicherent par puis et par laris 
Ke de Geronde voient les murs antis 
Et le grant siege des paiens maleïs. 
200 Hernaus ses homes a apeller anprist : 
« Or tost as armes, franc chevalier gentil ! 
Paien mainjuënt : si bien les asailis, 
An petit d’oure les arons desconfis. » 
À tant s’armerent li chevalier de pris, 


112 DÉPARTEMENT 


205 Puis s’an tornerent le pandant d’un laris. 
Tant esploiterent k’en loges se sont mis. 
N’en sorent mot paien nen Arabi, 

Tant k’il en orent plus de .x. m. ossi. 
Kant Sarrazin voient k’il sont soupris, 

210 En fuie tornent, les frainz a bandon mis. 
Cil les enchausent .v. lues, voire .vi., 
Puis s’an retornent no chevalier de pris. 
Dedans la ville maintenant se sont mis. 
Ancontre vient li prous quens Savaris; 

215 Ernalt baisaït et la bouche et le vis. 

« Sire, » dist il, « don iés, de kel païs, 
Ke ais ocis nos mortelz anemins? » 
Hernaus respont : « Je suix filz Aymeri. 
A vos m'envoie li frans quens poëstis, 

220 Ke me doneis vo fille Biätri. » [c] 
Respont li quens : « Volantiers, non anvis. » 
A ces paroles on palais se sont mis, 
Maintenant mandent l’esveske de la cit, 
Et il i vint, ainz n’i ot contredit. 

225 An une chambre ansamble se sont mis, 
Lai ou la dame se seoit an un lit; 

Lai les fiance a la loi del païs, 
Et l’ondemain la mase chanter fist. 
Grans sont les noces el palais signori. 

230 D’aus vos lairay, si dirons d’Ainmerit, 

K’a Nerbone iere o .iiit. de ses filz. 


VIII 


À Nerbone iere Aymeris li vaillans, 

Ensamble o lui .iïii. de ses anfanz. 

Li quens apelle Guillelme le plus grant 
235 Et Aimer et Buevon le saichant, 

Puis lor aït dit hautemant en oiant : 


DES FILS D’AIMERI 113 


« Voz en ireiz an France la devant. 
Dites a roi terre vos voist donant ; 
Car de Nerbone n’aireiz ke vaille un gan. » 

240 « Volentiers, sire, » se diënt li anfant. 

A tant s’en tornent, n’i font arestemant ; 
Avoc auz moinent chevaliers tres c’a .c. 
Puis sont monté desor les auferrans, 
Congié ont pris a Aymerit le blanc 

245 Et a lor meire, ke ploure tanremant, 

Puis s’an tornerent a esperons broichant. 
Tant trespasserent tertres et derubans 
K’a Paris vinrent, cele citeit vaillan. 
Devant la saule descendent maintenant ; 

250 Charle troverent en son paillais seant. 

I] le saluënt de Deu le roi poissant, 
Charles les voit, grant joie en vait menant, 
Plus de .c. fois vait Guillelme baisant. 

I] li demande : « Ke sont cil dui anfant? » 

255 « Se sont mi freire, ampereres poissant, 

Ses voz anvoie Aymeris li ferrans, 

Ke lor doneiz ou terre ou chasemant. » 
A ces paroles estez voz Elisant, 

Fille iert Yon de Gascoigne la grant; 

260 Mors iert ses peires, bien ait .ii. mois pasant ; 
Marit vient kerre a Charle le vaillant. 
Droit a pairon descendi maintenant. [d] 
Les degreiz monte sus on palais plus grant, 
Le roi salue, se li dist maintenant : 

265 « Sire, » dist elle, « k’eroïie je selant ? 

Mors est mes peires; un marit vos deman. » 
Li rois la prant par la maïn maintenant, 
Buevon apelle, se li dit en oiant : 

« Tien ceste dame a moillier maintenant! » 

270 « Sire, » dist il, «.c. mercis vos an rant. » 


243 auferrant — 247 deruban — 255 ampes 
Tome Il. | 8 


114 DÉPARTEMENT DES FILS D’AIMERI 


L’esveske mande, ses espouse erranmant, 
Et l’ondemain san nul delaiemant 
Lor chante messe li esveske Herman. 
Granz sont les noces el plus haut mandemant. 
275 .Viii. jors durerent les noces voireman, 
Et a nuevime san nul aresteman 
S’an part dus Bueves et sa fame assimant. 
Tant esploterent san nul delaiemant, 
K’ai Comarci sont venu liémant. 
280 La anjandraiït Gerat o le cors gent 
Et an l’autre an Guiélin le vaillant. 
Tant les garderent ke il orent .xii. anz, 
Puis les anvoient Guillelme le vaillant 
Droit a Paris ou il est sejornant. 
285 D’aus vos lairai des ici en avant, 
Si voz dirons de Bérnart de Bruban, 
Ki en apelle le sien chier fil Bertran. 
« Biauz filz, » dist il, « entandeiz mon sanblan ! 
Aleiz servir Charle le roi poissant ! 
290 Lai trovereiz Guillelme le vaillant. » 
« Sire, » dist il, « a Deu comandemant! » 
De lui lairons des ici en avant, 
Si vos dirons d'Aÿmer le vaillant, 
K’a la cort iere Charle le roi poissant. 
295 Li rois apelle le donzel avenant. 
« Amins, » dist il, « or tost veneiz avant, 
Se reseveiz armes de maintenant. » 
« Sire, » dist il, « je n’an ferai niant, 
Ainz m’an irai a Nerbone la grant. » 
300 A tant s’an torne san nul delaiemant, 
Tres c’a Nerbone n'i fist arestemant. 
Or voz dirai de Guillelme au cors gent, 
Com coronna Loeÿ hauteman. 


277 parti—280 Cele nuit aniandrait—281 ms. 7 anlautrea Guieli 
le v. 


IV 


LES RUBRIQUES DU ROMAN EN PROSE 
DE GUILLAUME D'ORANGE 


A BIBL. NAT., FR. 1497 — B BIBL. NAT., FR. 796 


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APPENDICE IV 


LES RUBRIQUES DU ROMAN EN PROSE 
DE GUILLAUME D'ORANGE 


A BIBL. NAT., FR. 1407 — B BIBL. NAT., FR. 700 


[CHar. 1] 


Aur= B 1e [sans rubrique]. 


[CHap. 2] 


A 5° = B 4°. Comment Aymery de Beaulande con- 
quist la cité de Nerbonne par assault a l’aide des jeunes 
chevalliers de France et d’Alemaigne [B comme s’en- 
siut|. | 


[CHar. 3] 

9" = 7d. Comment Aymery de Nerbonne envoia 
demender la fille du roi Boniface de Lombardie pour 
avoir [B le] en mariaige. 

[CHap. 4] 


217 — 15d, Comment le conte Clisson fut occiz par 
les gens du conte Aymery de Nerbonne et ses hommes 
mors, chaciez et pris. 

[CHap. 5] 


24 = 182. Comment la cité de Nerbonne fut assigiee 


118 RUBRIQUES 


des Sarrasins par le pourchas de .ii. rois qui de la cité 
s’estoient partis pour aller querir [A le] secours. 
[CHar. 6] 


30Y — 222, Comment Aymery de Nerbonne espousa 
la damoyselle Esmengart, fille du roy Boniface de 
Lombardie. 


[CHap. 7] 


321 — 22d, [B Cy apres s’ensiut] Comment Aymery 
de Nerbonne envoia servir ses fils [A en France], en 
Lombardie et en Gascoigne. 


[CHap. 8] 


35Y = 25b, Comment les .iiii. enfans Aymery s’entre- 
mirent de faire a Paris Charlemeine l'office que leur 
pere leur avoit ordonné par maniere d’esbatement. 


[CHap. 0] 


43% = 3ot. Comment l’evesque d'Avignon s’ala com- 
plaindre a Charlemeiïine de son fourrier, qui si rudement 
l'avoit de son hostel deslogié. 


CHap. 10] 


48Y = 330. Comment les Sarrasins vindrent assegier 
la cité de Nerbonne, quant ilz sceurent que Aymery 
mist ses enffans hors de sa compaignie. 


[CHap. 11] 


57* = 39t. Comment Guibelins le filz Aymery fut pris 


5 par] B pour — 6 B Hemengart — 10 À Nerbonnne 


DU ROMAN EN PROSE 119 


des Sarrasins et emmené prisonnier maulgré les Cres- 
tiéns. 


[CHar. 12] 


60" — 41c. Comment l'amiral Desramé juga Guibellin 
de Nerbonne a mourir, et comment Aymery son pere 
le rescouy de mort par force d'armes [B comme s’en- 
siut|. 


[CHar. 13] 
67 = 46b. Comment Clargis et Lucion le bon medi- 
cin furent delivrez de la prison Aymery de Nerbonne. 
[CHaP. 14] 


72% = 5ob. Comment Guibert de Nerbonne fut receu 
a Paris de l’empereur Charlemeïine et de ses freres, 
qu’il amena au secours de leur pere Aymery. 


[Cuap. 15] 


74" = 51b. Comment Desramé [B l'amiral] doubtant 
le secours de France, que Guibelin [B et Gallerant] ala 
querir, cuida prendre par assault la cité de Nerbonne 
ce [A temps] pendant. 


[CHaP. 16] 


77% = 53c. Comment le sieige de Nerbonne fut par 
force levé et l’amiral Desramez et Fernagus d’Arrabe 
mors et les Sarrassins descumfis et chaciés. 


[CHap. 17] 


86 = 59b. Comment Desramez, le filz l’amiral Des- 


13 B Luccion — 14 B Guibelin; pere] B peur — 15 B allerent 


120 RUBRIQUES 


ramés, Thibaut d’Arrabe, filz Fernagus le vielx, et 
Erotiet, filz Erofle de Tartarie, furent couronnés après 
leurs peres, qui mors furent au sieige de Nerbonne. 


[CHar. 18] 


87 — 60% Cy commence l’istoire a parler du jeune 
Desramé, du jeune Thibault, filz Fernagus, et de la 
grant guerre qu’ilz menerent a Aymery [A de Nerbonne] 
et a ses enffans. 


[CHar. 19] | 


g1"—= 620, Comment Guillaume le marchis, filz 
Aymery, conquist le bon cheval Bauchant et Archil- 
lant, le seigneur de Luisarne, en allant en Arrabbe. 


[CHar. 20] 


97" = 673. Comment Orable, la noble damoyselle, 
envoia segretement dire a Guillaume qu’il se gardast et 
que Archillant et Clargis avoient sa mort juree. 

[CHap. 21] 


104 = 72h, Comment Desramés envoya segonde fois 
devers Thibault le roy d'Arrabbe pour faire le mariaige 
de luy et de Orable, l’amye Guillaume le marchis [B 
d'Orange]. 


[CHap. 22] 


106V— 73, Comment les .iiii. filz Aymery furent 
fais chevaliers par la main Charlemeine a Paris, et com- 
ment Charlemeine receut Aymery a grant honneur. 


[CHar. 23] 


111"= 76d. Comment Thibault d’Arrabbe vint au 


17 B Thartarie 


DU ROMAN EN PROSE 127 


mandement du roy Desramé a Orenge, ou il espousa 
Orable, l’amye Guillaume de Nerbonne. 
[CHAP. 24] 


117 = 812. Comment Guillaume le marchis ala a 
Orange veoir Orable s’amye, la fille Desramé, le quel 
luy donna la robe qu'il avoit vestue [B comme s’ensiut]. 


[CHar. 25] 


128 = 89. Comment Guillaume, le filz Aymery, et 
Orable, la fille Desramés, affiérent l’un l’autre a Orenge 
la grant en parlant d’amours et de joye [B ensemble]. 


[Cuap. 26] 


1327 — 914. Comment les Sarrasins vindrent Ner- 
bonne la grant cité asseigier, et comment Aymery et 
ses enffans y entrerent les premiers. 


[CHar. 27] 


1351 — 93€. Comment Guillaume le marchis de Ner- 
bonne amena Gerart de Vianne son oncle au secours 
de son pere et ses [B freres], que les Sarrasins avoient 
asseigiés en Nerbonne. 


[CHap. 28] 


_ 144 = 100. Comment Thibault d’Arrabe fist son 
messaige de par Guillaume [A de. Nerbonne] a Orable 
la pucelle, qu’il espousa assés tost après du consente- 
ment Desramé et des aultres princes sarrasins. 


[CHap. 29] 
149" = 1034. Comment le pere saint qui pour lors 


24 À vestie 


122 RUBRIQUES 


tenoit le saint sieige apostolique envoya en France 
querir secours par ung legat et ung cardinal. 


[Cxap. 30] 


152 — 1054. Comment Guillaume, le filz Aymery, 
combati et conquist le jaiant Corbault devant Romme, 
la grant cité, par sa vaillance. 


[CHar. 31] 


157" — 108d. Comment l'abbé de Saint Denis fut 
envoyé a Romme devers le pere saint pour remediër 
au debat que les princes de France avoient emssamble 
pour faire ung roy nouvel. 


[CHar. 32] 


160" = 1114. Comment Guillaume, le filz Aymery de 
Nerbonne, envoya querir Louys, le filz Charlemeiïne, a 
Melun et le fist couronner a Raïns et espouser sa sueur 
Blancheflour. 

[Crar. 33] 


165 = 1152. Comment Guillaume, le fils Aymery, 
conquist la cité de Nismes par subtillité qu’il trouva a 
l’aide des gens que le roy de France lui bailla. 


[CHar. 34] 


169 = 117. Sy se taist a itant l’istoire de lui et de 
ceulx de Nismes la cité, et parle de la pucelle Orable, 
qui estoit a Orange la grant [B en Gloriëte le palaix]. 


[CHar. 35] 


1737 — 1202. Comment Guillaume et ses compai- 


32 À Laouys, B Loys 


DU ROMAN EN PROSE 123 


gnons conquirent le palaix d'Orange que on nommoit 
Gloriëte par l’enditement, consseil et aide du chambel- 
lain Aatis et de Orable Îa fille Desramé. 


[CHar. 36] 


178 — 1234. Comment Guïiëélin, le nepveu Guil- 
laume le marchis, amena de Nismes le secours, par 
le quel Orange fut conquestee. 


[CHar. 37] 


187" = 1294. Comment Taïllemont le Sarrasin passa 
mer pour aller devers le roy Desramé fere savoir la 
perdiction de Nismes, d'Orange et de sa fille Orable. 


[CHar. 38] 


189 — 131b. Comment Guibour la femme Guillaume 
envoya {A a Arabe] [B a Cordes] embler Renouart son 
frere pour le faire crestiénner. 


[Cuar. 30] 


191" = 133b. Comment Nerbonne fut asseigiee par 
les roïs Desramés, Thibault d’Arrabbe, l’amiral de 
Barbastre, Archilant de Luisarne, Clargis de Valdune 
et autres grant quantité. 


[CHar. 40] 


197"—137c. Comment les Crestiëns gaignerent la 
bataille et desconfirent les Sarrasins par le roy Archi- 
lant qui prist Garin d’Aussenne, le filz Aymery [B de 
Nerbonne] et par l’amiral de Barbastre, qui emmena 
Beufvon, Gerart et Guiëlin de Commarchis avecques 
certain nombre de chevalliers [B comme s’ensiut]. 


39 À lamural; B Archillant 


124 RUBRIQUES 


[CHap. 41] 


206" = 1434. Comment Aymery [B et] sa femme et 
leurs parans et amis sceurent la prise de Garin, de Beuf- 
ves, de Gerart, de Guiëélin et des cent chevalliers que 
les Sarrasins emmenerent. 


[CHaP. 42] 


209" = 1454. Comment Clargis de Valdunne, le noble 
roy sarrassin, se converti a la foy crestiëénne par mi- 
racle qu'il vist evidemment. 


[CHar. 43] 


211 = 1470. Comment Beufves de Commarchis oc- 
cist le serpent en la chartre, et comment Barbastre fut 
conquise par le moien de Clargis{B le roy] de Valdunne. 


[CHar. 44] 


214" = 149%. Comment le jeune amiral de Barbastre 
Desramés, Libanor de Turquye et aultres rois paiens 
vindrent asseigier Beufves de Commarchis et ses deulx 
fils, si tost qu’ils sceurent la nouvelle comment ils 
avoient conquise Barbastre et [B le vieulx] [A l’\amiral 
Gus occis. 


[CHar. 45] 


218 = 1514. Comment Libanor de Turquye et Ge- 
rart de Commarchis se entrecongnurent par une saillie 
que les Crestiëns firent sur eulx a poser le sieige [B de- 
vant Barbastre]. 


[CHaP. 46] 


2217 = 153d, Icy commence a parler des amours de 


46 B Saire 


DU ROMAN EN PROSE 125 


Gerart et de Sallatrie, la quelle voullut estre logiee sur 
la riviere de Sere, pour plus aiseement veoir son amy 
Gerart de Commarchis [B comme s’ensiut]. 


[CHar. 47] 


228V — 158. Comment Sallatrie la belle envoya Bu- 
tor son chambellain devers Gerart de Commarchis en 
Barbastre la cité. 


[CHar. 48] 


2351 — 1624. Comment Libanor de Turquye re- 
tourna devant Barbastre deffiër Gerart de Commarchis 
pour combatre pour l’amour de [B la noble pucelle] 
Sallatrie. 


[CHar. 49] 


238" = 165b. Comment Libanor et Gerart de Com- 
marchis se combatirent devant Barbastre pour l'amour 
de Sallatrie [B la noble pucelle que Gerart] conquist 
par armes [B vaillanment] et [B l”\ emmena. 


[Cxar. 50] 


243" = 1682. Comment Sallatrie fut festoÿe [B et] 
receue des nobles Crestiëns et baptisie de son bon gre 
[.B volenté] et consentement [B comme s’ensiut]. 


[CHar. 51] 


244" = 1690. Comment Aymery de Nerbonne ouy 
nouvelles de Beuffves de Commarchis, de Gerart et de 
Guiélin, ses enffans. 


[CHar. 52] 


246%= 170. Comment Aÿmer de Venise fist tant vers 


126 RUBRIQUES 


le roy Louys de France [B filz de l’empereur Charle- 
maigne] que il mena son secours a Nerbonne, la ou les 
grans osts se devoient [B tous] assambler pour secourre 
Beufves [B de Commarchis] et Gerart [A de Commar- 
chis|, [B son filz, qui estoient en Barbastre]. 


[CHar. 53] 


250" = 1724. Comment Libanor de Turquye fut pris 
des Crestiëns et mené en Barbastre malgré tous les 
Sarrasins de l’ost. 


[CHap. 54] 


256% —176d. Comment Guillaume d'Orange, qui me- 
noit l’avantguarde de France, avitailla Barbastre, mal 
gre en eussent les Sarrasins et l’amiral, qui la cité avoit 
asseigie [B avecques toute la puissance de quinze roys 
et leur effort]. 


[CHar. 55] 


258" = 1774. Comment Affaronde, Morinde et Blan- 
chandine, cousines de Sallatrie, amenerent [B bien] 
xxx mil Sarrasins au secours de l'amiral [B Longis]. Et 
comment elles furent enlevees par ung matin et prises 
par les Crestiëns, qui les menerent en la cité de Bar- 
bastre. 


[CHar. 56] 


2627 = 1802. Comment Libanor [B le roy] de Tur- 
quye, depuis qu’il fut baptisié, fust envoyé en l’ost des 
Sarrasins pour deffër l’amiral [B Longis] et demender 
jour de bataille [À contre Longis le filz Charlemeine et 
Aymery de Nerbonne]. 


52 B secourir 


DU ROMAN EN PROSE 127 


[CHar. 57] 


266 = 182c. Comment l’amiral Longis de Barbastre 
fut pris par Gerart de Commarchis et les Sarrasins des- 
confils, mors et chassiés par les [B nobles] Crestiëns 
[B Loys de France, Aymery et ses enffans et pluseurs 
autres). 

[CHar. 58] 


270 = 185C. Icy commence a parler de Viviën, le 
fils Garin d’Aussenne, fils du conte Aymery et frere de 
Guillaume [2 d'Orange], d'Ernaïz, de Bernart, de Beu- 
fves, de Aÿmer et de Guibert. 


[CHaP. 59] 


2751 = 1882, Comment la femme Garin d’Aussenne 
et ses amis eurent nouvelles du duc Garin, qui estoit en 
Luisarne en la prison du roy Archillant [B le felon et 
cruël Sarrasin]. 


[CHar. 60] 


288' — 1912. Comment Garin d'Aussenne fut delivré 
de la prison Archillant de Luisarne, et Viviën le sien 
enfant baïillié en son lieu. 


[CHar. 61] 


2841 = 193d. Icy commence [B a parler] de Viviën, le 
fils Garin d’Aussenne, nepveu de Guillaume d'Orange, 
et parle de luy et de ses jeunesses et dist comment 
Viviën, le filz Garin, fut par fortune avanturee saulvé 
de mort et garanti des mains du roy Archillant, qui sa 
mort avoit juree. 


[CHar. 62] 


287% = 195. Comment Garin d’Aussenne et Guil- 


128 RUBRIQUES 


laume d'Orange vindrent pour Luisarne asseigier et 
cuidier Vivién ravoir par force. 


[CHar. 63] 


290 = 197. Comment la bourgoise qui Viviën 
avoit du Sarrassin acheté, le tint pour son fils, quant 
son mary retourna de marchandise. 


[CHap. 64] 


295Y = 200€. Comment Archillant de Luisarne fut 
pourchacié par Taillefer son frere, le roy d’Arragonne, 
qui vint Panpelune assegier [B comme s’ensiut]. 


[CHar. 65] 


298" = 2024. Comment Viviën resquoÿ de mort et 
de prison le roy Gourmont [B et de Navarre] que Tail- 
lefer faisoit mener en son tref par ses hommes. 


[CHap. 66] 


303" = 2052. Comment Vivién le filz Godeffroy oc- 
cist en mer Donas le roy d’Esgipte et sauva Guarin 
de Barbastre, Libanor, Clargis et cent de leurs che- 
valliers qu’il avoit pris en Barbastre. 


[CHar. 67] 


309" = 2090. Comment Archilant fut occis par Vi- 
vién, le quel fut asseigié en Luisarne par le roy Gour- 
mont de Navarre et de Sarragoce. 


[Cuar. 68] 


314Y = 212. Comment Garin d'Aussenne et ses 


63 À auoit auoit; B auoit achapte du Sarrasin — 66 B Garin 


\ 


DU ROMAN EN PROSE 129 


freres eurent nouvelle certainne de Viviën par la bour- 
goise de Pampelune, la quelle avoit acheté et nourry. 


[CHar. 69] 


322 — 2170. Comment Gourmont sceut que l’armee 
de France venoit, par ses messaiges qu’il y envoya 
[B moult] segretement. 


[CHar. 70] 


327 = 2194. Comment Raymon de Valprie rencon- 
tra l’ost de France qui alloit secourir Viviën, Gerart de 
Commarchis, Clargis et Libanor. 


[CHar. 71] 


329 = 2210. Comment Guillaume d'Orange recon- 
gnut le sien nepveu Viviën, qui sailli de Luisarne pour 
savoir quelx gens venoient devant eulx. 


[CHaP. 72] 


331 = 222. Comment Gourmont, Taiïllefer et Ar- 
chilion sceurent qui estoit Viviën et de quelle ligniee. 
Et comment ils s’en cuidierent fuir segretement sans 
combatre les crestiëns françois. 


[CHar. 73] 


3351 = 2252. Comment les Sarrasins furent comba- 
tus, occis, descumfils et chaciés, Luisarne le fort chas- 
tel abatu, Pampelune conquestee, et le roy Gourmont 
mort dedans et Siglaie baptisee et espousee a Brohart 
par le consentement des princes et barons crestiëéns. 


69 Le feuillet 325 de À, par méprise, est folioté 325 et 326 
— 70 À loost — 72 B Archillion — 73 B Brohars 


Tome II. 9 


130 RUBRIQUES 


[CHar. 74] 


340Y — 228b, Icy commence a parler de Viviën, le 
fils Garin [B d’'Aussenne], comment il fut fait cheval- 
lier par la main du sien oncle Guillaume au court nez. 


[CHar. 75] 


3431 — 229€. Comment les crestiëns noyerent la 
nafvire des Sarrasins, quant Erofle et ses hommes en 
furent partis pour aller courir [A et] fourrer [B et piller] 
le païs. 


[CHap. 76] 


347" = 232b, Comment Gerart de Commarchis et ses 
hommes eurent nouvelles de Viviën, et comment Clar-. 
gis fut occis par le roy Clariant. | 


[CHar. 77] 


349 = 2342. Comment Viviën conquesta Moriginal, 
le bon cheval, et comment Esrofle le grant occeist [A 
le bon roy] Libanor. 


[CHar. 78] 


Fe 


351" — 2352. Comment Desramé vint asseigier a 
xviii rois sarrasins le chastel d’Arle, la ou estoient 
retrais Viviën, Gerart, Hunault [A de Sainctes] et leurs 
compaignons. 


[CHap. 79] 


3547 — 2372. Comment Guillaume d'Orange vint 
au secours de son nepveu Viviën, qui estoit asseigié 
en Arle le chastel [B comme vous orrés en l'istoire]. 


75 B Esrofle 


_ DU ROMAN EN PROSE 13: 


[CHar. 80] 


3571 = 2384. Comment Desramé et ceulx de sa com- 
paignie sceurent la venue de Guillaume d'Orange et du 
secours qu’il amenoit a Viviën, son nepveu [B qui 
estoit asseigié ou chastel d’Arle, comme s'ensiut]. 


[CHar. 81] 


363 = 2424. Icy parle de la grant bataille d’Ales- 
chant, dont nul n’eschappa si nom Guillaume d'Orange, 
et dit comment Viviën, le nepveu Guillaume, fut occis 
et ses nepveux aultres mors et menés prisonniers ou 
nafvire du roy Desramés. 


[CHar. 82] 


3731 = 2494. Comment Guillaume [B d'Orange] [A au 
court nes] occist Esrofle le grant et conquist son cheval 
Follatisse, sur le quel il fut chacié [B moult hastive- 
ment] jusques aux portes d'Orange. 


[Cxar. 83] 


379" = 254€. Comment Guillaume {B d'Orange] a la 
en France requerir secours pour lever le grant sieige 
d'Orange et pour combatre le roy Desramés et ceulx 
qu’il avoit aveques lui amenés. 


[CHar. 84] 


387" — 2594. Icy parle l’histoire de Renouart, le 
fils Desramés, frère de Guibour la femme Guillaume 
[A d'Orange, et dit] comment Guillaume au court nez 
demenda au roy Louys de France Renouart au tinel, 
que nul ne congnoissoit veritablement. 


81 B dArleschant — 83 B querir 


132 RUBRIQUES 


[CHar. 85] 


391% — 2624, Comment Desramé prist la ville 
d'Orange par assault et comment Guibour se retray en 
Gloriëcte le [A riche] palaix. 


[CHarP. 86] 


393 — 2642. Comment Guillaume vint le premier a 
Orange veoir Guibour et aprester les logeis pour les 
barons qui venoient en son aide. 


[CHaP. 87] 


400" = 269%. Comment Desramés fut adverti de la 
venue des crestiëns, et comment il ordonna ses grans 
conrois [À et ses batailles]. 


[CHar. 88] 


402 = 270€, Comment Guillaume [B d'Orange] or- 
donna de ses batailles, quant ils virent la champaigne 
d'Arleschant, et comment il donna congié a ceulx qui 
de paour s’en vouloient retourner. 


[CHar. 89] 


4057 = 272b. Icy parle l’istoire de la grant bataille 
qui fut en Arleschant et des grans faitz d'armes et vail- 
lances de Renouart au tinel, et dit comment Renouart 
delivra les nobles chevalliers qui estoient prisonniers 
es vesseaulx des Sarrassins, les quyeulx avoient esté 
pris, quant Vivién fut occis. 


85 B Gloriete — 87 grans] B gens — 88 À ils donna ; B voulu- 
rent — 89 Vivien] À Renouart 


DU ROMAN EN PROSE 133 


[CHar. 90] 
412 = 277. Comment Desramés et Guillaume 
d'Orange [À jousterent et] combatirent l’un a l’autre. 
[CHar. 91] 


4161 — 2804, Comment [B le roy] Bauldus le grant 
fut conquis par Renouart et Desramés et xiiii rois Sar- 
rasins desconfils et chassés jusques en mer, ou ils se 
saulverent a quelque peine. 


[CHar. 92] 


420" — 282d. Comment Renouart lessa Guillaume 
d'Orange et la compaignie crestiënne pour soy vouloir 
rendre Sarrasim par despit. 


[CHar. 93] 


425% = 286. Comment Aalix, la fille du roy Louys 
de France, fut donnee en mariaige a Renouart au tinel, 
fils du roy Desramés [A de Cordres]. 


[CHar. 94] 


429' = 288c. Comment le roy Desramés et Thibault 
d’Arrabe asseigierent Pourpaillart. 


[CHar. 05] 


434* = 292%. Comment Renouart et Loquifer se com- 
batirent emssamble tout le jour jusques au soir, et com- 
ment Loquifer emmena reposer Renouart en son vessel 


celle nuit, par quoy Maillefer [2 le filz Renouart] fut 


emblé. 


91 B Baudus — 93 B Renoart — 95 B pour quoy 


134 RUBRIQUES 


[CHaP. 96] 


441Y = 2960. Comment les Sarrasins gaignerent 
Pourpaillart et le palaix ou estoit Guibour la dame, la- 
quelle fut livree au roy Desramés [B son pere] et Thi- 
bault. 


[CHar. 97] 


444" = 297. Comment Guillaume et Renouart [B le 
grant] leverent le sieige d'Orange, chacerent et descon- 
firent les Sarrasins, et comment Guillaume occist Des- 
ramez, le [B fort roy] pere Guibour, qui la tenoit pri- 
sonniere. 


[CHar. 08] 


448" = 300% Comment Renouart le grant voulut 
laisser l’estat mondain pour devenir moyne en religion. 


[CHar. 99] 


4527 — 302. Comment Thibault d’Arrabe mar- 
chanda a ung marinier de lui livrer Renouart au tinel 
son ennemy [B mortel]. 


[CHaP. 100] 


455" = 3o4b. Comment Thibault [B le roy] d’Ar- 
rabbe fist Maillefer [B le filz Renouart] coronner a Cor- 
dres et passer mer pour son pere, ses amis prouchains 
et crestiënté destruire [B comme s’ensiut]. 


[CHar. 101] 


459" = 307%. Comment Guillaume d'Orange se mist 


97 qui la t.] B la quelle il t. 


DU ROMAN EN PROSE 135 


en enqueste par le païs pour Renouart cerchier qu’il 
ramena de l’abaïe de Brides, ou il estoit rendu moyne. 


[CHAP. 102] 


4647 — 3104. Comment les crestiëns d'Orange sailli- 
rent hors pour aller audevant de Renouart et de Guil- 
laume, leur seigneur. 


[CHap. 103] 


467Y = 312€. Comment Renouart se combati a Mail- 
lefer son fils, qu’il conquist par force et le fist baptiser 
et croire en Jhesucrist. 


[CHar. 104] 


474 = 316°. Comme les Sarrasins furent levés de 
leur sieige, chaciés, desconfils et mors devant Orange 
par la proesse de Renouart, de Maillefer [B son filz] et 
de Guillaume [B d'Orange] [A au court nez]. 


[CHar. 105] 


477 = 318. Comment Renouart le grant retourna 
en son abaïe a Bride, et comment l’abé par le consen- 
tement de ses moynes l’ala vendre au roy Thibault 
[B d’Arrabbe, ainsi que vous orrés racompter en l’is- 
toire]. | 


[CHAP. 106] 


480 = 3202. Comment les quinze moynes criërent 
merci a Renouart et accuserent la trahison de l'abé, et 
ce qui estoit fait entre le roy Thibault et luy. 


101 en enqueste] B en queste — 103 qu’il] B et comment il le 
— 104 B Comment — 105 B Brides 


136 RUBRIQUES 


[CHar. 107] 


4827 = 3214. Comment Renouart par grace de Dieu 
conquist Gaïiecte, le fort chastel, ou quel Thibault le 
roy d’Arrabe le fist asseigier. 


[CHar. 108] 


484Y= 322c. Comment l'abé Henry et les dix moynes 
qui estoient aveques Renouart voulurent trahir et 
livrer Renouart au roy Thibault [B d’Arrabbe]. 


[CH4aP. 109] 


486% = 3234, Comment Maillefer le grant et Guil- 
laume d'Orange sceurent la nouvelle du noble et vail- 
lant moyne Renouart [B qui estoit asseigé en Gaïete le 
fort chastel par Thibault]. 


[CHap. 110] 


491% = 326€. Comment Thibault d’Arrabe manda 
Gadifer le grant en Gadiferne pour combatre contre 
Renouart au tinel, qui le vainquy en champ. 


[CHar. 111] 


497" = 329b. Comment Guillaume [B d'Orange][A au 


court nez] se fist moyne en l’abaïe de Cligny, quant 
Guibour sa femme fut trespassee. 


[CHar. 112] 


Soir — 331c. Comment Guillaume [B d'Orange] s’ala 


108 Btr. R. et 1. — 109 le grant et] B le filz Renouart — 110 B 
Gadiffer; B Gadifferne — 111 B Clugny 


DU ROMAN EN PROSE 137 


rendre en un hermitaige par le conseil d’um hermite, 
au quel il confessa tous ses pechiés. 


[CHaP. 113] 


502V= 332c. Comment Sinagon de Palerne sceut 
ou estoit Guillaume d'Orange, et comment i l’envoya 
cerchier prendre et amener prisonnier [B au chastel de 
Palerne]. 


[CHar. 114] 


506 = 334. Comment Maillefer, le fils Renouart au 
tinel, fust asseigié dedans la cité de Gadiferne, la quelle 
fust prinse et luy meesmes, sa femme et ses enffans. 


[CHar. 115] 


508 = 3362. Comment la rayne Clarisse et Maillefer 
son seigneur furent menés en Loquiferne par Gloriant 
le filz Loquifer, que Renouart occist en Arleschant. 


[CHapr. 116] 


513v— 3392. Comment Ysorés, le fils Brohier le 
grant caam de Tartarie, et les .vii. jaians jurerent la 
mort Gloriant et allerent asseigier Loquiferne. 


[CHar. 117] 


5141 = 339c. Comment Renouart au tinel eust 
nouvelle que le sien fils Maillefer estoit prisonnier en 
la cité de Loquiferne. 


[CHar. 118] 


516 = 3412. Comment Maillefer creanta la royne 


114 B fut prinse — 116 À jurererent — 1e que le sien fils M.] 
B du sien fils M. qui 


138 RUBRIQUES 


Esmeree du consentement de Clarisse sa femme, et 
comment Renouart et luy s’entrecongnurent en bataille. 


[CHap. 119] 


519" — 342. Comment Mailleffer, Esmeree [B la 
royne femme Gloriant], Renouart et Clarisse se mirent 
en ung batel et s’en allerent par mer [B en la cité] a 
Pourpaillart. 

[CHar. 120] 


520Y = 3430. Comment Guillaume [B d'Orange] 
[A au court nez] fut delivré des prisons du [B fort] roy 
Sinagon par le pourchaz du conte Landry le Timonier, 
qui estoit de son paranté [B comme vous orrés en l’is- 
toire ça après en ensieuuant]. 


[CHap. 121] 


525Y — 346d. Comment Sinagon de Palerne fut occis 
par la main de Guillaume d'Orange, comme il avoit 
esté sorty, la bataille desconfite par les crestiëns et la 
cité conquise [B comme s’ensiut]. 


[CHaP. 122] 


528 — 3484. Comment Ysoré le grant, qui fut filz 
Brohier, se party de son païiz pour aler en France ven- 
gier le roy Sinagon que Guillaume avoit occiz. 


[CHap. 123] 


531 — 35od. Comment Louys, le fils Charlemeine, 
envoya par [A le] conseil des nobles hommes de son 
royaume partout cerchier et querir Guillaume d'Orange. 


[CHaP. 124] 


534 = 3520. Comment Ansseïz d'Auvergne trouva 


DU ROMAN EN PROSE 139 


Guillaume d'Orange, qu’il ne sceut connoistre, en son 
hermitaige. 


[CHaPr. 125] 


538 — 354c. Comment Guillaume d'Orange se party 
de son hermitaige pour aler secourir le roy Louys [B de 
France|, le fils de Charlemeine [A de France] [B le 
grant comme s’ensiut]. 


[CHar. 126] 


543 = 3570. Comment Guillaume d'Orange con- 
quist par armes et occist le jaiant Ysoré [B le grant filz 
Brohier] devant Paris. 


[CHAP. 127] 


546 = 3592. Comment les Franççois desconfirent les 
Sarrasins et trouverent Ysoré le grant occis en ung pe- 
tit carrefour pres de Notre Dame des Champs. 


[CHaP. 128] 


548" = 360. Comment Guillaume d'Orange combati 
le deable en faisant ung pont pres de son hermitaige. 





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V 
CHAP. XVI ET XVII 


DU ROMAN EN PROSE DE GUILLAUME D'ORANGE 


A BIBL. NAT., FR. 1497 — 8 BIBL. NAT., FR. 796 


a 4 + nd = A <çsss M <t 2 2 no fs sr De 


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APPENDICE V 


CHAP. XVI ET XVII 
DU ROMAN EN PROSE DE GUILLAUME D'ORANGE 


À BIBL. NAT., FR. 1407 — B BIBL. NAT., FR. 700 


[CHAP. xvi] + 


[77%]. Comment le sieige de Nerbonne fut par force 
levé et l’amiral Desramez et Fernagus d’Arrabe mors 
et les Sarrassins descumfis et chaciés. 


1 [78r]. Or dit l’istoire que, quant Charlemeine eust aux 
enffans Aymery donné congié et baillié gens pour le sieige 
de Nerbonne lever, et ils furent hors de Paris et esloigniés 
jusques a Hs riviere du Rosne, en atendant l’un l’autre et en 
acqueillant tousjours ce qu'ilz pouoient de gens acqueillir 
pour estre plus fors. Et fin de compte firent leurs monstres, 
affin de eulx veoir [B tous] ordonneement pour pourveoir a 
leur fait, se besoing feust, plus tost que plus tart. Et lors 
faisoit belle journee serie et clere, et moult grant plaisir pre- 
noient les nobles enfans a veoir estandars, banieres et panons 
debout’, lances droites et hault levees, ces escus reluire, qui 
estoient armoiés de fraische painture, heaulmes et harnois 
estinceller et flambloier contre la” luëur du souleil, ces che- 
vaulx hennir et regiber, pour tant qu’ilz se trouvent empres- 


XVI. 1. La lettre initiale des alinéas n existe jamais dans À — 
1 B debout mg. — 2 B lueur, À luer 


144 CHAP. XVI 


sés. Sy fut Guillaume en especial joyeux, que moult lui tar- 
doit qu’il se veist et trouvast aux horions donner et departir, 
et si estoient ses freres pareillement. Et quant il eust leur 
estat veu, lors passerent eulx la riviere, et se tindrent des 
adonc [B sur] leurs gardes, comme se ilz fussent sur leurs 
mortels ennemis. Sy avint, ainssy que il chevauchoient en 
aprouchant Nerbonne comme a cinq ou a .vi. lieues pres : 
ils aparceurent a cousté d’eulx une pouldriere grant lever 
hault en l’air, si se arresterent pour plus aisement* voir et 
aparceurent parmy ce harnais reluire et estinceler au sou- 
leil. Et qui demenderoit que se pouoit estre, dist l’istoire que 
Erofle !, le roy Gaudion* de Valfondant estoientf, les quieulx 
avoient tout le païz exillié, pillié et fourraigié et avoient toutz 
aqueilliz les vivres et le bestial ? et chargié en charrios et en 
charetes et meesmement sur sommiers et mulès, et s’en 
retournoient devant Nerbonne, car ja avoit plus de .vi. jour. 
nees qu’ilz avoient la esté envoiez. 

2. Quant Guillaume le filz Aymery vist la bruïne lever 
en l’air et le harnois reluire parmy, il [B se] pença que ce 
fussent paiens, si dist a ses freres que il vouloit aller savoir 
quels gens ce pouoient estre ”, affin que ilz ne feussent aucu- 
nement trahis ou deceus [»] par avanture. Et lors prist Guil- 
laume .iiii. mille hommes pour faire moindre monstre, et 
chevaulcha a l’audevant d’eulx, qui mye ne le veoient et 
jamais ne cuidassent si tost les avoir rencontrés. Et quant. 
ils furent passés oultre, lors se retournerent ilz en leur che- 
min comme pour venir au devant d’eulx, et de tant loing 
comme Esrofle* les peust aviser, il apela Gaudion, au quel il 
les moustra disant : « Quelz gens puent ce la estre, Gau- 
dion *? » fet il. Sy luy respondi le roy Gaudion* : « Ils ne m’en 
chault quels gens se soient, par mes bons dieux! » fet il, 
« puis que le geu est si bien parti que nous sommes plus de 
deulx contre ung. Et nonpourtant suy je bien d’acord qu’on 
y voise savoir. » Erofle* appelle ung sien vassal alors et luy 
dist : « Alés vous en, amis! » fet il, « et saichiés a dire qui 


3 B aiseement — 4 B Esrofle — 5 B Gauldion — 6 B estoient mg. 
— 7 B bestiail 

2. 1 ce p. estre] B cestoient — 2 B Erofle — 3 B Gaudrion — 
4 B ce — 5 B Esrofle — 6 B alors mg. 


DU ROMAN EN PROSE 145 


sont ses gens qui la viennent traverçant le nostre chemin par 
samblant, affin que nous en soions hors de souspeçon. » 

3. Le Sarrasin se parti lors ‘ et chevaulcha vers la bataille 
que Guillaume menoit. Et quant il aparceut la baniere que 
Guillaume conduisoit et le maintien des François, il pença 
que ce n’estoient mye Sarrasins, si s’en refouy legierement * 
et le plus tost qu’il peust, et de tant loings qu’il peust Ero- 
fle veoir luy escria : « Pourveez a vostre fait, sire ! » fet il; 
« car ce ne sont mye Sarrasins que la veez venir en travers, 
ains sont François, comme je puis avoir, aux panons et 
banieres qu’ilz portent en leur maïntien, veu, et croy que 
ce soit le secours qui vient au conte Aymery. » Et lorz res- 
pondi Erofle : « Par mon chief, beau signeurs, » fet il, « ilz 
seront povrement secourus en Nerbonne, s’il ne leur vient 
aultre gent. Car ceulx cy ne passeront ja plus avant, qui m’en 
croira, et honny soit il qui se faindra d’eux mectre a mort. 
Et assés en est l’avantaige pour nous, en tant que nous 
sommes plus de * deux contre ung. » Chascum a l’escu acolé 
lors“ et lances baissies, quant ils aprouchierent l’un l’autre 
[B et] brocherent* les chevaulx contre [B les] Crestiëns, qui 
mye ne fuirentf, ains vindrent hardiment. Et Guillaume tout 
devant [797] s’avança contre ung Sarrasin qui merveilleu- 
sement estoit bien monté, et sy bien l’assena que toute 
plainne sa lance le porta emmy le champ, voire si lourde- 
ment qu’onques puis ne parla. Dont Sarrasins furent moult 
dollans, pour tant qu’il estoit vaillant en armes et si grant 
seigneur comme roy d'Esclamore, qui est une moult riche 
cité. | 

4. Quant Guillaume eust le roy d’Esclamore ociz, il cria 
« Nerbonne » si haultement que clerement l’entendirent ses 
compaignons, et aussi firent les Sarrasins, qui se ferirent 
moult asprement dedans eulx et bien les cuiderent a coup 
avoir descumfils, et moult les eussent grevés veritablement, 
quant la vindrent les .iii. freres Guillaume et si grant nombre 
de François que moult se peust a eureux tenir qui de la 
presse se peust eschaper, tellement les enclouirent les Cres- 


3. 1 B lors, À hors — 2 À legiererement — 3 B plus de mg. — 
4 B lors mg. — 5 À bocherent — 6 fuirent] B furent esbais 


Touz II 10 


146 CHAP. XVI 


tiëns; si s’en cuiderent fuir vers Nerbonne lorz, mais le pas 
leur fut estouppé, si que plus de .viii. mille en convint mou- 
rir sur le champ. Car les François les poursieuuirent aspre- 
ment sans leur donner espace ne bandon d’eulx en aller a 
saulveté. Et quant Erofle * vist l’empeschement et le cruël 
emcombrier qui avint sur ceulx de sa compaignie, il poi- 
gny le cheval sur quoy il estoit monté, qui si bon estoit que 
nul meilleur n’eust l’en finé en tout l’ost des Sarrasins, et 
l’espee empoignie, l’escu serré ? et joings devant son pis, fist 
tant a quel que peine qu’il issi de l’estour, et lors tourna il 
vers Nerbonne en courant et picquant le bon cheval sans 
cesser, si que il esloigna l’ost des François et s’en retourna 
au sieige que les Sarrasins tenoient devant Nerbonne. Et qui 
demenderoit quels gens le sieuuirent ‘ et combien il en 
eschappa de dix mile qu’il en avoit menez, dit l’istoire qu’il 
n’en eschappa mie plus de .iii. cens, dont ceulx de l'ost 
firent piteuse chiere, car les ungs y avoient leurs freres par- 
dus, les aultres leurs cousins et amis, et si estoit grant parte 
et grox * descunfort. 

5. Devant le tref a l’amiral Desramé dessendi Erofle le roy 
si mal apointé de toutes chosses que n’eust peu piz; car son 
cheval avoit [B eu] tant de peine qu'il estoit tout blanc et 
couvert de suëur, [>] si qu’il le convint plus de .iiii. grosses 
heures pourmener, son espee ensanglantee, ses esperons et 
ses tallons rougis du sang de son cheval, son escu si des- 
panné que il ne pendoit que par paleteaulx, et son heaulme 
tourné en son chief et tant batu tout a l’entour que en plu- 
sieurs lieux estoit entamé et fendu jusques a la coifete. Mais 
quant il fut desheaulmé, lors li vist l’en le visaige noir, 
suant et hideulx des coups qu’il avoit receus en soy eschap- 
pant par force de la bataille. Sy le regarda l’amiral et lui 
demenda ou il estoit en ce point appareillié. «a De moy ne 
vous convient gaber, sire, » fet il; « ainçois deussiés de bon 
cueur les haulx dieulx graciër de ce qu’ilz me ont fait si 
eureux comme d’estre eschappé du grant dangier ou je me 
suy au matin trouvé. Car certes vous et tout vostre ost s’eust, 


4. 1 À poursieuurent — 2 B Esrofle — 3 B ferre — 4 B suiuoient 
— 5 grox] B grant 


DU ROMAN EN PROSE 147 


si brief comme avant qu’il soit ung jour et demi passé, levé? 
malgré vous a grant confusion et vostre peuple occis et livré 
a martire. » Lors lui compta l’avanture qu’il * lui estoit adve- 
nue, la bataille qu'il avoit eue ‘ aux François, qui pour le 
conte Aymery secourir estoient ja a% moings de .vi. lieues 
pres de Nerbonne. 

6. Saincte Marie! comme fut l’amiral Desramé pencis, 
quant il entendi Esrofle qui du secours de France lui parloit! 
Il lui demenda ou estoient ses hommes et quelle puissance 
pouoient bien estre les Crestiëns. « Par ma loy, sire * », fet 
lors Esrofle *, « de ceulx que Gaudion [B mena], n’en est, 
comme je croy, eschapé* que .ii.cens, que toux ne aient esté 
a ung coup ‘ enclox des Crestiëns, dont il en vint tant que je 
ne cuiday que en France en eust la moitié. Sy ne fay nulle 
doubte que, se cy sejournés ausques longuement ou vous ne 
trouvés façon d’avoir la cité, que jamais vous y puissiés 
recouvrer, non mye vous mectre a saulveté, se legierement 
ne vous avancés. » Et quant l’amiral entendi Erofile, qui 
ainssi povrement l’asseuroit, il regarda entour lui lors* et vist 
Abel, Esclamart, Clargis et maint autre noble et riche Sar- 
rasin, qui aussi grant paour devoient avoir comme lui, et 
jeur dist : « Par voustre consseil doy je ouvrer, beaus si- 
gneurs », fet il. « Car chascum de vous atent son avanture, 
comme je fay ? la miene. Mais par mon consseil nous n’aten- 
drons mye la venue de ces ® Crestiëns, puis qu’ilz sont si grant 
nombre de gens comme vous oés, si vous prie que me diëés 
ce qu’il semblera a ung chascum de vous qu’il soit bon de 
faire. » Et lors se avança Fernagus de parler, pour tant que” 
le plus vielx estoit et qu’il portoit le plus grant fais de tous 
ceulx de l’ost [8or] Desramés, et leur dist : « Je suy d’oppi- 
nion tout contraire a la vostre, sire, » fet il, « pour deux 
causes principales ; se les quelles “ vous me demendiés : que 


5, 1 seust si brief comme] B mg. — 2 levé] B sera leue — 
3 qu’il] B qui — 4 la b. q. a. e.] B mg. — 5 aux] B des — 6 a] 
B mg. 

6. 1 loy sire] B foy — 2 B Erofle — 3 B eschappe c. je croy — 
4 B a vng coup este — 5 B lors mg. — 6 Abel mg, — 7 fay] B say 
— 8 de ces] B dez — 9 p. tant q.]B p. ce q. — 10 À répète se les 
quelles 


148 CHAP. XVI 


ce seroit honte a vous d’ainssi lever nostre sieige, veu le 
serment que fait avés par plusieurs fois, et d’aultre part nous 
ne savons quels gens viennent au secours d’Aimery ne quel 
effort de gens il ameinnent ‘ a la verité. Car je presuppose 
que Erofle ”, qui cy est, a veu les François; mais il a eu par 
avanture si grant freur que c’est ce qui lui fait dire ce qu’il 
nous a cy racompté. Pour quoy je consseille que vous n’aiés 
ja si grant freur, et que gens en ce coignoyssans voisent 
plus tost que plus tart l’ost des Crestiëns veoir et estimer, 
affin que selong leur raport nous en voisons a Orenge, se 
mestier est. Car la serons nous seurement maulgré tous les 
Crestiëns du monde. » 

7. À ce consseil se acorderent les rois Sarrasins finable- 
ment, et envoilerent gens conoissans armés et duits de 
guerre pour veoir et jugier quoy et combien. Et tandis se 
tindrent les Sarrassins sur leurs gardes et firent leur hommes 
armer et preparer pour demourer ‘ sur le champ ou pour eulx 
en aller a Orenge la grand, qui tant forte estoit que c’estoit 
le vray reffuge des payens. Sy la conquist depuis Guillaume 
ne oncques ne la pardi, ains la garda soygneusement et vail- 
lamment et en enporta tout son temps le nom, ainssicomme* 
l’'istoire le vous recordera ça apprès.Ilz envoyerent .xl. cou- 
reus au fort, les quieulx firent si grant diligence que ils 
virent l’ost crestiën qui ja aprouchoit, si se misrent en ung 
lieu hault, avantaigeux pour myeulx les veoir et nombrer. 
Et quant il fut temps, lors s’en retournerent eulx * en l’ost 
devant l’amiral, qui leur demenda des nouvelles. « Bonnes 
et belles certes », font ilz, « ne cause nulle n’avés de vous 
haster ne avoir effroy de chose que aiés ouy dire. Car de‘ 
gens que avons veuz° n'avés vous garde, et tant saichiés que 
la puissance des Crestiëns [B n’avons] nous que a cinquante 
[B mille] nombree, et vous avés plus de cent et $ cinquante 
mille Sarrasins, qui est pres de .iii. encontre ung, qui loyaul- 
ment les veult estimer. Mais tant vous pouons nous signifiër 
que assés tost les pourrés a vos yeulx veoir; car ilz aprou- 


11 À amieinnent — 12 B Esrofle 
7. 1 demourer] B entrer — 2 comme] B que — 3 B eulx mg. — 
4 B dez — 5 À veeuz — 6 B et mg. 


DU ROMAN EN PROSE 149 


chent fort, affin, comme on peut pencer, que ceulx de Ner- 
bonne puissent leur venue savoir. » Et quant Desramés 
entendi les coureux, vous devés savoir qu'il fut moult joieux 
en son couraige, [»] et dist haultement : « Loués soit le puis- 
sant dieu Mahom, beaus signeurs, » fet il, « du bon conseil 
que m’a donné Fernagus! Car par le raport du roy Erofle ? 
avoie em pencé* de lessier la cité et le conte Aymery en paix. 
Mais je demourray et combatray les Crestiëns, puis que j’ay 
gens assés avecques moy pour garder la venue du secours 
et l’issue de ceulx de Nerbonne. » Il ordonna .xiiii. batailles 
lors, qu’i° bailla a .xiiii. princes, les quieulx eurent chascum 
en leur conduicte .x. mil Sarrasins, dont Clargis eust la 
charge de la premiere conduire et mener. 

8. Sy tost comme Clargis, le roy de Valdune, eust receue 
la premiere bataille et il eust ses hommes ordonnés et mis en 
conroy, il se parti le premier lors’ pour aller au devant de 
Guibelin le fils Aymery, pour le quel rendre sain et sauf il 
devoit ravoir* Rahier, Lucion, Triamodes et les aultres 
ostaiges qu’il avoit bailliés et livrés en pleiges a Aymery. Sy 
chevaulcha tout devant, et bien vist les Crestiëns qui leur 
bataille ordonnoient; et a costé en ung petit sentier apur- 
ceut Guibelin qui traverçoit tout seul pour s’en cuidier aller 
a Nerbonne pour la venue des François denoncier. Et bien 
aller y pouoit seurement, car il avoit sauf conduit du roy 
Clargis, le quel, quant il [B le] vist, lui ala a l’au devant * et 
en le saluant lui dist: « Tels gens comme vous fait il bon 
envoyer en messaige, sire Guibert, » fet il; « car mye n’avés 
a secours [B failli] amener, ainssi comme convenancié 
l’'aviés 5. » « Vous dites voir certes f, sire Clargis, » fet il. « J’en 
ay amené ung peu voirement. Mais bien pourrés dire a l’ami- 
ral que aujourduy avra a eulx bataille, se ils ne s’enffuient 
legierement; sy m'en vois a Nerbonne faire a mon pere 
Aymery savoir leur venue et ce que j’ay besongnié par de la, 
et a ce aussy que vos pleiges vous soient rendus comme rai- 
son le veult et commande. » Et lors lui respondi Clargis : 


7 B Esrofle — 8 B pensee — 9 lors qu’i] B quil 
8. 1 B lors mg. — 2 ravoir] B auoir — 3 B ala au deuant — 
4 B Guibelin — 5 ainssi - l'aviés] B mg. — 6 certes] B msg. 


150 CHAP. XVI 


a Je yray aveques vous jusques a Nerbonne, sire Guibert,» 
fet il, « affin que nul par avanture ne vous rencontre qui 
vous feist desplaisir; car saichiés que trop dollant en seroit 
le mien cueur. » 

9. Moult fut Guibelin joyeux, quant il vist la loyaulté du 
Sarrasin Clargis, qui ainssi lui avoit bonne foy tenue. Il le 
regarda en face lors, puis li dit moult courtoysement : « En 
vous a moult de bien, sire Clargis, » fet il, « et grant da- 
maige est * quant vous feustes oncques Sarrasin *; sy serés 
Crestiën, se me croiés, et adourerés celui qui tous nous fist 
et fourma et qui pour le monde saulver dessendi des cieulx 
et s’esconça * ou preciëéux [8rr] ventre de la vierge Marie 
sans euvre naturelle, sans semence d’omme, et sans corrup- 
cion en delivra vierge pure, sainne et entiere. Il converca 
par le monde aveques les Juiïfs. Il fist les sours ouir; il fist 
les muès parler ; il fist les tors droit aller; il garist les ma- 
lades ; il pardonna les peschiés; il fist les miracles si evi- 
dens que le peuple l’enssuivoit; il rexucita les mors; il se 
laissa en une croix de feust * tourmenter, et au tiers jour 
volut rexuciter et rompre les portes d’enfer, dont il tira ses 
amis, Adam et Eve et les sains prophetes; puis remonta es 
cieulx, et de la doibt venir jugier les bons et les malvaix. » 
Et quant Clargis l’eust ausques escouté, il lui respondi que 
ja ne le croiroit et que la loy * que Mahom avoit maintenue 
et prechiie ne seroit par lui $ delaissie jour de sa vie. Mais 
depuis s’en parjura il, car il devint [B Crestiën] non mye si 
tost, mais depuis, ainssi comme l’istoire le recordera. 

10. Tant chevaulchierent Guibelin et Clargis de Valdune 
que il aprocherent Nerbonne, voire de si pres que ceulx qui 
estoient aux murs les virent plainnement‘ et cognurent que 
c’estoit Guibelin, qui estoit de France revenu, si le cou- 
rurent dire au conte Aymery, qui ne mist gueres a venir, et 
fist legierement la porte et le pont ouvrir. Et lors y entra 
Guibelin, au quel Clargis dist que ses pleiges lui feussent 
renvoiés et lui disant : « J’ay ma prommesse tenue, sire 


7 B Guibelin 

9. 1 est B mg. — 2 B quant onques feustes S. — 3 B ses couca 
— 4 B ffust — 5 À la la loy — 6 B par lui nes.. 

10. 1 À plainnent’ 


DU ROMAN EN PROSE 151 


Guibert,» [B fet] il, « car vous estes a saulveté retourné la ou 
je vous devoie mectre. Sy n’aiés plus de fiance en nous, 
quant vous arés mes plaiges rendus. » « Autel vous puis je 
dire, sire Clargis, » fet lors Guibelin*; « car, se vous estiés 
par avanture pris, aiés fiance de mourir a tourment, ou 
vous renirés  Mahommet et la loy et fausse creance que vous 
tenés. » Et lors lui fist Aymery amener Corsabrun de Damas 
et les aultres qui avoient ostaige tenu pour luy. Puis s’en 
partirent les Sarrasins, et Guibelin demoura en la cité 
aveques lui*, qui ou palaix le mena veoir la contesse sa mere, 
la quelle avoit longuement atendu et souventeffois desirié sa 
venue. Et quant il fut ou palaix, lors lui vint la dame, qui 
moult doulcement le acolla et lui demenda des nouvelles de 
ses freres et du bon empereur Charlemeine. 

11. [] Entour Guibelin se sont les chevaliers nerbonnois 
venuz arrengier pour ouir des nouvelles, et il leur dist en 
parlant joyeusement : « Je fus a Paris, sire, » fet il, « ou j’ay 
l’empereur lessié vieulx et si aaigé desormais que a peine 
pourra il plus veaigier. Mais grant damaige sera de la mort 
d’un tel prince! Il vous mande par moy salus et amitiés, et 
vous envoye cinquante mil François pour vous aidier contre 
vos ennemis, sy ont mes .ilii. freres toux la charge de les 
mener et conduire. Et croy que ja les pourrés veoir; car je 
les ay lessiés la au dessus de ce mont, ou ils se preparent 
pouf les paiens venir conbatre, sy vous en suy venu adver- 
tir, affin que soiés avisé de vous maintenir a l’encontre des 
Sarrasins, que bien poués de cy clerement veoir mectre en 
arroy pour aller contre le secours que je vous ay amené. » 
« Or soit Dieux loué, beau fielz, » fet il, « de cestui voiaige, 
et tant saichiés que, quant j’ay veu les paiens qui ainssi se 
habilloient, je cuiday que ce feust pour nostre cité assaillir. 
Mais non est, la mercy Jhesucrist! dont je suy moult joyeux, 
car puis ne nous donneront ‘ eulx assault que ils nous por- 
teront * moult grant damaige. Or en avrons nous vengement 
aujourdui #, se Dieux plaist, qui nous veille estre en aide et 


2 B Guibelin — 3 lors G.] B il — 4 B renieres — 5 lui] B son 
pere 

11. 1 B donnerent; B eulx mq. — 2 B porterent — 3 B aujour- 
duy v. 


152 CHAP. XVI 


en conffort! » Il fist ses trompes bondir et haultement son- 
ner lors, ce que pieç’a ne avoit fait, et fist criër par toute la 
cité commander que nul ne demourast qui pourroit chevaul- 
chier, armes ‘ porter ne aler a pié, et ordonna les ungs pour 
saillir aveques lui et les aultres pour les portaulx, portes, 
murailles et la cité garder. 

12. Quant l’ordenance des Nerbonnois fut faicte, lors se 
mirent aveques eulx a cheval pour issir, quant il seroit temps 
et heure et" que les batailles des François seroient jointes 
aveques celles * de leurs ennemis, ou plus tost, se mestier en 
estoit. Mais pour racompter des batailles, dit l’istoire que 
cinq en avoient faictes [B les] cinq fils Aymery, en chascune 
dix mille, ainssi comme Charlemeine l’avoit ordonné, et les 
Sarrasins en ordonnerent .xiiii., dont Clargis receut la pre- 
miere, comme ouy avés ça * devant. La ii* baïllerent les 
Sarrasins au roy Bauldus ‘; la troizieme a Erofle’ de Tar- 
tarie. La iii mena le roy Sinagon. Esclamart mena la 
cinquiesme. La .vi.me conduisi ung roy nommé Faulcon. La 
viime conduisi Abel de Nubie?, la viiim Fernagus. La ix° 
mena * Floree *, qui tant fut fellon Sarrasin que merveilles. 
La x° [82r] fut baïllie au roy Thollomer de Gadres ”. La 
unsiesme baïilla on “ a Taillefer d’Anthioche. Sadoinne 
d’Ammarie mena ‘ la xiie. La .xiii.w conduisi* le roy Agra- 
part, et l’amiral de Cordes mena la .xiiii.m*. Mais, pour 
garder que Aymery ne saillist de la cité pour ceulx de 
France conforter, en demoura deux batailles. Et les aultres 
mirent les banieres au vent et alerent contre les Crestiëns, 
les quieulx actendoient ordonneement que ils venissent vers 
eulx, affin d’avoir la moitié du souleil a leur avantaige. 

13. Quant le souleil fut parti entre les Crestiëns et les 
Sarrasins, et les .xii. batailles furent devant les cinq, lors 


4 B et armes 

12. 1 heure et] B heure — 2 B celles, À elles — 3 ça] B mg. 
— 4 B La .iic. bataille eust le roy Bauldus — 5 B Esrofle — 
6 mena] B mq. — 7 B La .ve. Esclamart. la .vi“. Abel de Nubie. 
la .viime, vng roy nomme Faulcon — 8 B mena mg. — 9 À Floree 
(ou Florre), B Floree — 10 B La x° le roy Tholomer de G. — 


11 baïilla on] B mg. — 12 B Sadeinne et Dammarie menarent — 
13 B conduisi mg. 


= 


DU ROMAN EN PROSE 153 


commencerent ces trompes a bondir, ses corsa tinter' et a 
sonner, ces arbalestriers et archiers a tirer si dru d'une et 
d’aultre partie que moult y eust de chevaulx mors et tres- 
percés, d’ommes abatus et par terre vercés par les chevaulx 
qu’i tuoient * dessoubz eulx de trait, qui longuement dura. 
Mais assés tost après se hasterent les gens d'armes et se 
ferirent parmi les gens de trait, coperent cordes, arbalestes 
et arcs, puis vindrent aux lances, dont ilz jousterent les ungs 
aux aultres, et grant presse y avoit des Sarrassins, car ilz 
estoient pres de .iii. contre ung, quant tous se furent ems- 
samble mellés. Sy firent merveilles d'armes a ce comman- 
cement les rois Clargis, Fernagus, et Erofle en especial; car 
cellui traverça par force les batailles des Crestiëns, sy le 
sieuuirent Desramés et Fernagus, qui abatoit tout ce qu'il 
encontroit devant lui. Dont le damoysel Guillaume fut si 
dollant qu’il pria ses freres du bien faire. Et comme il poi- 
gni le cheval des esperons, se fery emmy ses ennemis pour 
soy vengier de l’amiral Desramé, que bien cuida assener sur 
le chief. Mais il se retraÿ, et lors devala le coup sur le col du 
cheval, et si bien l’assena que mort le mist dessoubz Des- 
ramé, quilors cria « Cordes » si haultement que incontinent 
y arriverent plus de .ii. cens Sarrassins, qui tous a ung fes 
assaillirent Guillaume, et mirent toute peine de l’amiral 
remonter. Sy sourvindrent la Clargis, Esclammart, Abel et 
Esrofle, qui ja avoit fait son retour des batailles, qu’il avoit 
travercés par vaillance et force d’armes veant les .iiii. filz 
Aymery, qui bien l’avoient pourgecté a l’eill. Et en especial 
Guillaume le ravisa myelx que nul aultre, si que bien le 
cognust ; car i l’avoit veu le jour de devant quant il le‘ trouva 
avecques ceulx qui venoient de fourraigier le païs, sy haulça 
l’espee lors quant il vist son point et tellement l’assena sur 
son heaulme que tout le pourfendi jusques es dens‘, et puis 
cria « Nerbonne » si haultement que bien l’entendirent ses 
freres. 


14. [>] Au secours du noble damoysel Guillaume vindrent 
Hernault, Bernart et Aÿmer, qui grant devoir firent de paiens 


13. 1 ses corsa t.] B mq.— 2 par les ch. - dura] B mq. — 3 À 
tuoit — 4 le AB mg. — 5 es dens] B aux d. 


154 CHAP. XVI 


confondre et menasser de mort et de mehaïing, et d’autre part 
se prouverent vigoureusement Desramés, qui remontés 
estoit, Fernagus et Clargis. Mais tant furent dollant du roy 
Erofie', qui fut occis par Guillaume, que moult menasserent 
les Crestiëns. Mais guieres n’en chalut aux nobles enffans, 
ains se maintindrent si vaillamment que oncques n’en par- 
dirent pié de terre pour paiens qui sur eulx arrivassent. Et 
qui demenderoit quel deil” demena Desramé, quant il ouy la 
mort du roy Esrofle a ung Sarrasin racompter, dit l’istoire 
que il faisoit piteux ouir selon les termes de sa loy, et disoit, 
si que bien le pouoient ouir Fernagus, Abel, Esclammart et 
Clargis, qui soigneusement se donnoient garde * de lui : 
« Haÿ! Erofle, franc et noble‘ Sarrasin! » fet il, « comme m'est 
vostre mort dolloureuse et greveinne’, et comme sera nafvréf 
au cueur le vostre fils Eroflet, que tant aimés et qui bien 
fait a aimer. Las! or me vouldra il le vostre corps demen- 
der, et dira que je vous ay habandonné par lascheté, par 
couardie ou aultrement! Certainnement pou me deveroie 
prisier, se vostre mort n’estoit par moy vengie. » Il broche 
le bon cheval lors et se fiert ? emmy les Crestiëns comme 
homme desmesuré et hors de raison. Et lors renforce la 
bataille de toutes pars, et sont si entremellés qu’on ne sçait 
qui a le pire ou qui a le meilleur. Car Sarrassins se porte- 
rent puissamment et si vaillamment que reing ° n’y fault, et 
les Crestiëns ne se feignent de les repcevoir vigoureusement 
et sans faintisse, et font si grant occision des Sarrasins que 
merveilles. Car les quatre enffans sont hardis en armes, et 
ont avecques eulx gens de plusieurs nacions, comme de 
France, de Bourgoigne, d’Almeinne “, du Meinne, d’An- 
gou, de Normendie, de Picquardie ” et de Bretaigne, et tous 
si unis et bien d’acord et obeïssans que myeulx en eussent 
valu .xxx. mil que .lx. mille d’autres. 

15. À icelle heure que toutes les batailles se furent entre- 
mellees les uns par les aultres, estoient Aymery, Guibelin 


14. 1 B Esrofle — 2 4 deil, B duel — 3 B donnoient garde, À 
deuoient garder — 4 noble] À notre, B necte — 5 et greveinne] B 
mg. — 6 naure au cueur dans B après Eroflet — 7 se fiert] B fiert 
— 8 B sceust — 9 reing] B riens — 10 B dAlmaigne — 11 B 
dAnjou de Normendie de Picardie. 


DU ROMAN EN PROSE 155 


et les bons chevaliers de Nerbonne tous pres pour partir, 
comme ceulx qui n’atendoient sy non l’eure et le peril, et 
bien savoient qu’ilz ne pouoient de leans issir sans avoir a 
leur’ afaire en leurs besongnes. Car ilz veoient* plainnement 
les deux batailles les quelles estoient demourees pour 
doubte de leur issue. Ils firent la porte ouvrir et le pont 
abaisier au fort, et premier s’en issi le vaillant conte Aymery, 
lance baissee, comme celui qui bien veoit ses enemis. [83r] 
Et en poignant son cheval des esperons bruiant comme tem- 
peste se vint ferir parmi ses ennemis ung roy sarrasin 
nommé Corsabruns‘ de Baudas, si que mort l’emporta emmy 
le champ. Sy commença le huy grant et merveilleux lors, car 
moult [B crioient] les Sarrasins plus que les Crestiëns sans 
nulle comparaison. Et après Aymery ne se tourna gueres 
Guibelin, ains se fery après son pere , et assena ung roy sar- 
rasin, si que du cheval le verça par terre devant lui. Hugues 
de Berry en abaty ung, et les vaillans chevaliers et nobles 
hommes s’i maintindrent si couraigeusement que, maulgré 
en eussent les Sarrassins, il travercerent et menerent a des- 
cumfiture la premiere des deux batailles, que Desramés avoit 
lessee aux rois Sinagon et Tholoumer’ a conduire, et garder 
ceulx de la cité [B de Nerbonne]. 

16. Dieux! comme eust Aymery de peine a conquester le 
pas a entrer en la grant bataille, quant il fut de la cité issu! 
Thouloumer d’Inde, qui l’une des batailles avoit en sa com- 
mende, veant l’outraige que Aymery avoit fait d’avoir sa cité’ 
ainsi seule laissee et habandonnee, se tira de la presse lors 
et, pour tendre affin que on meist peinne d’avoir la cité par 
assault, par emblee ou aultrement, se departi le plus hasti- 
vement qu’il peust, et fist tant qu’il trouva l’amiral, au quel 
il dist : « À cestui coup avrés vous Nerbonne, ou jamais, sire 
amiral *, » fet il; « car de la s’en est Aymery sailli a tout ce 
qu’il avoit de gens. Et tandis qu’il festoiera ses enffans, qu’il 
ne vist longtemps a, pourrés ÿ vous envoyer, et ce pendant 


15.1 Baleur mq.— 2 À veoient, B virent — 3 ab. au fort] B 
baisser — 4 À Corsabrins — 5 B lors mq. — 6 B Et apres ee 
se fery Guibelin apres son pere — 7 B Tholommer 

16. 1 À sa cite. (endommagé par l'humidité)] B la sienne — 2 ou 
jamais sire a.] B sire — 3 1. a p.] BI. la p. 


156 CHAP. XVI 


tendrés estal cy endroit et garderés la baniere Mahom, a ce 
que les Crestiëns n’en puissent [B issir]. » Or estoit ja passé 
Aymery ce pendant ‘ et estoit en parolle aveques ses .itii. filz, 
les quieulx mirent peinne de le festoier de tout leur pouoir. 
Et dit l’istoire que de ce leur augmenta, creust et doubla 
leur couraige, comme bien le monstrerent tantoust. 

17. L’amiral Desramé, aiant  oÿ* Thouloumer * qui de la 
cité de Nerbonne avoir par cautillite lui parloit#, appella 
Esclamart de Nubie et le roy Archillant ° de Luisarne, et 
leur commenda aller celle part, tandis qu’il tendroient estour 
et bataille contre les Crestiëns. Sy s’en partirent chaudement 
et hastivement les deux rois, et eslargirent le lieu aux Cres- 
tiëns, qui lors pencerent que il se voussissent ja mectre en 
fuite, sy en furent moult joieux. Et dist Guillaume lors a 
haulte voix : « Or sans faintise, beaus signeurs, » fet il; « car 
ja voy je [y] les paiens fuir et lesser leurs conrois, si ne les 
avrons jamais myeulx que maintenant. » Il acolla l’escu ser- 
rement lors $ et se fery parmi ses ennemis si aïreement? que, 
qui est de luy ataint, il n’a de mire ne de barbier aulcun 
besoing. Et quant Hernault aparçoit le sien frere qui ainssi 
exposse le sien corps en occiant et detrenchant les Sarrasins, 
il fiert le roy Abel, que Esclammart avoit la lessié, et le fiert® 
tant aïrreement * sur l’espaule en travers que tout le pourfent 
jusques en la poitrine, et lors crie « Montjoye » a hault cry, 
si que les Sarrasins en sont comme tous espardus, pour tant 
que c’est le cry que Charlemeine crioit tousjours en bataille. 
Aÿmer rencontra ung Sarrasin nommé Taillefer ”° d’Anthio- 
che, si le fery par si grant vertu que haubert, heaulme ne 
targe qu'il eust ne le sceurent guerendir “, que mourir ne 
le feist soubdainnement. Et lors renforça la bataille de 
toutes pars et fut plus aspre qu’elle n’avoit esté par avant. 

18. En pourssuivant de plus en myeulx estoit Guillaume 
en la presse, faisant a force d’espee rompre et fendre la 


4 B Aymery passe (ce p. mg.) 

17. 1 aiant}) B parle — 2 oÿ] À B au — 3 B Tholomier — 4 par 
c. lui p.] B par cautele et soustiuete — 5 B Archilant — 6 B lors 
mg. — 7 B aigrement — 8 que Escl. - fiert) B mg. — 9 B ireement 
— 10 B Tailleffer — 11 B garantir 


DU ROMAN EN PROSE 157 


bataille devant luy pour tousjours soy avancer‘ et alerjus- 
ques a la grant baniere* Mahom, que Desramé faisoit garder 
et conduire par ung Sarrasin grant, fort, fier et felon, nommé 
Morguant*. Celui Sarrasin estoit hardi et seur : pour ce lui 
avoit Desramé baïllié sa baniere a conduire, au moings estre 
tousjours pres ad ce que nul inconvenient n’en venist. Mais 
Guillaume, qui tant avoit fait par force de coups d’espee 
qu’il se estoit de la baniere aprouchié, fery Morguant ‘, qui 
bien s’en cuida garder et pour le coup escheuer haulça l’escu 
dont il se couvroit ung peu trop hault, si que Guillaume n’y 
peust ferir; ains convint le taillant de l’espee cheoir tout 
devant sur le ventre, si que lui entama les boyaulx et les lui 
vuida, comme on fait a ung pourcel par devant. Et lors con- 
vint le paien cheoir d'angoisse et mourir entre les piés des 
chevaulx langoureusement. Si s’en passa Guillaume oultre, 
et vint ferir a la baniere si grant coup que vercer la fist emmy 
le champ‘, veans plus de mil Sarrassins que oncques n’y 
sceurent remediër pour icelle heure ; mais elle fut legiere- 
ment relevee a grant confusion de gens tant d’une part 
comme d’aultre, les quieulx vindrent la au cry que Guil- 
laume gecta [B moult] haultement. 

19. La ou la grant baniere fut abatue, cria Guillaume 
« Nerbonne » a haulte voix, si que bien l’ouirent [84r] 
Hernault, Bernart et Aÿmer et grant chevalerie françoise, 
qui mye ne se feignirent de rompre la presse pour aler celle 
part dont il avoient son cry entendu, et bien veoient son 
corps emmy les Sarrassins et l’espee qu’il portoit haulcee et 
ferir ça et la en soy deffendant tout le myeulx qu’il pouoit. 
Et clerement le pouoit veoir; car il estoit corporu et menbru 
plus que nul [B autre] de ses freres, si racompte l’istoire 
que ce fut l’un des plus beaux chevaliers de France en son 
temps, et tant vaillant et plain de proesse qu’il n’eust reculé 
plain pié de terre pour le plus grant jaiant du monde, et 
maïint en fist [B il] mourir en sa vie, ainssi que l’istoire le 
recordera, qui ne le peut mye deviser a la fois *. De l’autre 


18. 1 la bataille - avancer] B mg. — 2 B banire — 3 B (les 
deux fois) Moiguant — 4 le champ] B la placer 
19. 1 qui ne le] À quil ne; qui ne le — 2 fois] B mg. 


158 CHAP. XVI 


part contre Guillaume pour l’ensseigne relever, ta quelle 
avoit par lui esté abatue, vindrent l’amiral Desramés, Agra- 
part d’Oriënt, Fernagus d’Arrabe et Moÿsant le fort roy, les 
quieulx avoient longuement tenu estal contre ceulx de Ner- 
bonne qui issus estoient de la cité et qui ja avoient rencon- 
trés Esclammart et Archillant de Lusarne , qui avoient failli 
a leur entreprise par la baniere que Guillaume avoit vercee 
par force, depuis qu’il s’en estoient partis; les quieulx retour- 
noient pour la baniere aidier a relever, a ce que leurs 
hommes ne se esbahissent ou tournassent en fuite. Et lors 
fut la destruction grande, car sy grant presse y avoit que a 
peinne se pouoient eulx* mal faire si non d’estoc, se trop 
n’estoient habilles et remuans de leurs corps. 

20. La ou la plus grant presse estoit, des Sarrassins fut 
Guillaume avironné et se deffendoft vaillamment et tous- 
jours crioit « Nerbonne a secours! », pour ce que lui seul ne 
pouoit empeschier que les paiens ne relevassent l'enseigne, 
que ilz redrecerent fin de compte a l’aide de" Desramés, de 
Fernagus, de Moÿsant et des aultres qui illeques estoient * 
malgré les Crestiëns [B tous] assamblés. Sy en fu tant dol- 
lant Aymery qu’il se fery parmi eulx pour Guillaume trou- 
ver, que bien avoit ouy criër. Et si avant se bouta que 
Desramé l’aparceut, qui legierement le cognust. Et quant il 
le vist, lors gecta il son escu derriere son dos, et de l’espee 
qu’il empoigna a deux mains lui esma ung coup si grant que, 
se a plain l’eust conssieuui, jamais en sa vie n’eust entré en 
bataille; car tout l’eust jusques en la poitrine pourfendu. 
Mais le coup tourna sus le cheval, qu'il confondi et tua, et 
ainssi convint‘ le noble comte vercer * a si grant meschief 
que occis l’eussent [>] les Sarrassins, quant Desramés leur 
escria : « Rendés le moy, beaus signeurs, et le menés a mon 
tref; car avoir le veil je vif pour moy vengier des maulx 
qu’il m'a fais. » Et lors fut le noble conte assailli et pris par 
force; car il n’avoit point de secours. Et [B si] fut baillié a 
dix Sarrasins, les quieulx en le tirant hors de la presse pas- 


3 B Archilant de Luiserne — 4 eulx] B ilz 
20.1 a l’aide de] À B a lamiral — 2 B estoient, À sestoient — 
3 Ba mg. — 4 convint] B comme — 5 vercer] B gerar le vist 


DU ROMAN EN PROSE 159 


serent par devant Guillaume, qui tant en fut dollant qu’on- 
ques plus ne fut. 

21. Or ont les Sarrasins le conte Aymery en leur dangier, 
et pour l'emmener hors de la presse s’en passerent par 
devant Guillaume, qui aveques ses freres se estoit mis’; car 
ils avoient tant fait que ils l’avoient * trouvé assés pres du 
lieu ou il avoit la baniere deffendue, ad ce qu’elle ne feust 
relevee. Et quant il aparceut le sien pere qu’on en menoit 
prisonnier par force et malgré soy, il s’escria « Nerbonne » 
le plus haultement qu’il peust en soy frapant en l’estour, [B 
et] eschaufé comme ung thor * fist tant a force de bon cheval 
et de l’espee qu’il tenoit que il rompy la presse et s’embati 
es Sarrasins qui le conte menoient traverçans parmi leurs 
hommes, les quieulx leur faisoient voie et passaige, et Her- 
nault, qui au dos le sieuuoit, au quel Guillaume ne pençoit 
mye, et si faisoient Bernart, Aÿmer et Guibelin, le quel leur 
avoit racompté la prise de leur pere. Et quant Hernault vist 
Guillaume qui aux dix Sarrassins se combatoit criant « Ner- 
bonne » haultement, il s’escria « Montjoie saint Denis », si 
que bien l’entendirent les Sarrassins, les quieulx avoient ja 
le pire, car Guillaume en avoit .iiii. occis, sy s’en fuirentles 
aultres et se bouterent en la presse pour eulx mectre a saul- 
veté, et laisserent Aymery a si grant haste que mie n’eurent 
loisir de l’emmener. Et lors vint Hernault par devers luy et 
luy dist, comme par reprouche de ce que autreffois les avoit 
mis hors d’aveques lui : « Souviengne vous, pere, de ceste 
avanture! Car maintenant vous en eussent Sarrasins menés, 
se a vostre secours ne feussions de France venus. » « Vous 
dites voir, certes, beaux fieux, » fet il, « et aussi ne vous y 
eusse je * ja envoiés, [Bsi] n’eust esté pour savoir et aprendre 
du bien et de l’onneur. Et tant vous dy que, se longuement 
eussiés esté a sejour, comme vous souliés estre avecques 
moy et vostre mere, vous ne sceussiés ore ung beau coup 
donner ne veoir ung homme en visaige, comme j'ay es- 
prouvé que si ?. Sy nous taisons a tant et assaillons Sarras- 


21.1 mis] À mus — 2 | À B mg. — 3 thor] B cerf et — 
4 À la pire — 5 je] B mq. — 6 B cop beau — 7 comme -si 
B msg. 


160 CHAP. XVI 


sins, qui, comme je croy, seront en peu d’eure descumfils, 
se asprement les voulons poursieuuir #. » 

22. [85r] Les enffans Aymery se ferirent en la bataille 
lors, et tant firent par force d’armes que ils vindrent au lieu 
la ou Desramés faisoit les rencs trambler et se contenoit si 
merveilleusement en armes que contre lui ne se osoient 
grans ne petis trouver, ains le fuiotent * les François comme 
l’aloue fuit le faulcon ou l’esprevier. Et il se frapoit dedans 
eulx comme le loup se fiert en ung troupel * de moutons. Et 
hardiment le pouoit faire; car il estoit acompaignié de Clar- 
gis, de Fernagus, de Agrapart ‘ et de Moÿsant, qui grant dis- 
sipline eussent fait des Crestiëns, quant la seurvint Guil- 
laume, le quel fut tant dollant que nul plus, quant il vist 
ses hommes ainssi branler. Il avisa Desramés, qui comme 
ung ennemi infernal estoit suant ‘ et eschaufé de aspreté et 
de vouloir les François destruire. Il haulça l’espee lors et, 
tant comme myeulx se peust esploitier, lascha les bras a 
val et assena l’amiral si aïreementf que, quel que harnois 
qu’il eust, l’entama jusques enmy le corps et le porta mort 
du cheval qu’il chevaulchoit, veans tous ? ses hommes, dont 
les plusieurs-le cuiderent bien vengier, les quieulx furent la 
occis comme lui. 

23. Quant l’amiral Desramés fut du cheval abatu , lors 
s’aproucha Clargis d’une part, qui le cuida bien vengier et 
assés s’efforça de l’aidier *, resqueurre et faire remonter. 
Mais Aymery lui vint l’espee levee et bien le cuida assener, 
quant il se retraÿ et mist l’escu a l’audevant de si bonne 
heure que mort l’eust sans nulle doubte ; mais Dieux, qui 
depuis l’inspira a estre bon Crestiën, le salva et garda, et 
chaÿ le coup sus le cheval, qui ne se peust * plus soustenir. Et 
quant il fut vercé, lors cria Clargis si haultement « Valdune 
et Cordes » que bien l’entendirent Fernagus, Esclamart, 
Moÿsant et Archillant:, les quieulx brocherent celle part lors 


8 B le v. poursuiure 

22. 1 B la mg. — 2 fuioient] À suoient, B suioient — 3 B loup 
fait en trompel — 4 B Agrappart — 5 À suant (très pdle), B ferant 
— 6 À arrement, B aigrement — 7 B tous mg. 

23. 1 B abatu mg. — 2 AB de ie cuidier — 3 B puet — 4 B 
Moysnant et Archilant 


DU ROMAN EN PROSE 161 


le plus hastivement qu’ilz peurent, cuidans l’amyral Desramé 
saulver; car ‘ rien ne savoient de sa mort. Et lors commença 
la bataille, qui gueres ne dura longuement; car Clargis fut 
legierement remonté, sy luy demenderent de l’amiral, et il 
leur dist que mort l’avoit Aymery et que on pençast de le 
vengier qui pourroit. Sy fut Fernagus si dollant que il ne 
l’avoit oncques plus esté en sa vie, et moult l’eust voulentiers 
regreté, se il en eust eu le loisir. Il se fery parmi les Cres- 
tiëéns lors cuidant faire merveilles de soy, et se escria haul- 
tement « Arrabe $ ». Mais Aymery l’encontra en son chemin, 
qui moult desiroit soy vengier des Sarrassins qui en mener 
le voulurent prisonnier. Il haulça l’espee lors et le fery si 
airiëément ’ entre l’espaule et le colet que tout le pourfendi et 
coppa [y] en travers, et chaÿ mort devant Clargis et Esclam- 
mart, qui tant fut de celuy coup dollant ® que merveilles. 
24. Dieux! comme fut grant le desaroy en la bataille, 
quant Fernagus fut occis! Les Sarrasins furent ausques et ‘ 
du tout esbahis; car pardus eurent leurs seigneurs, et ceulx 
eu especial qui entrepreneurs estoient et conduicteurs * 
estoient de leur armee, sy ne sceurent quelle la faire *. Car 
Archillant { tourna le dos, disant que la journee n’estoit mye 
pour eulx propre et que plus ne sejourneroit, ains s’en iroit, 
s’il pouoit, a Luisarne, ne jamais en guerre n’yroit pour 
mandement de homme nul, se il ne savoit bien comment, sy 
s’en parti lors le plus diligemment qu’il peust. Et adongq les 
enffans Aymery se ferirent es Sarrassins, qui en peu de 
heure furent si clers semés que plus ne se trouverent ems- 
samble, ains s’enffouirent qui myeulx myeulx, et meesme- 
ment Clargis, Esclamart, Sinagon et ceulx que leur avan- 
taige peurent trouver s’en partirent et habandonnerent leurs 
hommes, les quieulx furent mors et detranchiés sans rans- 
son ; car adonq fut pitié convertie * en rigeur mortelle. Et se 
lassoient les Sarrasins, qui plus n'avoient de retrait si non 
aux tentes, ou ils trouveront leurs ennemis en lieu de garan- 


5 car] B comme — 6 B Arabe — 7 B aigrement — 8 4 dollant 
dollant, B doullant (après fut) 

24. 1 B ausques et mg. — 2 À condicteurs — 3 q. 1. f.] B quelle 
part tourner — 4 B Archilant — 5 AB couuerte — 6 AB lais- 
soient 


Tome II | 11 


162 CHAP. XVI 


tie assommer, murdrir ou prendre, qui eust voulu. Et se 
d’aucuns en estoient par avanture receus a mercy par pitié 
ou cognoissance, sy en faisoient ils leurs esclaves et les trai- 
toient ? comme mastins, se ils ne vouloient leur dieu et leur 
creance renoier et aourer celui qui mouru en croix pour 
l’umain linaige racheter. 

25. Comme vous oyez fut la bataille descumfite et les 
Sarrassins mis en chace par les seigneurs qui mors estoient, 
sy ne faillirent mye lors les Nerbonnois et ceulx de France 
a occire ce qui avantaigeusement peust en leurs mains 
cheoir. Mais gueres ne dura la chace, ains se mirent au re- 
tour pour le ‘ butin, qui fut grant et bel, et la perte que firent 
les Sarrasins oultraigeuse et excessive. Car de tout, quanque 
il avoient aporté, tant en or, en argent, en vesselle, en 
bagues, en robes, joiauix et paremens comme en mesnaige, 
en tentes, en trefs, en chevaulx, harnois, vivres et marchan- 
dises, n’en emporterent qui vausist ung denier ”, ains fut tout 
pris, conquis et butiné et donné aux [86 r] nobles sou- 
doiers par * les seigneurs qui ne demendoient que l’onneur. 
Et tant en ‘ enrichy Nerbonne et les marchans qui y demour- 
roient et ceulx des environs meesmes que leurs griefs 
maulx, les tourmens qu’ils avoient eülx et les pertes qu’ils 
avoient faictes furent oubliés en peu de temps après. Et 
quant la bataille fut finie, lors se retrairent les nobles Cres- 
tiéns en la cité pour eulx aisier *; car mestier avoient de 
repos, et plus avoient eu de f travail et de peine sans nulle 
comparaison que n’avoient eu les paiens, pour tant que ils 
estoient moings Ja moitié que eulx. Sy les receurent ceulx 
de Nerbonne moult doulcement, comme bien faire le de- 
voient à cause du sieige que ils avoient levé si ? vaillamment, 
et ils n’y pardirent rien aussi, car ils acheterent la plus part 
du butin que ils avoient conquis sur les Sarrassins. 

26. En la cité de Nerbonne furent a sejour .viii. jours ou 
environ les nobles hommes de France. Et quant ceulx qui 
avoient esté bleciés furent ausques sanés et il sembla bon 


7 les tr.] Ben faisoient — 8 renoier] B receuoir 

25. 1 retour pour le] B mg. — 2 À deinier — 3 par] B qui par 
— 4 Ben mg. — 5 B aaisier — 6 eu de] Beu — 7 levé si] AB 
ainsi 


DU ROMAN EN PROSE 163 


au conte Aymery, lors appella il ses enffans et leur dist : 
« Vous savés, beaus signeurs, » fet il", « ausques de mon fait, 
et poués pencer que d’avoir gens d’armes longuement en 
cestui païs, tant comme il en y a, ne se pourroit * bonnement 
furnir au loing aller sans grant chierté, et mal pourroie ? ma 
cité regarnir ne * mon païs reffaire a soustenir si grant train 
comme cy a. Sy consseille que nous renvoions ces gens a 
l’empereur, le quel, comme je ymagine, les envoyera 5 chas- 
cum en son lieu, jusques a ce qu’il en ait a besongnier. Et 
ung petit de recreaction prise par vous aveques la contesse 
vostre mere, et les besoignés ausques radrecees $ et mises 
sus ?, vous en retournerés a Paris devers Charlemeine, le 
quel le vous [B a] ainssi fait en convenance ?, ce me avés 
vous dit. Et moy meesmes iray en vostre compaignie pour 
le bon seigneur veoir et merciër du grant bien qui a cause 
du secours que il m'a par vous envoié m'est venu. » Sy 
furent tres bien a cest acort les nobles hommes, et de fait 
envoierent les François devers l’empereur Charlemeine, qui 
moult fut joyeux de la victoire que les Nerbonnois avoient 
eue. Mais a itant * se taist [B ore] l’istoire des Crestiëns, et 
parle des Sarrasins qui s’en fuïrent de Nerbonne. 


[CHAP. xvri.] 


?] Comment Desramez, le filz l'amiral Desramés, 
Thibaut d’Arrabe, filz Fernagus le vielx, et Eroflet, filz 
Erofle de Tartarie, furent couronnés après leurs peres, 
qui mors furent au sieige de Nerbonne. 


#’ 


1. Or dit l’istoire que, quant Fernagus, le vieulx roy d’Ar- 
rabe, eust esté occis, comme avés ouy n’a gueres ‘, et les Sar- 
rassins se furent mis en fuicte pour leurs vies avoir saulves * 


26. 1 beaus s. fet il] B fet il beaus s. (ausques mg.) — 2 À pour- 
ront, B pourroient — 3 AB pourroit — 4 B et — 5 À enuoiara — 
6 À radreces — 7 et mises sus] B mq. — 8 en conv.] B conue- 
nancer — 9 itant] B tant 

XVII. 1. : B comme ouy aues (n'a gueres mg.) — 2 avoir saul- 
ves] B sauuer 


4 Li 


{ 


164 CHAP. XVII 


les ungs ça et les aultres la, ainssi comme myeulx se cui- 
derent arriver et que Fortune, qui pour icelle heure ne les 
voulu mye du tout deffaire, les conduisi et mena et que les 
Crestiëns les eurent longuement chaciés et poursieuuis, se 
retrairent a Orenge la grant les rois Clargis, Esclammart ;, 
Moÿsant et ne sçay quieulx aultres Sarrassins, les quieulx 
estoient de la bataille eschappés a grant paour et[B a] grant 
dangier. Et moult s’en saulva ‘, d’autres les quieulx s’en 
retrairent es villes voisines a eulx obeïssans, comme Nismes, 
Bidziers‘, Carcassonne et aultres cités, villes 6 et retrais, es 
quieulx lieux chascum se cuidoit plus seurement garantir. 
Mais guieres ne furent a cejour a Orenge Clargis, Esclam- 
mart, [B Moÿsant] et les autres Sarrassins, ains se delibere- 
rent ? d’eulx partir le plus hastivement qu’ilz peurent pour 
aller a Cordes racompter les nouvelles de la bataille et la 
mort du vieulx amiral au sien filz Desramés, qui rien n’en 
pouoit encores savoir. Sy se partirent, et tant esploiterent, 
sans faire compte de leur sejour d'Orenge, de leur voiaige 
ne de leurs Journees, que ils vindrent a Cordes, ou ils trou- 
verent Desramés, sa femme et ses enffans, les quieulx tous 
faisoient grant chiere actendens de jour en jour nouvelles 
joyeuses * de l’amiral Desramé et de la conqueste de Ner- 
bonne. - 

2. Archilant de Luisarne*, Esclamart, Clargis, Moÿsant et 
es aultres nobles Sarrassins venus a Cordes s’en alerent ou 
palaix ou estoit Desramé, qui nouvelles leur demenda du 
sien pere, du roy Fernagus et du sieige de Nerbonne. Et ils 
lui racompterent par la bouche du roy Clargis, qui moult 
auctorisé estoit entre tous Sarrasins, et lui dist : « Rien ne 
vous vault le celer, [87r] sire, » fet il, « ne descumfort ne 
vous savroit aidier, quant de nos nouvelles vous avrons fait 
la verité savoir; car myeulx vault que le saichiés plus tost 
que plus tart. Saichiés que les François crestiëns sont contre 
nous venus si puissans que ils nous ont descumfis en 
bataille par le sens d'Aymery, que nous avons asseigié et 
comme affamé, se secours ne leur feust venu. Et ont le vostre 


3 B Esclamart — 4 Et - saulva] répété dans À — 5 B Bedziers 
— 6 B villes cites — 7 À deliberent — 8 joyeuse 
2.1 B Archillant — 2 À Luisarme 


DU ROMAN EN PROSE 165 


pere occis, le roy Fernagus mort sur le champ, Erofle à le 
grant tout le premier et maint bon Sarrasin, dont s’est ‘ 
damaïge et pitié. Sy nous ont ceulx de Nerbonne chaciés 
jusques pres d'Orange, ou * nous alasmes a saulveté. Or n’y 
a que de pencer a vous faire roy et savoir la maniere com- 
ment vous pourrés myeulx le vostre pere et vos loyaulx amis 
vengier. » Et quant Desramé, qui telles nouvelles entendi 
recorder, eust pencé ung peu a la mort du vieulx amiral son 
pere, il commença a muër couleur, a palir sa face, a chan- 
gier maniere et a perdre ausques son sens de couroux et de 
despit qu’il eust, et fut le sien cueur si nafvré de deil $ qu’il 
ne peust en longue pose ung seul mot parler ne respondre ?. 
Et non fist mye Orable la noble pucelle, sa fille ; car elle se 
pasma emmy la sale et cheÿ toute deschevellee ‘, puis mena 
ung deill $ si merveilleux que ceulx qui la regardoient estoient 
par droite pitié naturelle contrains de lermoier et estre en 
leurs couraiges dolloureux de la doulleur et ° du grant marre- 
ment qu’elle faisoit. 

3. La ou la pucelle Orable se tourmentoit, en apoint vin- 
drent les dames et chambrieres et meesmement les varlès de 
chambre plus segrés et privés, qui l’enleverent et porterent 
en sa chambre, a ce que le sien pere Desramé ne la veist plus 
pour ‘ son mal meesmes plus tost oubliër et pour celui de sa 
fille demener a par soy; car de lui procedoit l’autre. Sy devés 
savoir que en peu de heure fut partout et parmi la cité hault 
et bas la nouvelle espandue et semee, affin que le bruit se 
passast a une fois et plus legierement et que ilz se reconfor- 
tassent du couronnement et sacre du nouvel roy, qui tant 
estoit beaux homs que nul plus. Car il estoit grant comme 
ung jaiant ; il estoit furni a la value, taillié et si bien fourmé 
que nul Sarrassin qu’on trouvast en peannie”. Et ja avoit une 
belle damoyselle a fille, aaigiee comme pour mariër; car elle 
avoit beaulté excellente; elle avoit bonté suffissante et sa 
maniere si plaisante que de plusieurs rois estoit a dame 
demandee et requise. Et si avoit, comme ja a l’istoire ça 


3 À Eroflet — 4 s'est] B cest — 5 ou] À ont — 6 B (les deux fois) 
duel — 7 ung-respondre] B nul mot dire = 8 À descheuelle — 
9 Bet mg. (devant du) 

3. 1 pour] B par — 2 B paiennie 


166 CHAP. XVII : 


devant dit *, apris des ars de Tholete par l’engin qu’elle avoit 
du retenir d'un maistre que le sien pere lui bailla. Mais mye 
ne pençoit qu’elle aplicast son engin a ouvrer de celui mes- 
tier ne qu’elle pençast sy non a son cueur deduire et esbatre 
[y] plaisamment a veoir celui maistre jouer, quant elle se 
vouloit mectre hors d’ennuy et de pencement. Sy en fut 
Desramé deceu puis ce di ‘, et Thibault d’Arrabbe ;, le filz 
Fernagus, pareillement ; car celluy l’espousa du consente- 
ment Desramé et oultre le gre de sa fille, mais il $ ne luy 
atoucha onques ne habiter ne la sceut charnellement pour 
le mariaige consummer et tout ce par les sors et charmes 
qu’elle faisoit et pour la proumesse qu’elle avoit par amours 
faicte a Guillaume d’Orenge, le filz Aymery de Nerbonne» 
le quel l’eust depuis a femme et la conquist et fist crestiënne 
et changier son non. Et depuis se entreaimerent tant que 
deux amans ne pourroient plus l’un l’autre, ainssi ? comme 
vous orrés cy après en traictant la matire par ordre ainssi 
comme elle est commencee. 


3 comme - dit] B ja — 4 puis ce di] B mg. — 5 B dArrabe — 
6 il Bmg. — 7 B ainssi mg. 





VI 
FRAGMENT DE LA HAYE 


(BIBL. ROYALE 921) 


AVEC TRADUCTION EN REGARD 


un 


© 


APPENDICE VI 
FRAGMENT DE LA HAYE 


(BIBL. ROYALE 921). 


[Première main.] 


[48 r°]. I. — et effectu, veluti spondet sibi versuta 
arrisio superbe Fortune hoc prope tota, sibilat imber 
telorum, suspensus in aëre, et instat quantum magis 
evalet inpulsus manu. Rotatur sublimior ordo in fossa 
suis vulneribus, et dat graves lapsus posteriori; inti- 
matque ipse ruens aucmenta periculo adjuta suis 
ponderibus. Nec adhuc sensit uterque inopina gesta 
malorum, alta sensibus catenatis formidine et pari 
torpore. Dum recrearet spiritus jam suffitiens sibi las- 
sos artus, a longe inpingit alternus furor et urget Cesa- 
rias aties, quibus erat negatus omnis aditus in arte 
et armis, licet usus ubique esset virtute, et licet patras- 
set inpatiens virtutum mira bellorum, et strepit liberior 
sibi per propugnacula et per murales ‘latebras. Resul- 


Les rapprochements ci-dessous sont dus à M. Ihm, à Halle, et à 
M. Wilhelm Meyer, à Gættingue. — I. 1 Cp. Verg. Aen. XII. 637 
spondet Fortuna ; le ms. a deux traits au-dessus de uersuta, trois 
au-dessus de tota — 2 superbe] p par correction pour b — 3 Cp. Aen. 
XII. 284 Tempestas telorum ac ferreus ingruit imber; cp. Ovid. 
Fast. VI. 278 suspensus in aëre clauso stat globus — 4 Cp. Ovid. 
Metam. IX. 53 Inpulsumque manu; fossa] a par correction pour 
0 — 9 recrearet] et par correction pour a; cp. Ovid. Epist. Sap- 


TRADUCTION 


I. — Et en effet, comme le leur [— aux paiens] 
promettait le sourire trompeur, presque entier en ce 
moment, de l’orgueilleuse Fortune, une pluie de traits 
volant dans les airs siffle, et elle devient d'autant plus 
menaçante que, lancée par la main, elle prend plus de 
force. Le premier rang [des chrétiens] à cause de ses 
blessures roule dans le fossé, et il cause de lourdes 
chutes dans le second rang, et en tombant il apporte au 
péril un accroissement augmenté encore par sa pesan- 
teur, Et les deux [rangs] n’éprouvaient pas encore l’ef- 
fet inopiné du désastre, leurs sens étant enchaïînés par 
une profonde terreur et par une torpeur égale. Jusqu'à 
ce qu'une haleine suffisante ait ranimé les membres 
épuisés, la fureur intermittente [des flèches] heurte et 
pousse de loin les bataillons impériaux, auxquels, par 
la ruse et par les armes, toute entrée dans la ville était 
coupée, quoique le moins aguerri eût prouvé partout 
sa bravoure, et qu’il eût accompli des exploits mer- 


phus 161 lassos.… artus — 10. urguet] le second u est-exponctué 
— 13 ms. inpati... (quelques lettres grattées) ens. et peut-être sur un 
lieu gratté — 14 Cp. Aen. IX. 664 It clamor totis per propugna- 
cula muris; latebras] t par correction pour 1 


A ct 1 ne Un 


170 FRAGMENT DE LA HAYE 


15 tatque aligerum semen super tegmina clipeorum, ut sit 
grando. 


II. — At deservit ferro comes et revocata vis suorum 
modo nescia sicci ventris atrocisque gule quam male 
sustinuit, nec unquam plus satiaverat suas mentes cede, 

20 sicut merentur pia vota. Prope facit mucro omnes dex- 
tras intentas sibi. 


III. — Repetitque Cesarius miles propiora menia, 
fosseque redundans cupit in sublime. De sursum di- 
stillat acutus palus plagasque serit, digeritque pre- 

25 gnans molaris corpora subeuntia confusis armis. 


IV. — Modo truditur dux a castello vi, et âmittit foras 
iter vasta cede; perditque necatque, DER prestant 
mille manus suffragia homini. 


V. — Describitur ante fores electa majorque corona 
30 virorum servare aditus fallaces, ut tuta sint terga ha- 
beantque fidem. 

VI. — Illic ridet Gradivus notans sanguinolenta 
brachia, et alternat equum commissus totis viribus mul- 
tifidis mirisque modis intus forisque, [v°] quacunque 

35 potest ponpare se minaci cornu. Inter hec vite labantis 
gravitate rerum, tribuit quarta dies suum mane, fu- 
giente astro laceris tenebris, et effecerat solaris orbita 


15 tegmi- (fin de ligne, puis) ina. Cp. IX. 518 armorum... teg- 
mina ; X. 330 clipeoque resultant 

II. 17 deservit] ms. def (f est exponctué) dans le texte, seruit à 
la marge. — 19 Cp. Metam. VII. 809 satiata dextera caedis — 
20 Ovide passim : pid vota 

III. 22 ms. propriora — 24 Cp. Lucret y. 1290 (L.) vulnera 
Rs ms. degeritque — 25 après piegnans il y a q' gratté . 


. TRADUCTION | 171 


veilleux, et plus libre elle passe frémissante par: les 
bastions et par les réduits des murailles. Et la semence 
ailée rebondit sur les couvertures des dat. comme 
si c'était de la grêle. 

II. — Mais le comte manie le glaive, lui et la troupe 
de ses gens [par lui] rappelée au combat, bientôt oubliant 
leur ventre à sec et la terrible faim qu’ils avaient sou- 
tenue avec peine, et jamais il n'avait rassasié de sang sa 
pensée davantage, ainsi que le méritent ses vœux pieux. 
Le glaive attire sur so1 l'attention de presque toutes les 
mains. 

III. — Et le soldat impérial se rapproche des ? mu- 
railles voisines, et débordant du fossé aspire au som- 
met. D’en haut les pieux aigus pleuvent et sèment les 
blessures, et la lourde meule écrase, confondant leurs 
armes, les guerriers qui s’en rapprochent. 

IV. — Bientôt le duc est repoussé de la forteresse par 
la force, et il perd le chemin de sortie à cause de la 
masse des cadavres; il détruit et il tue, car mille mains 
lui prétent leur secours. 

V. — On délègue devant la porte une assez sand 
troupe d'élite pour observer les entrées trompeuses, ci 
que les dos soient à couvert et en sûreté. 

VI. — La rit Gradivus remarquant les bras . san- 
glants, et, se précipitant de toutes ses forces, il fait 
pencher la balance de la manière la plus variée et la 
plus étonnante au dedans et au dehors, partout où 1l 
peut s'étaler avec sa corne menaçante. Sur ces entre- 

faites, dans la gravité des vies qui périssent, la qua- 
trième journée amena son matin, l'astre s’éloignant des 
ténèbres déchirées, et l'orbite du soleil [? le disque 


: IV. 28 Ovide passim : mille manus 

V. 30 ms. fallantes ; cp. Metam. V. 161 tutaque terga éeréns 

VI. 33 corr. equum : pousse son cheval en des sens divers 
(cornu 35 sabot) GParis — 34 Vergile passim : modis miris — 
356 Sedulius. I. 3 pompare. Cp. Metam. XI. 36 cornuque minaces 


172 FRAGMENT DE LA HAYE 


preclarum orbem, rubescens quippe ad casum, sicut 
prodidit ipsa nuntia sinceri ortum. 

40 VIT. — Liquet innotuisse nomen accedere prelate 
pubis, procul preveniente aura plebei faminis. Nec 
mora : tanquam certabat cupidus hiatus animi, adsunt 
exhausto cornipede clavaque excercita et triunphato 
orbe in multis partibus. 


45 VIII. — Ilicet pertonat ardens miles Ernoldi ad mu- 
ros, et ipse tenens pilum scienter anhelat ante suos, 
perfunditque sudor ubique proruptus ducem, lucentque 
oculi et concrescunt spume per ora, pulsantque truces 
veng in pectore; nunc poplex titubabat, nunc adstat 

$o firmior quercu. 


IX. — 4 Plene fructificat juventus Bernardi experta in 
adversis rebus, et qualiscunque resistat, favet Fortuna 
suum velle, certatque valere; sed tamen per cunta 
neque degeneratur ab ullo obice; quisquis minus, gra- 

ss vior omnibus obstat. 


X. — It gravis fremitus Bertrandi, qua eminet for- 
tior pars urbis fossa et muro, promittente sua mente 
queque obnoxia, trucidatque pugiles, quo sonitu cadit 
intolerabilis ictus de celo. Nihil expulerunt arma mini- 

6o tantia mortem precipitem gradum vel retro vel immo 
parum, nec teterrimus imber sagittarum. Et magis 
ingerit gradum, cernens horrere sua fata, et sunt gau- 


38 ms. quinpe rubescens] deux points au-dessus de quippe, un 
point au-dessus de rubescens 

VII. 41 famen Ven, Fort. Vita s. Mart. IV. 549 — 43 ms. 
clauique cp. Sovent el col fiert o sa mache Tristan I, 82; le signe 
de renvoi est placé après et au lieu d'avant; cp. Ovid. Am. I. 15, 
26 triumphati... caput orbis 

VIII 47 Cp. Aen. VII 459 Perfudit toto proruptus corpore sudor 


TRADUCTION 173 


solaire] éclaira le monde, rougissant à son coucher, 
comme quand elle effectua son lever, messagère du vrai. 

VII. — Il va sans dire qu’on n'ignorait pas que l’ex- 
cellente troupe approchait, car les acclamations popu- 
laires l’annonçaient au loin. Et point d'arrêt : comme 
l'aspiration ardente de leur courage S'empressait à 
l’envi, ils arrivent avec leurs chevaux épuisés, ayant 
manié la massue et vaincu le cercle en beaucoup d’en- 
droits. 

VIII. — Aussitôt les soldats ardents d’Ernold tonnent 
contre les murs, et lui-même, tenant habilement la 
lance, marche haletant devant les siens, et la sueur sor- 
tant partout couvre le duc, ses yeux reluisent, l’écume 
s'amasse autour de sa bouche, les veines dans sa poi- 
trine palpitent avec fureur ; tout à l'heure son jarret 
chancelait, maintenant il est plus ferme qu'un chêne. 

IX, — La virilité de Bernard éprouvée dans les mal- 
heurs porte des fruits abondants, et quel que soit son 
adversaire, la fortune favorise sa volonté et il s'efforce 
d’être vaillant; et pourtant nulle part il ne se laisse 
décourager par aucun obstacle ; quel que soit celui qui 
l'est moins, lui il résiste plus zélé que tous. 

X. — Bertrand frémissant marche gravement, là 
où une partie de la ville fait saillie, plus fortifiée par 
le fossé et le mur, son âme promettant de tout assujet- 
tir, et il massacre les guerriers avec le fracas dont l'ir- 
résistible éclair descend du ciel. Ni les armes menaçant 
de mort ni l’épouvantable pluie de traits n'ont fait 
reculer ni même retardé son pas précipité. Et il dirige 
ses pas plus avant, voyant son destin menaçant, et il a 


#? ’ 


envie d’éprouver un péril plus grave, et il croit payer 


48 Cp. Metam. VII. 416 has [scil. spumas! concresse putant 
IX. 51 Bernardi] ar par correction pour al — 54 ms. grauior mi- 
nus] deux points au-dessus de grauior, un point au-dessus de minus. 
X. 58 trucidatque] a par correction pour e 


174 FRAGMENT DE LA HAYE 


dia probare gravius periculum, et conputat se esse ali- 
quid in hoc. Jam amovet vivida manus juvenis [49 r°] 

65 muros, et jam runpuntur ferrea flagella portarum 
cum toto poste. Prestatur iter, meliusque undique 
produntur ruina. Committitur ferrum hosti; moven- 
tur virtutes pro se et queque dextera : habetur pigra 
agilis, perterrita acris. Hic caret hasta loco, sed solus 

70 dimicat ensis. Namque vacat omnis plaga, nisi furtim 
dedita utero seu pectoribus; quia talis erat pressio, ut 
non potuit ulla manus suspendi ictu. 


[Deuxième main.] 


XI. — Incertum est ubi plenius edit Mars viros 
pallentes morte, preclariusque feriat auras gemitu; 
75 perambulat enim introitum urbis, et medium, tenetque 
extremum. Nec alter conspicitur inter tanta spatia, nec 
habet colorem majori fato. 


XII. — Natant atria, rura, domus, tabuleque, limina, 
postes ; in alta tabe madescunt sublimia saxa. Undique 
80 stat fusus cruor, undique rubescunt stagna. Fumescunt 
aëra, incubat atra nox per urbem. Mox cucurrit uterque 
satelles ad cornipedes, serpente freto concreti sangui- 
nis usque genua, tenenteque mersa vestigia instantum 
sibi. 


85 XIII. — Pariterque concurrunt reges, lacessuntque 


63 Cp. Juvenal. I. 74 si vis esse aliquid — 64 Cp. Aen. X. 609 
vivida bello dextra; iuuen...] les deux dernières lettres ont été 
coupées par le relieur — 71 erat] r par correction pour a — 72 


ms. supendi | 
XI. 74 Cp. Aen. VIII. 709 pallentem morte futura + 75-76 Cp. 


TRADUCTION | 175 


bien de sa personne. Déjà la main alerte du jeune 
homme détruit les murs, déja il brise les verroux de 
fer des portes avec le poteau. Le chemin est frayé, et 
par l’écroulement elles se trouvent encore plus élargies 
de toutes parts. Le glaive est levé contre l'ennemi; les 
courages sont excités de part et d'autre, et chaque 
main l’est : de paresseuse elle devient active, d'effrayée 
courageuse. Ici il n'y a pas de place pour la lance, il 
n'y a que le glaive qui combatte. Pas de blessure qui 
ne soit donnée furtivement dans le ventre ou dans la 
poitrine ; car telle était la presse que l’on ne pouvait 
lever le bras pour le coup. 


XI. — Il est incertain où Mars produit le plus abon- 
damment des hommes pâlissant dans la mort et où il 
remplit l'air des gémissements les plus aigus; car il 
marche par l'entrée et par le milieu de la ville et il en 
tient le bout extrême. Et 1il est vu partout le même sur 
les espaces étendus, et il présente son aspect le plus 
Juneste. 

XII. — Des palais, des morceaux de terrain, des 
maisons et des tables, des seuils, des poteaux flottent; 
les pierres [les plus] élevées sont mouillées par un flot 
purulent, qui monte aussi haut. Le sang versé est sta- 
gnant partout, partout les étangs rougissent. Les airs 
Jfument, une nuit noire enveloppe la ville. Bientôt les 
guerriers des deux colonnes courent aux chevaux, le gué 
du sang caillé leur rampant jusqu'aux genoux et tenant 
submergé les plantes des pieds de ceux qui y sont placés. 

XIII. — En même temps les rois attaquent, et ils 


Aen. V. 327 spatio extremo, VI. 634 corripiunt spatium medium 
XII. 78 Cp. Vergil. Georg. I. 372 rura natant fossis Aen. III. 
625 sanie... natarent limina — 8o Cp. Luc. II. 103 Stat cruor 
in templis : multaque rubentia caede Lubrica saxa madent — 80- 
8r Cp. Isidor. Orig. XVII. 8, 2 fumescere; cp. Aen. I 89 ponto 
nox incubat atra : 


176 FRAGMENT DE LA HAYE 


Martem emissis viribus, quoniam bene creditur illis 
posse unum diem largiri totum orbem. Redit unus- 
quisque acrior labori sui propositi. Et tradunt plures 
sua vuînera fatis. O pactum telorum nec jam saturabile! 


go XIV.— Labat altercatio Martis ad Canpos Strigilis. 
Namque nihil amplius potest vigens stare urbi superante 
modo; neque vult, ut libere laxet cuncta colla ferro, 
receptetque apertos motus, congaudeatque auxiliatrix 
hasta vibrando. Stupet terra canpique latentes sub cetu, 

95 potuisse urbem tenere tantos viros atque extra fudisse. 
Hic est ratio, ad quas manus potuit triunphus venisse, 
si superstet felix vena. 


XV. — Ô vector celorum et orbis quem commovi 
prece, permitte mihi roganti veniam dicendi vel ali- 
100 quid, adestoque, sanctissime presul, meo auxilio. 


XVI. — Ecce inestuat indomiteque tumet baccania 
regum per immensos orbes Mavortis; etangit Fortunam 
[v°] per se neque relabi quo velit ipsa. 


XVII. — At econtra magis continet se Carolus inpe- 

105 rator ut fortis, fixus pietate Tonantis, quam semper scie- 
bat presentem largamque, instigatque ardentes manus 
amori bellorum, neg cogit formido sequi tam validum 
regem, sed cogit mens precedere. Semperque tollit lu- 
mina ad sidera, soluta mananti rore lacrimarum, hu- 


XIII. 89 Cp. Luc. IV. 737 fortuna tradiderat fatis juvenem — 
go Cp. Corpus Glossar. IV. 449, 4 labat labitur 

XIV. 97 superstet] e par correction pour a 

XV. 99 roganti]o par correction pour a 

XVI. 101 voir Du Cange s. y. bachania — 102 Cp. Vergil. 
Georg. II. 153 immensos orbes 


TRADUCTION 177 


raniment le combat en faisant avancer des troupes, car 
ils croient bien que cette seule journée peut leur faire 
don du monde entier. Chacun revient à la peine plus 
ardent dans son dessein. Plus d’un est voué à la mort 
par ses blessures. O insatiable échange de traits! 

XIV.— Le combat de Mars s'abat sur les Canpi 
Strigilis. Car rien de solide ne peut plus rester debout 
dans la ville naguère se dressant vers le ciel, et pour- 
tant il ne veut pas qu’elle fléchisse volontiers tous les 
cous sous le fer, ni qu'elle reçoive les coups de glaive, 
ni que la lance secourable se réjouisse d’être agitée. 
Le terrain et les champs cachés sous la foule sont stupé- 
faits de ce que la ville ait pu renfermer et dégorger 
tant d'hommes. C'est ici que doit se décider entre 
quelles mains la victoire peut venir, pourvu que la 
veine du bonheur ait le dessus. 

XV.— O porteur du ciel et du monde, toi que j'ai 
ému par la prière, permets à moi, le suppliant, de dire 
encore ‘quelque chose, et prête-mot ton assistance, très 
saint maître. 

XVI. — Voila que la fureur des rois frémit et bouil- 
lonne indomptablement par les bataillons étendus, et 
elle presse la fortune de ne pas glisser là où elle-même 
le voudrait. 

XVII. — Mais mieux de l'autre côté Charles l’empe- 
reur se tient comme un héros, appuyé sur la miséricorde 
de Dieu, qu’il savait toujours présente et infinie, et il 
excite les troupes ardentes a l'amour du combat, et 
l'angoisse ne force pas un roi si vaillant à les suivre, 
ay contraire son cœur le force à les précéder. Et tou- 
jours il lève vers les astres ses yeux, inondés dé la 


XVII. 104 Cp. Prudentius Contra Symm.I. 147 induperator— 105 
le même emploie Tonans; quam] a par correction pour e — 108 Cp. 
Aen. II. 222 (XI. 37) ad sidera tollit ; un signe de renvoi se trouve au- 
dessus de lumina, le même signe au-dessus de soluta — 109 rore] 
o par correction pour a. Cp. Metam. XIV. 708 lacrimarum rore 


Tome II 12 


178 FRAGMENT DE LA HAYE 


110 mectatque genas : ne tripudiet gens offensa superno 
regi palma, receptetque superba spolia. 


XVIII. —4 Optinet dux sublimis equo, quem redemit 
multa cede, medias phalanges mucrone docili penarum, 
et huc illucque seminat mortes. Ergo reitiunt elumbes 

115 dextre arma, quibus [gl. dextris] negatur ut stent. La- 
borat belliger eventus emulusque ordo fatorum con- 
ferre acre senium Borel patris homini vafro per in- 
cendia pugne. Nec mora, hauritur subsistens hospes 
corporis {gl. i. anima] per munimina clipei et per tri- 

120 licem tunicam. Summittitque caput, sed vertuntur crura 
in altum, cadendo, modo dehiscunt colla confracta solo. 


XIX.— 4 Respirat Wibelinus agilis et audax, puer par 
parenti suo virtute, sed suppar mole, conpensandus in 
omnia ferro judice. Circumdedit unum e natis Borel 

125 Visu, procul frementem inter mille patiente dextra. 
Runbpit iter telis intentus illi cohortansque equum talo 
monitore; et statim devenit ante eum collocatque en- 
sem ardentem inter medium timporis, et exfibulat cer- 
vicem e suo usu, cui magis adherebat, totamque medul- 

130 jat utrinque : occubuit lingua projecta plus uno pede. 


XX. — 4 Propalat sitibunda cupido laudis Ernaldum 
quanti pretii sit quantoque actu refulgeat. Quicquid 
enim parat Bellona, lacerat trahitque ut leo quod repe- 


XVIIL 112 Cp. Aen. VII. 285 Sublimes in equis ; ép. VI. #21 
fratrem... alterna morte redemit — 114 Cp. Prudent. Psych. 314 
elumbis — 116 Cp. 4en. X. 160 belli eventus, V. 707 ordo fatorum. 
G. Paris voudrait corriger le fatorum du texte en fratrum — 117 
Cp. Aen. I. 566 tanti incendia belli — 119 Martial et Arnobe em- 


TRADUCTION 179 


rosée des larmes, et il en mouille ses joues : afin que 
la nation hostile au roi du ciel ne triomphe ni n’em- 
porte orgueilleuse le butin. 

XVIII. — Le duc, fièrement monté sur le cheval qu’il 
venait d'acheter par un grand massacre, tient le milieu 
des rangs, avec la pointe de l'épée habituée à punir, et 
de tous côtés il sème la mort. Aussi des mains énervées, 
auxquelles il est impossible de tenir bon, laissent tomber 
les armes. Le sort du combat et la volonté rivalisante 
de la destinée s'efforcent de mettre aux prises, dans la 
chaleur de la lutte, la vieillesse robuste de Borel le 
père avec l’homme rusé. Et bientôt l'habitante obstinée 
du corps est puisée à travers la sauvegarde du bouclier 
et le triple haubert. Il baisse la tête, les jambes sont 
projetées en l'air par la chute, bientôt le cou rompu est 
béant sur le sol. 

XIX. — Wibelin respire la fureur, alerte et hardi, 
enfant égal à son père en bravoure, bien qu'inférieur en 
stature, au même niveau en tout si le glaive est juge. II 
enveloppa du regard un fils de Borel, lequel, loin, entre 
mille, allait frémissant, ayant la main infatigable. Il se 
_ fraie un chemin à travers les traits, se dirigeant vers 
l’autre et pressant le cheval du talon stimulant; et aus- 
sitôt il parvient devant lui, et il lui loge le glaive 
ardent au milieu de la tempe, et il lui détache la nuque 
de la jointure où elle était attachée, et il l’éclabousse 
de moëlle de toutes parts : le voilà à terre, la langue 
projetée en avant de plus d’un pied. 

XX. — Le désir impétueux de gloire fait voir de 
quelle valeur est Ernald et par quels exploits il res- 
plendit. Car tout ce que Bellone lui présente, il le dé- 


ploient tunica trilix — Cp. 120 Metam. III. bo2 caput viridi fessum 
submisit in herba; tvnicam] v par correction pour un o commencé 

XIX. 128 Cp. Prudent. Psych. 633 exfibulat ilia — 129 ms. e 
suo usu ceruicem] deux points au-dessus de e suo usu, un point 
au-dessus de ceruicem 


13 


140 


14 


150 


15 


Sa) 


oo 


an 


180 FRAGMENT DE LA HAYE 


rit, dum pridem sapuere sautia commertia dire faucis 
nihil predarum. Potis est cognoscere alium fraterne 
stirpis ante suos obtutus, acclinatque habilem atiem 
haste in ictum. 


[Troisième main.] 


XX bis. [50 re]. Declarat insatiabilis cupido humane 
laudis quanti pretii sit quantoque refulgeat actu animo- 
sitas Ernaldi. Quicquid enim bellice virtutis offitio 
datur opus, id ab eo haud segniter conpletur. Haud 
secus famelica rabies leonis grassatur occurrente sibi 
preda, quam virtus Ernaldi per prelia. Post multa vero 
feliciter acta aspicit quendam fraterne stirpis cedis 
reum. Qui nil moratus, validam in hunc contorserat 
hastam, cui volanti torax fit pervius hostis. Quo ictu 
inpellitur corpus militis longius .x. cubitis; sicque 
excussus equo vitam demiserat Orco. 


XXI. — Preterea succedit bello Bertrandi horrenda 
manus, que validam formidinem incusserat hostibus, 
armisque feralibus dura dat fata multis mortalibus; 
dextera nenpe Palatini nulli hostium parcere suevit,. 
veniamque orantem mox ensis reliquit exanimem. 
Forte dantur sibi obvia trina juvenum corpora, quo- 
rum prior paululum resistens duram ibidem invenerat 
mortem. Namque terribile fulgur gladii per medium 
capitis, guturis, antrumque pectoris umbilicique rece- 
pit. Egestaque viscera in gremio delabuntur tepentia ; 


XX. 134 Cp. ib. 34 fracta intercepti commercia gutturis artant 
XX bis. 139 pretii] le second i par correction pour a — 141 ms. 
natur — 144 Stirpis mg. dans le ms., cp. 136 — 145.Cp. Aen. II. 50 
hastam... contorsit — 146 hastä] le second a par correction pour 
1, ms. ualanti — 148 Cp. ib. II. 398 Danaum demittimus Orco, IX. 


TRADUCTION 181 


chire, comme le lion emporte ce qu’il trouve, quand 
l'occupation interrompue de l'horrible gueule depuis 
‘longtemps n’a pas goûté de proie. Il peut reconnaître un 
autre membre de la lignée fraternelle devant ses re- 
gards, et il incline la maniable pointe de la lance pour 
porter le coup. | 


XX. bis. — Le désir insatiable de gloire humaine 
Jait voir de quelle valeur est Ernald et de quels exploits 
sa bravoure resplendit. Car tous les travaux imposés à 
la valeur guerrière sont accomplis par lui avec empres- 
sement. La rage affamée du lion qui tombe sur une proie 
se démène de même que la bravoure d'Ernald à la ba- 
taille. Mais après tant d'exploits il aperçoit un de la 
lignée fraternelle, coupable d’homicide. Sans retard il 
tourna contre lui la solide lance, à l'élan de laquelle 
le haubert de l'ennemi donne passage. Par ce coup le 
corps du guerrier est lancé à plus de dix aunes de dis- 
tance, et de cette manière, culbuté du cheval, il rend 
l'âme. | 

XXI. — En outre avance dans le combat la terrible 
main de Bertrand, laquelle inspirait aux ennemis une 
grande terreur, et elle cause une mort violente à beau- 
coup d'hommes par les armes mortelles; car la main du 
Palatin n'avait coutume de ménager aucun des ennemis, 
et celui qui demandait quartier, bientôt le glaive l’aban- 
donnait inanimé. Par hasard se présentent à lui trois 
jeunes hommes, dont le premier, après une courte résis- 
tance, trouva la une mort violente. Car il recut la ter- 
rible foudre du glaive par le milieu de la tête et de la 
gorge et par le creux de la poitrine et du nombril, et 


527 virum demiserit Orco 

XXI. 149 Cp. Aen. X 689. XI. 826 succedit pugnae — 151 Cp. 
Luc. II. 260. 374 arma feralia — 155 ms. palulum; ms. inuerat — 
157 Cp. Prudent. Psych. 6 de pectoris antro 


182 FRAGMENT DE LA HAYŸE 


negat quippe trilex tunica atiei reponere obstacula. Nec 
160 sufficit vero humanum interemisse corpus, verum etiam 
equus vita invenitur privatus. Superfuit enim ensi 
spinas partire caballi, tandemque elapsus terre medio 
tenus reperitur incussus, quem Bertrandus retrahens 
residuos versabat in hostes. Nec mora, patet internus 
165 humor et additur [w»] aure; quin etiam runpuntur for- 
tia phalerarum vincula et cingula bratteolis crepitantia. 


XXII. — Grassatur quoque per canporum spatia 
Bernardi terribilis audatia. Is nenpe acriter inserviens 
Marti multorum mortalium corpora luce privavit. Gau- 

170 det enim felicis honore palme quem sic sublimat casus 
Fortune. 


166 Cp. Aen. IX. 359 phaleras.. et aurea bullis Cingula Pru- 
dent. Psych. 335 bracteolis crepitantia lora 
XXIL 167 Cp. ib. 468 Crimina persultant toto grassantia campo 





TRADUCTION 183 


les boy aux sortants lui glissent chauds dans le giron ; 
le triple haubert refuse de faire obstacle au tranchant. 
Et il ne suffit pas encore que le corps humain périsse, 
mais le cheval aussi se trouve privé de vie. Car par 
surcroît le glaive fendit l’épine du cheval, et sorti de là 
il est trouvé enfoncé en terre jusqu'au milieu; mais 
Bertrand le retira et le tourna contre les ennemis qui 
restaient. Et aussitôt les humeurs intérieures sont ré- 
pandues et se mélent à l'air; voire même les fortes 
courroies du harnais sont rompues et les sangles son- 
nantes de bractéoles sont brisées. 

XXII. — Elle va ausst furieuse par les champs 
spacieux, la terrible audace de Bernard. En effet, ser- 
vant Mars avec empressement, il prive de la lumière les 
corps de beaucoup de mortels. Car il se réjouit de l’hon- 
neur de la palme victorieuse, celui que le hasard de la 
Fortune élève ainsi. 





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VII 
FAC-SIMILÉ 
DU 


FRAGMENT DE LA HAYE 


(BIBL. ROYALE oa1) 


La grandeur des six pages a été réduite pour la 
reproduction. Voici les mesures de l'original en milli- 
mètres : hauteur des six pages 156, 160, 157, 160, 
160, 35; largeur 125, 144, 125, 120, 1168, 110. On 
a pris la mesure des plus longues lignes et on y a com- 
pris les mots ajoutés après coup comme le sibi de la 
première ligne. À la fin de la deuxième page on n'a pas 
reproduit les deux lettres 1f du manuscrit. 


FRAGMENT DE LA HAYE 187 


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Fol. 48 r°. 


188 FRAGMENT DE LA HAYE 


| 4° clius 27 


DATE. 


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Fol. 48 ve. 


FRAGMENT DE LA HAYE 189 


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Fol. 49 r°. 


190 FRAGMENT DE LA HAYE 


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udhgarq ardercef manuf Amon belloni-ne ge formido fur 
'uldu rege fed cogc mo pcdere Sa. allæ Li ad 
fidera folua manarra rar lacnmans-bumecaira-grfie on 
pudut gen offenda fupno reg: Palma - reccpert faperba {posa 
Op eme dux fublun equo que redemtr mutea cale medal 
pralangel mucrone docil: p eNnaru.Vh ucC lucq: fomnxs 
morcef Crop rEUuUTE elibef dan ArmA quab-ng ur 
Henc- Laborat velliger euercuf emulia- ordo facoru coter. 
re Acre feniu bofvel pan Pemans uafop icomndiu pue” 
Nec mana ‘haute futhitheuf hop ea corpor P? man ini cliper 
dprrnilice mc Sümicerq- capur “led uercume cruyiir 
aleu cadendo modo dehifcunc colla Cfragda folo T | 
Refpuar uusbelmufaglsfé'audax-puer-par parent 1u0 
AIrTUCE Aa fuppar mole conperanduf in OomMLA faro 
udue- Carcüdedi 1muce nd borel urxpoul frere 
co mille paneue dextra -Rapre + lu wrmne “ile coba 
ang equu calo monture “Qflact deuent ane eu colle 
Ca" eme ardencæ ce mcdiui cpord Ce exhbulx cfuoufs 
cœuue ‘cut mal atiercbae ceig: medullacurriq". occn 
buic Lingua precta pli uno pcdc TT HF pal frabun di 
cupido Liudif esnaldu quan ponfic-quamog- Actu 
rcfut SEAT Qu icqutÀ DUAC bellanr : LacerAr cabreq we les 
qgéreyer du pdé fipuere Lure comernA chr£ Qucd | 
mnt duu-Prf ct cogncere asfrne firpy ANNE 
fuof A Acelinacq: tabilerne Paftz in tétum 


Fol. 49 ve. 


FRAGMENT DE LA HAYE 101 


nfnabilafcupido humanelaudifquann 
sai _ refais ares Antmoftraf ernali. 
P el uartunf offinonar opuf 
rdabeo baud fesn€ co Let. Naud fècuf frmelica 
rabref Leomf graffat occuurreme fib: pda: qua 
uupuafernaldi ppla Poe mulrau feluic AQa . ‘ 
Afpicrr auendam _… cedif peu: Quinl mor 
nalidrinimenc convorferar haftncut nalannrorme 
fer-purufhofnf Quoicru mpellr cor pufmilmf 
Longrufx-cubrf Sicqr exeu flufequo urra 
férar co Prerea fuccædir bello bertrand: 
harendamanuf”que aida foimi dinem 
incuffèrar hofhbufar mifa fera lib: dura dar 
fara mulnf mortalbus Dexrera népe pA Lan 
nulli hofhi parcere fienrr uemäqge orantrem ‘ 
-mexenfif reliquinr annimé Forte dan fîbr obura : 
trina 111En4 Co2 pOrA: qUOUE ROr pAluluürefifèens 
duré bide innerar moaué. NA € fulqur 
gladu pmedui cAPTaf gurur if antr1iq P ecvrif 
fbilig pr € inftera: mgremio de ; 
Labunr TPE : L'ICGAT quippe rrilex TUNICAS 
«A reponere obfiacula : Hec fair ninimans 
mrémmilé copuf.'uerti etA4 equufuramuemnt 
print S 2 enfiTpinar par nre cabaïl 
tandemg a Tr mcechio r'epertr incuffis 
.quembertrand recrahenf refiduofuerfabar mhor 
Fe Nec mors: parer mernuf bumor- <addrur 


Fol. 50 r°. 


192 FRAGMENT DE LA HAYE 


vu: Quia grir ipure for1a phaloraraz aumoculs 
cnquia brartreouf CTCPHATTIA * rAMAt Tuoqg: pc 

poru fp-"54: Bernard: tnbilsf audana. npe Ac tte 
inféruicenf martl mMuTOy mortalass co1pora Luce pm 
uaur- Gauder eni félins honore Palme que fic fab 
limar cafisf forme: ne 


Fol. 50 ve. 


Tome II. 


VOCABULAIRE 


ABRÉVIATIONS 


Je cite le texte du tome I d’après les chiffres des vers sans 
indication de tome, le texte du tome II par tome et par page. 

Dans le vocabulaire y est traité comme i, ou comme 0, q comme 
qu. Chercher nb, np sous mb, mp. Chercher a ete devant moun 
suivis d’une consonne, suivant l’étymologie, sous a ou sous e. 


ad). 
adv. 
art. 
Cp. 
f. 
fp. 
fut. 
imp. 
impér. 
ind. 


adjectif. 
adverbe. 
article. 
comparez. 
féminin. 
formule de pro- 
testation. 
futur. 
imparfait. 
impératif. 
indicatif. 
masculin. 
neutre. 
participe. 
parfait. 
pluriel. 


pr. 
prép. 
r. 
réfi. 
sg. 
sj. 
sub). 
var. 
voy. 
DC. 


God. 


présent. 

préposition. 

régime. 

réfléchi. 

singulier. 

sujet. 

subjonctif. 

variantes. 

voyez. 

Du Cange, Glossa- 
rium mediæ et inji- 
mæ latinitatis. 

Godefroy, Diction- 
naire de l’ancienne 
langue française. 





VOCABULAIRE 


A 


a prép. à ; avec 200. 1027. 1392 
— a tant 2587. 3443 a itant 
3024 alors, aussitôt — a tot 
prép. 3730. 3927. 4800 avec, 
ady. 1471 — a mont 1512. 
4847 en haut — a val adv. en 
bas; prép. 7800. 8032 le long 
de. 

aamer 5719 prendre en affec- 
tion. 

aatie 4111 ahastie 7160 déf, 
emportement. 

aatir ahatir 295 ahastir 3763. 
7308 (réfl.) s’emporter, être 
effronté. 

abrivé 4752. 7681 fougueux. 

abroie 3743 touffe d'arbres. 

abuvrer 2275 abreuver. 

aceillent 3755. 6003 acoillent 
3761 ind. pr. pl. 3 de acoil- 
lir acueillir. 


acener faire signe à —ind. pr. 
sg. 3 aceinne 664. 

acesmer 6864 vétir, armer — 
7815. 7004 parer. 

acharder (var. escherder) 1488 
écailler. 

acheminer (ré/l.) 1214. 1400 
se mettre en chemin. 

achoisson 2533 motif. 

achoissoner 2562 accuser. 

acointence 2659 connaissance. 

acointier (réf. a) 113. 1096 

se faire connaître à — 7469 
voir — pf. sg. 1 acointié 113. 

aconter 1205. 1212. 3136 dé- 
crire, énumérer. 

acorer 634 tuer en frappant 
au cœur. 

acoster (réf. de) 1162. 7907 
approcher de côté, accoster. 

acoter 5400 accouder. 

acravanter 4451 abattre, ren- 
vérser. 


106 


acreanter 1254 accorder, per- 
mettre. 

acube (var. aucube) 3685 es- 
pèce de tente. 

adant 4310 couché sur la face. 

adefiër 3593 bâtir. 

ademetre 4696. 4834. 7109. 
7265 précipiter. 

adeser 338. 461 toucher, saisir. 

adober (adouber 3850) 6414. 
6522 armer — 72. 1022 ar- 
mer chevalier. 

adolé 416. 623 triste. 

adonc 4862. 6662 alors. 

adoser 5406 tourner le dos à, 
abandonner. 

adurer 3323 endurer — p. pf. 
aduré 1210. 1223 endurci, 
aguerri ; 1791 acharnée. 

aé 69. 91 dge. 

aessier (réfl.) 1098. 2145. 7718 
se mettre à l'aise. 

afermer 3847 appuyer. 

afetioement 2783 en bon or- 
dre. 

afiancier 4511 assurer. 

afichier (afischier 6916) 1632 
proclamer, assurer; (réfi.) 
6916. 7046 s'appuyer. 

afiër 1699. 1729 assurer. 

afiner 1023. 6870. 7694 ter- 
miner. 

afischier voy. afichier. 

afoler 1517. 1797 rendre fou, 
maltraiter, vaincre. 

agolé 3274. 3408. 3582 ayant 
un collet chamarré. 

aguet 4683 guet-apens. 

ahastie ahastir voy. aatie aatir. 

aidier aider — ind. pr. 5g. 3 


VOCABULAIRE 


aûüe 871 impér. aïe 987 subj. 
pr. sg. 3 aïst 365. 

aïe 149 aide, secours. 

ainz 1010. 1351 avant — 45. 
111 einz 87 mais. — ainz que 
166. 487 avant que — ainz 
g'el pot 437 le plus vite 
qu'elle put. 

ainz (avec ne) 43. 915. 1034. 
1070. 2814 jamais (dans le 
passé). 

aïr 2721. 4785 colère, violence. 

aïree 3942. 6956 colère. 

aïrer 2388. 2476 aïrier 2166 
courroucer. 

aïroisson 932 colère. 

ajornal 3384. 3966 commence- 
ment du jour. 

ajorner 1233. 1816. 4532. 6564 
faire jour. 

ajoster 5737. 5787 réunir. 

al 1781. 3381 autre chose. 

alaine 661 haleine. 

alegier 541 payer. 

alenee 3776. 4630 (halenée,) 
voix. 

alener 5277 respirer. 

aler aller : subj. sg. 3 aut 5255. 
7660 aille 7710. 

alie 125. 156 alise. 

alossé 4005 illustre, fameux. 

alquant voy. auquant. 

alumer 587 rendre clair. 

aluminer 628 illuminer. 

ambler embler 577 aller 
l'amble. 

ambleüre anbl. 5835 amble. 

amendisse 2716 amende. 

amenevi 5439 disposé, prét. 

amentoivre 2500 mentionner, 


VOCABULAIRE 


dire; p. pf. amanteü 854. 
amenteü 5226. 

amesuré 439 modéré. 

amiral 6311 cas sj. amirax 
6884 amirauz 7454 — 

amirant 2319. 2773 amiré4561. 
5264 émir, général sarrasin. 

amor amour. por amor 341. 
1241. 1345 por l’amor de 
725. 3267 pour l'amour de, 
par égard pour. 

amordre 3920 habituer p. pf. 
amors. 

amuafñle 6340 dignitaire sar- 
rasin. 

amustant 4586 — amiral. 

ancessor 2821 encessor 43 an- 
cêtre, cas sj. ancestre 2821. 

ançois ençois prép. 396. 530, 
adv. 2556. 2891 avant — 392 
plutôt — 601 mais — a. que 

: 489. 700. 736 avant que. 

andeus endeus 921. 1505 deux 
— cas sj. embedui 1638. 

angarde 3728. 5861 engarde 
5934. 6698 avant-garde. 

anoi voy. anui. 

anor 21 honneur ; 42. 47. 51. 
56 fief. 

anorer 147. 198. 352 onorer 
33:16 honnorer — fut. pl. 3 
annoront 2704. 

anqui 1478. 6794 enqui 1883. 
3874 encore aujourd'hui. 

anti 122. 5565. enti 819. 3683. 
4115 antique, vieux. 

anui 5722. 6265 anoi 1656 
ennui. 

anuit 978. 1917 ce soir. 

anuitier 7805 faire nuit — 


197 


ainz l’anuitant 6070 avant la 
nuit. 

aonbrer 5040 ombrager, ca- 
cher. 

aorer 812. 3594 adorer fut. pl. 1 
aorom 260. 

aparceûü 6435 intelligent. 

apareillier 673. 711 preparer, 
équiper. 

aparmain 3401 à l'instant. 

apenser (ré/i. de) 7824 s'aviser. 

aport 2796 franc, délibéré. 

aplovoir 1580 tomber comme 
la pluie, accourir en foule. 

apovroier 255 rendre pauvre. 

aprester 1391. 3616 préparer. 

aquiter 454 rendre libre de 
charges — 5703 rendre libre 
— 962. 1106 payer. 

araisoner 1238 ss 2952 ares- 

_ soner 1409 nn 363. 533 
aresgnier 2146 aregnier 1093. 
5370 aborder. 

arbaletee 6962. 7481 distance 
d'un trait d'arbalète. 

aregnier aresgnier, aressoner 
voy. araisoner. 


| arestaje 482. 2682 arrét, re- 


tard. 

arestal 1765. 3368 arrêt, re- 
tard. 

arestee 3731 arrêt, retard. 

arestement 1332 arrét, retard. 

arester 522 tarder ; 2043. 2079 
demeurer. 

arestoisson 1850. 2308 arrét, 
retard. 

arguër 863. 4660 exciter. 

aroment 3813. 4316. 6863 
aussitôt. 


108 

aroter le chemin 609 soi aroter 
7427 s'acheminer, se mettre 
en route. 

arrement 3803. 7229 encre. 

asazé 1739. 2929 bien pourvu, 
riche. 

asembler asambler 1305. 1315 
réunir par le mariage, ma- 
rier. 

asener 441. 4737. 6911 at- 
teindre, frapper — 650. 3105. 
4261 placer. 

asentir asantir 7431 sentir, 
flairer. 

aseoir assiéger — pf. pl.3 asis- 
trent 491 p. pf. asis 411. 

aseürer 531. 5418 rassurer. 

asez 1250. 1803 très, beaucoup. 

asolu 40943. 5818 (épithète de 
France) absous, béni. 

astele 2038. 2505 copeau, pièce 
de bois. 

ataïner 4440 faquiner, provo- 
quer. 

atargier 4486. 5427 tarder — 
(réfl.) 680. 5442 s'attarder. 

atemprer atanprer 7852 ac- 
corder. 

atendue 4645. 5816 attente. 

ator 8. 767 parement; 3484 
préparatifs ; 3558 provision. 

aubor 500 obier. 

aucun 515. 1290 quelque. 

aûüe 867. 5813 aide. 

auferrant 570. 2313 cheval de 
prix, cheval léger. 

aumaçÇor 6060. 6076 dignitaire 
sarrasin. 

aûüner 4279. 7475 réunir, as- 
sembler. 


VOCABULAIRE 


auquant 4283. 7565 alquant 
5329 plusieurs. 

auques 2652. 2654 quelque 
chose. 

autaingne voy. hauteinne. 

autresi (autresy 6132 autresin 
2277 autresis 5544) 5oo. 
5723 aussi, de même; 697 
tellement. 

autretel 5106 le même. 

avaler 4040. 6676 descendre. 

avel, pl. r. aviax 2648. 2654 
désir, souhait. 

avenir (jusq'a) 62 aller, des- 
cendre. | 

avopral 3383 commencement 
du soir. 

aver 2420. 2445 avare. 

aver 2927 vers, contre. 

avorer 415. 6782 avérer; 406 
s'avérer. 

avers, f. averse, aversse 4046. 


6449 odieux. 
aversier 5363. 5747. 7032 
diable. 


avespree 3780 soir. 

avesprer 1217. 3643 devenir 
soir. 

avesprir 1710 devenir soir. 

avesque 1388 avec. 

avironer 2119 nn 7773 entou- 
rer; 3619 faire le tour de. 

aviser 4127. 5922 avisser 
4122. 5176 apercevoir. 

avisson 5593 vision. 

avoé 1920. 2938 protecteur. 

avoër 331 protéger. 

avoier 3751 mettre en route, 
accélérer. 

avoir ind. pf. sg. 1 oi 80. 109 


VOCABULAIRE 


sg. 3 ot 24. 26 fut. pl. 2 
avroiz (avroz 199) subj. pr. 
sg. aie aies ait efc. ou oie 
3539 oies. 3181 oit 
1633. 2131 ot 1482 oiom 
1428 oiez 1886. 3852. 6969 
oient 2590 — a 63 ily a. 

avoir 315. 316. 350 richesse, 
argent. 


B 


bacheler 347. 561 jeunehomme. 

bachelerie 111 jeunesse; 1354 
l’ensemble des bacheliers. 

baer avoir la bouche ouverte; 
guole (gole) baee 5960. 6210 
la gueule béante. 

baïillier 2086. 5257. 5258 don- 
ner, remettre. 

baïllir 2732 gouverner — si b. 
4851 traiter, arranger de la 
sorte — mal b. 2736. 7220 
vilment b. 6126 maltraiter. 

bandon bendon : a b. 938. 
1854. 2863 sans entraves, 
sans arrêt, en abandon — 
metre ab. 1653. 2618 aban- 
donner, mettre à disposi- 
tion. 

banir 115. 3527 convoquer par 
un ban. 

bargir 6862 enfler. Voir God. 
bardir. 

barje 3374 barque. 

barnage (j 2677. 2687) 467 
l’ensemble des barons — 178. 
1302 entourage de barons, 
train — 239. 4247 bravoure, 


baronie 
1493. 


199 


‘'barné 77. 1027. 2915 l’en- 


semble des barons. 

106. 118. 135 l’en- 
semble des barons — nn 1352 
vie de baron, de gentilhomme 
— 287 puissance. 

baronnaïille 7709 l’ensemble 
des barons. 

basetement 7363 tout bas. 


: bastisement 7581 (ss 4330) 


baptême. 


bastoncel 64 petit bâton. : 


bataille bataille 3741. 6679 
bataillon, corps de troupes. 

batestal 3061.6312 bruit. 

batestire 4461 baptistère. 

baucent 3912 balzan, cheval 
marqué. 

baudor 769 joie, allégresse. 

baudré 62 baudrier. 

baulevre m. 687 lèvre infé- 
rieure. | 

baut 2050. 4905. 7738 peétu- 
lant. 

bautissier 684. 7670 baptiser. 

bendé 65. 4425 pourvu de 
bandes. 

beneïçon 956. 1455 (sç 2301) 
bénédiction. | 

beneüré 3944. 5057 heureux. 

ber voy. buer. 

ber (sj.) 2006 (r.). 333 baron. 

berchier 834 berger, ma- 
nant. 

bersaut 4929 cible. 

berser 5409 tirer de l'arc. 

besant 735. 2767 besant, mon- 
naie d'or byzantine. 

blifut 1293. 1563. 4428 vête- 
ment collant (cp. 7772). 


200 


bobancier 1137. 1608 arro- 
gant. 

bofois 1657. 2571 orgueil, ar- 
rogance; 1646 tapage. 

boguerant voy. boquerant. 

boidie 210. 5383 fausseté, 
tromperie. 

bois. vivre de b. 344 s’adonner 
à la chasse, mener une vie de 
chasseur. 

boisier 5347 frustrer. 

bondir 4859 faire retentir. 

bon. bones 2334 suppléez 
oevres. 

bone 1201 borne. 

boquerant 7535 (gu 6297. var. 
de 4579) bougran. 

boter (bouter 463) 1527. 2236 
bouter ; 1457 mettre. 

brace 443. 8020 les bras. 

branc 725. 1336 glaive ; 1587. 
6075 lame. 

braon 2571 ourson. 

braon 4763 lambeau de chair. 

bretesche 3847 tour de bois 
mobile. 

bri 1705 bricon 2019. 2506 
(s. bris 1952) fou. 

brief 3620. 5257 lettre. 

brochier 2321. 2372 piquer, 
éperonner. 

brogne 6950 broigne 4610. 
4649. 5958 haubert, cotte de 
mailles. : 

broïr 3909. 4150 brüler. 

bruell 6791 petit bois. 

brunoier 7171 (ind. pr. sg. 3 
brunie) burnoier 7537 étre 
brun. 

bu 1586. 4209 tronc. 


VOCABULAIRE 


buer 1469 ber 1010.3009.4157. 
7778 heureusement, pour 
(mon, ton) son bonheur. 

buisine 3635. (ss 6319. 7463) 
trompette. 

burnoier voy. brunoier. 


C 


Ça 1299. 4634 ça, ici. 

Camoissier 4429 meurtrir, 
contusionner. 

car 1456. 3865 (dansune phrase. 
exhortative) donc. 

carrel voy. quarrel. 

cart voy. quart. 

Cartier voy. quartier. 

ceint 3155. 4268 ind. pf. sg. 3 
(pour ceinst). 

celestial 2643 céleste. 

celier 945 cave. 

cembel 3837 exercice mili- 
taire — cenbel 1186. 1302. 
2656. 3833 harcellement. 

cendal 826. 3376, çandal 823. 
1804 sorte de taffetas. 

Chaangnon 1849 carcan. 

Chadel 5499 commandeur, ca- 
pitaine. 

chaeler 6640 mettre bas. 

chalangier 3389 défier. 

Chalant 257 sorte de navire. 

chaloir ind. pr. sg. 3 chaut 
2450. 2786. 3055. 6333 fal- 
loir, importer, regarder. 

champal (chanpel 3422 chanpé 
4403) 6321 en plaine; 4052 
existant sur le champ de ba- 
taille. 


VOCABULAIRE 


chanal 3960 lit de fleuve. 

Changier le san 694 le sans 
2161.5014 le sanc 4496. 5769 
perdre la raison, devenir fou. 

chanu 63. 594 chenu, vieux. 

chaple 1783. 3953 massacre. 

chapleïs 4903 massacre. 

chapler 1794. 5931. 6423 frap- 
per, massacrer. 

charchier 760. 822. 824 char- 
ger — impér. sg. 2 charches 
753. 

charree 105 charretée. 

Chasé 78. 1245 pourvu d'une 
concessionviagère sur laterre 
de son seigneur. 

chasement 879. 1324 fief, do- 
maine. 

cheoir 636. 4068 tomber — 
ind. pr. sg. 3 chiet 3905 pf. 
sg. 3 chaÿ 4381 cheï 5179 
p. pf. cheü 4086 chaûü 4786. 
chaï 4849. 

chetif 3861. 3875. 6401 captif, 
prisonnier ; 757 misérable. 

chevalerie 21. 113 bravoure. 

chief 28. 085 téte. 

chiere 102. 120. 131 visage, 
mine. : 

chierté 84 cherté, indigence 
1431. 1443 cherté, élévation 
des prix — 1021. 4398 ami- 
tié, faveur. 

choissir 1276. 1674 cosir 5178 

. voir. 

Ci 42. 173 ici — de ci a 7396 
Jusqu'à. 

ciaule 1917 cellule. 

cil 33 celui, ceux ; 23 celui-ci. 

cist 357 celui-ci. 


201 


- cit 98. 492 ville. 
clamer 653 appeler — 3698 


réclamer, revendiquer — 312. 
2226 (réfl.) réclamer, porter 
plainte — cl. quite 158. 1120. 
4597 déclarer possession ab- 
solue. 

clamoisson 936. 2510 cri, ré- 
clamation, plainte. 

claré 1229. 3279 vin rouge 
clarifié sur des épices et des 
sucreries. 

clef 5177 clef de l'arbalète. 

clergié 7834 prêtre. 

cloufichier 4957. 4960 atta- 
cher avec des clous. 

clofir 5203 clouer. 

COe 1489 queue. 

coi vor. quoi. 

coiement go1. 1100 fout bas. 

cointe 1584 gentil, aimable. 

coite Hdte; a coite d’esperon 
1855. 2880 en piquant des 
éperons. 

colee 192 coup sur la nuque. 

colombe 944 colonbe 2116 
colonne. 

colte 622 couette, courte pointe. 

com 2252. 2669 con 2211. 
2632 comme, quand. 

comandie comendie 817 com- 
mandement. 

comant coment 1056. 2770 
commandement, ordre. | 

comble conble (de l’escu) 
4191 partie supérieure. 

combrer 637. 2030 conbrer 
1898. 2386 saisir. 

compangne 1205. 3321 com- 
pengne 1001 compagnie. 


202 


comparer conp. 191. 1530. 
1710. 1830 acheter, payer, 
expier. 

complie 299. 795 heure de la 
prière du soir, neuf heures 
du soir. 

comunal 1785. 3372 commun, 
général; 4047 aux prises. 

comunalment 560. 7730 en 

commun, ensemble. 

con voy. com. 

conduitor 2805 conducteur. 

confanonier 1614 porte-éten- 
dard. 

conforter 525. 658 consoler. 

congeer 421 congédier. 

congié 2015. 2132 permission. 
conjoïr 503 féter. 
conquereor 52 conquérant. 
conquerre 4505 vaincre. 

conquester 315. 350. 2447 
conquérir, acquérir, gagner. 

conreer 1257. 2752 préparer, 
orner — 1478. 1495 fournir, 
pourvoir — mal c. 2181 mal- 
traiter. 

conroi 1202. 1658 préparatif ; 
6813 conroy 6649. 6655 
corps de troupes, échelle. 

consiuir 1705 atteindre — 
ind. pr. sg. 3 consiut 4113 
pf. sg. 3 consiuié 4079 con- 
sui 7518 p. pf. conseùü 4811. 
7349. 

consiuree 3324 privation. 

contenement 2318 contenance. 

contenir (ré/l.) 1110 se porter; 
(réfl.) 1135 se comporter. 
contor f. 49 comté. 


contor m. 20. 771. 784 comte. 


VOCABULAIRE 


contre c. mont 1519. 4783 en 
haut; 2868 debout — c. val 
ady. 3374. 7196 encontre val 
7626 en bas; prép. 1673. 
5865. 6494 le long de. 

convoier 580. 605 conduire, 
accompagner. 

COP cas sj. cox 2570 COCu. 

corage 160. 181 cœur, carac- 
tère, intention. 

coral 4055 intestins. 

corecier voy. correcier. 

coree 3935. 7505 intestins. 

coreor 766 coureur, courant. 

corgiee 862. 5023. 5028 
écourgée. 

corliu 3607 courrier. 

corner la recreüe 6438 son- 
ner la retraite; c. l'eue 7797 
donner par un son de cor le 
signal de se laver les mains 
avant le repas. 

corpe dans moie çorpe 5071 
lat. mea culpa, formule de 
pénitence. 

corre sore a 2029. 2167 courir 
sus à, attaquer. 

correcier 377 corecier 104 
courroucer. 

cors corps. son cors 309. 2496 
sa personne, lui-même cp. 
2410. 5471. 10999. 3917. 

cortine 6707 rideau. 

cosir voy. choissir. 

costal 1766. 1778. 6327 côte. 

covenance 4633 promesse. 

covenent covenant 1339. 2892 
condition; avoir en c. 715. 
3034 promettre. 

covenir 337. 348 falloir — con 


LA 


VOCABULAIRE 


vos est covenant ? 6251. 6276 
comment allez-vous ? 
covent covant. tenir C. 904 te- 
nir parole — par tel c. 3157. 
3247 sous telle condition. 
covine 3467. 3540 covinne 
5749 situation, état. 
COX v0Y. COP. 
cravanter craventer 902. 2026. 
4750 abattre, renverser. 
creance 2341 crédit; 2664 
croyance; 5417 disposition. 
creant promesse; venir a 
creant 1331 plaire. 
creanter 1327.2934 promettre; 
2009. 4963 permettre, ap- 
prouver ; 7129 assurer. 
cremir craindre, redouter — 
ind. pr. sg. 1 crieng 2976 3 
crient 986 pl. 3 criement 
3811 p. pf. cremu 3258. 
crenu :560.4218 quernu 4093. 
4175 à longue crinière. 
crestianner 6516 baptiser. 
criator 30. 2825 créateur. 
crins (pl.) 4838 crinière. 
croissir 4100 croisir 4865. 
5192 Casser. 
croistre 70. 1340 faire D 
augmenter. 


_Cuens 672 quens 242. 263 


comte. 

cui voy. qui. 

cuidier 1578. 4258 quidier 
665. 709 croire, supposer; 


2385 entendre, compter. 
cuivert 3814. 3887 quivert 
3373. 3761 mauvais. 
cure. n’avoir cure de 78. 1245 
ne pas vouloir de. 


 dedanz dedans 


203 


D 


dahat 1496. 1633. 2140 dahet 
2131. 2134 dahé 3852 haine 
de Dieu, malédiction. 

Damedeu 1684 Damedé 1835 
Damedieu 856. 865 Dieu. 

dan 117. 2172 dant 333. 3111 
(devant un nom) seigneur ; 
danz moines 1900: 2724. : 

danzel 1755. 1790 dancel 1231 
damoiseau, jeune homme no- 
ble. 

darenier 7042 dernier. 

De 1455. 1498 Dieu. 

deablie 5573 action diabolique. 

deceplie 7163. 7662 punition, 
massacre. 

decirer 247 déchirer. 

1457. 
dans ; 299. 857 avant. 

deduire 3128. 3295 amuser. 

dejoste 3053 par d. 679 à 
côté de. 

delaier 1088 retarder; 2174. 
4481 tarder. 

delez adv. 6631 par d. 3416 à 
côté ; prép. 662. 1767 a côtéde. 

delivre 4253 débarrassé, quitte 
— a d. 7600 librement. 

demainne 1570 propre. 

demener faire, accomplir, 
montrer : noise, cri 494 dolor 
657 riche despans et grant 
fierté 1224 baronnie 1352 
richece 2422 orgueill 2507 
revel 3824 fete et revel 3838 
duell 4241 lor tençon 5592 


1901 


204 


duel et criée 6488 joie 7844 — 
d. gn 4965. 5055 traiter — 
ind. pr. sg. 3 demoinne 1224 
demainne 657. 

demenois 1641. 1667. 3993 
aussitôt. 

dementer (réfl.) 624. 2450 se 
plaindre. 

demie 1:10. 801. 4987 valeur 
de la moitié du denier. 

demor 780. 2822 retard. 

demoree 3309. 3331 retard. 

demorer 1234. 1384 attendre, 
tarder. 

denree danree 110. 175. 801 {a 
valeur d'un denier. 

departement 253 départ. 

departie ro1 départ,séparation. 

departir 1670. 1720 partir, se 
séparer ; 1737 partager. 

departir 1394. 1416 départ. 

deport 3923 plaisir. 

deporter 309. 1999 amuser, 
réjouir. 

derompre deronpre 4872. 6145 
rompre, fendre — ind. pr. sg. 
3 deront 7088 p. pf. derot 
4740. 4866 (mais ronpu 
6950). 

derver voy. desver. 

desachier 2033 tirailler. 

desanbler 3108 se séparer, 
partir. 

desbareter 5415. 6484 mettre 
en déroute. 

descendre 1220. 1774 descen- 
dre de cheval. 

descovenue 4941. 6444 bruta- 
lité, avanie. 

deseriter 1025. 1139. 5336 


VOCABULAIRE 


déposséder, priver de lhéri- 
tage. 
deserter 6443. 6634 ravager, 
déserter. 
deservir 1208. 1707 mériter. 
desevrer voy. dessevrer. 
desfaé 410. 1798 infidèle. 
desfubler 2784 ôter (le man- 
teau). 
desi (disi 3964. 6610. 6739. 


._ 7180) a 214. 768 d. en 291 


an 4899 d. que 3964. 7180. 
2699 d. qu'a 3953 d. q'an 
221. 3052 jusqu'à. 

desmaillier 6103. 6354 percer 
en rompant les mailles. 

desmesuré 447. 1136 imperti- 
nent, brutal. 

desor 121. 227 sur, contre ; 
144. 1021 sur, au-dessus de. 

despansier 2168 dépensier, 
sommelier. 

desreer (réfi.) 3739. 3752 (sor- 
tir du rang) s'emporter, se 
démener — p. pf. desreé 
6825 farouche — ind. pr. sg. 
3 desroie 3730. 

desregnier 1624 défendre. 

desrengier desrangier (réfi.) 
6548 se mettre en marche ; 
6894. 7156. 7160 sortir des 
rangs. 

desroi 1311 impertinence. 

dessafrer 6950 priver du safre. 

dessartir desartir 4101. 4866 
percer en rompant lassem- 
blage des mailles (du hau- 
bert). 

dessevree 618. 4272 sépara- 
tion, départ. 


VOCABULAIRE 


dessevrer 635. 1174 desevrer 
6961 séparer; 2099. 3113 
partir. | 

destraindre 18 presser, oppri- 
mer. 

 destre 579. 2313 main droite. 

destroit adj. 278. 3991 op- 
pressé; 1749 serré, étroit. 

destroit 1750. 4181 défilé. 

desus prép. 435. 5841. 7742 
sur. 

desvaler desviër voy. devaler 
deviër. 

desver 620. 1513 dever 2205. 
2214 derver 3948 aliéner. 

detordre 246 tordre — ind. 
pr. pl. 3 detortent 4282. 

detranchier 3603. 4072 dé- 
couper, fricasser. 

detriër 815. 5424 tarder. 

detriés 2785 detriers 5425 der- 
rière. 

devaler 498. 6554 desvaler 
7626 descendre. 

dever voy. desver. 

deviër 3711. 7827 desviër 3259 
mourir. 

devis 749. 758 plaisir, vo- 
lonté, souhait; 5124 idée, 
intention ; 8037 mention — 
par nul d. 1942 nullement. 

devise. a devise 2698. 2714 en 
pensée, suivant l'imagination, 
à souhait. 

deviser devisser 3724. 6874 
diviser; 6645 partager ; 10. 
361. 2829. 2844. 3134 spéci- 

:_ fier, indiquer; ; 244 parler; 
414. 589. 3157. 5702 dire; 322 
imaginer ; 3417 représenter. 


205 


disi voy. desi. 

do 1977 = doi je dois. 

doblier. hauberc d. 7038 à 
double tissu de mailles. : 

doër 652 doter. 

dois 25. 1644 table placée sur 
une estrade, 

dolant 306. 599 triste. 

don 419 dom 33. 103. 352 
dont ; 330. 2596 d'où? — don 
ne 683 done 1719 donc ne 
(dans des phrases interroga- 
tives). 

doner donner — ind. pr. sg. : 
doig 173. 1253 doing 1339. 
fut. sg. 1 dorai 2567 donrai 
5582 subj. pr. sg. 2 doingnes 
5579 3 doint 137. 142. 

donoi 1296 grâce, élégance. 

donoier 5o1r courtiser les 
dames. 

dor 44. 2814 largeur de la 
main. 

dote 2991 peur. 

doter 188. 3641 douter 1059 

 redouter. 

droiture 2516 justice. 

droiturier 843. 1079 juste. 

dromont 3405 bateau de trans- 
port. 

dru 868. 4200 cher, ami. 

druërie 7944  inclination, 
amour. 

duc’a 1947 jusqu'à. 


E 


e vos 4073 voilà. 
eill 1507 yeux. 


206 


einz voy. ainz. 

elme voy. hialme. 

embarnir enb. 1566 devenir 
homme, devenir grand et gros. 

embasemer enb. 4411 em- 
baumer. 

embatre anbatre fourrer — pf. 
sg. 3 anbasti 3060. 

embedui voy. andeus. 

embler ambler 1813 voler. 
_ embronchier anbronchier 
2103. 4073. 6162 courber. 
embuchier enb. 3725 embus- 
quer. 

emmi 3433 ami. 

empaindre 4066. 4083 enp. 
4103 anpaindre pousser, at- 
teindre; (réfl.) 3446. 3656 se 
pousser, s’avancer, s’élancer 
— ind. pr. pl. 3 anpaingnent 
3446 anpoingnent 3656. 

empainte anpainte 7476 an- 
pointe 7154 pointe (cp. 7162), 
attaque. 

empaner 4730 ampaner 6845 
empenner — enpanner 3415 
emplumer. 

empenser anpanser 5290.6069 
entendre, se proposer; 1771 
tramer. 

empimenter 2406 enp. 4409 
parfumer, aromatiser. 

emprendre enpr. 743. 2407 
anpr. 2583 commencer. 

emprès 7653 après. 

enchaucier 4902 anch. 4903 
Poursuivre. 

enchauz anch. 7458 anchaux 
3718 poursuite. 

enclin 6001 courbe, 


VOCABULAIRE 


enclin anclin 2869 inclination, 
signe. 

encombrer anconbrer 1911 
occuper, remplir de monde: 
1851 importuner ; 1926. 5072 
embarrasser; 4770 endom- 
mager. 

encombrier anconbrier 2180. 
5019 malaise. 

encontre voy. contre. 

encontrer anc. 1895 rencon- 
trer ; 1474 arriver. 

encortiner 3270 anc. 8010 dra- 
per, pavoiser. 

encoste 6176 à côté de. 

éncrieme ancr. 1852 avec fe- 
lon : odieux, infâme. 

encroër 2047 ancr. 4955 pen- 
dre aucroc, pendre. 


endemain. 1233. 7670 len- 
demain. 
endementiers endemantiers 


and. 1444. 7061 pendant ce 
temps, en attendant ; e. que 
244. 374. 6834 pendant que. 

endre andre 1563 étoffe grec- 
que. Foucon de Candie p. 
113. 

endroit androit juste, juste- 
ment : ilec e. 4038 or e. 5571. 
5600, — endroit 3318 e. de 
202. 217. 5092 d’androit de 
162 par rapport à, quant à — 
androit 4582 justement à. 

engaigne 217 affront, outrage. 

engigneor ang. 3486 ingé- 
nieur. 

engignier ang. 6090 tromper. 

engin angin 5304 fraude ; 3486. 
3549 machine, 


VOCABULAIRE 


engrès 929 violent. 

enheuder 6850 emmancher. 

enjenoÿ anjenoÿ 4876 pf. sg. 
3 (du lat. ingenuit) engendra. 

enlatimé 6587 instruit dans les 
langues. 

enoindre 5550 an. 7892 oindre, 
embaumer. 

enrooillié 6577 enrouillé. : 

ensaingne 222 ansangne 5866. 
5895 bannière; 234. 7524. 
7612 cri de guerre. 

ensegnié 1347 ans. 5256 ins- 
truit. 

enseler 1126 anseler 1763. 
5419. 5628 seller. 

ensement ans. 3810. 4370 de 
même, aussi. 

enserrer 4287. 5796 enfermer. 

entalenté 2972 disposé, dési- 
reux. 

entente antante 7126. 7130 
attention, besogne. 

enteser (le branc) 7621 lever 
pour frapper — ind. pr. sg. 3 
antoise 5295. 

entester 918. 2231 frapper à 
la tête. 

entre antre entre. entre — et 
1303. 1305. 3825. 4879 et — 
et — entre ci que en (éd. en- 
treci) 4209. 4848 jusqu’en — 
en composition avec un verbe : 
presque, vaguement, Cp. an- 
troïr 7316, antrobliër 7839; 
en composition avec un verbe, 
accompagné du pronom réfilé- 
chi: s'entre — l’un (de, à) l’au- 
tre 1784. 2481. 4727. 

entreci antreci voy. entre. 


207 


entredeus antr. 4798 (terme 
d'escrime) prime, coup de tête. 

entremetre antr. (réfi.) 1953. 
4416 s'occuper. 

entreprendre antr. 4829. 6991 
embarrasser. 

entrevenir antr. (réfi.) 1781 
rencontrer. 

envers 4310. 4765 couché sur 
‘Le dos. 

envers prép. 1400 vers — €. 
lui 7953 de sa part. 

enverser 436. 1522. 4743 ren- 
verser. 

a envis 5548 a anviz 7611 con- 
tre gré, à regret. 

envoisier anv. 2429 anvoissier 
7796 amuser. 

enz anz 634. 6067 en dedans. 

erité 86. 93 esrité 74 héritage. 

errant 3023. 4603 aussitôt. 

errer 245. 314 marcher, aller. 

error voy. iror. 

ersoir 3034. 6787 hier soir. 

es 245. 860 es vos 1108. 7571 
est vos 3024. 3066. 4841: 
4996 voilà. 

esbahir 1694 embarrasser. 

esbanoier (réfl.) 5991 s'amu- 
ser, se promener. 

esbaudir 1344. 7332 rendre 
Joyeux; 4141. 4864. 7279 
exciter; (intr.) 5199 devenir 
Joyeux. 

escachier 7272 écraser. 

escerveler qgn. 1524 ôter la 
cervele. 

escharnir 1722 bafouer. 

escharseté 1442 avarice, lé- 
sine, mesquinerie. 


208 


eschaugaitior 6526 faire le 
guet. 

eschec 4906 butin. 

eschelete 7464 sonnette. 

@scheri. a escheri II p. 9 avec 
peu de personnes. 

eschevi 1360. 5387 svelte. 

eschiele 4040. 6645. 6654 (U) 
6685 bataillon, corps de 
troupes. 

eschif 386. 1959 banni, jfa- 
rouche; 2600 sauvage. 

‘’esciënt 4923 esciant 726. 736. 
4246 savoir — a e. 3496 
certainement. 

esclairier 4474. 6527 esclerier 
1085 faire clair, devenir 
Jour. 

esclarir 803 devenir clair. 

esconser (nss) 1883. 2330 ca- 
cher, se coucher. 

escoter 7716 payer. 

escrever 4531 crever. 

escrivre 3829. 3831. 4402. 
4408 peindre, représenter. 

escroier. escroier (var.escroer) 
et aver 2445 avide. Le mot 
dérive de l'allemand schroh 
« maigre » (en hollandais 
schrok « gourmand »); voir 
Grimm, Deutsches Würter- 
buch, art. schrade, et Diez, 
Etymologisches Wôrterbuch 
I, art. scrocco. 

esforcement 3498. 7985 force, 
puissance. 

esgarder 1805. 2123 regarder, 

_ voir. 

esgaré 426. 1933 désolé. 

esleescier 4507 réjouir. 


VOCABULAIRE 


eslès 4629. 6865 élan, temps 
de galop. 

eslessior (réff.) 2558 lancer — 
eslessié 677 lancé à toute 
bride. 

eslit 7425 excellent. 

esmaier 703.933 décourager ; 
4900 se décourager ; 989. 
1357 troubler, inquiéter. 

esmer 3630. 3652. 4041 pri- 
ser, évaluer. 

esmeré 821 afiné. 

esmovoir 5814, 6446 mettre en 
mouvement (p. pf. esmeü). 

espan 6860 empan. 

espaulu 1591 à grosses épau- 
des, carré. 

espee 185. 1587 épée. 

esperdu 4787 étourdi; 4804. 
6664. 6672 déconcerté. 

esperir 289. 5486 éveiller. 

esperital 1770. 4056 spirituel. 

esperonee 6223. 6959. (nn) 
7490 éperonnement. 

ospie 5563. 5606 espion. La 
forme espie 5563 est remar- 
quable (pour espies). 

espié 1777. 3379 lance en gé- 
néral, la longue qui sert à 
heurter et la courte qui se 
jette; 4170 épieu : n’ot point 
de lance, mes un espié sessy. 

esploit 1153 avancement. 

esploitier (ré/fl.) 296 avancer, 
se dépécher ; 3599 opérer, 
accomplir; 5974. 6125 agir. 

esposer espouser 7937 épou- 
ser ; 7820 bénir le mariage de. 

esprover 2022. 3032 prouver. 

esrité voy. erité. 


VOCABULAIRE 


essample j. 814 nouvelle. 

essaucier 383. 1073 (s) 3264 
hausser, élever. 

essillier 386 exiler. 

essoine 5681. 7968 empéche- 
ment, excuse. 

est voy. es. 

estache 1848 poteau. 

estaje 3088 action de se tenir 
debout ; 166 demeure, habita- 
tion. | 

estal 965. 1456. 1600 étalage ; 
1762. 1772 demeure, séjour 
— a droit e. 4048 tenant bon, 
de pied ferme. 

estant.en e. 1318. 2366 debout. 

estelé 3843 étoilé. 

estellin 1965 monnaie anglaise 
(de Osterling), sterling. 

estenceler estanceler 1507. 
5923 étinceler. 

ester (ré/i.) être debout pf. sg. 
3 estut 2133. 2868 — lessier 
ester 543 laisser là; lessiez 

. ester 342 soyez tranquille. 

estes vos 910 voilà. 

estive 7853 espèce de flûte. 

estolt 2480 orgueilleux. 

estoltie 203 estoutie 284 té- 
mérité, 

estor 1785. 1791 combat. 

estordre 3916 délivrer ; 2586 
échopper ; 2208 mettre à la 
porte; e. son cop 4849. 7099 
(terme d'escrime) achever son 
coup. 

estorer 365. 1165 établir, faire. 

estormir 2727. 4492 alarmer. 

estovoir falloir — ind. pr. sg. 
3 estuet 1411 (estoit 2756). 

Tome II 


209 


estraine 665 étrenne. 

estre (pl.) 3757 galerie exte- 
‘rieure, loggia. 

estrif 5333 querelle 

estroër 5957. 6575 trouer. 

estre être. (avec l'inf.) 316 
aller —imp. sg. 1 ere 54. 549 
sg. 3 ert 375 pl. 3 erent 611 
fut. sg. 1 ere 427 sg. 3 ert 
270. 1359 iert 1594. 

estre (prép.) 5007. 5792 outre. 

estree 3546 grande route. 

estret 2484 descendu, issu. 

esturment 3202 instrument. 

eue 586. 1643 eau. 

eult 4409 3 sg. pr. ind. de 
oloir sentir, exhaler un par- 
fum. | 

eûür 4390 destin. 


F 


faillir manquer; 896 errer — 
fut. faudrai 570 — p. pf. failli 
3769 lâche. 

faintise 2694. (ss) 2706 feinte, 
trahison. 

faire a 305. 318. 357 être à — 
6723 fist pour mena (faire 
comme verbum vicarium). 

fambliër 3685 flanbiër 5385 
fanbloier 6543 flamboyer. 

fame femme — fame que fame 
304 (proverbe) la femme est 
toujours femme, reste tou- 
jours la même. 

fanc 2160 fange. 

fausart 7222 arme à lancer, 
« faux emmanchée droite à 


14 


210 


l'extrémité d'une hampe » 
(God.). 

fausser falser fauser 4735. 
5958. 6354 briser, déchirer ; 
4633 fausser ; 5390.7650 man- 
quer à — sanz fauser 5919 
sans mentir. 

feeuté 3085 feäuté 3100 Jidé- 
lité, foi. 

fel 681 feux 6866 cas. sj. et 
voc. sg. de felon 929 perfide. 

felonessement 893 (ad. de 
felon) perfidement. 

ferir 66. 473 frapper — ind. 
pr. sg. 3 fiert 66 fut. sg. 
3 ferra 2142 p. pf. feru 468. 
585, 

ferrant 3506. 6069 couleur de 
fer, gris. 

ferré. chemin f. 1838 route 
empierrée avec les scories des 
mines de fer, chaussée (cp. 
1844). 

ferrement 7553 fer. 

fervestir (réf.) 6835 se vétir 
de fer — p. pf. fervesti 
3882. 4675. fervestu 6370. 
6835. 

feste 1848 faite. 

fl adj. 1978. 2612 certain — de 
fi (fy) 1269. 1683. 1730 cer- 
tainement, réellement. 

fiance 2668. 5481 confiance, 
sûrete, 

fichier 5015 ficher, enfoncer ; 
4999 attacher; 5983 intro- 
duire, faire entrer. 

file 7170 figue. 

fié 194. 2364 fieu 991 jief. 

fieror 781 Ie 


VOCABULAIRE 


finer 314. 1074. 3714 finir, 
achever, mourir; 4884 cesser 
d'aller. 

flatir 5193 abattre, jeter. 

flori 808. 3465. 4838. (des- 
trier fl.) 6186 blanc. 

flote 6218 foule. 

foisoner 1204 abonder. 

foisson 960. 995 quantité, 
masse. 

folaje 162. 1054 folie. 

foleté 73 folie. 

foloisson 2085 folie. 

folor 41. 765 folie. 

fomes 1966 faisons. 

forfaire 3871 faire du mal, 
nuire. 

forment 104. 678 beaucoup. 

forni 4392. (y) 7317 grand, 
fort; 1711 massif. 

fors 1526. 2016. hors; 2112 
excepté; 7189 mais seulement. 

forsener 2234. 4032 perdre la 
raison. 

fort (eure) 4265. (destinee) 
6221 funeste, grave. 

fraindre briser, détruire — 
pf. sg. 3 fraint (pour frainst) 
6912 p. pf. fret 3860. 4016 
fraint 4450. 

frarin 5523 misérable. 

freor 3477 frayeur. 

froër 3284 briser. 

froier 1992 frotter. 

froig 4093 fraig 4167 frein. 

frois. or frois 1293. 5465 or 
phrygien, or brodé. 

froissier 1786 briser,se rom- 
pre. 

fuerre 3859 fourrage. 


VOCABULAIRE 


fust 2178. 3548 pièce de bois, 
tronc — pl. fulz 2038. 4494. 
fuster 3862 rosser. 


G 


gaber 919 railler, plaisanter. 

gabois 1311 raillerie. 

gaignart 2480 violent. 

galie 3406. 7642 galère. 

ganchir 5200 tourner, diriger ; 
1676. 6157 se tourner, se di- 
riger; (regne réne) 4863 
tourner d'un autre côté, chan- 
ger la direction de. 

gar 5298. 5300 gare, empêche 
(impér. sg. 2). 

garant 258. 2351 protecteur, 
défenseur. 

garantir 2739. 3017 protéger. 

garçonnaîille 7715 l’ensemble 
des garçons, des gens de con- 
dition basse. 

garir 3924. (rr) 1742. guerir 
3530 soutenir. 

garisson 965 provision. 

garnement 727. 3117 armure. 

garni 114. 130 riche. 

gaster 3668 dévaster ; 142 dis- 
siper. 

gaut 7467 forét. 

gazerant voy. jazerant. 

gent 048. 1728 gentil, beau, 
ady. gentement 533. 639 
gentiment. 

gesir voy. jesir. 

geste jeste 9. 926. 1337 chro- 
nique; 358. 3515. geste 4716 
race, famille. 


211 


gié 698 Je. 

giguer 2426 jouer de la gigue 
(du violon). 

gisarme 6716 espèce de hache 
d'armes. 

gloz 388. 2520 cas sj. de gloton. 

goloser 7783 convoiter. 

gourpill renard. escorchier le 
gourpill IL, p. 36 (var.) vomir. 

gorpillier 1613 ldche. 

graciër 1634 rendre grâce, 
remercier. 

gramoier ind. pr. sg. 5 gramie 
7183. (réfi.) 5557 se désoler. 

gre 1213. 3877 volonté, plai- 
sir; 1013. 1044. 1124 remer- 
ciment — mal gre vostre 
4988. 6070 malgré vous. 

gregnor 50. 5208 plus grand. 

grele 6085. 6967 cor grêle, 
clairon. 

greloier 6088 (d’un cor) rendre 
un son. 

grenon voy. guernon. 

grifaingne adj. f. 227 terrible. 

gris 754. 5494 pelisse de cou- 
leur grise. 

guerir voy. garir. 

guernon 2374. 2507 grenon 
3229 moustache. 

guerpir 1772. 4103 quitter. 

guerredon 2343. 7351 récom- 
pense. 


guerredoner 1206 récompen- 
ser. 

guiche 4658 courroie. 

guiër 1491. 3617 guider, con- 
duire. 

guis 5499 (le cas r. serait 
guion) guide. à 


212 


guite 5239 chapeau de pèlerin. 
God. n'en a qu'un seul exem- 
ple pris dans Foucon de Can- 
die. 


H 


haitié 6274 hetié 707. 5846 
hestié 720 bien portant, en 
santé. 

hante 4865. 6294 le bois de la 
lance. 

hardement 1141. 2342 Cou- 
rage, hardiesse. 

hart j. 3781 corde de bois. 

haschie 7663 peine, tourment. 

haubergier 4502 vétir du hau- 
bert. 

hauteinne 659 f. (h) autaingne 
229. 236 haut. 

hautor : autor 25 très haut. 

henap 3304 p/. henas 826 ha- 
nap. 

herberge 1984 (auberge), lo- 
gis ; 4300. 4387 tente, cam- 
pement. | 

herbergier 772. 2131 loger, 
héberger. 

hestié hetié voy. haïitié. 

hialme 6613 hiame 3378. 
7562 elme 4780 iaume 1776 
iame 4371 Casque. 

hie. a une hie 7161 d’un coup, 
d’une fois. 

hontage 301. (j) 474 honte, in- 
jure. à 

hu 7203. 7386 cri. 

huchier 661. 2154 crier. 

huëe 5956. 7474 cri. 


VOCABULAIRE 


huër crier, ind. pr. pl. 3 huient 
6524. nn... 

hui 443. 1074 aujourd’hui — 
hui mes 463. 1654. 2251 
désormais, maintenant. 


i 36. 68. 6786 = il il. 

i 448. 802. 4486 = il ils. 

iame iaume voy. hialme. 

ici ici. d’ici a 3622 jusqu'à. 

igal 1774. 3370 plaine. 

il 13. 16. 1257 = i y. 

ilce 1226. 2739 = ice ce. 

ülci 517. 1037 ilcy 1695 = ici 
icy ici. 

oil 7670 = icil celui. 

ilec 171. 2073. ilecques 1867. 
3373. iloc 4344 là. 

ültant voy. itant. 

inde 5867 violet. 

inel voy. isnel. 

irascu 869. 1556 israscu 4801 
irrité, en colère. 

irié 101. 278 iré 1481. 2969 
indigné, triste. 

irier 1635 courroucer, mettre 
en colère.. 

iror 777 error 763 emporte- 
ment ; 3479 tristesse. 

is ys cas sj. d'if 500 if. 

isnel 4908 inel 900. rapide — 
pl. cas r. iniax 2649 — adv. 
inelement 2379. 4070. 

israscu voy. irascu. 

issi 1726 isi 3892. 6126 ainsi. 

issir sortir — ind. pr. sg. 3 
ist 1296. 3733 pl. 2 issiez 


VOCABULAIRE 


297 isiez 2016 3 issent 1399 
impér. sg. 2 is 4634 pf. pl. 1 
oissimes 6040 oissirent 5566 
(s) 7177 fut. 2916. 41417 istrai 
subj. sg. 3 isse 2246 p. pf. 
issu 1592. 4174. 

itant 2207 iltant 5386 fant. a 
itant v0Y. a. 

itel 1339. 4605. 4941 = tel. 


J 


ja 195. 366 jamais. 

jalir 5181 foudroyer; 6127 
jaillir, se précipiter. : 

jazerant 4235. 6232 (c) 7536 
gazerant II p. 4 (épithète du 
haubert) fait de mailles de fer. 

jemé 4621 jesmé 4426 orné de 
gemmes. 

jenollons. a j. 7862 à genoux. 

jes 774. 4535 = je les. 

jesir 2735. 4803 gesir 6210 
coucher — ind. pr. sg. 3 gist 
1944 pl. 3 gissent 7674 pf. 
sg. 3 jut 4277 pl. 3 jurent 
1859 fut. sg. r jerrai 2919 
subj. pf. sg. 3 jeûst 6706 p. 
pr. gisant 6240. 

‘jesmé voy. jemé. 

jeste voy. geste. 

jo 763. 972 = je le. 

joëe 444 coup sur la joue, gifle. 

joiant 4590 géant. 

joiant 717. 739 joyeux. 

joiel. cas r. du pl. joiax 2598 en 
jeu. 

joïsse 2707 punition; 4395 ju- 
gement dernier. 


213 


jornal 3369 journée de mar- 
che ; 7469 journée de com- 
bat. | 

joste (prép.) 1297 à côté de. 

joste 4561. 4569 jostre 6892 
joute. 

joster 5667 rencontrer ; j. a 
3708 rencontrer (hostilement); 
4732 jouter, attaquer à la 
lance. 

jostissier 837. 850 justicier. 

jostissior 2171. 2715 juger; 
5007 exécuter. 

jostre voy. joste. 

jugleor 2418. 3126. 3307. 
7852. 7857 jugler 2409. 
3127 (cas sj. 7654 juglerres) 
jJongleur. 

juY 4144 pour jehui aujour- 

- d'hui. 

jurer qgn. 1332. 1346 fiancer. 

jus 2071. 7629 à bas. 


L 


labis 7303 massacre. 

laidir 3047 lesdir 2728 mal- 
traiter. 

laier laisser — ind. pr. sg. 3 
let 3044 impér. lai 5003 le fut. 
lerai 201. 212 et le cond. 
leroie 402. 3909 suppléent au 
fut. et au cond. de laissier. 

lait 320r injure. 

lanier 7033 paresseux. 

lapidee 6343. 7497 lapidation. 
massacre. 

largeté 1230. 1890 largesse. 

larris 4673 larriz 4835 larri 


214 


1673. 6151 larry 6:76 terrain 
en friche. 

larron 1790. 5590 brigand. 

latimer 5755 bargouiner. 

latimier 4969. 4978 interprète. 

le art. le. fors le Charlon 2112 
excepté celui de Charles. 

le 187. 1130 large. 

lealment 146. 150 loyalement. 

leanz 1278. 2349 leans 5267 
là-dedans. 

lecheor, cas sj. 
388. 2520 parasite. 

leescier 5752 réjouir. 

lesdangier 732. 1553 injurier, 
insulter. 

lesdir voy. laidir. 

lestré 3190. 4021 avec une 
inscription gravée. 

leu 65. 316 lieu place, endroit. 

leu cas sj. lex 7394 loup. 

lever. bautissier et lever 7883 
tenir sur les fonts baptis- 
maux. 

lez les côté 5042. 5091. — lez 
prép. 308. 532 à côté de — 
en lez 3271. 3395 en le 5790 
es les 1309. 6563 à côté, tout 
près. | 

Li 58. 4364 = le lui, la lui, les 
lui. 

liart 2623. 2634 gris. 

lié 697. 1285 joyeux. 

lin 5531. 6004 race. 

linage 176. 262 linaje 2521. 
2689 parenté, famille. 

lise 6640 chienne. 

listé (palès) 60. 1221. (escu) 
4733 à bandes ou à bordures, 
rayé, veiné. 


lechierres 


VOCABULAIRE 


loëe 3726. 6727 lieue. 

loër 1184. 2725 conseiller. 

loge :8o1 cabane de feuil- 
lage. 

lorain 7465 bride voy. God. 

losangier 2843. 4491. losan- 
jeor 778 calomniateur. 

luz 2126 brochet. 


M 


maaille 7716 maille, moitié du 
denier. 

mace 6715 massue. 

maieté 83. 1036 majesté. 

mail pl. r. max 7460 marteau. 

main 3384. 4474 matin; 6384 
ce matin. 

mainne 11 (épithète de Charles) 
grand. 

maior 24. 3483 maor 2839 
très grand, (le) plus grand. 

majonois 265 (éd. maionois). 
1649. 3995 orné d'images, 
voir Romania XIX. 335. 

mal 488. 631 mauvais — mau 
de 6639. 6640 malheur à. 

malart 841 canard sauvage. 

maleïçon 1923. 2981 malé- 
diction. 

maleïr 3352. maudire — p. pf. 
maleÿ 3761 maleï 5911. 7309 
maleoït 4123. 

malfé 1961. 2221 diable. 

malmetre 4833. 7015 endom- 
mager, maltraiter. 

maltalent -ant 458. 593 mata- 
lant 2242. 2477. 4025 indi- 
gnation. 


VOCABULAIRE 


maltalentif 1960.4846(a 7012). 
inhdigné, en colère. 

malvès 2420 lâche. 

mandement 882 palais, rési- 
dence. 

mangon mengon 934. 980 sorte 
de monnaie, voir DC man- 
cusa, | 

mangonel 2923 machine à 
lancer des pierres. . 

maniere manière. de grant m. 
2549 beaucoup, fort, très. 

maor voy. maior. 

mar 630. 1540. 1926. 2575. 
3821 à la male heure, pour 
son malheur. 

marc 676,4580 une demi livre 
d'argent, une livre d'or. 

marchir 2899 confiner. 

mareschaucie 5443 écurie. 

marine 7467. 7596 rivage de la 
mer. 

marrir 1708 fécher. 

marsif 1968. 7010. 7434 massif. 

matalant vay. maltalant. 

mater 3160. 4519 vaincre. 

matinet 803. 963 dem. de 
matin. 

megniee 417. 644 megnie 129. 
798 maisonnée, gens de la 
maison, suite. 

mehagnier 2182 blesser. 

mellee 4614 combat, duel. 

meller méler. mellé 643. 3335 
melé 1251 mélé de gris. 

membré menbré ro19 mam- 
bré 438 manbré 4462 intelli- 
gent, prudent. 

membrer menbrer 1719 sou- 
venir, 


215 


menaje 3095. 3175 demeure. 

menant 2929. 7955 riche. 

mendi 385. 7028 mendiant. 

mencse 6360. 6938. 7478 son 
prolongé. 

menentie 140. 207. 794 ri- 
chesse. 

mener mener, montrer, faire 
preuve de : 971. 998 largece, 

. 1230 largeté, 1647 joie, 2648 
ses aviax, 5113 duel — ind. 
pr. Sg. 3 mainne 971 maine 
5113 moine 1230 moinne 
5205 pl. 3 mainent 998 mein- 
nent 4227 moinnent 830 fut. 
sg. 1 menré 3742 sg. 3 
manra 2974. 

menesteral 2416 jongleur. 


| menjuce 1532 subj. pr. sg. 3 


de mangier. 

menoir demeurer, vivre — iny. 
pr. pl. 3 mainnent 33 p. pr. 
menent 3053. 

menor 40. 57. 652 le plus pe- 
tit, le plus jeune. 

menu adj. 1600 petit. — adyv. 
4432. 4618 petit; 4088. 4189 
à petits intervalles, rapide- 
ment. 

menuier. grele m.6085 cor ou 
clairon menu. 

merci 4135. 4147 grdce. 

merciër 1258. 1343 remercier. 

merveilles 3007 extréme- 
ment. 

merveillier 1057. (réfl.) 6562 
s'émerveiller. 

mervellex 1296. 4881 merveil- 
leux, très grand, excellent, 
extraordinaire. 


216 


mes 996. 1016 messager; 3279 


mets. 
mes mais. ne mes 4876. 7667 
hormis, excepté — ne. ne 


mes 75 ne.. que — ne., mes 
428. 1655 ne.. plus, ne.. ja- 
mais — mes que 1959. 2938 
mais que, seulement que, à 
condition que. 

mesavenir 1605 mal arriver, 

. arriver malheur. 

mescheant (peut-être à corri- 
ger en mescreant) 6229 misé- 
rable. 


meschin 347. 6oog9 jeune 
homme. 
meschine 994 fille. 


mescreant 1341. 4883 infidèle. 

mescreü 4190. 4204 infidèle. 

mescroire 259 cesser de croire 
— subj. pr. pl. 2 mescroëz 
pour mescroiez 5559 fut. 
mescrerai 259. 

mesires 367 — mes sires. 

mesprison 975 85 2514. 2529 

délit. . 

mestier est 370. 1090 il est be- 
soin — avoir mestier 830. 
1076 avoir besoin. 

mestre 25. 2684. 3828. 4450 
principal — compar. plus 
mestre 3464. 6740. 6764. 

mi 913. 2923 (pl. cas sj. du 
POSS. I pers.) mes. 

mi. en mi 436. 1935. 2579 an 
my 3529 au milieu — par mi 
890. 4082. 4171 par le milieu 
de, au milieu de. 

mie miette. ne. mie de 116. 
2163. 4948 ne.. pas. 


VOCABULAIRE 


mier 5365. 5771 pur. 

mirable 1858. 1871 
d’être regardé. 

mire 3990. 4003 médecin. 

misodor 3563 (cheval) de la 
valeur de mille solidi. 

mo 1517. 1921 = moi. 

moie 91. 725 mienne. 

moilent 3584 pour muelent 
(pr. pl. 3 de moudre). 

mois mois, des mois 264. 2560 
pendant des mois, de long- 
temps. 

moitoierie 320 ferme de mé- 
layer, métairie. 

mollier 152. 1062 épouse. 

molu 1587. 4194 émoulu, ai- 
guisé. 

mon 2859 vraiment. 

moneeëer 02. 915 monnayer. 

mont. a mont voy.a. 

mont 365. 1058 monde. 

montance 4897. 7119 mon- 
tence 7558 valeur. 

monte 5376. 6161 valeur. 

montenin dans faucon m. 
5159 faucon montagnard, es- 
pèce de faucon. 

more 5683 pointe du glaive. 

morir mourir — (seulement 
dans les temps composés) 
3687. 4770 tuer. 

mortal 1769. 1783 mortel, per- 
nicieux. 2 

mout 528. 1304 beaucoup ; 12. 
23 très. 

movoir mouvoir ; 857 mettre en 
mouvement, brasser; 1590 
commencer;  (intr.) 1646 
commencer ; 2575 partir ; m. 


digne 


VOCABULAIRE 


le san 4776. 4824 s'emporter, 
s’'exaspérer. 

mu 1588. 4588 muet. 

muër 308. 433 changer — m. 
le sans 2241. 4447 perdre la 
raison, devenir fou. 

mul 676. 1415 mulet. 

muridiant 5633 le midi, de 
meridianum. | 

musart 905. 
sol. 

musicle. or m.2117 or de mo- 
saique. 


1625 badaud, 


N 


nasel 4655 nasal 7298 verge 
en fer partant du casque et 
servant à protéger le nez. 

natural. baron n. 1764. 3963 
baron par droit de naissance 
François n. 3950 Français 
de naissance. 

navie m. et f. 423. 3678. 7599 
flotte. 

navrer 2225. 2237 blesser. 

ne 177. 194 ni — (dans une 
phrase interrogative ou su- 
bordonnée) ou 283. 2532; de 
méme ne... ne 775. 3147. 

ne.. se. non 937. 0966. 2536 
ne.. que. 

neant. por n. 1115 en vain — 
de neant 1181 en quoi que ce 
soit — neant 4701 par ha- 
sard, peut-être. 

nef 257 (pl. nes 32) navire. 

neïs 2446. 4269 nis 7270 pas 
méme. | 


217 


neporquant 3639 q 3986. 7619 
pourtant, néanmoins. 

nes 325. 387 —ne les. 

nes uns 3287 pas un, aucun. 

niés cas sj. 1635. 3096 neveu. 

no 51.201 = nel 2572 ne le. 

noauz 7472 pis. 

nobile 1058. 1091 noble. 

nobilité 1873. 6857 nobileté 
4404 dignité. 

noier 1061. 5605 nier. 

noif 1757. 2551. 4620 neige. 

noise 494. 4114 8S 2157. 4120 

- bruit, vacarme. 

noissier 1100 bruit. 

non nom. par non 5513 exprès. 

none 952. 2125 nonne 1205 
trois heures après midi. 

noreture 251. 597 l'ensemble 
des enfants. 

nul 780 quelque, quelconque. 


O 


O 1038. 1152 avec. 

oO 5629. 6138 où; 248. 363. 
1310 aussitôt que, quand. 

o 33. 59. 106 el 4835 = en le 
dans le. 

o oui, dans ne o ne non 6758 
ni Oui n1 non. 

obliëe 3330. 6366 oubli. 

ocirre 2728 tuer — pf. sg. 3 
ocist 3191 p. pf. ocis 2990. 

oie oïes oit oiom oiez oient 
voy. avoir. 

oir 1200. 2858 héritier, fils. 

oïr ouir, entendre — ind. pr. 
sg. 1 oi 2019 3 ot 433 pl. 3 


218 


oënt 306 oient 2419 impér. 
sg. 2 oz 393 pl. 2 oëz 1320 
oiez 1307 fut. sg. 3 orra 
2531 ora 2499 gér. en oiant 
58r. 1319 d’une manière per- 
ceptible. 

oirre 1391 chemin. 

oisor 3490 épouse. 

olifant 3636. 7234. 7268 oli- 


fent 3634 éléphant; cor 
d'ivoire. 

oltrer 6017 otrer 6355. 6957. 
6985 passer. 


oltro oltroier voy. otro otroier. 
olz voy. ost. 


ombroier onbroier 3756 met- 


tre à l'ombre. 

on II p. 108 v. 08, pour onc 
jamais. 

on Il p. 110 v. 158, pour ont. 

ongnement 4308. 4313 on- 
guent. 

onorer v0y. anorer. 

onques 110. 174. 176 jamais. 

or 49. 356 maintenant — or 
ainz 1499. 6501 tantôt. 

ordre. l’ordre Dieu (De) 16. 
2191. 2198. 2215 le clergé. 

oré 2918. 3809 orage. 

orer 1862. 3137 prier Dieu; 
4538 prédire. 

oriël 96. 3677 loriot. 

orifamble 137. 738. 5873. 
6549. 6673. (n) 5713. 5878 
6730 oriflamme. 

oriflor 2834 oriflamme. 

ost 115. 422 pl. olz 1186. 3423. 
5841 armée. 

ostagier 5003 donner en otage, 
livrer. 


VOCABULAIRE 


osteler 1014. 1119 loger, ins- 
taller. 

ot 1482 = oit 1495. 1633 ait. 

outrequidié 704 insolent. 

otrer voy. oltrer. 

otroier 848. 1063 oltroier 
1284. 2851. oltroyer 1261 
permettre, approuver — pr. 
sg. 3 oltri 3059 otro 6681: 
oltro 3075 = otroi. 

ovraille 7711 ouvrage. 

ovrer 613 agir; (622, 
fabriquer, bâtir. 


1990 


P 


paienie adj. /f. (gent) 124. 368: 
(ost) 5566 paien. 

paienor. gent p. 48. 2812 pae- 
nor 2815 le peuple païen. 

paile 317. 934 paille 1894. 
3582 étoffe de soie. 

painturer 3414. 3424 pointu- 
rer 6856 peindre. 

palmee 456 coup avec la 
paume. . 

palmier 5606. 5617 pèlerin. 

palmoier 2108. 6899 brandir. 

paltonier voy. pautonier. 

paiu 1545 marais, boue. 

pant 5094 subj. sg. 3 de pen- 
ser. | 

par souvent avec de : par de 
quel part 3543 par deça 770. 
6927. par de derrieres 1312. 
4809. par delez 3416. 5401 
par dejoste 679. 

parcreü 1550 grand, carré. 

pardoner 1464 abandonner. 


VOCABULAIRE 


pardurable 3204 perpétuel. 

parfont 1874 profond — ady. 
parfondement 4238. 4322. 

parissi 512. 1736. (s) 1966 de- 
nier parisis. 

paroir paraître — ind. pr. sg. 
pert 2125 pl. 3 perent 612. 

- 7816 fut. sg. 3 parra 2106. 

part part; nature, caractère : 

. l’abé de bone part 2626. 

partir 3536 Jaire partir; 4109 
fendre. 

paamer 621 paumer 553 se 
pämer. : 

pautonier 5777 paltonier 2513. 
5005 vagabond. | 

peçoier 2184. 5998 mettre en 
pièces. 

peliçon 973. 3067. 5524 véte- 
ment intérieur en fourrure. 

pendant pandant 6327. nee 
1778 pente. 

peneancier 5243. 5745 peni- 
tent. 

penrai 955 futur de prendre. 

pensé 1427 pansé 1537. . 
pensée. 

per 6417 pareil; 135 Membre 
égal de droits ; 564 pair. 

perent 7816 prs. pl. 3 de parer. 

periere 2924 machine à lancer 
des pierres. 

pes 782 patène que l'on baise 
à la fin de la messe. 

pesance 7840 deuil. 

peser 1504. 7718 ennuyer. 

pesme 6517.7506 mauvais, fu- 
neste. 


pesson 5721 paisson, päture.. 


petit 1077. 1843 peu, peu de 


219 


temps — par un p... ne 1712 
il s’en faut de peu que.. ne. 

peux 2375 pl. de poil. 

picois 6716. 7221. 7252 béche. 

pié nu 5244 nu-pied, qui va 
sans chaussure en pénitence 

. de péché. 

piece 6758 espace de temps. — 
pieç'a 2124. 3787 piece a 
4042 il y a longtemps. — a 
piece 5984 d'ici à longtemps. 

pimant 7692 vin épicé et em- 
miellé. | 

piz 3935. 4728 poitrine. 

plaier 4293 couvrir de plaies. 

planer 64 polir. 

planistrel 3823 petite plaine. 

plege 2688 caution, garant. 

plenier 4506. 7030 grand, 
vaste. 

plenté 1804 planté 1225. 1428 
plénitude, quantité, masse. 

pleseïs 5894 clôture, palissade. 

plessié 679 clos, parc. 

plet 1590. 1596 procès, afaire. 

plevir 403 garantir; 5542. 
5898 assurer ; 1346 fiancer 
— pl. sa foi 5575 donner sa 
parole. 

plomer 6715 plomber. 

plovier 841 pluvier. 

plussor. li pl. 9. 16 La plupart. 

po voy. pou. 

poësté 1035. 1248 poosté 
1884 puissance, pouvoir ; 
1823. 3876 violence. 

poëstif 388. 5331 poësteïf 6404 
poëteïf 1940 pooteiïf 5118 po- 
teïf 5904. 7022. 7917. Cas r. 
poteïs 8035 puissant. 


220 


poi voy. pou. 

poignal (lance) 1780 poingnal 
6322 de poing, qu'on manie 
avec le poing. 

poignant voy. poindre. 

poindre peindre, orner, em- 
bellir — pf. sg. 3 point, pour 
poinst, 2117. 

poindre 6904. 6895 piquer, 
éperonner ; 5954 galopper — 
ind. pr. pl. 3 poingnent 
7486 (ms. paingnent) —p. pr. 
poingnant 677. 4868 pon- 
gnant 4199. 4853 poignant 
4894 — inf. subst. 7289. 7409 
galop. 

pointurer. voy. painturer. 

pois poids. sor son pois 2887 
contrairement à sa volonté, 
malgré lui. 

pongnant voy. poindre. 

pongneor 17. 27 combattant. 

pont 5776. 6850 pommeau. 

pooir 3552 (absolu) pouvoir se 
procurer; ne pooir contre 
2680 ne pouvoir rivaliser 
avec. 

por 303. 5737 à cause de — 
por que 290 pourvu que; 
594. 2605 pour quoi — por 
ce que 1509 por ce se 2674 
parce que. 

porchacier 51. 8061 (réfi.) se 
procurer; 2523. 2758 effec- 
tuer, produire, poursuivre; 
2148 (réfl.) filer. 

porofrir 4587 offrir. 

porpénsér 2067 imaginer ; 
(a)2797. 3106 (réfi.) réfléchir, 
penser. 


VOCABULAIRE 


porprôéndre 1943 occuper. 

porquêrre 2955. 8061 acqué- 
rir, obtenir. 

porsoûü 4180 poursuivi. 

porteüre 418 portée. 

posnee 460. 4638. 5881 inso- 
lence. 

pou po 640. 1516. poi 1773 peu 
— 4 pou.. ne 470 a pou que 
ne 870 par un pou ne 1524. 
3043 il s’en faut de peu que.. 
ne. 

premerien voy. primerien. 

premiers 2595 le premier, 
d'abord. 

prendre a 310. 355 commen- 
cer à. 

pres ne 1513. 7314 presque. 

preu 180. 506. 1322 brave. 

prevoire voy. provoire. 

prime 1205. 4360 six heures 
du matin. 

primerien 2085 premerien 
542. 6649. 6654 primerain 
40790. 4732 premier. 

primes 1014 en premier lieu ; 
4407 d’abord. 

princier 1058 haut baron. 

principer 302 principal. 

prison 1160 prisonnier. 

privé 417. 2222 intime. 

prodome 514 homme de bien 
— compar. plus pr. 726. 

proëce 1204. 2709 bravoure. 

profetisier 2759 anticiper. 

proier 150. 656 prier. 

proisier 676. 1055. (ss) 1084. 
161 (priser), estimer. 

prover 774 éprouver, mettre à 
l'épreuve. 


VOCABULAIRE 


provoire 1914. 2198 prevoire 
5073 prêtre. 

puel 3853 = poil. 

pui 7406 colline. 

puis prép. 606. 1034 depuis — 
puis que 1541 après que. 

put 4063 f. pute 3774. 3852 
puste 491 sale. 


Q 


quan que qan que qan qe 848. 
1121. 7676 tout ce que ; 2758 
pendant que. 

quaregnon II p. 5 quater- 
nion, document. 

quarrel 4477. carrel 4730. 
6845 carreau d’arbalète. 

quart 3205 qart 3299 cart 
1689. 6700 quatrième. 

quartier 7040 case de bouclier 
— escu de cartier 4488. 6098 
bouclier divisé par des ban- 
des de fer en quatre cases. 

que 511. 5726 qui — que 90. 
153 car — que n'en perdi 82 
sans en perdre, cp. 498. 674 
— que que 3857. 5592. 5933 
pendant que. 

qel 905. 1206 qui le. 

quenoistre 1448. 1564 con- 
naître, reconnaitre. 

quens voy. cuens. 

quernel 1990 créneau. 

quernu voy. crenu. 

querole 7854 ronde, danse. 

querone 1203. 5262 couronne. 

queroner 88. 627 couronner ; 
1819 fonsurer. 


221 


querre chercher, désirer — 
ind. pr. sg. r quier 1465; 
pl. 3 quierent 6.773; pf. sg. 3 
quist 400. 

querroit 6750 croirait. 

qes 784. 924 = que les — 
2320. 3295. 4041. 6136 qui 
les. 

qeu 2168. 2430 queu 8or: 
queux, cuisinier. 

qui qui ; qui qi cui cas r. em- 
ployé comme génitif, datif et 
accusatif du relatif et de l’in- 
terrogatif cp. 6011. 6035. 
6065. 6332. 2811. 3489. 2800. 
6181 — qui avec un sens cau- 
sal 154. 163. 204. 218. 792. 

quidier voy. cuidier. 

quil 477. 1720 qui. 

quint 3222. 6822 qint 70938 
cinquième. 

quintaine 3282 quintainne 
3289 poteau garni d'armure 
et d'armes, quintaine. 

quite 1029 libre de charges, in- 
dépendant. 

quivert voy. cuivert. 

qo 777 qel 905 = que le. 

grief 5589 ind. pr. sg. 1 de 
.Crever. 


R 


raançon v0y. reançon. 

raier 2164. rayonner, jaillir 
— p. pr. raient 6303 reant 
586. 

raim 4208 rameau, branche. 

rainsel 2645 rameau.. 


222 


raluminer 646. 2666. 5061 
illuminer de nouveau. 

ramé 3781. 4257 à rameaux, 
rameux ; 3550 à ramure, 
ramé. 

ramposne ranposne 855 rail- 
lerie, ironie. 

ramu 4646. 4818 à rameaux, 
rameux ; 7210 à ramure, 
rame. 

randon 2508. 5509 violence. 

randonee 4629. 5954. (nn) 
7495 violence. 

randoner 4088. 4189 galoper. 

range voy. renge. 

rasazer 3555. 6365 satisfaire, 
rassasier. 

rasoagier 5355 soulager. 

raviser 4019 ss 6796 recon- 
naître. 

re- r- 1083 de nouveau, re-: 
539. 2853. 3260 de sa part, 
pour ce qui le regarde; 648. 
1222. 2966. 3186 aussi. 

realme 183. 2781 royaume. 


realment 1325. 2378. 4339 
rédempteur. 
reançon 2518 raançon 945 


rançon. 
recelee. a r. 1366 en secret. 
recercelé bouclé. menu r. 4432 
à petites boucles. 
rechaner 3654 braire. 
recoillir en gre 1246 accepter. 
reconforter 610. 639 consoler. 
recovree 4258 remède. 
recovrier 2170 recouvrement, 
secours ; 4479 remède, retour. 
recreant 595. 2515 lâche, 
vaincu. 


VOCABULAIRE 


recreü 4214.4771 lâche, vaincu. 

refambloie 4128 refamblie 
ind. pr. pl. 3 7191 flamboyer. 

regne 218. 230. 604 resgne 
1324. 2986 royaume. 

regne 1788. 4839 resgne 6952. 
7100 réne. 

regné 87. 1038 resné 1253. 
1516 royaume. 

regreter 3480 regrater 3663 
lamenter, plaindre. 

relenquir 1715 quitter, aban- 
donner. 

remembrer (nb) 1232 souvenir. 

remenant remenent 7585. 
7724. 7734 reste, demeurant. 

remenoir 19 demeurer — ind. 
pr. pl. 2 remenez 4267; pf. 
sg. 3 remest 19 fut. reman- 
rai 265 remandrai 481 re- 
mendrai 2906 subj. pr. sg. 3 
remaingne 231 part. pf. re- 
més 1642 remainsu 4203 — 
a remenant 5452 en abon- 
dance. 

remenrai 5624 remandrai 4987 
Jutur de remener ramener. 

renge range 4623 boucle. 

renheuder 1993 munir d'une 
nouvelle poignée. 

renoié 689. 4076 renégat. 

reoler 1992 (ms. et roler). 6576 
rouler. 

reongnier 687. 6119 couper. 

reperier 3. 700 retourner. 

replant 4229 resplendit. 

replenir 1738. 3050 remplir, 
combler. 

reprover 2201 reprocher ; 2397 
proverbe. 


VOCABULAIRE 


requoi requoy. en r. 1298. 
1309 en secret. 

resa res de 4812 à ras de. 

resachier 6922 retirer. - 

resclarciër 3689 rayonner, 
briller. 

rescorre 3876 délivrer de la 
presse des ennemis ; 5967 con- 
quérir — p. pf. rescos 8045 
rescox 4028 f. rescouse 5967 
(ss.) 6408. 

resgne voy. regne. 

resné voy. regné. 

reson 438. ss 666. 2528 dis- 
cours, paroles — mettre a 
r. 378. 074. 1936 aborder. 

resortir 4783 remonter, rebon- 
dir — 4873 échapper — arier- 
r(es)r. 6179 (éd. arierresorty). 
7153 (ss). 7313 reculer. 

respasser 5305. (s) 4384. 4399 
guérir. 

respitier 693. 1070 accorder 
un répit. 

retinter 67. 2427 = retentir 
4860. | 

retolir 94 reprendre — fut. re- 
toudré 94 retodrai 157. 

retornee 619. 6987 retour. 

retraçon 2519 reproche. 

retraire retrere 4852 retirer; 
r. a 358. 3184. 3196. 3199 
(retirer à), tenir de. 

reüsser 7114 reculer. 

revel 3824 tumulte, vacarme ; 
3838 joie turbulente. 

reveler 5800 révolter. 

revenue 5815 retour. 

revertir 1671 retourner. 

revoit 2570 convaincu, fieffé. 


223 


richeté 1877. 3406 richesse. 

riullé 2197, pour riuller régu- 
lier. 

riviere rivière. aler an r. 344. 
8053 chasser au vol. 


rober 1807 dérober, ravir; 
6028 piller. 
roé 1389. 1894. 6215 (avec 


paile ou targe) orné de petits 
ronds, de paillettes. 

roion 2300. 2852 royaume. 

ronocin 6006 cheval de charge, 
roussin. 

rote 4405 petite harpe. 

rotier 1768. 1794 brigand. 

rover 4962 demander. 

ru 3952. 7208 ruisseau. 

ruiste 66. 2209 ruite 2625 vio- 
lent, rude. 


S 


sachier 3601. 60972 tirer. 

safré 3378 4060 enduit de 
safre (vernis doré). 

saingnier voy. seingnier. 

saintime 1306. 2512 très saint. 

saner sener 5283 guérir. 

santé 4468 remèdes. 

sarti 4160. 7192 probable- 
ment fait de pièces de métal 
cousues. 

sauvagine 3556 gibier. 

8e yoy. si. 

se 2208 jusqu’à ce que. 

secorre 712 secore 5025 se- 
courir. 

soglois 1294 (var. siglois) 
étoffe, sans doute la même que 


224 


sigle (Prise de Cordres) et si- 
glaton, en prov. sisclato. La 
forme provençale correspon- 
dant à seglois est sesclei 
Canso d'Antiocha 485. Du 
mot français je n'ai qu'un 
exemple douteux : bliaut de 
syllois, dans Foucon de Can- 
die, éd. Tarbé. p. 1 34. 

segnacle 2327 signe de la 
croix. 

segnor 1328. 3489 mari. 

segnori 97. 152. 493 excel- 
lent, admirable. 

segnorie 1453 honneur. 

segroi 1308 secret. 

seingnier 6907 saingnier 6696 
faire le signe de la croix. 

sel 267. 3999 = se le. 

semblant senblent 2316 sam- 
blant 2359 extérieur, mine; 
sanblant 1320. 7728 opinion, 
avis. 

sembler sambler 950. 970 res- 
sembler à. 

seme 6718 septième. 

sempres sampres 795. 1541 
aussitôt. 

sen san 1513. 2023 conscience, 
sens. 

sené 413. 640 sensé. 

sener yoy. saner. 

seneschaucie 139 dignité de 
sénéchal. 

senestre 2507. 3223 gauche. 

senestrier 6097. 7039 gauche. 

seoir s'asseoir, être assis — 
ind. pr. sg. 3 siet (réfl.) 1348 
PJ. sg. 3 sist 25. 

seri 5186 sery 3758 doux. 


VOCABULAIRE 


ses 793. 4545 — se [lat. sil les. 

808 1093. 2749. 2786. — se 
[lat. sic] les. 

S6880n 952. 2987 saison, temps. 

seû 4208 sureau. 

soûr sûr. estre a seür 5013 
être sur, être certain. 

sevrer 340. 1148 séparer. 

si 496. 1082. 3968 cas 5j. du pl. 
du poss. ses. 

si se 62. 80. 954 et — et si 134. 
138 et; 1531 et pourtant. 

sicamor 4232 sycomore. 

sigler 3447 cingler. 

sinagogue 3793 mosquée. 

siste 3238. 6712 sixième. 

80 9. 889. = se le et le; 15ov. 
5679 = se le si le. 

sociel 647. 3991 = soz ciel 
sous le ciel. 

sodee 199. 3307. (ou) 6512 
solde. 

soduiant 3210. 4237 perfide. 

soudoier 3588. 3602 merce- 
naire. 

806 513. 685 sienne. 

sOëf 2766. 4409 doucement, 
doux ; 5759 temps doux. 

sofrete 488. 6278 privation, 
besoin. 

sofrir soufrir 5571. 5581 per- 
mettre — fut. soferré 366. 

souhaucier 2498 renforcer, 
exagérer. 

somier 729. 860 cheval de 
somme. 

son 1004 mélodie. 

son sommet. en son 3224. 6740 
en haut — jusqu'an son 949 
jusqu'au sommet, jusqu'au 


VOCABULAIRE 225 


häut de la tête; 2538: 3467 
tout à fait, entièrement. 


sor 3613. 5784 sous peine de; 


955. 1615. 1659. 3183 contre, 
malgré ; 1736 d'avantage sur. 

sormonter 1450 surfaire. 

sorquidié 930 sufisant, pré- 
somptueux. 

suef 2560. 3324 = soif. 

suer 3553 = soir. 

sus 437. 1546 en haut — an 
sus de 6896 au loin de. 


T 


tables 1998 sorte de jeu. 

tabor 7269 tambour. 

taille 7714 faille, coche. 

taindre feindre; 4380 changer 
de couleur; p. pf. taint 4236. 
4366 décoloré, défiguré. 

talant 729 volonté, plaisir, sou- 
hait — venir a t. 243. 1323 
venir à plaisir. 

tamaint II p, 17 tant. 

tant fant. tant que 72 aussi 
longtemps que; 2249 jusqu'à 
ce que — tant ne quant 6068. 


6233. 7121 le moins du 
monde, du tout — a tant 
voy. a. 

targe 4090. 4625 bouclier. 


targier 296. 1094 (réff.) tarder. 

tasche. en t. 2179 au hasard. 

tel i ot 2183. 7222 tel — do- 
ner tele 434 donner un tel 
coup. | 

telier 5171 partie de l’arbalète. 

tempier tampier 5759 tempête. 

Tome II 


temple tample 1526 tanple 
2160 tempe. 

tenant tenent 3349 f'effé, in- 
vesti. 

tencier 1609 tancier 2156. 
5755 quereller. 


tençon 2881. 5592 rixe, com- 
bat. 
tenir a 41. 162. 202 tenir 


pour, croire = tenir de 740 
dépendre de. 

tens temps. par tans 5235 à 
temps — trois tans 806 trois 
fois autant. 

tenser 427. (an) 2059 protéger. 

tentir tantir 6320. 7479 re- 
tentir. 

terdre essuyer — pf. sg. 3 
tert, pour terst, 587. 5061. 

terral 3962 terrasse. 

terrier 4482. 4403 terrasse. 

tertre 6502. 6554 colline. 

tesee 3548 étendue d’une toise. 

ti 4542 (cas sj. du pl. du poss.) 
tes. 

tierce 2949 neuf heures du ma- 
tin. 

tirant 585. 5105 bourreau. 

tire 3582 soie de Tyr, cp. paile 
de Tir 3973. 

tiulé tavelé : a la croupe tiulee 
4624. 

toaille 7712 serviette. 

t064135. 4700 teue4826tienne. 

tolir 596 ôter — pf. toli 1823 
p. pf. tolu 866. 

tooil cas sj. toauz 7457 cafe 
sion, tumulte. 

tooillier 1527 toollier 2160 
touiller, vautrer, souiller. 

15 


220 


torneïz. pont t. 4607 pont tour- 
nant. 

tornele 5184 tourelle. 

tornoiement 3833 tournoi. 

tornoieor 6 chevalier fréquen- 
tant les tournois. 

tornois 1966 denier tournois. 

tors 1849 tordu. 

tost 297. 422 tot 827 bientôt, 
vite. 

tot voy. tost. 

tot fout. do tot 1040. 1538. 
2943 tout à fait — a tot voy. a. 

tozdis 383. 1954. 2615 totdis 
7433 toujours. 

tozjor 3584 (ms. et éd. tor- 
jorz). 7952. 

toztans 4789 toujours. 

traire 4930 trere 5000 tirer ; 
4308 prendre (dans une boite 
etc.); 2800 produire; 3060. 
4235 ôter (réfi.) 1164. 7254 
se rendre; tr.a 4.35 passer 
à, se développer à, se chan- 
geren;tr. a. 925. 1291. 2033 
tenir de. 

traitie 7115 traite. | 

trametre 755. 833 envoyer. 

travaillier 5o20 traveillier 
5457. 5559 fatiguer, tour- 
menter. 

tre voy. tref. | 

trebuchier 2159. 3600. (sch) 
4018 tomber à la renverse ; 
7250. 7339 faire tomber. 

tref 3826. 4904 tre 2922. 7678 
pavillon. 

tres 4055. 6003 jusque. 

trespasser 1053. 1423.(s) 1421 
transgresser, passer. 


VOCABULAIRE 


trestot 480. 2903 tretot 91. 247 
tretout (G. Sand), tout. 

tresuër 4642 suer. 

tretiage 2678. 3006 tribut. 

tribol 5555 trouble. 

triers adv. 3751 derrière. 

troton II p. 10 trot. 

trover trouver. troveroz 5637, 
pour — oiz, vous trouverez ; 
truis 299. 3771 Je trouve : 
subj. truisse 370. 

tunber 7843 faire de la gym- 
nastique. 


U 


uller 6883. 7304 uler 3636 
hurler. 


V 


vaillant 512. 669 de la valeur 
de ; 722. 738 excellent. 

vaillissant 5 164 vaillesant 125. 
156 de la valeur de. 

val val. a val voy. a. 

value 4654 valeur. 

vantoison 930 vantardise. 

vasal 1775 cas sj. vasax 510. 
guerrier. 

vaselage 180. j 484 3087. 3170 
ardeur belliqueuse. 

vavasor 397. 3562 seigneur de 
petite noblesse. 

veer 1380. 1986 défendre, re- 
fuser. 

venir venir. bien vegniez vos 

_ 4914. 6015 soyez les bien- 

. venus. 


VOCABULAIRE 


venjoison vanjoison 2516 ven- 
geance. 

venoisson 1758. 2404 gibiér. 

ventaille vantaille 4622 pièce 
de mailles tenant au haubert 
et protégeant la face. 

ver 4431 (épithète d’yeux) vair, 
de couleur changeante. 

ver 754. 5494 fourrure blanche 
tachetée de noir. 

verdor 4 couleur verte. 

vergonder 2439. 2928 con- 
fondre. 

vergongnier 21091 insulter. 

vers 427. 6619 contre. 

verser 4018. 7633 tomber. 

vertu 4810. 4826 force, puis- 
sance. 

vez 744. 2092 ves 5898 (cons- 
truit avec de 4682) vois, voilà 
— vez ci 719. 832 voici. 

viaire 4366 vyaire 1092 vi- 
sage. 

viande 1428. 1755 vivres. 

viez 2556. 3830 vieux. 

vif deable 5921 diable (excla- 
mation). 


227 


vilté 1500. 3288 bassesse. 

vis 1068 visage — est a vis 
3175. 4410 il semble. 

vis 380 cas sj. ou pl. r. de vil. 

vis 387. 744 cas sj. ou pl. 2 
de vif. 

vitaille 140. 800 provisions. 

vivant 1328. 6269 vie. 

vo 5107 = voi je vois. 

voir adj. 1149 vrai ; subst. 394. 
589 vérité; adv. 1043 en effet; 
voirement ady. 1954. 
4318 vraiment. 

voiz voix. a voiz 2333. 3518 à 
haute voix, haut. 

voloir vouloir — ind. pr. Sg. 1 
voill 1270 veill 546. 1308 
veil 1180 pli. 3 veilent 3666 
pf. sg. 1. vos 44 voil 4364 
sg. 3 vost 190. 522 pl. 3 vo- 
drent 556 subj. pr. veille 
2147. 3132 voille 3061 pl. 3. 
‘veillent 2395 veilent 2932 
subj. impf. vosisse 633. 

volti 99. 136. 497 vouti 4678. 
4694 voti 1278 votis 8029 
voûté. 


RES 


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NOMS PROPRES 


+ 


Abilant 4597 endroit en Orient 
appartenant à Gadifer. Voir 
la plaisanterie de Rustebuef, 
éd. Jubinal 1839, I. 259 
(éd. Kressner p. 119), Hist. 
litt. XXVI. 322 et surtout 

Romania IX. 20. 

Açoupart 6881. 
Éthiopien. 

Adan 1166. 4319. 5068. 6802 
Adam. 

Agolafre 7441 Sarrasin, sei- 
gneur de Leutis, tué par Aÿ- 
mer. 

Agoulant var. de 4369 roi sar- 
rasin. 

Alatriz 4841 roi sarrasin, tué 
par Romanz. 

Alemaingne 225. 2439 Alle- 
magne. 

Alement 740. 2349. 2354. 
2381. 2383. 2394. 2465 Ale- 


Il. p. 66, 


| 


mant 2503 Gaudin l’Aulie- 
ment 7991 Allemand. 
Alentis var. de 4841. 
Alepatin 6010 Sarrasin dont 
le nom se retrouve ailleurs : 
Alepantin dans Foucon de 
Candie p.102, Alipatin dans 
Octavian, éd. Vollmæller, 
3448. Alepatin rappelle le 
terme Aupatri Alpatri et le 
nom d’Alifantinam rex Hispa- 
niae Galfrid de Monmouth 
X 1, 8,0. 
Alifaurin Il p. 47 Sarrasin. 
Alixandre li rois 267 Alexan- 
dre le Grand. | 
Almarie.soie d’A. 100. o regne 
d'A. 3686. Almeria en Espa- 
gne, capitale d'un royaume 
sarrasin, conquis par. l'ami- 
rant. La ville fut conquise 
par les chrétiens en 1147. 


230 | 


AlyonlIlp. 53, royaume sarra- 
sin, prob. Alid, dans la pro- 
vince de Tarragona. Le nom 
se retrouve dans Foucon de 
Candie. 

Amalatris var. de 4841. 

Amant (saint) fp. 4352 saint 
Amant. 

Amant (mostier saint). La fille 
du roi Yon résidant à Bor- 
deaux déclare, si elle ne de- 
vient pas la femme de Bueve, 
qu'elle sera none al mostier 
saint Amant 1329. Un cou- 
vent de nonnes de ce nom est 
inconnu à Bordeaux, mais les 
reliques de saint Amand de 
Bordeaux sont conservées 
dans l'église de Saint-Seurin 
(Gallia christiana, II. 789). 
Cette circonstance peut avoir 
causé l'erreur du poète. 

Amauri 1682 évêque à Saint- 
Viël. 

Amauri 4138. 4156 gouver- 
neur de Guibert. 

Amenjart voy. Hermanjart, 

amirant 4583. 6o6o. 7575. 
7588 amiral 969. 63:11. 
6324 amiré 4002. 5286. 6582. 
6780. cas r. amirez 3393 
amiraut 7454. Le rôle que 

| joue ce personnage nous au- 

_torise à l’insérer ici, bien que 
son nom ne soit pas indiqué. 
Il est appelé d’Aufrique l’a. 
5458 de Leuti 5206 de Persie 

5837 des Persis 5900 de 
Persis 7396 d’Espangne 5632 
l’a. persis 5482 persois 3985. 


NOMS FROPRES 


5466. Sa résidence est à Ba- 
biloine 3434. 5652. Sa sœur 
aînée, épouse du roi d'Ander- 
nas, est mère de Clargis 6518 
et de Gaiete 7916-7918. Une 
fille a l'amiral 3386 est ma- 
riée avec le seigneur de Tu- 
dèle, dont elle a trois fils, 
Anfelis, Esplendoine et For- 
ré. Cornuafar est neveu de 
l'amirant 3303 soit par son 
père Aufarion, soit par sa 
mère. Un autre neveu est Felis 
7443. Un autre est tué par 

- Guillaume 6324. Le grand- 
père de l'amirant était Gau- 
din, roi de Palerne et fonda- 
teur de Narbonne 3701. L'a- 
mirant Giboé, successeur de 
Gaudin à Narbonne, était sans 
doute son fils 4401 et le père 
de l'amirant; il avait été tué 
par Aymeri 3520. 

Amoravi 6147. 6174 7291 
membre d'une tribu sarra- 
sine, Almoravide ; Amoravy 
4869 cheval arabe. 

Amplandoine voy. Esplen- 
doine. 

Andernas 7018 ville sarrasine 
en la possession du père de 
Clargis qui la donne à Gui- 
bert. 

Anfelis 752 sénéchal d'Her- 
manjart. oo 

Anfelis 3391. 3399. 3427. 3801 
l'ainé des trois petits-fils de 


_ l'amirant. 


Angevin IIp.65 var. p. 67. 
Angleterre 470. 


NOMS PROPRES 


Anglois 3503 var. de 6747 
Anglais. 

Anjo 226 Anjou. Ailleurs l'An- 
jou est désigné comme comté 
de Jefroi : 2542. 5829. 6721. 
7526. 7574 Anjou 7425. 7493. 

Anoré jp. 90 saint Honoré. 

Anquetin le Norment 2338. 
2408. 2761 hôtelier à Paris. 
On est surpris de rencontrer 
le même nom à la fin d’Ai- 
meride Narbonne, au v. 4639, 
parmi la descendance de ce 
dernier, et dans Anseis de 
Carthage. Anquetin est un 
prénom d'origine nordique 
usité jadis en Normandie et 
en Angleterre : le grand-père 
de Thomas Malory, auteur 
d'un roman arthurien anglais, 
s'appelait Anketin Malory. 

Anseüne 6087. 6701. 7240. 
7262 fief de Garin. Il est 
situé sur la mer et avait ap- 
partenu aux Sarrasins II. 
P. 109. 

Antecri var. de 5195 l'Anté- 
christ. 

Apolin 6016. 6167 idole sar- 
rasin. | 

Apre (les porz d’) 2699 au- 
Jourd’hui le col d'Aspe sur la 
frontière d'Espagne (Basses- 
Pyrénées). 

Aquilant de Luiserne 3649. 
7531 roi sarrasin. 

Aquilee 6408. 6963. ‘6976 
Aquilée, ville sarrasine ap- 
partenant à Morgant. 

Arabi 3353. 3519. Araby 3760 


231 


Arasbi 4870. 7329 Arabe; 
adj. arabe : rois 5483 mul a. 
3762 destrier a. 6156 arabis 
4843 ; chevalarabe 4172.7320. 

Ardenois II, p. 14. 

Aristant 4882. 4895 rot sarra- 
sin, tué par Aymeri. Il existe 
un nom Arestant, d'origine 
bretonne, voir Aquin, p. 234. 

arrabiant var. de 4600. 

Arragon II. p. 66 Aragonais. 

Arragon Il. p. 73 roi sarrasin 
d'Orange. 

Auciber. li vielz A. 3648 Aci- 
bier Il. p. 10 roi sarrasin. 
Aude 3750. 3960 rivière voi- 

sine de Narbonne. 

Aufalerne 3827 (Fanoël d'A.) 
pays sarrasin. 

Aufaniër 5995 roi sarrasin. 

Aufarin 6013 roi sarrasin, cp. 
Mort Aymeri 1553. 

Aufarion 3452. 6052 Sarrasin, 
frère de l'amirant et père de 
Cornuafar. 

aufriqant 5459 africain. 

Aufrique 5458 l'Afrique, pays 
de l’amirant. 

l'Aupatri 6150. 6166 cas sj. li 
Aupatri 6171 var. de 6o10 

-.vieux dignitaire sarrasin. 
Son neveu est tué par Guibert 
6150. La gent l’Aupatris 
5899 = les Sarrasins. 

Auvergne 1688 Alvergne 7900 
l'Auvergne, fief transmis à 
Clargis. 

Aymer 216. 538. 1048. 1176. 
1404. 2036. 7602 fils d’'Ay- 
meri blessé par Cordroé à 


239 


Valsegré 4439 plus tard sur- 
nommé le chétif 5927. 7422. 
7428. 7450 va à Venise 
7951. 

Aymeri 20. 7875 etc. Aimery 
359 comte, ou contor 20. 
2810. 2823, de Narbonne; il 
a d'Hermanjart son épouse 
sept fils et plusieurs filles 
372. 648 (une fille Blanche- 
flor 7766). Il avait conquis 
sous Roche Ague le glaive de 
Corsout sur le roi de Bas- 
semue 4653. 

Aymeri 392 filleul du comte 
Aymeri. Il joue un rôle dans 
Guibert d'Andernas. 

Ays 3368 Es 5327 Esz, sur le 
Rin 5535 Ais Il. p. 39. 53.55 
Ais la Chapelle II. p. rot 
var. Aix-la-Chapelle. Charles 
y est enterré assis 5327. 


Babiloine 3434. 3450. 5652 
ville située sur la mer, rési- 
dence de l'amirant, auj. le 
Caire. 

Bafumé (var. Baufumé) 3641 
Bauffumé II. p. 56. var. de 
4019 roi sarrasin. Le nom 
est une altération de Maho- 
met (Rajna, Origini p. 137). 

Baione 1199 Bayonne. 

Baivier 740 Bavarois. 

Balant II. p. 6 amirant. 

Balesguez 3307 ville en Es- 
pagne, auj. Balaguer. 

Baligant 7518 roi de Bocidant, 
Sarrasin tué par Boniface. 

Barbarins 5520. 6orr var. de 


NOMS PROPRES 


4059 peuple sarrasin, les Ber- 
bères. 

Barbastre 7652 var de 3450. 
Bobastro, forteresse située 
un peu à l'ouest d’Antequeraet 
assez près du rivage du Gua- 
daljorce. 

Barjelone 1198 Barcelone. 

Bassemue 4653 Aymeri a con- 
quis Sur le roi de B. le glaive 
de Corsout. 

Basti var. de 5206. 

Baucen Il, p. 7 cheval de 
Guillaume. 

Bawiere II, p. 108 Bawire 
P. 109 Bavière, duché de 
Naymon. 

Bedoïn 6881 Bedouin. 

Benti var. de 7307. 

Bernart 85. 2627. 5846. 7092. 
7950 etc. li quens 7095. sei- 
gneur de Brubant, l'aîné des 
fils d'Aymeri. 

Berri 1854 Berry 1688 le 
Berri. 

Bertran Il. p. 108, 114 fils de 
Bernart. 

Bestissi 2896 auj. Béthisy- 
Saint-Pierre, canton de Crépy 
en Valois (Oise). 

Betee (Mer) 196 partie de 
l'Océan où à cause des al- 
gues l'eau est à peine navi- 
gable. 

Biatrix cas r. Biastri IL. p. 
111-112, fille du comte Savari 
et femme d'Hernaut. 

Biaulandoïis 270 les environs 
de Biaulande, possession 
d’Hernaut, père d'Aymeri. 


NOMS PROPRES 


Biauleant 583 Biauliant 2356. 
2789 Bethléem. 

Biause (la) 1865 Ja Béaice 
contrée autour de Chartres. 

Biauvoisin 5533 Biauvesi II: 
p. 14 le Beauvaisis, contrée 
autour de Beauvais. 

Binart Bynart II. p. 87 et 88 
var, roi Sarrasin. 

Biterne 3383. 6148 ville sar- 
rasine en Espagne. +. 

Blanchefior 7807. 7815. 7838. 
7961. fille d’Aymeri, por 
du roi Louis. 

Blois voy. Omer. 

Bocidant 6280. 7519 royaume 
de Baligant. 

. Boïdant 7559 roi sarrasin tué 
par Aymeri. Voir sur ce nom 
Raoul de Cambrai p. 350. 

Boniface 210.1479 roi de 
Lombardie (212. 5906). Il est 
appelé marchis de Pavie 
5828. 5903. Il est fils de 
Desiier et frère d'Herman- 
jart. N'ayant pas d'enfants, 
il institue Garin son héritier. 

Bordiaus 1217 Bordiax 1392. 
sur la Gironde 1397. Bor- 
deaux, capitale d’Yon, roi de 
Gascogne. La chanson fait 
mention du mostier saint 
Amant 1329, voy. Amant. 

Borgongne 36903 li dus de B. 
2006 Bourgogne. 

Borguegnon 3503. 6748 Bour- 
guignon. 

Borrel 3825 Sarrasin. 

Bretaingne jp. 216. 226 Bre- 
tagne.. 


233 


Bretaigne IL p. 70 cri de 
guerre de Salemon. : 

Breton 3707. 3714 5830. 
6747. Le roi des Bretons est 
Salemon. 

Brohadas 7284 Sarrasin tué 
par Hernaut. Le nom revient 
dans le Siège de Barbastre et 
dans les Chétifs. 

Brubant 730. 6460 pays con- 
quis par Bernart, le duché de 
Brabant (cp. cil de Brubant, 
de Flandres la garnie’ 5827), 
duché et ville suivant Il.p. 107. 

Bueve cas sj. Buevon 2761. 
2768. 3079 ou Bueves Bueve 
cas r.. Bueve 1393. 7652 ou 
Buevon. li marchis 2602 

- Charles lui donne Chäteau- 
landon 3078. Il est appelé 
le duc de Comarcis 8026. 
8040. 8051 fils d’'Aymeri. Sa 
fiancée lui donne le glaive 
Ploresanc 1337. Charlemagne 
au nom d'Aymeri lui ceint le 
glaive Grebe 3224. : 

Butor roi de Salorie 7157. 
7166. 7295. 7302 Sarrasin. Il 
reparaît dans Anseis de Car- 
tage. 


Cain var. de 4061. 

Cahu 5236. Ca 4213. 7387. 
Kahu var. de 4211 idole 
sarrasine, de l'arabe el Kahir, 
démon de la guerre, suivant 
Pigeonneau, Cycle de la croi- 
sade p. 107. 

Calabre 478. 


Candie II. p. 72, 97 : var. 


234 


ville en Espagne, située sur 
la mer, auj. Gandia. 

Cartaige II. p. 109. 

Cesaire voy. Gile et Juliant. 

Chanelius 6880 peuple sarra- 
sin, les Cananéens. 

Charité (sainte) fp. 484 sainte 
Charité. 

Charle cas sj. Charles 11 Char- 
lon 998. 2668. 3077. 3853 
cas r. Charle 145 ou Charlon 
88. 112. 2842 le mainne em- 
pereor 11. C. Maigne 53. 223. 
235. C. Maine 2540. de Saint 
Denis 1956. 2576. 2604. 5254. 
Charlemagne. Sa résidence 
est à Paris 12, à Monleün 
5218. Sept rois sont ses vas- 
saux 13. Il est fils de Pépin 
et père de Looïs. 

Chartain 2902 le pays de 
Chartres. 

Chartres var. de 2902. Il. p. 14. 

Chastiaulendon 3078 Chä- 
teaulandon, chef-lieu du Gäti- 
nais. Charles le donne à 

. Bueve. 

Chastiauporcien 2898. Chd- 
teau-Porcien, dép. Ardennes, 
ville du comté de Porcien 
situé alors sur la frontière 
d'Allemagne. 

Cladroine var. de 3825. 

Clargis 4996. 5021. Clergis 
5296. 5433. Clairgis 5381. 
de Valplenier 5366, roi de 
Salorie 5435. 5567 Sarrasin, 
fils de la sœur aînée de l'ami- 
rant 6518. Il se fait baptiser ; 

. le roi Louis son parrain lui 


NOMS PROPRES 


donne l'Auvergne en fief 3890. 
Claudoine var. de 3825. 
Clermont 1752. 1761 Cler- 
. mont-Ferrand. 

Cligny 1700 Cligni 1896. 1964 
l'abbaye de Cluni dont l'abbé 
est en très mauvais termes 
avec l'évêque de Saint-Viël. 

Climant jp. 877 saint Clément 
de Rome. 

Colongne 2766. 5798. 5802 
Cologne. 

Comarcis 8026. 8040. 8o51r 
Il. p. 114 Bueve de C. 

Cordres 229. 2852. 3003. l'au- 
maçor de C. 6076 Cordoue, 
capitale d'un royaume sar- 
rasin. 

Cordroë roi 3646 il avait blessé 
Aÿmer à Valsegré 4445 il 
est tué par Guibert devant 
Narbonne 4449. 

Cornuañfar (c'est-à-dire porteur 
de cornes) 3393. 3432. 3471. 
3650. Cornuafer 3452. 352r 
espion sarrasin, fils d’Aufa- 
rion. 

Corsout de Montacler 4949 
guerrier sarrasin. 

Corsout de Valperdue avait 
un glaive qu'Aymeri conquit 
sous Roche Ague sur le roi 
de Bassemue 4651. 

Corsuble de Turquie 3687 
Sarrasin tué dans le royaume 
d’Aumarie par l'amirant. 

Corsuble 5989 fils du roi Tur- 
fier, Sarrasin. 

Crespi en Valois 2896 Crépy 
en Valois, dép. Oise. 


NOMS PROPRES 


Crestiën 2916 Crestian 3669. 
4434 : etc. 
chrétien. 

Crestiënté 1020. 3105. Gres- 
tianté. 63. 2228. 3264. chré- 
tienté. 

Cristamal 4049 Sarrasts. 

Croiz. sainte Croiz 1862 Sainte- 

. Croix, cathédrale d'Orléans. 


Danebru 5227. Danebrun 5527. 
5531. 5540. 6r11. 6505 Da- 
nebron 5588. 6106. jeune 
Sarrasin. | 

Danois 2557. 

Davy sautier Davy 5167 le 
psautier de David. 

Davy. 1272 David, sénéchal du 
roi Yon. 

Denis (saint) fp. 379. 747. 
1945. 1977. 2048. 2065. 2242. 
2493. 2617. 2859. le tressor 
s. Denise 2717 l’ansaingne 
saint Denis 7006; saint De- 

. nis 6110 saint Denis. : 

Denis (Saint). Charlon de Saint 

Denis 1956. 2576. 2604 le 

. roi de S. D. 5254 l'abe: de 
Saint Denis 2591 de S. De- 

-nise 2691 l'abbaye de Saint- 
Denis (Seine). 

Desiôr 1631. 2151. 2857 Di_ 
dier, roi de Lombardie, père 
de Boniface et d'Hermanjart. 
saint Desiier fp. Il. 31. 

Desramé 3640 roi sarrasin 
IL. p. 6. 9. 10. 24. 26. 27. 30. 
52. 56. 93. 97. 

Droon cas si. Dreues 1002 com- 
pagnon de Gui de Valcaire. 


Chrétien ; aa , 


235 


Droon le viell 7546 chevalier 
‘chrétien, tué par l'amirant. 

Dunois 2903 les environs de 
Chäteaudun. 

Durelande 3622 ville ou con- 
trée sarrasine. 


Elinant 7545 chevalier chré- 
tien, tué par l'amirant. 

Elinant Eslinant 7990 comte au 

. service de Bueve. 

Elisant II. p. 113 fîlle d’Yon 
et femme de Bueve. 

Ernaïs 5334. 5339 usurpateur 
du trône de France, tué par 
Guillaume. 

Ernaut voy. Hernaut, 

Esoclavon. Cordres la riche o 

sont li Esclavon 3003 Acla- 
von 6763 les Slaves, confondus 

avec les Sarrasins. 

Esclavonie 5390 pays des 
. Esclavons. 

Escler. Sarrasin et Escler 3623. 
5920 dignitaire sarrasin. Le 

. mot signifiait d'abord Slave, 
cp. Esclavers ms. Clauers (à 


._ da rime avec e ouvert) Rol. 


3245 et Sarasins et Esclaus 
chez Raimon Feraut (S. Ho- 
norat p. 194). Voy. aussi 
Montescier, 

Escorfaut de Valperdue 4938 
Il. p. Sr, 93 guerrier sar- 
rasin. 

Esgipte. 
Égyrte. 

Esmengart voy. Hermanjart. 

Espangne 121. 169. 228. 232. 
538. 1048. 1176. 2671. 2852. 


Moan d'E. 3647 


236 


3365. 3470. 3782 destrier d'E. 
3409 Espaingne 220 Espagne 
1157 Espagne. 

espanois 1662. 1751. 2548. 
3997 (toujours épithète de 
mul) espagnol. 

Esplendoine 3825 Amplan- 
 doine 3390 Esclindoine Il. p. 
52 Esplindoine II, p. 56, 64 
roi sarrasin, sa mère, fille a 
l'amiral, est à Tudèle (3435). 

Estanpes :866 Gautier d'E. 
2543 Étampes. 

Estanpois 2904 le pays d'É- 
tampes. 

Estranguor 3911 peuple païen. 
Ce nom paraît emprunté aux 
romans arthuriens. Dans le 
Tristan en prose (analysé 
par Lôseth, p. 508) Estran- 
gorre et Estrangort est une 
contrée. Il est probable que 
le nom signifie au-delà (lat. 
extra) Gorre (dans les chro- 
niques (Goher, ou Gower, 
presqu’ile dans le Sud-Gal- 
les). Cp. Estrangot Erec 1710. 

Estrichi 1860 auj. Étréchy, 
village à 8 kilomètres d'Étam- 
pes. 

Eu II. p. 85 var. comté. 

Eüstace II. p. 100 fille de Nay- 
mon et femme de Garin. 

Eve 1166. 6802. 


Fanoël d’Aufalerne 3827 Sar- 
rasin dont la femme a fabri- 
qué une tente. 

Felis. saint F.fp. 1057 saint 
Félix. 


NOMS PROPRES 


Felis roi de Valsegree 6027 
neveu de l’amirant, tué par 
Aÿmer 7443. 

Femenie. Mauprin dè F. 3680 
peut-être Philomelium, ville 
de Phrygie. 

Fenice 3711. 3714. neveu de 
Popée; il conduisit l'armée 
de César contre les Bretons 
et fut tué par eux. 

Fierebrace 7064 voy. Guil- 
lame. 

Flamanc 6748 Flamand. 

Flandres 5827. 

Flohart II. p. 84 Sarrasin. 
C’est le nom d’une Sarrasine 
dans Aliscans éd. Guessard 
6525. 

Florinvile. Hue de F1. Il. p. 
38, 42 var. — p. 67 son cri 
de guerre. 

Fochart de Mielant 7546 che- 

valier chrétien, tué par l'ami- 
rant. 

Forré 3390 frère d’Esplen- 
doine 3984. 4006. 4028. 
4332. 5354 etc. fils de roi 
sarrasin, chambellan de l'ami- 
rant, plus tard médecin d'Ay- 
meri qui l’a fait prisonnier. 
Que le médecin Forré soit 
identique avec Forré le frère 
d'Esplendoine, cela résulte 
du v. 7886 où le premier est 
appelé le cousin de Clar- 
gis. 

Fouque 931, cas sj. Folques 
829 Foques 863.876 Fouques 
884. 908. 914 écuyer au ser- 
vice d'Aymeri. 


NOMS PROPRES 


Fouque de Candie II. p. 72 
fils de Hue. 

Franc 3482. 4052. 4492. 6032. 
6033. 7417. 

France 11.46. 52. 87.130 etc. 

François 2567. 3502 Français. 

Francor (terre) 14. 770. 2820 
terre des Francs, France. 

Fremin (saint) jp. 2282 saint 
Firmin, probablement l’évé- 
que d'Amiens de ce nom. 

Frisse 478 Frise. 


Gadifer 4589. 4614. 4690. 
4801 Guadifer 4775 Gadri- 
fer 4705. 4756. 4797. 4820 
roi sarrasin, seigneur d'Abi- 
lant et de l’Ille Galant 4597; 
il s'offre pour décider en duel 
du sort de Guibert, et il est 
tué par Romanz. Le nom re- 
vient surtout dans le Moniage 
Raïinoart. 

Gaiete 7916 princesse sarra- 
sine, fille du roi d’Andernas 
et sœur de Clargis, qui la 
donne en mariage à Guibert. 

Galafre 7345 Galasfre 7370 
vieux sarrasin tué par Gui- 
bert. 

Galery var. de 3889. 

Galilee var. de 4626. 

Ganelon 2522 Guenelon Il. 
P- 16 cas 4j. Ganelons 2706 
Ganelon 4878 traître qui 
amena la mort de Roland et, 
en punition, fut exécuté. 

Garin 201. 234. 539. 1175. 
1426. 4044. 4064. 4069. 4084 
fils d'Aymeri qui va à Pavie 


 Gascongne 


237 


et est institué par son oncle 

Boniface héritier de Lombar- 

die 212. 3095 comte ou duc; 

veuf; Guerri père de Romanz 
qui, après la mort de Garin, 
sera un jour roi de Lombar- 
die 3889. 4773 vient à Nar- 

bonne avec Boniface 5907. 

Garin d’Anseüne 6087. 

168. 233. 538. 
1049. 1095. 1154 Gascogne, 
royaume dYonet plus tard de 
Bueve son gendre 1324. 3076. 

Gaudelin de Moncloie 3740 
guerrier sarrasin. 

Gaudin roi de Palerne, fonda- 
teur de Narbonne, grand- 
père de l’amirant. Il fut as- 
sassiné 3701. Dans la Mort 
Aymeri 2078 il est question 
d'un autre Gaudin tué par 
Aymeri. 

Gaudin (sans doute à corriger 
en Garin) guerrier d’'Aymeri 
4005. 

Gaudin l’Aulement 7991 
comte au service de Bueve. 
Gautier d'Estanpes 2543 baron 
au service de Charlemagne. 

Gautier de Mascon II. p. 5. 

Gautier de Normendie 7168 
chrétien tué par Butor. 

Gautier le Tolosant 7560 chré- 
tien tué par Boidant. 

Gautier le Tolosant 7993 comte 
au service de Bueve. 

Giboé amirant, jadis résidant 
au palais de Narbonne 4401. 
Il était sans doute fils de 
Gaudin. 


238 


Giboë 3647 roi sarrasin. 

Gile Cesaire 3704 Jules César. 
Suivant la chanson il vengea 
le meurtre de l'amirant Gau- 
din, et il fut vaincu, à l'entrée 
de Puille, par l'armée bre- 
tonne du roi Salemon. 

Girart de Vyane 117 pendant 
sept ans assiégé par Charle- 
magne. 

Girart 4005 guerrier d'Aymeri, 

Girart de Pontellie 7179 chré- 
tien tué par Butor. 

Girart 7087. 8034 Gerat II. 
P. 114 fils de Bueve. 

Gironde 1397 fleuve près de 
Bordeaux. 

Gironde 7955 Geronde II. 
P. 111 ville d'Hernaut, auj. 
Gerona. 

Gonbaut 1798. 1806. 1800. 
1842. 1850 chef de brigands 
pendu par les enfants Aymeri. 
Gonbaut est un nom de traître 
dans Gaydon, Florence de 
Rome, Charles le Chauve et 
ailleurs. C'est peut-être le nom 
de Gundobald, roi des Bur- 
gondes, qui fit assassiner ses 
deux frères pour s'approprier 


leurs pays, le même qui donna 


la loi Gombette. 
Gontier var. de 4005 et de 4044. 
Grant Pont 2308 pont à Paris. 
Grant Rue 1987 rue à Paris. 
grezois grec. feu gr. 631 com- 
position de matières combus- 
tibles que l'eau n'éteignait 
pas. paile gr. 1663. 2550. 
3982. var. de 4274. 


NOMS PROPRES 


Griebe 186 Grebe 3224 glaive 
qu'Aymeri donne à Bueve. 

_ Hugo Gering me rappelle le 
mot nordique gripr « trésor, 
joyau ». 

Gui de Jauberois 2543 baron 
au service de Charlemagne. 

Gui cas sj. Gui 1000. 1006. 1008. 
1065. 1083. 1115. 1128 Guiz 
1055. 1078. r150 cas r. Guion 
939. 996 Gui 1108. 1661 comte 
de Valqaire, ami d’Aymeri. 

Guibert 57. 157. etc. Guibelin 
376. 409 etc. 5667 (où il faut 
changer Guiëélin en Guibelin 
malgré les mss.) fils cadet 
d'Aymeri. Il tue Cordroë 
4445. Il épousera Gaiete 
d'Andernas 7923. 

Guiboïn de Pavie 7181 chrétien 
tué par Butor. 

Guiélin (dim. de Gui) 7987. 
8034 IL. p. 114 fils de Bueve. 

Guillame 131. 137.4876. 5775. 
5973. 6225. 6392. 6409. le 
marchis 2172. 5150. 5345. 

. 5845. 6395. qui puis tint 
Porpaillart 2628 li quens 
6213. 6225 au cort nes 3170 
au cort nes le marchis 5337 
le marchis Fierebrace 7064 
G. d’Orenge var. de 5845 

. Guillaume, fils d’Aymeri; 
Charles le nomme son gon- 
Jfanonier 28632; il lui donne le 
glaive Joyeuse 3171; après 
la mort de Charles Guillaume 

. défend le trône contre l’usur- 
pateur Ernaïs 5337. - 

Guimer II. p. 27 sarrasin. 


NOMS PROPRES 


Guirré 1444 valet du sénéchal 
Jeffroi. 

Guitequin [var. Guiteclins] 
58or chef des Saxons, cp. Mé- 
langes Wahlund, p. 127. 


Hanuier 6748 Hennuyer. 

Helaine (mostier sainte) 663 
couvent situé tout près de 
Narbonne. Un couvent de ce 
nom n'existe pas. Il est pos- 
sible que le poète ait pris le 
nom de la ville épiscopale 
Elne (lat. Helena, Pyrénées- 
Orientales) pour un.couvent 
aux environs de Narbonne. 

Herman II.p. 114 évêque. 

Hermanjart (avec h muette) 
198. 355. 2613 etc. Esman- 
jart 2620 Amenjart 5115. Er- 
manjart 3038. 6457 fille du 
roi Desièr et femme d’Ay- 
meri. Son cousin germain est 
l'abbé de Saint-Denis 2612. 

Hernaut (avec h muette). Er- 
naut 1403. 3064. 139. 1805. le 
rox 455. 2391. 7954 Hernaut 
le Roux, fils d’'Aymeri; il va 
à Gironde 7955 voy. Demai- 
son, Aymeri de Narbonne II, 
p. 268 E. Schneegans, Die 
Quellen des sogenannten 
Pseudo-Philomena, Strass- 
burg 1891, p. 81. 

Herodes 5045. 

Herupe 5833 Hurupe II. p. 38 
partie de l’ancienne Neus- 
trie, voir Longnon dans les 
Mémoires de la Société de 
l'histoire de Paris I, p. 8- 


239 


12 et Mélanges Wahlund 
P. 132. 

Hongrie. destrier de 5426. che- 
vax de 5558. 

Hue 4644 évêque à Narbonne, 
cp. Morant. 

Hue II. p. 38. 39. 42. 67. 68. 
72. 94 cas r. Huon Il. p. 77 
comte de Florinvile, père de 
Fouque de Candie. 

Hunaut 7992 comte au service 
de Bueve. 

Hurupe voy. Herupe. 


Ille Galant 4598 c'est-à-dire 
isle de Wieland, pays appar- 
tenant à Gadifer. 

Isambart rot d’outre les Vax- 
perduz 7216 roi sarrasin. 


Janvres 271 Genève. 

Jasque (Saint) 172. 999 San- 
tiago en Espagne. 

Jauberois. Gui de J. 2543 auj. 
Gerberoy près Beauvais. 

Jeffroi 1427. 1445. 1447. 1451. 
1511 Jefroi 1455. 1497. 1504 
sénéchal de Garin. 

Jefroi 2542. 5829. 6721. 7493. 
7526. 7574 Jesfroi 7425 
comte .(marchis 2581) d’An- 
jou. 


Jefroi d'Anjou 7993 comte au 


service de Bueve. . 

Jehan (la feste saint) 3673 la 
Saint-Jean. 

Jenevois 271 le Génevois. 

Jeri (saint) fp. 4139 saint Géry, 
lat. Gaugericus, évéque de 
Cambrai. 


240 


Jesu 1127. 1144. 1263. 1305. 

Jesucrist 384. 2806. 

Jocerant 836 écuyer au ser- 
vice des enfants d'Aymeri. 

Jocerant 7992 comte au service 
de Bueve. 

Jocerant var. de 3890. 

Joiexse 3171.6263. 6338. 7380 
Joexse 6954 glaive donné par 
Charlemagne à Guillaume. 

Joselin var. de 4005. 

Judas 5051. 

Juïf 5052. 5054. 5105 Juif. 

Juliant Cesaire 268 Julien, 
empereur romain de 3671 à 
363. 

Jupin Il. p. 46 var. dieu sar- 
rasin. 


Lanbert de Loon 2520 Lam- 
bert 2535 chevalier à la cour 
de Charlemagne. 

Lazaron II. p. 17 Lazare. 

Leutis 7441 Leuti 5206. 7307 
= Il. p. 91 Benti var. de 
5499 l’amirant de L. 5206 
l’aumaçor de L. 7507 Ago- 
lafre le segnor de L. 7441 
pays des Leuticii ou Wilzes, 
peuple slave habitant le 
Mecklenbourg actuel. 

Liénart (saint), fp. 2636 saint 
Léonard, solitaire dans le 
Limousin. 


Ligier var. de 2158 fp. 
Loire Il.p. 25. 


Lonbardie 212 1449. 1631. 
2614 Lombardie. 

Lonbart 1442. 1579. 1588 
Lombard. | 


NOMS PROPRES 


Longis 389. 2874. 3001. 3010. 
3234. 5057. 5119. 7869 sol- 
dat qui perçca à Jésus le côté 
avec une lance cp. 585-586. 

Looïs 3260. 5341. 5553. 5636. : 
5793. 5970 etc. Louis, fils de 
Charlemagne. 

Loon. Lanbert de L. 2520 
Leün var. de 5218 Laon, voy. 
Monleün. 

Loquifier 4470 royaume sar- 
rasin. 
Luiserne sor mer. Aquilant de 
L. 3649 ville sarrasine en Es- 
pagne, qui joue un rôle dans 
les Enfances Vivien, peut- 
être le Lucena d'aujourd'hui. 


Maart (saint) fp. 2631 saint 
Médard, enterré à l’abbaye de 
Soissons dont il est l'épo- 
nyme. 

Mabon de Tolete 6054 Sarra- 
sin, dont le nom revient dans 
le Fierabras (3735) et ail- 
leurs. 

Mahom 260. 6016 Mahomet 
3363. 3428 etc. Mahomet, 
idole sarrasine. sa vie 5763 ss. 

Maine (le) II. p. 14. 

Malargu 7381 Sarrasin tué 
par Guillaume. 

Malcran Il. p. 52 Sarrasin. 

Malprion II. p. 27 Malpriant 
IT. p. 52 Sarrasin. 

Mans (le) 2324 siège d'évèêque. 

Marados II. p. 100 Sarrasin 
quiemmène Garin prisonnier. 

Margot (de Magog) II. p. 47 
idole sarrasine, auj. magot, 


NOMS PROPRES 


Marie 1:23. 155. 1486. 
4990. 5041. 
‘ Marie Madelainne 668. 
Marsilion 2523 roi sarrasin, 
auquel Ganelon livra l'ar- 
rière-garde de l'armée fran- 
que. | 
Martin (Saint) 5532 église à 
Tours. 


i 349. 


‘Martron. l’eue de M. 3453. | 


Voy. les remarques de 
M. Demaison dans Aimeri de 
Narbonne II. p. 
Martroi. 


-Mascon. Gautier de IT. p. 5 


Mäcon. 


Mateñfier 5021. 5228 vieux Sar- 


rasin. 
Maudelin var. de 3740. 
Mauprin 


Valfondee 6023 
: 3762. 3825 Sarrasin. 
Meleün 2895 var. 
Melun. 


.mensois 2565. n monnaie 


du Mans. 
Mesque 3625 Meue. 


Mielant. Fochart de M. 7546 
ville francaise, peut-être Meu- 


lan. 


Milon 1001 sénéchal de Gui de 


Valqaire. 


Milon (porte) 940 “us à Fer 


gaire. 


. Moan d’Esgipte 3647 Sam dei, 
.Monbaldon 2856 ay; Mom- 
Acqui. Cp. 
Monbardon Charroi218 Amis: 


baldone près 


2473, 
Tome II. 


270 art. 


3647. 3728. 3739. 
4927 de Femenie 3680 de 
Malprin 


de 5218 


241 


Moncenis 2614 le Mont-Cenis. 

Moncloie. Gaudelin de M. 
3740 endroit sarrasin. 

Mondidier. Ybert de M. II. 
P. 84 var. 

Monjoie 6260. 6328. 6925. 
7003 l’ansaingne saint Denis, 
7006 cri.de guerre de l'armée 
franque. 

Monju 1423 le Grénd- Saint 
Bernard, les Alpes. 


 Monleheri à sept lieues de Pa- 


ris 1947 Montlhéry (Seine-et- 
Oise). 
Monleün 5218 Laon, résidence 
de Charlemagne, voy. Loon. 
Monmartre 3470 montagne 
près Paris, où était un gibet. 
Monsegré var. de 4439. 
Montermer. Renaut de M. 
7990 auj. Monthermé de 
dennes). 
Montescler 3622 Corsout de 
Montacler 4949 grande mon- 
tagne en Afrique, esp. los 
Montes Claros, voir Milä .y 
Fontanals, De la poesia he- 
roico-popular, p. 113. 


 Mor (saint) 3022, saint Maur, 


. prob. l'abbé de Glanfeuil. 

Morant 2324 évéque du Mans. 
C'est le nom de saint Mau- 
rontus. Voy. l'index d'Aimeri 
de Narbonne. 


. Morant 4578. 7736 évéque de 


Narbonne, appelé Hue sui- 
vant le vers 4644. 
Morgant d’Aquilee 6963. 6976 
roi 7116 cp. 6498 roisafrasin. 
Moriaine dans Recevez Es” 
16 


242 


paingne, tote la terre dosi 
q'an Moriaine 221. S'agit-il 
de la Maurienne (Savoie, l'Es- 
pagne comprenant le midi de 
la France, comme dans le 
Charroi) ou de la Mauritanie 
en Afrique ? 

Morin var. de 1831. 

Morisse (saint) fp. 2696. 
2713 Moris var. de 384. 395 
saint Maurice. Pour la forme 
Morise cp. la rime promise : 
Morise Miracles de Nostre- 
Dame par personnages XIII. 
541. 

Murgalant 4927 Sarrasin; ce 
serait, suivant Pigeonneau, 
Cycle de la croisade p. 102, 
l'Émir Ghaylan, personnage 
historique. 


Naymon Il. p. 108, 109 Nain- 
mon p. 110 cas sj. Naimes 
p- 109 Naymes p. 110 duc de 
Bavière. 

Nerbone 29.47 etc, Narbonne, 
ville du comte Ayÿmeri. Il y 
a là le pont Sarrazinor 30, 
l’église Saint-Paul 276, et 
dans les environs Sainte-He- 
laine, couvent de nonnes 663. 
Description détaillée de la 
ville 3546-3605, où il y a 
quatre oliviers, devant chacun 
un marché, et quinze églises. 


Nerbone 4106. 6193 etc. cri 


de guerre de l'armée d’Ay- 
meri, 

Nerbonois 362. 1300 contrée 
autour de Narbonne. 


NOMS PROPRES 


Nerbonois 741. 5565 les habi- 
tants de Narbonne 1222 etc. 
les personnes de la famille du 
comte Aymeri de Narbonne, 
surtout ses fils. Ils sont appe- 
lés aussi li marchis 2587. 

Nimes 5505 Nimes. 

Noiron Il. p. 18 var. Néron. 

Normant Norment 2338. 3503 
II, p. 95 Anquetin le N. 2338 
Richart le N. 7526 Fouquart 
le Normant II. p. 95. 

Normendie 226. 291. 480 Ri- 
chart duc de N. 583r. 6718 
Gautier de N. 7168 le duc de 
Normandie 7424 Normandie. 

norrois var. de 3082. 

Nostre Dame 3137 église à 
Paris commencée en 1163. 


Olivier 2970. 3512. 4270. 4877. 
4879 cousin germain d’Ay- 
meri, compagnon de Roland. 

Omer (saint) fp. 2064. 2492 
saint Omer (Audomarus). 

Omer (saint) de Blois fp. 2561. 
2901 saint Laumer (Launo- 
marus), vénéré dans l'église 
Saint-Laumer à Blois. 

Orable II. p. 6, 48, 72 femme 
de Tiebaut, aimée de Guil- 
laume. 

Orenge var. de 5845 II. p. 6. 
48. 72. 97. 99. 

Orion. Tibert d'O. 2517 peut- 
être Orion (Basses-Pyrénées). 

Orlenois 2902 cent sous d’O. 
2572 Orléanais. 

Orliens 1856. 
5638. 5642. 


1858. 
5644. 


3504. 
5788. 


NOMS PROPRES 


- 5790 Orléans. L'église Sainte- 
Croix est mentionnée 1861. 
La ville sera en la possession 
d'Hernaut 11. p. 99- 


Ostes cas sj.de Oton 1002 com- 


pagnon de Gui.de Valgaire. 


Palerne. Gaudin roi de 3702 
Palerme. La ville fut arra- 
chée aux Sarrasins en 1072 
par Robert Guiscard. 
Panpelune 4944. 6148 ville 
. sarrasine, auj. Pamplona. 
Paris 12. 401. 756. 1050. 1811 
“résidence de Charles 5253 
, Louis y est couronné 5554. 
Description 1870-1876, sur la 
Seine. Il y a là la Grant Rue 


1987, le Petit Pont 2110, le 


Grant Pont Nostre 
Dame 3137, 
Monmartre 3470. . 

Parissi 2004 le Parisis. 

parissi 1736 denier parisis. 

Pavie 98. 208 etc. 
de P. 7181 çandaus de P, 
823 l'iame de P. 7190 rois 
Boniface li marchis de P. 

5828 Pavie, capitale du 
royaume de Lombardie. 

Pavie 7524 cri de guerre des 
_ Lombards. | 

Pepin 5519. 5536 Pépin, de 
de Charlemagne. 

Perche (le) 2903. 

Pere (Saint) 4092 l’église de 
Saint-Pierre à Rome. 

Persant 252. 716. 4349. 4584. 

. 5102. 6058 Persan; adj. 
. 6077. 7541. 


2307, 


‘persois. 


le gibet s0Zz 


Guiboin 


243 


Perse var. de 6440. 


_Persie 5429. 7142 l'amirant 


de P. 5837 7659; Parsie cri 
de guerre IL. p. 86. 

Persis.(l’amirant qui sire est 
des P. 4709) 5g00. 5913 
l’amirant de P. 7396. 7867 
Persan; adj. l’amirant per- 
sis 5482. 6403.7912. 

smuanr DU 
3985. 5466. 

Petit Pont 211: A à Paris. 

Piere de Rome (saint) fp. Il. 
p. 105. 

Pilate 5054. : 

Pinel de Roche Ague. 4937 
guerrier sarrasin. 

Ploresanc 1337 glaive né à 
Bueve par sa fiancée. 

Poitevin Il. p. 65. 


 poitevinal. acier p. 1776. 3370. 


. 3974. 6327 poitevin. 
Pol (Saint) 4992 l'église de 
Saint-Paul à Rome. 
Pol (Saint) 276. 4574. . 
7895 l’église de Saint-Paul à 
Narbonne. 
Pontellie. Girart de P. 7179 
Pontarlier: 
Ponti 1703. 3052 le Ponthieu. 
Popee 3712 Pompée. 
Porpaillart 2628 ville en Es- 
‘pagne prise par Guillaume. 


: . C'est le pagus Palliarensis 


aux environs de Ribagorza et 
d’'Urgel. 

Fee IL. p. 65 le Portu- 
gal. 

Puille s 3706 var. de 213 
. Pouille, | 


244 


Pyncernie Il. p. 97 var. pays : 


des Petchénègues. 
Pyse 213 Pise, ville en Italie 
appartenant au roi Boniface. 


Raïns var. de 5218. 

Rancevax 189 Roncevaux. 

Remy (saint) fp. 3048 var. de 
4139 saint Remi. 

Renart var. de 7990. 

Renaut de Montermer 7990 
comte au service de Bueve. 

. Le nom revient dans le Siège 
de Barbastre. 

Renier 1087 Er . Val- 
_qaire.. 

Renier 829 écuyer au service 
: d'Ayÿmeri. ns 

Richart:le duc de Normendie 
5831. 6718. 7424. 7491 le 

. Norment 7526. 


Richier (saint) fp. 2158. 5362. 


5746 saint Riquier. 
Ricordene. les granz destrois 
de R. 1750 Ricordane 5506 
‘ contrée montagneuse au sud 
de Clermont-Ferrand. 
Rin (le) 5535 le Rhin. 
Roche Ague. Aymeri y avait 
. combattu 4652. Pinel de KR. 
4937. Ce pourrait fort bien 
être le Mons Acutus de Phi- 
lomena p. 226 situé près de 
l'ancien Clusae Spaniae, auj. 
l'Ecluse, Pyr. or., qui forme 
l'entrée de l'Espagne et où 
- lon montre encore aujour- 
d'hui « les ruines du Fee 
des Maures ». 
Rollant 189. 2333. 252. 2463. 


NOMS PROPRES 


2667. 2670. 2747. 3480. 3512 
. Roland, neveu de Charlema- 

- &Re. si 

Romain 3717. 

romant 2794 langue romane 
ou française. 

Romanz cas sj. 3890. 4070. 
4085 Romans 4689. Romenz 
4067. 4097. 4288. Romant 
4666. 5623. Roment 4290 — 
cas r. Romanz 4884 Romenz 
4073. 5463 Romant 5616 
— l'orfelin 3890. 4067. 6or2. 
Romanx, fils de Garin; sa 
mère est morte 3891; un jour 

. il succédera à son père sur le 
trône de Lombardie 4773. 

Rome 768. 2122. 4993. 

Romenie 214 contrée autour 
de Rome. 

Rosie. por tot l'or de R. 813. 
5574 la Russie. 

Rosne 5508. 5836. 5841 rivière, 
sur laquelle est situé Vyane. 

Saine 1874. 2309 Sainne 2r1g. 

. la Seine. 

Salatie var. de 5435. 


: Salemon 3713. 3710. II. p. 38, 


39, 42, 56, 63, 65, 66, 71, 79, 
85, 86, 87, 94, 95, 99 roi des 
Bretons qui vainquit César à 
l'entrée de Puille. Voy. sur 
ce nom Aquin, p. 233-234. 
Salemon roi des Bretons 5830 
combat près. de Narbonne. 
Salorie. Clargis roi de S. 5435. 
5567 Butor de S. 7157 ville 
sarrasine, voir la Prise dé 
.- Cordres p. p. Densusianu, 
p- 187. Le nom se retrouve 


NOMS PROPRES 


dans Aliscans éd. Guessard 
P. 153. 

Salorie 7173 cri de guerre ” 
Butor, 

Salorin II. p. 52 Sarrasin._ 

Samois 2895 Samois (Seine-et- 


tres de Fontainebleau, 
Sanson II. p. 110 archevéque. 
Sarrazin 191.238 etc. Sarrasin; 
. 5528 langue sarrasine; sar- 
. rasin adj. 5858 sarazin 6418. 
Sarrazinor, le génitif du plu- 
- riel, ne se trouve qu'avec 

gent 18 mur 3566 port 30. 


Savari 7091 comfe au service 


de Bueve. 
Savaxri Il: p. 112, bte. . de 
Gerona, père de Biatrix. 
Sones 5800 les Saxons. 
Sesoingne 5815 Saxe. 
Sezille var. de 478 Sicile. 
Simon 941.957 hôtelier à Val- 
‘gaire, rs 
Simon (saint) fr. 972. 2526. 
2992. var. de 044 saint SF 
mon. 
Sohier le Tolisant IL. P: on 
Sorbrinu Il.:p..52 Sarrasin.: 
Sulie, destrier de S. 300. 805. 
5419. 5573. 7198. mulez de 
S. 822. 
Syrie. 
Symeon 5044; fp. saint 3008. 


Talamon var. de 3713. 
Tardenois 2897 contrée autour 


de Soissons. ae 


Tempesté II. p. 56 roi sar- 
rasin. 


1355. var. de 318 : 





245 


Terascone 1100. sur la met 
3660 Tarragona. 

Tervaguant 260. 7557. Terva- 
gant 6072. 7274. 7510. 7591 
idole sarrasine. 


| Tibert d’Orion 2517 traître de 
Oise), village à sept kilomè- | 


. da race de Gañnelon. Il revient 
. dans d'autres chansons, voy. 
Paul Meyer, Girart de Rous- 
sillon, p. 254-255. | 
Tiebaut var. de 4019, 4027, 
. 4964. l’Esclavon IE. p. 5, 7, 
… 26, 27, 39, 48, 51, 56, 67, 68, 
72, 73, 85, 86, 93, 97, 100. 
Tir. pailes de Tir 3973 Tyr. 
Tolete. Mabon de T. 6054. 
Tolède. 


| Tolosant. Gautier le T. 7560 


. Chrétien tué par Boïdant. Un 


| . autre du méme nom 7993. 
Torengne var. de 226. nc 


.raine. 


| Tors 5532 La chanson 


fait mention de. l'église de 
. Saint-Martin. 


Tubise 2699 Tubige ou Twee- 


beek, lotalité belge située .en- 
core auj. sur la JRoNIre 
linguistique. 


_ Tudele 3385. II. p..62. Tudelé 


‘en Espagne. - | 

Turc 231. 4099. 4517. 4556. 
7:52 Turc. Le Turc de 6180. 
6284 est appelé le Persant 
6294. 

Turfer roi de Valsegree 6970. 
5989. 6900. 6911. 6934 roi 

| sarrasin, père de Corsuble, 
tué par Guillaume. 

Turquie. Corsuble de T. 3687. 


246 


turqois. l'amirantt. 3980 furc. 

Tyois 2566. 2555. 2568. 2899 
c'est la même chose qu'Ale- 
ment 2381 Allemand; tyois 
2794 langue allemande. 


Valfondes. Mauprin de V. 


6023. var. de 6027 contrée | 
. vlanois. 


sarrasine. 
Valfondue var. de 4938. 
Valois 2896 le Valois. 
Valperdue. Corsout de V. 
4651. Escorfaut de V. 4958 
contrée sarrasine. 
Valplenier. Clargis de .: V. 
5366 contrée sarrasine. 


Valqaire la Guion 939 Vau- | 


. Caire. 1128 Valcaire 1405. 
Vauqaire 1670 ville située 
dans le midi de la France et 
appartenant au comte Gui. 
La chanson y mentionne la 
Porte Milon 940. Un Milon.de 
la Val Guyon joue un rôle 
dans Foucon de Candie éd. 
Tarbé, p. xvi. 218. C'est donc 
probablement la Vauguyon 
(Haute-Vienne) érigée en 
comté en 1586. se 

Valsogré 4439. Aymeri com- 
battit es puis de V. et fut 
blessé par Cordroë.. 

Valsegree. Felis roi de V.6027 





NOMS PROPRES 


Turfier roi de V. 6970 con- 
trée sarrasine. 

Valtubise voy. Tubise. 

Vax Perduz. Isambart d’outre 
les V. P. 7217 contrée sarra- 
- sine. 

Venice 7951 Venise. Aÿmer 
y va. 

branc v. 1660 branc 
vienois 5464 de Vienne. 

Vicent (saint) jp. var. de 4352. 

Viël (Saint) 1684 église tenue 
par l’évêque Amauri. C'est 

‘‘Pabbaye de Savigny-le- 
Vieux, près Mortain, Man- 

che, fondée par saur Vital 
en III2. 

Viviën var. de Gé IL. p.rro. 


. Vyane. Girart y est assiégé 


par Charlemagne 114 Viane 
est situé sur un rocher domi- 
nant le Rhône ét: Vienne. 


Ybert de Mondidier II. p. 84 
. var. 


. Yon cas : 1194. 1220. 1227. 


1318. 1390. 3312. une fois Ys 
178 — Yon cas r. 1096. 1156. 
1168. 2296 roi. de Gascogne 
et, suivant Il. p. 113, père 
d'Elisant. 


. Yrael 3829 peintre. . 


Ys0 var. de 213. 





ERRATA ET CORRECTIONS 


TOME I 


40 poior de C est peut-être à préférer. 
82 mettez une virgule à la fin du vers et un point à la fin de 83. 
85 changez le point et virgule en virgule. 
172. 009. 1956 et, dans le tome II, p. 111 v. 188, lisez Saint pour 
saint. 
395 Moris de C est à préférer. 
945 unne] lisez une (ms.). 
1011 Bien (ms. C)] lisez Ber (ms. À). 
1041 lisez desor en un mot. 
1675 chanoine (AC)] lisez chanoines. 
1992 et froier et roler (AC)] lisez froier et reoler. 
2584 n'en (AC)] lisez en. 
3074 à la marge, changez [d] en [b]. 
3453 supprimez la virgule. 
P. 160 supprimez D mq. au commencement des variantes. 
p. 167 ligne 7 des variantes, lisez cest (ms.) pour ceste. 
5077 que ferez ? (DE)] lisez que feré ? (AC). 
5178 lisez plutôt Et en la croiz (avec DE). 
5667 Guielin (AC)] lisez Guibelin. 
6179 lisez arier resorty. 
6480 Cest] lisez Ceste (ms.) 
6736 lisez sanz point de demoree (à cause de 6734). 
7162 peut-être empointe (AC ont pointe). 
7448 lisez avec DE mes bas fu li solauz. 


248 ERRATA ET CORRECTIONS 


7486 paingnent(ms. 4)] lisez poingnent (ms. C.). 
7698 ou] lisez au (AC). 
7838 apresterent (ms. C.)] lisez comenderent avec AB. 


"S *S S S S s 


TOME Il. 


. 66 v. 2 ajoutez et après Turs. 

. 74 v. 1 lisez a paru en deux mots. 

. 82 variante de v. 6, corrigez 7898 en 7098. 

. 94 titre de page, corrigez CXXIII en CCXXIII. 


111 Y. 200 lisez an prist en deux mots. 


. 132 chap. 871. 3 lisez conrois et [A ses] batailles. 
. 135 chap. 102 lisez aller a l’audevant (ms.) 
. 174 d. 65 rumpuntur] lisez runpuntur (ms.), [. 71 debita] lisez 


dedita (ms.). 








TABLE 


Texte des Narbonnais................ prise soereneee 


TOME II 


INTRODUCTION. 


I. 

IT. 
III. 
IV. 
V. 
VI. 
VII. 
VIII. 
IX. 


X. 
XI. 
XII. 
XIII. 


Les manuscrits et leur classement............. 
La part des remanieurs........................ 
ANAÏVS nr aires ane 
Le roman en prose français................... 
Les NérDonesis insisté mette 
Allusions aux « Nerbonoïis »................... 
Allusions dans les « Nerbonois »................ 
Vers. LADBUE::::. names lames. 
Composition de la chanson. Inadvertances de 

PAULEUT en ii dar ae 
Rapport avec les « Enfances Guillaume »...... 
Le Département des fils d’Aimeri.........,... 
Le Fragment de Ia Haye....................... 
Traitement du texte par l’éditeur.............. 


APPENDICES. 


E 
IT. 


III. 


Passage remanié dans DE correspondant aux 
Vers 400-3079 nn una 
Passage remanié dans D E correspondant aux 
vers 2002-8003: ne anne eine 


Département des fils d’Aimeri (Bibl. nat. fr. 1448). 


Tome II 


Pages. 


VII 
XVI 
XXHII 
XXXI 
XXXVI 
XL 
VLIV 


LIT 
LX 
LXV 
LXVI 
LXXXV 


28 
103 


16* 


250 TABLE 


IV. Les rubriques du roman en prose de Guillaume 


d'Orange: insu nie 115 

V. Chap. xv1 et xvrr du roman en prose de Guil- 
laume d'Orange... sceumntotie 141 
VI Fragment de La Haye .......................... 167 
VII. Fac-similé du Fragment de La Haye............ 185 
VOcaDUlAITe im es ia den as eme sreense 193 
Noms DrôDIeS::.:. es usines 229 


Érrata et COFTECLIONS 1:20 mesurent 247 





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RAYNAUD, LL CI802) du de em ete se doute 64 sets. AO TT: 
Le Roman de la Rose ou de Guillaume de Dole, publié d'après le manuscrit 
du Vatican par G. Servois (1893)............,,...,,.... fssesvess LOT. 


L'Escoufle, roman d'aventure, publié pour la première fois d'après le manus- 
crit unique de l'Arsenal, par H. MicueLanr et P. Meyer (1894).. 15 fr. 


Guillaume de la Barre, roman d'aventures, par ARNAUT VIDAL DE CASTEL- 
NAUDARI, publié par Paul Meyer (1895)................ Sisshs és LOT. 


dt me. — "YONNE fé 


ti ga me is M en 


Meliador, par Jean FroissarT, publié par A. Lonanon, t. I et 11 (1895), 
le VO ns dise ne repieerne ne os Vie detente 10 fr. 


La Prise de Cordres et de Sebille, chanson de geste, publiée d’après le 
ms. unique de la Bibliothèque nationale, par M. Ovide Densusranu 


(096: ST ie or Sein ee su Du 10 fr. 
Œuvres poétiques de Guillaume Alexis, prieur de Bucy, publiées par 
Arthur Pracer et Emile Picor, t. 1 (1896)................. 10 fr 


L'Art de Chevalerie, traduction du De re militari de Végèce par Jean de 
Meux, publié avec une étude sur cette traduction et sur Li Abrejance de 
l’Ordre de Chevalerie de Jean Priorat, par Ulysse RoBEerT (1897). 10 fr. 


Li Abrejance de l'Ordre de Chevalerie, mise en vers de la traduction de 
Végèce par Jean de Meun, par Jean PrioraT de Besançon, publiée avec 
un glossaire par Ulysse RoBERT (1897)...,...... sen sara °.. Iofr. 


La Chirurgie de Maître Henri de Mondeville, traduction contemporaine 
de l'auteur, publiée d'après le ms. unique de la Bibliothèque nationale, 


par le Docteur A. Bos, t. I et II (1897, 1898).............. .. 2ofr 
Les Narbonnaïis, chanson de geste, publiée pour la première fois, par Her- 
mann SUCHIER, t. I et II (1898)... .....,...... den dns su 20 fr. 


Le Mistère du Viel Testament publié avec introduction, notes et glossaire, 
ar d baron James De Roruscuip, t. I-VI(1878-1891), ouvrage terminé, 
B VO ns sua es demeda es ne num eus es Re Niro 10 fr. 


(Ouvrage imprimé aux frais du baron James de Rothschild et offert aux 
membres de la Société.) 


Tous ces ouvrages sont in-8°, excepté Les plus anciens Monuments de la 
langue francaise, album grand in-folio. 

Il a été fait de chaque ouvrage un tirage à petit nombre sur papier What- 
man. Le prix des exemplaires sur ce papier est double de celui des exemplaires 
en papier ordinaire. 

Les membres de la Société ont droit 4 une remise de 25 p. 100 sur tous 
les prix indiqués ci-dessus. 


blications le prix Archon-Despérouse, à l'Académie française, en 
1882, et le prix La Grange, à l'Académie des nscriptions el 
Belles-Lettres, en 1883 et 1895. 


La Société des Anciens Textes français a démie Frans ses pu- 








Le Puy-en-Velay. — Imp. Régis Marchessou, boulevard Carnot, 23. 


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